Ingliche Titcheur

07 juin 2013

Et bon courage, hein!

Good day

Je suis une personne extrêmement polie. Mes parents m'ont toujours appris à dire "bonjour madame", "au revoir monsieur" (pas à la même personne bien sûr), à demander poliment et à remercier avec la même courtoisie. Résultat, je suis tellement bien élevée que je demande pardon à la porte quand je la prends dans la tronche et que je m'excuse lorsqu'on me bouscule. 

On peut dire que je suis rodée en matière de formules de politesse. Certaines m'énervent prodigieusement, comme le serveur qui te répond "s'il vous plaît" quand tu lui dis "merci" ou qui te tend la note en lançant un irritant "en vous remerciant". Note que l'absence totale de "bonjour/au revoir" quand tu rentres dans une boutique de fringues à l'art de m'agacer tout autant. Il est vrai qu'il est impoli d'interrompre une conversation mais se prendre un vent par des vendeuses qui n'ont même pas entendu ta salutation tellement elles sont occupées à biatcher sur leur boss, c'est un peu vexant. 

Mais ce matin, en allant chercher mon pain, je dois dire que j'ai été un peu surprise par la dernière formule à la mode. Alors que je venais de remercier la boulangère après l'avoir payée (oui, je t'ai prévenu, je suis dingue, je dis merci alors que c'est MOI qui paye, genre "merci de me prendre 1,20 Euros pour cette tradition qui m'a l'air fameuse"), celle-ci me congédie d'un "et bon courage, hein!" 

Je l'ai regardée, ma baguette à la main, me demandant bien à quel moment j'allais avoir besoin de courage. Son pain était-il déjà rassis que je risquai de me briser les chicots sur le crouton? Mon visage exprimait-il un désespoir quelconque laissant penser que j'allais en finir avec la vie une fois la-dite baguette consommée? 

La première fois qu'une personne m'avait dit "bon courage" au lieu de "bonne journée", c'était dans mon lycée ZEP. La jeune femme qui tenait l'accueil du lycée (et faisait les photocopies/gérait les entrées et sorties des élèves/faisait office de surveillante) nous lançait ses encouragements à chaque fois que l'on passait dans sa loge pour récupérer nos photocopies ou simplement papoter. Là, je pouvais comprendre pourquoi le terme "courage" était approprié. Il en fallait pour gérer pendant toute une après-midi les humeurs d'une Fofana fraîchement larguée par Régis ou l'envie de foutre le bordel d'un Jean-Kévin désoeuvré. 

Mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui, ce "et bon courage, hein!" résonne comme un clin d'oeil désabusé et légèrement dépressif. Comme si souhaiter à quelqu'un une bonne journée ne suffisait plus. Eh oui c'est la crise ma bonne dame, alors il faut du courage. Pour affronter la journée, pour aller bosser, pour supporter les heures de pointe dans le métro, les crottes de chien sur le trottoir et l'incivisme ordinaire. 

Cela donne un petit côté tristounet je trouve. La journée n'a aucune chance d'être "bonne", donc pas la peine de le souhaiter. Le mieux que l'on puisse espérer est d'avoir assez de courage pour y survivre. 

Bon ok, ma boulangère est clairement dépressive. Mais cela m'a donné matière à réflexion. Imaginons certaines situations où souhaiter à quelqu'un du courage pourrait être mal interprété. 

L'esthéticienne, juste avant d'arracher sa bande de cire. 

Le chirurgien, avant de t'opérer de ta myopie. 

La sage-femme, quand tu arrives à la maternité pour accoucher. 

Le pédiatre, quand il diagnostique un RGO à ton bébé. 

Le dentiste, avant d'attaquer son détartrage. 

Le mec bourré qui sort des ouatères du restaurant alors que tu attends ton tour en te dandinant. 

Le gars de la sécu, quand tu lui expliques que tu as changé d'académie et qu'il faudrait faire suivre ton dossier. 

La prof de fitness quand tu lui annonces ton objectif: avoir des muscles là, là et là et moins de gras ici, ici et là. 

Le boss de Tendrépoux quand il lui dit qu'il faudra encore qu'il bosse dimanche. Ah non, pardon, il ne lui souhaite rien lui, il trouve ça normal. 

Moi, aux autres passagers du vol 757 pour Farf araway, quand j'entrerai dans l'avion avec Mamerveille, 20 mois, pour un vol de nuit de 12h. 

Mais bon. Comme je suis très très polie, je pense que les gens seront plus gênés par mes excuses incessantes ("Désolée, hein! Je pensais pas qu'elle vous vomirait dessus") que par les insomnies de Mamerveille. 

Sur ce, cher lecteur: bonne journée et bon courage hein! 

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23 mai 2013

Mary Poppins grosse menteuse!

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Aujourd'hui, aimable lecteur, je vais m'énerver contre  ce mythe de notre enfance, ce soit-disant parangon de vertu, cette imposture de super nanny qu'est Mary Poppins. Figure-toi qu'au lieu de t'écrire de savoureux billets, je regarde la téloche, et que récemment ils ont rediffusé Mary Poppins et en VO s'il te plaît. 

Mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai dit à Tendrépoux: "Oooooooh! Trop bieeeeeen! Ils passent Mary Poppins, c'était un de mes films préférés de Disney, j'adorais ça quand j'étais petite! Sors le pop-corn et viens t'asseoir!"

Et bien j'ai vite déchanté. Car en fait, si tu regardes bien ce film, tu t'aperçois de plein de trucs qui devraient te faire hérisser les poils, toi parent de nain en bas âge qui débourse une fortune tous les mois (et ça va pas s'arranger) en salaire de nounou. 

 

1. Mary Poppins débarque un beau jour avec son parapluie (alors qu'il pleut même pas) (ok c'est à Londres mais tout de même) et ses pieds en canard, dégage la file de nounous qui patientaient gentiment pour leur entretien d'embauche et sonne à la porte. Là, elle s'invite d'un ton péremptoire et emberlificote M. Banks (le papa) qui est censé mener l'entretien. Déjà, ça commence mal, la meuf pose ses conditions: elle travaille tous les jours sauf le mardi. Jour du Seigneur comme chacun sait. Donc déjà, les parents sont dans la mouise tous les mardis. Et va trouver une baby-sitter rien que pour cette journée! 

