Ingliche Titcheur

26 juillet 2014

Qui ne tente rien…

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Aujourd'hui, tout se négocie: les appartements, les prêts bancaires, le cageot d'abricots sur le marché. Et les diplômes universitaires apparemment. Si. Je te jure. 

Je reçois plusieurs fois par an, en général en fin d'année lorsque les moyennes sont tombées (et quelques illusions avec), des mails pathétiques d'étudiants en master (oui oui, en master) qui viennent plaider leur cause. 

Et voilà ce que ça donne. 

 

De: grosfumiste@gmail.com

A: inglicheticheur@univ-de-la-balle.fr

Madame, 

Je sollicite votre haute bienveillance pour examiner mon cas. J'ai obtenu une moyenne de 9,15/20 à mon année de Master 1. Or pour pouvoir prétendre à m'inscrire en deuxième année, il faudrait que j'ai la moyenne. J'ai eu une année très compliquée entre mes études et mon travail (et la mort de mon poisson rouge) et je suis conscient que mes résultats laissent à désirer mais il est vraiment crucial que je passe en deuxième année. 

Pourriez-vous donc augmenter ma note d'anglais et la passer de 11 à 13/20 afin que j'arrive à la moyenne générale? 

Merci pour votre aide. 

Grosfumiste

 

Ou encore: 

 

De: têteenlair@hotmail.fr

A: inglicheticheur@univ-de-la-balle.fr

Madame, 

Je vous écris car je viens de me rendre compte que le calendrier des épreuves de rattrapage était en ligne et j'ai raté mon épreuve d'anglais qui avait lieu hier. Comment faire pour réparer cette erreur qui n'est vraiment pas de ma faute, la faculté ne m'ayant pas avertie des dates des rattrapages? 

Je suis prête à vous rendre un devoir maison ou à passer un oral avec vous. 

Cordialement, 

Têteenlair

 

Plus original, cette étudiante qui m'écrit suite à la session de rattrapage que je surveillais et corrigeais.

 

De: jauraisessayé@wanadoo.fr

A: inglicheticheur@univ-de-la-balle.fr

Madame, 

Je suis une des étudiantes qui a passé l'épreuve de rattrapage avec vous aujourd'hui. Je vous écris pour vous demander votre indulgence dans la correction de ma copie. 

J'ai vraiment besoin de valider mon année, donc il est très important pour moi que j'aie la moyenne à cette épreuve. Je vous remercie de prendre en compte ma demande. 

Respectueusement, 

Jauraisessayé

  

Donc pour récapituler, certains étudiants (pas tous, hein, heureusement!) estiment que: 

1) les notes que les profs leur donnent ne représentent rien de concret. Ce sont juste des chiffres abstraits qui ne reflètent aucun niveau spécifique. Donc changer un 11/20 en 15/20 ne devrait pas poser problème hein? Peu importe si je suis une quiche en ingliche, l'important c'est de valider mon diplôme, même si je n'ai pas le niveau requis. Comme ça, je pourrais mettre sur mon CV que je suis bilingue alors que c'est pas vrai. On n'est plus à une demi-vérité près. 

2) on devrait pouvoir bénéficier d'une épreuve de rattrapage pour l'épreuve de rattrapage. Avec un prof prêt à sortir un sujet de sa poche, ou mieux de se libérer pour faire passer un oral ou corriger un devoir maison pompé sur internet. Ben voyons.

3) la notation devrait tenir compte du vécu de chacun. Parce que certains méritent plus que d'autres mais sans forcément fournir le travail requis. Argument imparable: "j'ai vraiment besoin de valider cette UE" (ah bon parce que les autres qui se sont sortis les doigts du fondement pendant l'année non?). Ca s'appelle comment déjà? Ah oui: noter à la tête du client. 

Donc au risque d'en décevoir certains, je rappelle ces quelques éléments de base: 

- Si tu veux valider ton année, je te suggère de bosser. 

- Si tu veux avoir 14/20 plutôt que 12/20, je te suggère de bosser. 