Mary Poppins and Mr Banks - A Cheery Disposition

"Et ça, là, à 7 chiffres, c'est mon salaire. Mensuel." 

Pour ses émoluments, elle a la décence (ou l'audace?) de dire: "Nous verrons ça plus tard". Il va être content Papa Banks quand il va recevoir la note (et les charges de l'URSSAF…). La maman? Trop occupée dans son combat féministe (c'est une suffragette) (mais qui passe un peu pour une demeurée), elle charge son mari de s'occuper de ça. Elle n'y comprend rien à tous ces chiffres, et puis ça lui brouille le teint de réfléchir (oui, c'est du grand féminisme). 

Mais passons. Mary Poppins est embauchée et commence son travail sur le champ. 

 

2. A peine a-t-elle rencontré les enfants qu'elle leur intime l'ordre d'aller ranger leur chambre. Ah bon, elle était en désordre? Permets moi, cher lecteur, cette petite onomatopée: MOUAHAHAHAAHA! Nan parce que si elle en veut du bazar, elle peut venir voir la chambre de Mamerveille qui ressemble plus à la ville de Moore post-passage de tornade qu'à un catalogue Verbaudet… Mais bon. Elle est un chouÏa maniaque donc. 

Nursery

"Si vous ne rangez pas ce bordel, je vous donne de l'huile de foie de morue et je vous apprends des mots qui n'existent pas. Non, attendez, je le ferai de toutes façons..." 

 

3. Mary Poppins épate les enfants avec quelques tours de magie. Et que je remonte la rampe en étant assise dessus, et que je sors un lampadaire de mon sac à main (?????), que sais-je. Et vl'a-t-y pas qu'elle s'auto-proclame "Practically perfect person" (personne pratiquement parfaite) (va falloir te mettre à l'ingliche lecteur…). 

Practically perfect

Et modeste avec ça... 

 

4. Cette nounou-presque-parfaite se propose ensuite d'aller promener les enfants au square. Grand classique que tu connais bien: le principe est d'aller s'ennuyer à mourir à regarder son enfant piquer les jouets des autres, se mettre du sable dans la couche et essayer de grimper le toboggan à l'envers. Ici, que nenni! Dame Poppins a une autre idée derrière la tête. Elle tombe (comme par hasard) sur son pote Bert. Bert est un être un peu particulier. Il dessine des dessins (pas tops) à la craie sur le trottoir.

Mary Poppins - Punting on the Thames

"Hou, mais c'est très joli ça Bert! Tu l'as fait quand tu avais 8 ans?"

Et là, magie! Les enfants, Mary Poppins et Bert sautent à pieds joints dans le dessin et se retrouvent dans le décor imaginé par cet audacieux artiste. Et là, que se passe-t-il? Les enfants partent en courant vers le manège qu'ils voient au loin pendant que Mary Poppins et Bert chantent des chansons, dansent avec des pingouins et se regardent avec des yeux plein d'un amour pur et chaste. Donc si je reformule en bon français: les enfants se barrent en courant loin loin loin pendant que la nounou danse, boit le thé et flirte avec son mec! Si j'étais Nabilla je dirais "Nan mais ALLO quoi!". Mais je ne suis pas Nabilla. Je m'offusquerai donc bien plus dignement: "Putaindebordeldemerdesarace". Pouf pouf. Poursuivons. 

mary poppins n bert dancing at tea

Te fatigue pas, Bert, tu vas jamais la choper...

 

5. Notre charmante auxiliaire de puériculture et son ami saltimbanque rejoignent la réalité. Chacun rentre chez soi, tout le monde est content (forcément, les enfants sont encore vivants). Un peu plus tard, ils rendent visite à un vieil ami atteint d'une étrange maladie: quand il rit, il vole (cherche pas, y a pas de contrepèterie). Ca énerve beaucoup Mary Poppins qui ne trouve pas ça distingué du tout de rigoler et elle passe toute la scène à pester et à faire sa bêcheuse parce que les enfants se mettent à ricaner bêtement eux aussi. Pète-sec la fille. Bon, à sa décharge les blagues de Bert ne sont pas vraiment hilarantes.


"- Je connais un homme avec une jambe de bois qui s'appelle Smith. 

- Ah? Et comment s'appelle l'autre jambe?"


Serious

Laisse tomber, Bert, elle était pourrie ta blague... 

Je comprends que ça ne chatouille pas vraiment les zygomatiques… Mais bon, elle est pas obligée non plus de faire sa rabat-joie en interdisant aux enfants de rire. 

 

6. Comme elle plante la famille Banks tous les mardis, M. Banks se retrouve obligé d'emmener ses enfants à son travail (Mme Banks est occupée à soutenir ses copine suffragettes en prison et n'a pas que ça à faire). Là tu te dis: cool! Enfin un message moderne, le papa doit s'occuper de ses gosses lui aussi, ça leur fera du bien. Ouais. Sauf que Papa Banks bosse (oh miraculeuse coïncidence!) dans une banque. Et en gros, ses boss lorgnent le penny que le petit garçon a économisé à la sueur de son front. Ils veulent le faire fructifier et lui font croire qu'il sera richissime s'il place bien son pognon. La scène se termine sur une panique générale, où, (je te la fais courte), les gamins sont quasi responsables d'un mini-krach boursier. Le père se fait virer dans une scène aussi humiliante qu'un tweet de Christine Boutin. Il rentre chez lui défait pendant que ses enfants fuguent. 

Ouais, c'est la lose. 

 

7. Les enfants, rongés par la culpabilité, s'enfuient dans la nuit et croisent des personnages peu recommandables.

Children run

"Bonsoir les enfants. Moi c'est Emile-Louis, et vous?" 

Heureusement, ils tombent sur Bert, soudainement devenu ramoneur (je t'avais dit que ce type était louche), qui les ramène chez eux (logique). Sauf que les gamins, par un petit tour de magie, se retrouvent sur le toit. Oui. Sur le toit. A danser les claquettes avec plein de copains ramoneurs. Sur le toit donc. En hauteur. Là où ils pourraient tomber. Et décéder. Et Mary Poppins trouve ça normal. Mieux, elle applaudit son Bert d'amour (qu'elle n'emballera même pas à la fin du film!). Les gamins sont couverts de suie (tout d'un coup elle n'est plus maniaque) et heureux de gambader en pleine nuit à 15 m de hauteur avec de parfaits inconnus pendant que leurs parents s'inquiètent. Tout va bien. 