- Si tu veux avoir une bonne note à ton rattrapage, je te suggère de bosser. 

- Si tu ne veux pas rater l'épreuve de rattrapage, je te suggère de te renseigner plutôt que d'attendre qu'on t'envoie une invitation. 

 

Sinon, un petit billet de 200 glissé dans la copie et on pourra peut-être trouver un terrain d'entente… 

 

PS: à tout hasard pour ceux qui douteraient de mon intégrité, je précise que je plaisante. J'agis toujours en fonctionnaire de l'Etat de façon éthique et responsable! Et puis je prends beaucoup plus cher que 200 euros pour monter une note…  

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18 juillet 2014

Des nouvelles de Dédé

Dédé

Je n'aurais jamais cru qu'une simple plante verte (même pourvue de jolies fleurs blanches) puisse susciter autant d'intérêt et d'émotion. Alors à la demande générale, voici des niouzes de Dédé, mon Arboreus Decedus, dont je te narrais la lente agonie il y a quelques jours.  

Et bien suite à la mobilisation générale et à une intervention musclée de Queen Mom (t'ai-je déjà parlé de mon exquise génitrice?) à coups de sécateur et d'arrosage intensif, j'ai la joie de t'annoncer que Dédé a repris du poil de la bête. Non seulement il n'est pas décédé, mais de nouvelles feuilles ont fait leur apparition. Tu verras que bientôt ses magnifiques fleurs blanches refleuriront. 

Merci donc à toi, lecteur fidèle, pour tes précieux conseils botaniques (ta mère) (désolée, les jeux de mots pourris sont ma raison de vivre). Avec un bon coaching, je finirai peut-être par avoir la main verte. Qui sait, si ça se trouve l'année prochaine j'aurai un potager sur mon balcon et je te raconterai les aventures de mon séquoia d'appartement. En attendant, je propose de créer une page Facebook à Dédé afin que je puisse te tenir informé de son état de santé. Nan je déconne, j'ai une vie tout de même. 

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01 juillet 2014

Awesome

awesomeness

 C'est pas pour me vanter mais: 

Je connais tous les verbes irréguliers d'anglais. 

J'ai lu tout Jane Austen. Et tout Shakespeare. Dans le texte. (Entre autres). 

Je réussis très bien le gratin dauphinois et le boeuf bourguignon. Et la raclette me souffle Tendrépoux (le méchant). 

Je connais par coeur toutes les chansons des Beatles. 

Je ne fais jamais de fautes d'orthographe. 

Je joue parfaitement "Imagine" au piano. 

Je fais très bien les créneaux. 

Je peux changer une couche en moins de 30 secondes. 

Je peux retenir ma respiration pendant 30 secondes. 

Je sais désimlocker et jailbreaker un Iphone. 

Je sais réparer un lave-linge.

Je suis arrivée à l'étape 68 de "Ouverture Facile" (ne clique pas sur le lien si tu tiens à ta vie sociale). 

Je sais faire ça avec mes doigts. 

Je suis incollable sur les protocoles de FIV. 

Je peux encore réciter "Le corbeau et le renard". 

Je sais recoudre un bouton et faire un ourlet. 

J'ai mon permis de conduire, ma 3ème étoile et un certificat de baptême de plongée. 

J'ai un excellent relationnel avec les chats, les chiens, les furets et les enfants. 

Les personnes âgées m'adorent. 

 

Et pourtant… 

 Je suis infichue de maintenir une plante verte en vie plus d'une semaine. Je suis une serial killeuse de ficus. On me surnomme "Flower killer", "l'Equarrisseuse des jardins" ou encore "l'Arme Fatale du Végétal". 

Ci-joint, ma dernière victime: Arboreus Decedus ou Dédé pour les intimes. 3 semaines. Mon record. 

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RIP Dédé...

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23 juin 2014

J'y vais mais j'ai peur

Shadock

Cela ne t'aura pas échappé, lecteur informé, en ce moment un événement capital mobilise les médias. Non pas la grève SNCF. Ni le mondial de foot. Mais enfin, lecteur, tu le fais exprès? Je te parle du bac bien sûr! Si, tu sais, cet examen sanctionnant la fin des études en lycée et que 85% des candidats obtiennent.  