Chimney

"Allez les enfants, le premier qui saute sur le toit d'en face gagne un bonbon à l'huile de foie de morue! Et si vous êtes sages, on ira nager avec les requins après."

 

8. Le film se termine en apothéose. Le papa, fraîchement licencié, décide de prendre un congé parental pour profiter de ses enfants. Chic, te dis-tu, quel modernité pour l'époque! Attends, attends, ce n'est pas fini. Au moment où tout le monde est content et heureux, M. Banks croise ses ex-collègues au parc qui lui apprennent qu'il est ré-embauché car le directeur est mort la veille. De rire. Oui, c'est la blague de la jambe en bois qui l'a achevé. Maintenant qu'il n'est plus là, les charognards peuvent faire ce qu'ils veulent. Et tous de se taper une bonne barre de rire, que la vie est drôle quand même, hein mon vieux? Pas de rancune hein? Tu reprends lundi avec un petit comité de pilotage? (et c'est ainsi qu'est née la Slaves et Associates…)

Family Banks smaller

"Oh, chéri! C'est merveilleux de t'avoir à la maison!"

"Oui, surtout que maintenant que j'ai plus de job, on pourra plus payer la nounou!"

Le congé parental le plus court de l'histoire. C'est pas grave, me diras-tu, il a toujours sa super nounou. Et bien non, figure-toi, car pendant ce temps Mary Poppins se faisait gentiment la malle. En loucedé. Sans dire au revoir. Laissant les parents dans la merde pour trouver une remplaçante. L'histoire ne dit pas si elle a été payée ou si elle s'est servie dans l'argenterie. 

 Moralité: euh… là, je sèche… 

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26 avril 2013

Gaffes, boulettes et bévues

 

gaston-lagaffe

Je te salue bien bas, fidèle lecteur. 

Je ne te ferai plus l'affront d'essayer d'expliquer ma présence plus qu'épisodique en ces lieux, tu connais le topo (métro-boulot-bébé qui fait pas dodo). Bref. D'aucuns penseront que je ménage mon petit suspense, que je me fais désirer, que je la joue hard to get. En fait non, j'ai juste pas le temps. Ou la flemme. Un peu comme Gaston devant sa pile de courrier en retard. 

Mais sache, lecteur qui me suit depuis 2 ans maintenant, que ce n'est pas mon seul point commun avec l'inénarrable feignasse des éditions Dupuis. A mon grand dam, je suis moi-même une gaffeuse patentée, professionnelle de la boulette, experte en moments de solitude. 

Et ça va de la petite bévue, toute jolie toute mignonne, au drame diplomatique thermonucléaire. Je suis un peu comme Chandler qui annonce par mégarde à un enfant qu'il a été adopté. 

 

Voilà, voilà. 

Donc de temps à autres, il me prend des envies de changer d'identité et de prendre le premier vol pour Caracas histoire d'aller planquer ma honte loin loin loin. Comme cette fois où je me suis un chouïa énervée sur une étudiante qui posait des questions complètement à côté de la plaque (genre "Mais on fait quoi là?" alors qu'on était manifestement en train de corriger un exercice, qu'on en était à la phrase 14 et que donc, logiquement, on allait attaquer la phrase 15, faudrait suivre un peu mademoiselle). Avant de réaliser qu'elle était légèrement handicapée mentale. Gloups. Les autres étudiants, au courant eux, m'ont regardée avec l'air de dire que j'étais la pire des salopes sur terre. Je n'étais pas loin de partager leur sentiment, même si, à ma décharge, ça se voyait pas du tout ce handicap, que c'était le début de l'année et qu'elle m'avait pas donné le papier de la médecine universitaire précisant son cas. N'empêche. J'aurais bien aimé pouvoir prendre une pelle et creuser un tunnel vers la sortie… 

Parfois c'est moins grave: j'ai juste envie de me flageller avec des orties fraîches. Comme la fois où j'ai oublié qu'une collègue m'avait invitée à déjeuner et que je me suis pointée en salle de réunion, la gueule enfarinée à 13h30. Elle m'attendait depuis une heure pour aller déjeuner et moi, je sortais de la cantine. Elle pensait que j'avais été retenue en cours et il ne nous restait plus qu'une demi-heure pour aller nous sustenter avant la réunion de 14h. Et moi, au lieu de ravaler ma bourde, m'excuser et lui dire qu'effectivement j'avais été surbookée mais qu'on pouvait aller se chercher un sandwich ensemble (my treat!), je lui ai juste dit que j'étais désolée mais que j'avais oublié et que j'étais allée à la cantine. Heureusement que c'est une nana géniale qui ne m'en a pas du tout voulu mais - comment dirais-je? - quand tu commences un nouveau job, ça la fout méga mal de poser un lapin à une collègue qui se trouve aussi être la personne qui t'a recrutée, moins de 3 semaines après la rentrée… J'ai fini par digérer ma honte (au bout de quelques semaines et une quantité indécente de chocolats offerts pour me faire pardonner), mais il reste quand même un petit goût amer quand j'y repense.

Donc voilà, je commets régulièrement des impairs avec ma famille, mes amis, au boulot, dans la rue même ("Bonjour monsieur! Oups, pardon, Madame!"). Et régulièrement je me sens minable, je me tape le front en me répétant en boucle que la prochaine fois que j'aurai envie d'ouvrir ma grande gueule je tournerai 8000 fois ma langue dans ma bouche avant de sortir une énormité. 

Cette absence intermittente de sur-moi n'a pas de réelle explication. Il me manque  juste cette faculté - pourtant utile - de vérifier l'adéquation de mon environnement socio-culturel avant de communiquer avec mon prochain. En clair: je réfléchis pas trop avant de parler et je dis généralement ce que je pense sans y mettre vraiment la forme ou sans forcément réfléchir à si la personne en face de moi est apte à entendre ce que je vais lui dire.  

Tendrépoux trouve ça mignon en général. Il dit que ça fait de moi une personne spontanée. 

Même quand je balance devant nos neveux de 3 et 6 ans qu'il va falloir penser à aller faire les cadeaux de Noël, nan parce que ça va être coton de trouver la poupée Cars que la grande a mis sur sa liste au Père Noël - ils savent bien qu'il existe pas non? Non? NON??. 