Comme chaque année, les journaux télévisés ont fait leur sujet sur la fameuse "épreuve de philo", avec interview d'élèves transpirants d'angoisse avant l'examen, et en ressortant au choix 1) en larmes "j'ai complètement foiré, ça y est, c'est sûr, j'ai raté mon bac/ma vie"; 2) un peu trop sûr de soi "j'ai trop déchiré, j'ai casé Schopenhauer et son mythe de la caverne et le "Je pense donc je suis " de Voltaire"; 3) sobrement satisfait "oui, bon, rien de rare dans cette épreuve. En se fondant sur Nietzsche, Kant et Hegel, on faisait un plan en 3 parties tout à fait classique." Cette année, petit suspense supplémentaire (merci la SNCF): les candidats vont-ils arriver à l'heure (ou tout court) à leur épreuve? La grève des cheminots va-t-elle remettre en cause la validité de l'examen, si tous les candidats ne sont pas sur un pied d'égalité? 

Nous avons donc eu droit à du grand journalisme d'investigation avec infiltration dans une famille qui se lève à 5h du matin pour accompagner en voiture le candidat tout nerveux et éviter les bouchons. Gagné! A 6h12, il est devant la grille (fermée) de son centre d'examen et devra patienter 2 heures à se ronger les ongles avant l'épreuve (mais au moins il y est). Moins de chance pour cette candidate peu prévoyante qui arrivera avec une heure de retard à son examen (mais c'est pas grave, hein, elle aura une heure de plus pour composer). 

Mais la grande nouveauté de cette année, c'est cette pétition qui circule sur les réseaux sociaux depuis quelques jours (non, je te mets pas le lien, tu vas quand même pas aller la signer!). Apparemment, certains élèves de Terminales S ont trouvé leur épreuve de maths trop difficile. Et celle de physique-chimie aussi. Ainsi que celle de SVT. Ah, et on me souffle dans l'oreillette que l'épreuve d'anglais était anormalement difficile elle aussi. Apparemment, les questions faisaient bien partie du programme mais étaient formulées de façon différente que d'habitude et, surtout, ô injustice insupportable, n'étaient pas tout à fait au même format que ce sur quoi les élèves s'étaient entraînés toute l'année. 

Tu me diras, je ne suis pas prof de maths, comment je peux savoir, moi, si les questions sont plus ou moins difficiles. Certes. Ce que je sais par contre c'est que: 

- les sujets sont élaborés par des profs. Qui enseignent. Qui sont donc au courant du niveau de leurs élèves. Qui sont relus et corrigés par d'autres profs afin d'aboutir à un sujet équilibré. Donc à moins d'être tombé sur une équipé de sadiques (ce qui reste possible), y a pas de raison que la session 2014 soit plus infaisable que celle de 2013. 

- tout le programme peut être sujet d'examen. Même les points qui semblent insignifiants ou moins importants. Cela dérange certainement ceux qui font des impasses sur certains aspects du programme, mais on ne peut pas faire de prédictions sur ce qui tombera ou tombera pas. Donc mieux vaut tout réviser. 

- un sujet, ça se lit, ça s'analyse et ça se comprend. Avant de se jeter sur son stylo pour rédiger directement une réponse sur sa copie, il faut lire la question. La relire et s'assurer de l'avoir bien comprise. Oui, même en sciences. Et si la question est un peu alambiquée, ou pas claire, alors on la retourne dans tous les sens, on se creuse le ciboulot, on réfléchit, au lieu de jeter l'éponge au bout de 5 minutes en décrétant que "pfff, de toutes façons, ça veut rien dire, c'est trop dur". Ce n'est pas la question qui est trop dure, c'est l'élève qui manque de persévérance. Mais il est tellement plus facile de rejeter la faute sur le sujet plutôt que de se remettre en question. Tellement plus facile d'aller râler sur Facebook et de signer une pétition numérique que de se dire qu'on aurait pu passer un peu plus de temps à travailler qu'à poster des photos de chatons bourrés sur le ouèb. 