Par contre, c'est marrant mais la fois où je lui ai dit que je pensais pas qu'il pourrait suivre une série comme 24H Chrono, il l'a super mal pris. Faut dire que c'est pas sorti de la bonne façon. Il est vrai qu'à m'entendre, on aurait dit que mon cher époux n'avait pas un QI suffisant pour suivre une intrigue à rebondissements avec des scènes en parallèle et en VO. Mais en fait, je voulais juste dire que, vu qu'il s'endort toujours au bout de 30 minutes devant la télé, ça allait être compliqué de suivre et que ça me gavait de lui raconter la fin de chaque épisode. J'ai eu beau le lui expliquer, il n'a jamais vraiment voulu croire que je ne le traitais pas de débile léger… 

Voilà, tu sais tout maintenant. Je suis CETTE personne. 

Celle qui laisse échapper un secret qu'il ne fallait surtout pas répéter, croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer. Pourtant j'étais certaine que ma copine était déjà au courant (ah bon, tu savais pas que Jean-Georges avait trompé la soeur d'Anne-Isabelle avec sa cousine? - 1ère gaffe - Mais pourtant toute ta famille est au courant! - 2ème gaffe).  

Celle qui envoie un mail à la mauvaise personne en daubant à son sujet. Comme la fois où Tendrépoux m'avait fait suivre une invitation-Outlook d'une de ses collaboratrices aux States, fixant une réunion à un horaire improbable (genre le dimanche à 16h) et à qui j'ai répondu, pensant répondre à mon mari: "C'est encore cette meuf qui t'avait posé un lapin lors de la dernière réunion et qui ose te demander de bosser un dimanche?". Comment je pouvais savoir qu'avec ce genre de message automatique, la réponse va directement à la personne qui a envoyé l'invitation? C'est-à-dire la "meuf" en question. Qui s'est empressée de renvoyer un mail à Tendrépoux, avec ma réponse, traduite dans un ingliche approximatif ("It is again that girl who put a rabbit to you during the last meeting and who dares asking you to bump on a Sunday?"), lui signifiant qu'elle avait reçu un message qui ne lui était manifestement pas destiné… 

Je suis la championne européenne des anges qui passent, une experte en humiliation involontaire et par conséquent, docteur ès plates excuses. Oui parce que forcément, je vexe pas mal de gens même si c'est toujours sans le vouloir. Je passe donc pas mal de temps à essayer de réparer mes bourdes (quand c'est possible…) et à me confondre en excuses. J'ai un budget chocolat non négligeable  et suis passée pro dans l'art de la lettre de contrition. 

N'empêche… Si on pouvait filtrer les trucs qui passent par ma tête AVANT qu'ils ne sortent par ma bouche, ça m'arrangerait. Comment? Ca existe? Et ça s'appelle un… cerveau? 

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06 avril 2013

Mais ça, c'était avant…

superpower

Depuis que je titche l'ingliche à la fac comme une grande, j'ai pu noter un certain nombre de changements dans l'exercice de ma profession.  

 

Avant, quand je parlais en ingliche dès le premier jour de la rentrée, certains élèves me regardaient avec des yeux ronds genre "c'est quoi c'te bouffonne, nan mais sérieux, ouéch ou bien?". 

Aujourd'hui, quand j'attaque mon premier cours du semestre directement dans la langue de Shakespeare, certains étudiants me regardent avec des yeux ronds. Mais c'est parce qu'ils se sont aperçus qu'ils ne sont pas en cours de Russe médiéval. 

 

Avant, les élèves de secondes me demandaient si je préférais qu'ils utilisent un cahier 24x32 à grands carreaux et à spirales ou un classeur à petits carreauxavec la marge à droite. 

Aujourd'hui, les étudiants sortent leur tablette numérique ou leur ordinateur. Certains dinosaures sont encore équipés d'un stylo et de papier. Mais il reste toujours l'irréductible cancre qui n'a jamais aucun matériel sur lui et qui garde son sac sur les genoux pendant tout le cours sans prendre la moindre note. 

 

Avant, mes cours duraient 55 minutes et je trouvais que je n'avais pas assez de temps pour développer une pédagogie à la fois innovante et efficace. 

Aujourd'hui, mes TDs durent 1h30 et je trouve que je n'ai pas assez de temps pour développer une pédagogie à la fois innovante et efficace. 

 

Avant, j'avais un manuel d'ingliche pourri du genre "I love easy apple pie" avec des dessins faits à la main par de vrais faux artistes ou des textes improbables sur des robots qui passent l'aspirateur, censés déclencher une frénésie communicative chez l'adolescent pubère. 

Aujourd'hui, je suis une titcheur 2.0 et je viens en cours avec mon ordinateur pour projeter des vidéos, powerpoints, ou autres supports didactiquement au top à des étudiants bouche-bée d'admiration devant tant de talent graphique. 

 

Avant, j'allais à la cantine. Et c'était pas bon. 

Aujourd'hui, je vais au resto U. Et c'est franchement pas mal. 

 

Avant, tout le monde m'appelait "Madame".

Aujourd'hui, on me prend parfois pour une étudiante (parfois j'ai dit) (enfin, les jours où je suis en jean) (et de dos) (pouf pouf). 

 

Avant, je me faisais griller en conseil de classe sur mon inaptitude totale à me rappeler les noms de mes élèves (au 1er trimestre, hein, j'étais super au point à partir de mi-mars au bas mot). 

Aujourd'hui, non seulement je n'ai pas de conseil de classe où afficher mon Alzheimer précoce, mais j'ai tellement d'étudiants que personne ne s'attend à ce que je mémorise leurs noms. Du coup je les retiens. Va comprendre. 

 

Avant, j'avais un nombre important de vacances et tout le monde me jalousait. 

Aujourd'hui, j'ai un nombre indécent de vacances et tout le monde me déteste. 

 

Avant, je m'arrachais les cheveux car mes Terminales massacraient encore le verbe irrégulier to weave (tisser) (je sais que tu le sais, je précise, c'est tout) (wove-woven, bien sûr, hein?). 

Aujourd'hui, je m'arrache les cheveux car mes L3 massacrent encore le verbe to make (je te fais pas l'outrage?)…

 

Avant, une bonne partie de mon travail consistait à tenter d'obtenir le silence, à virer les éléments perturbateurs, et à calmer les pulsions hormonales de Jean-Kévin. 

Aujourd'hui, je fais cours. 