Je vois déjà la levée de bouclier des bons élèves qui estiment avoir travaillé comme des fous toute l'année et qui trouvent, eux aussi, que les sujets étaient trop durs. J'entends leurs récriminations mais là aussi, je ne suis pas d'accord. A force d'entendre que le bac est donné, que tout le monde l'a du premier coup sans trop faire d'effort, on en vient à déduire qu'il DOIT être facile et ne poser aucune difficulté. Vous avez travaillé dur toute l'année? ENCORE HEUREUX! Comme si c'était un exploit alors que c'est juste ce que vous êtes censés faire! Vous avez trouvé les questions difficiles malgré tout le travail fourni? Et alors? Ca arrive de sécher sur un sujet alors qu'on se sentait bien préparé. Ca s'appelle la vie et elle n'est pas toujours juste. Mais ne vous inquiétez pas, cela ne vous empêchera pas de l'avoir votre bac. Voire votre mention. Les consignes de correction données aux examinateurs sont si laxistes que c'en est à se demander pourquoi on s'emmerde à corriger autant de copies (un jour je te raconterai comment ça se passe, un jury de bac). 

Alors effectivement, si personne n'est content (les élèves parce que c'est "trop dur", et les profs parce que c'est "trop facile"), pourquoi continuer à s'infliger ce rituel chaque année? 

On nous rabâche que c'est un examen coûteux et qui empiète sur tout le mois de juin. Certes. Mais il a le mérite d'être égalitaire. La même épreuve pour tout le monde. L'anonymat des copies garanti. Une correction par des professeurs qui ne connaissent pas les élèves. On ne peut pas en dire autant du contrôle continu, alternative présentée comme idéale par certains. Plus d'examen stressant, plus de logistique compliquée, de coûts exorbitants, de risques de fuites des sujets. Mais aucune équité non plus! Autant de sujets que d'établissements (voire de classes), donc aucune garantie que le niveau d'exigence soit le même partout sur le territoire. Des correcteurs trop proches de leurs élèves, et potentiellement incités par la hiérarchie à bien noter (pour le classement de l'établissement) et potentiellement soumis à des pressions de la part des élèves ou de leurs familles (quand on voit que les étudiants en master n'hésitent pas à venir marchander leur note…). Bref, autant enterrer toute idée d'examen de fin de lycée, ce sera plus honnête intellectuellement. 

Personnellement, je pense qu'il faut conserver le bac (en en réformant certains aspects, notamment les langues, mais c'est un autre et vaste sujet). Cela reste un grand moment dans la vie scolaire de tous. Un de ces jalons qui marquent la vie. Qui vont nous aider à nous construire, même si on ne l'a pas. Parce qu'il nous pousse à nous poser des questions: ai-je assez travaillé? Qu'est-ce que je veux faire avec ce bac? et si je ne l'ai pas, quelle direction vais-je prendre? 

Le bac est un rituel. Quasi initiatique. Le seul moment dans la scolarité (je mets de côté le brevet des collèges) où toute une génération d'élèves se mobilise autour d'un examen qui les fera passer à l'âge adulte. Qui leur ouvrira la porte des études supérieures s'ils souhaitent en faire. Qui les obligera un peu à travailler. Qui leur apprendra à gérer leur stress, à organiser leur travail sur plusieurs mois, à réviser régulièrement (dans l'idéal, hein, on sait que ça bachotte à fond sur les 3 dernières semaines en espérant que ça passe), à travailler plusieurs matières en même temps, à appliquer des méthodes de travail. Bref, à s'entraîner pour la vraie vie d'après. Celle où personne ne vous tient par la main pour vous dire quoi faire et comment le faire. 