 

Avant, quand mes élèves me prenaient le chou, je n'avais pas le droit de leur dire que personne ne les oblige à venir en cours. 

Aujourd'hui, si. 

 

Avant, j'adorais mon métier. 

Aujourd'hui, j'adore mon métier. 

 

Tout change mais finalement, rien n'a changé. 

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25 mars 2013

Merci du conseil!

baby

Hello lecteur darling

Tu ne t'attendais pas à me revoir si vite, hein? Attention à la déchirure oculaire quand on lit plus d'un billet par mois! 

Je me devais de réagir à tes gentils commentaires plein de compassion voire de commisération à mon endroit suite à mon précédent billet où je t'expliquais que je suis légèrement déchirée en ce moment. Sache, lecteur soucieux de la qualité de mon sommeil, que Mamerveille n'y est en fait pour pas grand chose. Elle nous a effectivement fait quelques otites ces derniers mois, mais la plupart du temps, ça ne l'empêchait pas de ronquer comme une marmotte. Nan, si Tendrépoux et moi avons des valises sous les yeux et le teint aussi frais que des lasagnes au cheval surgelées, c'est juste qu'on se couche bêtement tard, tenus que nous sommes par nos obligations professionnelles, une vie sexuelle débridée et Top Chef

Donc en fait, les rares fois où Mamerveille nous a délectés de sa petite personne à des heures indues, ne sont imputables qu'à cette saleté de Célestène qui l'a rendue complètement maboule ou à un 39,7°C du à une réaction à un vilain vaccin. Bref, Mamerveille, aka Mamarmotte, reste une petite fille exceptionnelle qui a fait ses nuits à 6 semaines et qui dort 12h par nuit en temps normal. Donc en gros, si je récapitule, en 17 mois et des brouettes, elle a dû nous réveiller une petite dizaines de fois la nuit, pas plus, et s'est toujours rendormie facilement. Ceci a son importance pour la suite de mon récit. 

Il est donc établi que ma fille, ce chérubin tout droit descendu des cieux (oui, je suis d'humeur papale en ce moment), dort la nuit et ne se réveille que pour de très bonnes raisons (genre elle est à l'agonie).

Attendu que nous vivons en appartement, avec des voisins au-dessus et au-dessous, dont je t'ai déjà entretenu ici;

Attendu que notre immeuble parisien date des années 1930s et qu'il est par conséquent aussi bourré de charme qu'il est mal insonorisé;

Attendu que, donc, pour une fois dans sa vie, Mamerveille nous a fait un cirque de malade entre 3h et 5h du matin à base de "j'ai 39,7°, je souffre, nan mais qu'est-ce que vous attendez pour m'aider bordel et pis je veux dormir jouer avec vous d'abord"; 

Attendu que ma voisine du second est une grognasse;  

Le lendemain de cette charmante nuit, où Tendrépoux et moi-même nous sommes relayés pendant 2 heures pour essayer de rendormir notre petite bouillotte (berceuse, biberon, histoire, menaces, change de couche, cris de désespoir, re-berceuse, la laisser pleurer 5-10-15 minutes, la reprendre vu que ça marche pas, lui chuchoter des mots doux à l'oreille -"dors, b*rdel, dors"-, lui rechanter une berceuse, avant qu'enfin elle ne succombe sur le coup des 5h du matin); le lendemain, disais-je, quelle ne fut pas ma surprise de trouver dans ma boîte aux lettres un petit mot manuscrit venant de "ma voisine du second". 

Je te laisse savourer le texte de sa missive (les fautes d'orthographes sont d'origine).

 

Numériser 130840001

Je te remets le texte là, si tu n'arrives pas à lire. 


Cher voisins, 

J'habite au deuxième étage et je comprend bien les demandes (parfois très dure) d'une enfant très jeunes. Mais, quand nous vivons dans un bâtiment avec beaucoup de voisins (certains qui travaille tôt) il est inacceptable de laisser son bébé pleurer la nuit, tout en lui hurlant qu'elle dorme!

S'il vous plaît; levez-vous! Quand un enfant si jeune pleure la nuit c'est qu'elle a froid, faim, peur, ou les couches sale. Soulagez votre enfant - amenez-la à votre lit s'il faut - mais laissez vos voisins dormir. 

Merci. 


 Huhuhhu. Poufpouf. Huhuhuhu. Gni?

Alors, comment dirais-je… Tu te doutes que ma réaction première a été NAN MAIS P*TAIN ELLE SE PREND POUR QUI CETTE P*UFFIASSE À ME DONNER DES LEÇONS D'ÉDUCATION JE VAIS LUI DÉFONCER SA FACE!

Et puis ensuite, ma réaction seconde a été de lui répondre avec l'ironie et le second degré que tu me connais, histoire de lui mettre un peu le nez dans son caca à celle-là. Voici donc ce qu'elle a pu trouver sur le pas de sa porte le soir même, dans une jolie enveloppe à son nom.


Chère voisine, 

Croyez bien que nous sommes désolés si notre bébé de 16 mois vous a réveillée la nuit dernière. Il se trouve qu'elle avait une forte fièvre suite à son otite. 

Nous vous remercions pour vos précieux conseils éducatifs, la prochaine fois, nous nous lèverons pour voir ce qu'elle a plutôt que de la laisser pleurer pendant 2 heures. 

Il est vrai que pour éviter d'importuner nos voisins, nous aurions peut-être dû essayer de bâillonner notre enfant puisque toutes les techniques que vous nous conseillez pourtant si judicieusement se sont montrées inefficaces… Oui, figurez-vous qu'en fait nous l'avons changée, nourrie, prise avec nous, soignée, mais que la fièvre et la douleur l'ont rendue très difficile à calmer. Nous avons effectivement tenté de faire "la grosse voix", sans succès manifestement… 

Il est vrai également que, depuis 16 mois, elle n'avait pas habitué l'immeuble à être dérangé la nuit par ses cris et ses pleurs, donc je conçois que vous soyez fatiguée  ce matin (je vous avoue avoir moi-même eu un peu de mal à me lever à 6H30 pour aller travailler aujourd'hui…). 

J'espère néanmoins que cette situation ne se reproduira pas, même si je ne peux pas vous garantir que notre fille ne sera plus jamais malade la nuit de toute sa vie. 

Bien amicalement, 

Vos voisins du 4ème, Titcheur, Tendrépoux et Mamerveille. 


 Voilà. Tu aurais répondu quoi, toi?



20 mars 2013

Dormir c'est tricher!

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Enfer et damnation! Nan mais c'est quoi cette vie de tarée qui m'empêche d'écrire des billets aussi nécessaires qu'indispensables à la littérature française du 21ème siècle (rien que ça)? Sérieusement, lecteur lassé, si tu voyais ma tronche en ce moment tu comprendrais que je ne me cache pas derrière des excuses bidons. Je ne suis que cernes, teint brouillé et peau blafarde (qui a rajouté "et haleine de poney"? si, toi dans le fond, je t'ai bien entendu) (c'est pas ma faute si je baille beaucoup et que j'aime la soupe à l'oignon) (petit insolent). 

Pouf pouf. 

Et qu'est-ce qui m'empêche de rejoindre chaque nuit les bras accueillants de Morphée? t'enquerras-tu. Au risque de te décevoir, lecteur cochon, ce n'est malheureusement pas Tendrépoux qui me tient éveillée toute la nuit de ses ardentes attentions (non, juste quelques heures) (rhooo, ça va, c'est mon blog, j'ai le droit de te faire rêver aussi). Non, ce qui m'empêche d'aligner assez de beauty sleep pour ressembler à un être vivant, c'est un étrange concours de circonstances que je m'en vais te narrer. 

Tout d'abord, c'est la saison des partiels. Ce qui signifie que j'ai une semaine (oui, je me colle des défis toute seule) pour corriger un peu plus de 350 copies. Sachant que c'est ma première année en tant que prof à la fac, je n'ai aucun cours de prêt et il faut donc continuer à assurer comme une bête devant ce jeune public assoiffé de connaissances. Le tout en enseignant 16 heures par semaine, en assurant des permanences administratives pendant mes heures creuses et en étant rentrée pour 18h30 max pour récupérer Mamerveille chez la nounou. 

Donc j'aime autant te dire que la correction des chefs-d'oeuvres millésimes 2013 se fait à mes heures libres, entre 21h30 et minuit. 

En parallèle, Tendrépoux (que la Slaves & Associates a décidé de faire clamser avant l'heure) rentre tous les soirs à 23h, dîne en 15 minutes avant de se remettre au boulot jusqu'à 1h30 du matin et met le réveil à 7h pour retourner au bagne bureau. Notre château parisien ne comptant que 3 pièces, dont 1 déjà monopolisée par Mamerveille, tu te doutes que Tendrépoux ne bosse pas discrètement dans son bureau avant de se laver les dents dans notre 2ème salle de bains et de se coucher dans la chambre d'amis… Non, il vient se glisser dans les draps alors que je suis profondément endormie et me susure à l'oreille un judicieux "tu dors?". 

(Scène de sexe violence censurée)

Nous nous endormons donc sur les coups des 2h du matin. 

Mais c'est sans compter la participation active de Mamerveille, dont le système immunitaire a du partir en vacances dans une galaxie far far away. Car depuis le début de l'hiver, elle doit bien en être à sa 8ème otite. Et je sais pas si tu as la chance d'avoir déjà eu un enfant souffrant d'une otite, mais il faut savoir que la douleur les rend légèrement irritables. Voire hystériques. Dans le cas de Mamerveille, la douleur la réveille en général vers 3h du matin, et le temps que l'Advil fasse effet, nous avons la joie d'accueillir dans notre lit une petite boule de nerfs qui veut juste jouer (ou me tirer les cheveux, ou mettre les doigts dans le nez de son père), que l'on essaye de recoucher 8 fois avant qu'elle ne cède enfin, épuisée, vers 5h du matin. 

Si tu fais le calcul, lecteur doué, tu réalises vite que mon temps de sommeil de ces dernières semaines ne dépasse guère le temps d'une épreuve de baccalauréat. 

Le résultat est navrant: je carbure au café (dents jaunies), je grappille toutes les minutes de sommeil que je peux le matin (cheveux gras), j'ai les yeux qui se croisent (tenues improbables) et l'humeur tangente (relationnel exécrable). Et surtout, je n'écris plus de billets (ma tendinite du stylo rouge me fait encore souffrir). 

Mais voilà, mes copies sont corrigées, Tendrépoux a décidé que, finalement, avoir une vie personnelle c'était sympa aussi, et Mamerveille dort (il n'est pas encore 3h du matin). Me revoici donc en fanfare, prête à te narrer mes dernières aventures. Ce que je m'empresserai de faire dès demain (ou après-demain hein), car là il est tard, et Morphée Tendrépoux m'attire dans ses gros bras musclés. 

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22 février 2013

Résultats du concours

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Titcheur ou bien? Bon ben vu le succès fulgurant du concours organisé aujourd'hui et vu qu'il n'y avait que 3 participants, le "tirage au sort" est vite vu: 

Fanfan, Kandra et Antoine, j'ai le plaisir de vous annoncer que vous avez gagné chacun 2 places pour aller au théâtre demain soir. 

Merci de m'envoyer un mail avec vos noms et coordonnées pour que je vous indique la marche à suivre. 

La prochaine fois, je mettrai en jeu une authentique copie de 2nde, corrigée de ma main (valeur estimée: 3 Balistos). 

A très bientôt pour de nouvelles aventures. 

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To win or not to win (concours flash éclair inside)

AFF-TO-BE-OR-NOT

Good morning to thee, fidèle lecteur!

Comme tu le sais vu que je te le rabâche à longueur de billets, ma nouvelle vie de prof en fac primipare me laisse peu de temps pour 1) écrire sur ce blog et 2) avoir une vie culturelle aussi développée que je le souhaiterais. 

Mais quand même, il nous arrive de temps à autre à Tendrépoux et moi de casser notre livret A et de nous payer une petite sortie culturelle, et c'est ce que nous avons fait pas plus tard qu'il y a quinze jours: nous avons laissé Mamerveille à une baby-sitter et sommes allés au théâtre puis au resto entre copains. Wouhouhou! (danse du string à paillettes). 

Nous sommes allés voir "To be Hamlet or not", écrit et mis en scène par Charlotte Rondelez au théâtre de Poche de Montparnasse. Le pitch? Depuis 5 siècles, Hamlet voit son père, sa mère, sa fiancée, son meilleur ami et accessoirement lui-même décéder dans d'atroces souffrances. Tous les jours. Et ça fait un peu mal. Si quand même. Et il commence à en avoir ras la casquette. D'où l'idée de sortir de son livre et d'aller chercher son auteur pour modifier sa triste destinée. 