 On a tous des souvenirs de notre propre bac. Perso, je ne me remets toujours pas de mon 8/20 en hisoire alors que j'avais 14/20 de moyenne toute l'année. Je me souviens encore de mon oral d'anglais et du sujet de philo. Et je me rappelle du jour des résultats, du stress parce que même si on pense avoir réussi, on ne sait jamais, et de la délivrance de voir mon nom sur la liste des reçus avec mention (assez bien si tu veux tout savoir). Et toi, lecteur, quels sont tes souvenirs de bachelier? 

PS: Ah oui. J'ai jeté un coup d'oeil au sujet d'anglais. Et là, gros LOL. Difficile???!!! Bateau, très certainement! Galvaudé, convenu, classique, chiant à mourir, possible également. Mais difficile, il faut arrêter 5 minutes. Déjà, parce que le sujet de langue est commun aux 3 séries générales (S, ES et L) et que, bizarrement, aucune pétition ne circule chez les ES et les L pour se plaindre de cette épreuve. Et deuxièmement, même les questions sont formulées avec des termes complètement transparents afin d'être sûr que tout le monde comprenne bien (genre la question 1 où est utilisé le terme "voyage" plutôt que "trip" ou "travel", des fois que ce serait trop incompréhensible…). 

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19 juin 2014

Who who is it who passes at the radio? (traduction Jean-Kevin)

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Hé oui, quand je te dis que je reviens, c'est que je reviens, lecteur ébahi. Tu n'auras plus à attendre 2 mois pour lire ma douce prose. 

Aujourd'hui, petit billet promo pour des musiciens dont je t'ai parlé à plusieurs reprises, ici, ici et là aussi: les NAMELESS. Alors oui, c'est le groupe de mon frère, mais honnêtement, si leur musique n'était pas géniale, je ne t'en parlerais pas autant. Tu doutes, lecteur sceptique?

Qui d'autre que de créatifs jeunes gens pourraient imaginer mélanger le coaching d'entreprise et le Kamasutra dans un clip aussi audacieux que réussi? Oui, oui, ils l'ont fait, regarde: 

 

Qui d'autre que de talentueux musiciens seraient invités dans l'émission de Manoukian "On va tous y passer" sur France Inter, pas plus tard que tout à l'heure (dans 30 minutes, allume ta radio!)? 

Qui d'autre que de véritables bêtes de scène se produiraient au Point Ephémère à Paris le 10 juillet, que si tu veux y assister dépêche toi d'acheter tes billets , ça se remplit très vite et c'est toujours désagréable de se faire refouler à l'entrée alors que tu as mis tes habits de lumière et payé une baby-sitter le prix d'un rein?  

Qui d'autre que 4 garçons dans le vent viendraient de sortir un EP du tonnerre, que pour 4 euros tu as une playlist au top? 

Ils n'ont peut-être pas de nom, mais en tous cas, ils ont du talent! 

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18 juin 2014

La revenante

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Youhou! Y a quelqu'un ('elqu'un… 'lqu'un… 'qu'un…)? 

Sache, ami lecteur, que je ne t'ai point oublié. Combien de fois me suis-je réveillée en plein milieu de la nuit avec une idée de billet géniale? Combien de fois me suis-je jetée sur mon ordinateur avec une inspiration frénétique? Combien de fois me suis-je enfermée dans la salle de bain pour pleurer de honte à l'idée de t'avoir si longuement abandonné? Honnêtement, zéro. En général, la seule chose qui me réveille au milieu de la nuit est Maprinchesse, pour son nichon de 3h12 et je ne me jette sur mon ordinateur uniquement pour poster des photos de mes cernes sur Facebook. Quant à la salle de bain, inutile de te dire que mes séjours y sont réduits au plus strict nécessaire, dictature nainesque oblige. 

Mais, là, c'en est trop. 2 mois et demie que je déserte ces lieux, alors que j'ai franchement plein de trucs intéressants à te raconter, c'est insupportable. Pour toi surtout, je sais. Alors me revoilà, aïe âme baque (again)!  