Je te vois venir, lecteur perplexe, et laisse moi te dire qu'il n'est nul besoin d'avoir passé l'agreg d'ingliche pour suivre la pièce, ni d'avoir pris 3 Xanax avant, le thème est traité avec beaucoup d'humour et Charlotte Rondelez réussit l'exploit de te faire te gondoler avec Hamlet (joué par un bogosse, ce qui n'enlève rien) (Tendrépoux me dit qu'il voit pas le rapport). Les acteurs sont juste énormes (au sens figuré hein) et on a passé un super moment. Le texte est bourré de références littéraires juste jouissives pour l'ingliche titcheur que je suis et l'intimité de la scène du théâtre de Poche créé une vraie proximité avec les acteurs. Bref, conquise j'ai été. 

C'est très bien, me diras-tu, mais qu'est-ce que tu veux que ça me fasse? 

Hé bien ça te fasse que, dans ma grande générosité,  je te propose de gagner, ami Parisien, non pas 1, ni même 2 mais 3 places pour deux pour aller découvrir cette pièce (je suis sympa, je t'envoie pas tout seul, ton épouse/conjointe/copine/pote/mère/belle-soeur etc, peut viendre avec toi). 

Alors attention, parce que cette offre éclair n'est valable que pour demain soir, samedi 23 février 2013 à 20h au théâtre de Poche Montparnasse (clique sur le lien pour les détails). Donc il va falloir être réactif! 

Pour participer, il suffit de me laisser un commentaire avec ta réplique shakespearienne préférée (en frènche, j'accepte aussi). Si tu likes sur Facebook, ça compte double. Je procèderai au tirage au sort ce soir à 22h (pour te laisser le temps d'organiser ta soirée de demain). 

Les gagnants seront priés de m'envoyer un mail (cliquer sur "Contacter l'auteur" en haut à droite de cette page) (non pas là, là) (voilà, c'est ça). Je leur indiquerai la marche à suivre. 

En attendant, fare thee well, et bien le bonjour chez toi! 

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12 février 2013

Service après-vente

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- Service après-vente bonjour? 

- Oui, bonjour monsieur. 

- Bonjour Madame Titcheur, que puis-je pour vous aujourd'hui? 

- J'ai acheté un de vos modèles il y a un peu plus d'un an.

- Oui, il y a un problème? 

- Non, pas vraiment. J'en suis très satisfaite, il correspond en tous points à ce que j'avais commandé. Bon, il y a eu un retard dans la livraison mais votre service client m'a fait un geste commercial que j'ai beaucoup apprécié et m'a fourni le modèle upgradé. 

- Mais c'est normal madame, nous avons à coeur la satisfaction de nos clients. Quel est l'objet de votre appel? 

- Et bien depuis quelques temps, notre modèle connaît quelques bugs. 

- C'est-à-dire? 

- Et bien nous l'avions programmé pour se mettre en veille la nuit, afin de moins consommer, ainsi que quelques heures par jour. Mais le programme semble  mal fonctionner. 

- Pouvez-vous me décrire l'incident? Je vais essayer de vous aider à distance. 

- Par exemple, une nuit notre modèle s'est enclenché tout seul et on n'a jamais pu l'éteindre. Il nous a fallu 4 heures pour réussir à le remettre en veille, et pourtant, on a épluché le manuel d'utilisation. On a réinstallé le driver, rebooté la carte mère et mis à jour le firmware mais rien… Finalement, sur les coups des 3h du matin, il s'est éteint tout seul! Avouez que c'est étrange!

- En effet. Mais vous savez, entre vous et moi, j'ai l'impression que c'est un défaut de fabrication courant et tout à fait mineur. De nombreux clients nous ont appelés pour ce même problème, mais vous verrez qu'à l'usage, les choses devraient s'améliorer. 

- Ah? Mais c'est ennuyeux tout de même! 

- Entre vous et moi, Madame, et en toute confidence, si c'est là le seul défaut d'utilisation que vous rencontrez, ne vous inquiétez pas, nos modèles se bonifient avec le temps. Certains utilisateurs ont eu des problèmes bien plus importants: bruits stridents, consommation d'énergie excessive… 

- Mais vous n'avez pas rappelé les produits défectueux? 

- Pensez-vous! Si on faisait ça, nous ferions faillite! Et vous savez, finalement, nos clients n'ont jamais demandé à rendre leurs modèles. Certains en ont même commandé d'autres! 

- C'est vrai que cela ne me viendrait pas à l'idée non plus, je m'y suis attachée en quelque sorte. Donc vous dites que ces erreurs de programmation sont normales? 

- Oui, tout à fait. C'est probablement le logiciel qui se grippe de temps à autre. J'imagine que vous alimentez bien votre modèle? 

- Oui, bien sûr. J'ai suivi toutes les instructions de la notice d'utilisation et d'ailleurs, je dois dire que je suis par ailleurs très satisfaite de toutes ses fonctionnalités. Je ne pensais pas qu'un modèle si petit puisse faire autant de choses! 

- Vous m'en voyez ravi Madame Titcheur. 

- Bon, alors il n'y a vraiment rien à faire pour mon petit souci? 

- Nous pouvons éventuellement vous envoyer notre dernier logiciel Fédodox 3.0. 

- Oui je veux bien! La dernière fois, j'avais pris le Lanfando 4.1 qui avait bien marché. 

- Et bien écoutez, nous vous l'offrons Madame Titcheur. 

- Oh c'est gentil!

- Mais c'est bien naturel. La satisfaction de nos clients passe avant tout. Je vois que vous avez un modèle 2011. Souhaiteriez-vous que nous envoyions notre catalogue 2013? Nos nouveaux modèles sont de toute beauté! 

- Euh, écoutez je ne sais pas. Il faudrait que je voie avec mon mari. C'est un investissement non négligeable quand même. 

- Très bien, Madame, je comprends. Nous préparons également une version 2014 qui devrait être assez sympa, vous pourrez toujours comparer. 

- Et bien nous verrons alors. Pour l'instant notre modèle nous convient parfaitement. 

- Mais certainement Madame. Puis-je faire autre chose pour vous? 

- Non, merci, c'est parfait. Je vous remercie pour votre amabilité. 

- C'est normal Madame. La Minus Factory et moi-même vous souhaitons une très agréable journée et espérons que vous continuerez à apprécier nos produits. 

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01 février 2013

Primi-power

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Bien le bonjour ami lecteur. 

Tu l'as noté, perspicace que tu es, je me fais presque aussi rare qu'une lueur d'intelligence dans l'oeil d'un candidat de Secret Story… Presque, car je viens quand même une fois par mois te délecter de mes aventures universitaires. 

Mais écoute, ça se passe tellement bien à la fac en ce moment que je n'ai pas d'anecdotes rigolotes à te narrer, ni de coup de gueule véhément à pousser et encore moins matière à te faire te bidonner avec des perles d'ingliche (les quelques unes glanées parmi les 400 copies corrigées aux partiels sont sur ma page Facebook, je te laisse cliquer là si tu ne "likes" pas encore) (gros vilain). 

Non, aujourd'hui c'est la primipare qui vient te parler. Car l'autre (très) bonne raison qui explique mon absence en ces lieux n'est autre que Mamerveille. Oui, tu sais, la chair de ma chair, le sang de mon sang, celle que j'ai tant attendue et que la nature la médecine moderne m'a finalement gentiment apportée. 

Et bien Mamerveille a bien grandi: à l'aube de ses 16 mois, elle marche, que dis-je, elle court partout, chausse du 20, a une passion déraisonnable pour le comté et le chocolat que sa grand-mère lui refourgue en douce, dit "Papa", "Maman", "Caca" et "Ki" (pour merci) (le premier qui me demande si elle s'appelle Mikeline en vrai s'en prend une) entre autres mots, comprend très bien absolument tout ce qu'on lui dit mais quand ça l'arrange, et, plus que tout au monde, souhaiterait jouer au foot avec les grands de 6 ans dans le square en bas de la maison (mais se fait dégager à chaque fois) (y en a qui vont se prendre des coups de pelle quand elle aura un peu grandit, ça va faire des drames). 

Donc depuis que je suis primipare, un certain nombre de choses ont changé. 

1. C'est officiel, je ne peux plus regarder les infos à la télé. Les faits divers atroces où des gens qui auraient mieux fait d'éviter de se reproduire tabassent leur gosse, et la laissent agoniser dans un coin pendant qu'ils regardent le Juste Prix avant d'aller planquer le corps parce que, quand même, ça la fout mal, je peux plus. J'en pleure devant mon écran, ça ruine mon mascara et ça me donne envie de réinstaurer la peine de mort, moi qui ne suis d'habitude que douceur et tolérance. 

2. Depuis que j'habille ma fille comme un garçon, les vieilles dames dans la rue s'extasient devant cette "magnifique petite fille". Fallait y penser. Habillée de rose, avec barrette Hello Kitty dans les cheveux et chaussures à paillette, Mamerveille avait droit à "quel joli petit garçon!!". Mais le jean/pull bleu marine avec doudoune grise fait apparemment ressortir toute la girlytude de mon bébé. Va comprendre…

3. La maternité a vraisemblablement profondément altéré mon sens de l'humour. A la fin d'un partiel, je pressai quelques étudiantes retardataires et leur demandai de me rendre leur copie: "Vous comprenez, il est 18h et je dois récupérer mon bébé à 18h30 à la crèche sinon elle ferme et ils déposent le bébé au commissariat, vous voulez pas que ma fille finissent en prison?" (oui, je sais, c'est pas vrai, en plus ma fille n'est même pas à la crèche, mais j'avais vraiment envie qu'elles me rendent leurs fichues copies et puis c'était du 2nd degré). Et bien quand l'une d'elles, croyant probablement se montrer spirituelle, me répondit: "Mais est-ce qu'elle mérite vraiment que vous alliez la chercher?" et bah j'ai pas trouvé ça drôle. Tu me trouveras peut-être mauvais public, mais ça m'a même offusquée. Dans ma grande mansuétude, je mis sur le compte de sa nulliparité son manque total de tact à l'égard d'une jeune maman à l'épisio encore sensible par temps de pluie, mais je ne manquai pas de lui enlever 2 points sur sa copie. 

4. Depuis que je suis primipare, j'ai acquis de nouveaux super pouvoirs. Grâce à mes yeux-laser, je retrouve un doudou planqué sous une turbulette et une pile de peluches sans avoir à allumer la lumière. Mes oreilles bioniques me permettent d'entendre le moindre bâillement anormal de ma fille dans un rayon de 50 mètres. Je peux déterminer la température basale de ma fille rien qu'en lui touchant le front puisque je suis dotée d'un toucher super sensible. Et enfin, mon odorat de chien de chasse peut détecter une couche souillée sur un rayon de 1km. Et reconnaître laquelle appartient à ma fille. Oui, je suis dégueulasse efficace comme ça. 

5. La maternitude m'a également aidé à développer une polyvalence fort utile. Aujourd'hui, je peux corriger une copie tout en chantant "Frère Jacques" (sans me gourer dans les appréciations, genre "Assez bien mais il faudrait songer à sonner les matines"). Je sais préparer une purée de légumes tout en jouant à cache-cache avec ma fille (il suffit d'éplucher les légumes planquée derrière les rideaux, fastoche). Je suis capable de vider le lave-vaisselle et lancer une lessive tout en étant au téléphone avec l'URSSAF pour enfin comprendre comment remplir la fiche de paye de ma nounou, le tout sans mettre le linge sale dans le lave-vaisselle et le bébé dans le lave-linge, ce qui est déjà pas mal. 

6. Je prononce des phrases improbables comme: "Pfiou! 23h déjà! il faut qu'on rentre, la baby-sitter nous attend", "Je suis trop contente, j'ai trouvé un lot de 250 couches pour 20 Euros sur www.jaipasdevie.com!" ou encore "La semaine dernière on s'est fait un week end de fol-lie! On a fait garder la petite, on est allé au ciné puis au resto! Le dimanche on a fait la grasse mat' jusqu'à 9h et on a même fait un câlin! Ouais, je sais, on a trop de la chance. Mais tu sais, avec un peu d'organisation c'est pas si compliqué…"

J'imagine que toi aussi, cher lecteur primi-(voire multi)pare, tu t'es découvert de nouvelles qualités au fil des nains. Tu m'expliques tout ça dans les commentaires?

Posté par Titcheur à 12:02 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
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