Et pour célébrer mon grand retour sur la blogosphère, quoi de mieux qu'un relooking de cette page. C'est ma talentueuse amie Marine de Une Chambre à Moi qui m'a gentiment dessiné une nouvelle bannière (oui Madame). Qu'elle en soit remerciée jusqu'à la fin des temps et qu'une pluie de bénédictions inonde son foyer sur 7 générations. 

J'ai donc vécu plein de trucs dingues ces derniers temps. Des changements de vie radicaux, de grands bonheurs familiaux, du pouponage intensif, du boulot aussi (ils auront ma peau), bref de quoi occuper mes journées 26h/24. 

Je t'avais annoncé le programme ici. Tout devait se dérouler parfaitement selon le plan: après avoir fait l'acquisition d'un joli appartement à retaper intégralement, nous devions en avoir pour 3 mois de travaux pour transformer la citrouille en carrosse, emménager tranquillement fin mars, monter des meubles suédois pendant mon congé maternité en avril et accueillir Maprinchesse début mai. 

Ca c'était le plan. Dans les faits ça a donné ça: les 3 mois de travaux se sont transformés en 5 mois 1/2, mon congé maternité a été anticipé de 2 mois pour cause de menace d'accouchement prématuré, Tendrépoux a donc du mettre en cartons l'intégralité de nos affaires tout seul, gérer Mamerveille tout seul pendant que je le regardais faire, allongée sur mon canapé, les cuisses serrées. Le déménagement a eu lieu le 31 mars. J'ai accouché le 1er avril. 

Mais comme les travaux avaient du retard, nous ne pouvions pas emménager dans notre nouvel appartement. Nous avons donc squatté chez Queen Mom (kwâââ? tu ne connais pas encore ma douce génitrice???) pendant 6 semaines. Nous avons donc débarqué à 4, dont un nouveau-né, chez ma mère qui a eu la patience de supporter les nuits hachées, les délires mégalomaniaques d'une enfant de 2 ans un peu perturbée par tant de changements, le baby blues de la jeune parturiente et les horaires originaux de l'employé de la Slave & Associates. Qu'elle en soit éternellement remerciée! 

Nous sommes donc dans nos murs depuis seulement 3 semaines, et je ne te cache pas que monter une armoire Pax en allaitant tout en empêchant Mamerveille de jouer avec la caisse à outils de son père n'est pas chose facile. Mais ça y est, le rythme est pris (facile, il suffit de dormir moins de 5h par nuit et on a le temps de tout faire). 

A la revoyure, donc! 

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18 avril 2014

Poisson d'avril

Poisson d'avril

Toutes les bonnes choses ont une fin. Je pensais que cela arriverait un peu plus tard. A vrai dire, j'ai été prise de court. Il y a encore un mois je te narrais mes aventures de parturiente, espérant t'arracher un sourire avec mes misérables bobos de grossesse. Et puis plus rien. Silence radio. Forcément. 

Le 1er avril 2014, en fin d'après midi, nous avons eu droit, Tendrépoux, Mamerveille et moi à un très joli poisson d'avril: Maprinchesse est née! Un bon gros mois en avance, après des semaines à la retenir le plus possible au chaud, entre contractions et fissure de la poche des eaux, aller-retours aux urgences et séjour en "grossesse à risque", angoisse et désir d'enfin la connaître. Et voilà. 2,5 kg d'amour brut ont débarqué dans nos vies, et depuis 18 jours, nous sommes quatre. 

Je redécouvre cette odeur enivrante du nouveau-né, ses petits cris animaux, la chaleur de son petit corps contre le mien, les nuits un peu trop courtes, les tétées un peu trop longues mais tant pis, c'est si bon. Les câlins, les bisous, les bains avec sa grande soeur, les "je peux lui faire un bisou maman?". Les couches taille micro (si, si, ça existe), la poussette-tank, le porte-bébé, les petits bodies tout mignons. 

Tout est familier et nouveau en même temps. On croit mieux savoir la deuxième fois. On pense que tout sera plus facile, moins douloureux, parce qu'on l'a déjà vécu. Ce n'est qu'en partie vrai. L'accouchement, les suites de couches, l'allaitement… tout cela est censé être si "naturel" alors que c'est un véritable séisme physique et psychologique. La seule chose que j'ai retrouvée intacte, c'est cet ouragan d'amour qui m'a envahi à la seconde où j'ai vu Maprinchesse. Cette sensation vertigineuse qu'un nouvel espace infini s'est ouvert dans mon coeur, là, à côté de sa soeur et de son père, et lui est totalement dédié. Pour toujours.

Alors voilà. Toutes les bonnes choses ont une fin. Cette grossesse s'est terminée un peu plus vite que prévu et nous a pris au dépourvu pour bien des raisons (as-tu déjà accouché le lendemain de ton déménagement? Non? Ah. Alors il faudra que je te raconte). Mais la nouvelle vie qui commence et que je regarde dormir paisiblement dans son berceau, là, juste à côté de moi, recèle des promesses de bonheur que j'ai hâte de découvrir. 

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10 mars 2014

Petits maux et gros mots de la grossesse

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Cela ne t'aura pas échappé, perspicace lecteur, mais en ce moment, je suis enceinte. En cloque. Epanouie. En communion totale avec mon corps. D'ailleurs c'est bien simple, je ne m'habille plus qu'en couleurs pastel, je fais du yoga prénatal et j'apprends la respiration du dauphin asthmatique. Je porte avec grâce et élégance mon gros ventre et mes vergetures et je n'ai bien sûr pas pris un gramme de plus que les 8kg autorisés à mon terme actuel. Je mange bio et me lave les cheveux avec du gel intime, on ne sait jamais. Insupportable, n'est-ce-pas? On dirait moi il y a 2 ans lorsque j'attendais Mamerveille. Hé oui, lecteur chou, figure-toi que je faisais partie de ces radasses femmes pour qui la grossesse n'est que béatitude et qui en plus s'en vantais dans des billets sirupeux à t'en coller la nausée. J'étais chiante hein? 

 

Rassure-toi, aujourd'hui je me mange le second effet Kiss Cool et je commence à mieux comprendre toutes mes congénères pour qui ces 9 mois n'ont pas été un "bed of roses" comme on dit en ingliche. Et je te parle même pas de pathologies graves ou pénibles qui t'obligent à rester alitée pendant des semaines ou qui te font accoucher prématurément. Non, je te parle simplement de ces petits maux de grossesse, et autres "bobos" décrits d'un ton méprisant et avec force litote dans la plupart des ouvrages spécialisés (genre elles vont arrêter de geindre les grosses, elles avaient qu'à prendre la pilule si elles voulaient pas être en cloque). 

 

Bref, enceinte, tu n'as pas le droit de te plaindre. Tous les bouleversements que ton corps subis sont forcément directement envoyés des cieux et il serait insultant et ingrat de t'en plaindre, pense un peu à toutes ces femmes qui n'arrivent pas à avoir d'enfants et qui tueraient des chatons à coup de stylo bille pour être à ta place. Ben justement, en tant que nana qui en a bien soupé pour concevoir, je me sens parfaitement en droit de te révéler la vérité vraie sur ce que la grossesse peut aussi être. Si tu es chanceuse, tu ne connaîtras peut-être que quelques-uns des désagréments cités ci-dessous (voire aucun, cf moi il y a de 2 ans). Si tu es vernie, tu auras peut-être droit à tout en même temps (mes condoléances). 

 

Petit abécédaire des "bobos dont il ne faut surtout pas se plaindre car ça ternit la mythologie de la grossesse": 

 

A comme Anémie. Ou carence en fer. Ou l'ironie de ne pas être autorisée à s'envoyer un bon steak tartare alors que c'est tout ce que ton corps te réclame.  Une femme enceinte anémiée se reconnaît à ses crises de narcolepsie répétées et à son teint blanc endive. 

 

B comme Brûlures d'estomac. Une des joies digestives préférées des femmes enceintes, la bonne vieille brûlure qui te vrille l'oesophage et le diaphragme, te coupe le souffle et te donne l'impression d'avoir confondu ta limonade avec un verre de lave en fusion. Se traite par l'ingestion d'une pâte au goût infâme mais qui a le mérite de calmer rapidement l'incendie interne qui te consume. 

 

C comme Congestion Nasale. Ou syndrome du nez bouché en permanence. Pour des nuits magiques, faites de narines bouchées, de toux d'irritation et de reniflements pénibles pour le conjoint. Se traite par l'utilisation excessive de mouchoirs (mais attention aux saignements de nez), spray d'eau de mer et par le mépris. 

 

D comme Dos qui tue. Lombaires, trapèzes, cervicales,… tout fait mal dans le dorsal. Remède: te faire masser par ton conjoint. Si celui-ci "déteste ça" (dixit Tendrépoux, dorénavant privé de "massage" lui aussi), tu peux toujours supplier ton médecin de te prescrire quelques séances de kiné ou aller voir ton ostéopathe pour qu'il tente de soulager tes douleurs. J'ai testé et dois admettre que j'ai bien été soulagée… pendant 3 jours.  

 

E comme Etourderie. Tu me diras, ce n'est pas un bobo, ça. WRONG! L'étourderie est une véritable plaie psychologique qui vient en général contribuer à compliquer tes journées déjà bien remplies. S'enfermer dehors parce qu'on a claqué la porte trop vite (alors qu'on a envie de faire pipi), ne plus savoir où on a garé la voiture (alors qu'on vient de perdre les eaux), égarer sa barre chocolatée (alors qu'on est en pleine hypoglycémie)… sont autant de petites misères que tu vas certainement payer chèrement. 

 

F comme Fatigue. Grand symptôme du 1er trimestre (et du 3ème aussi). La fatigue ou IPDP (Irrépressible Poids Des Paupières) viendra agréablement s'inviter au détour d'une réunion hyper importante ou d'un dîner entre amis. Ne compte plus non plus arriver au bout du moindre film pendant 9 mois. 

 

G comme Gingivite. Ca pique, ça saigne, ça te pourrit tes brosses à dents. Ca se rappelle à toi quand tu manges un peu trop acide (ou quand tu manges tout court). Génial. 

 

H comme Hémorroïdes. Ne nous voilons pas la face, cher lecteur, je t'ai promis de te dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Et les demoiselles hémorroïdes font malheureusement partie du quotidien d'une femme enceinte, surtout vers la fin quand le poids du bébé et le transit ralenti compromettent les bowel movements comme on dit en ingliche. Marche en canard, larmes aux yeux quand tu t'assois/tu te lèves/marches, tu ne regarderas plus jamais une cuvette de toilette de la même façon et tu apprendras à te mettre de la crème à des endroits inhabituels. 

 

I comme Insomnies. Paradoxalement, tu as beau être épuisée par ton état (voir lettres A et F), il arrive que tu ne puisses plus dormir. Ton ventre te gêne, le bébé donne des coups, tu ne trouves pas de position confortable, tu fais des cauchemars atroces à base de bébé-alien ou tu boucles sur des questions existentielles (vais-je être une bonne mère? Vais-je avoir une épisio? Vais-je avoir mal? Retrouverai-je jamais un corps normal?…). Bref, tu évacues la nuit ce que tu refoules si bien le jour. 

 

J comme Joie de vivre. L'image d'Epinal de la femme enceinte est celle d'une nana qui rayonne autant que la meuf de la pub Activia, trop contente de bien faire caca parce qu'elle mange du bon yaourt. Or, il faut être honnête, tout n'est pas que jubilation et félicité dans la grossesse. Mais on n'a pas trop le droit de le dire. Parce qu'à toutes les angoisses que peut ressentir une femme enceinte, il y a ces magnifiques réponses toutes faites: 

- "C'est bon, ça fait 10 000 ans que les femmes mettent au monde des enfants, tu vas pas faire ta chochotte parce que tu as peur d'accoucher."

- "Nan mais profite! Et pense un peu à toutes ces femmes qui rêveraient d'être à ta place et d'avoir tes nausées!"

- "Vous avez mal au dos/des nausées/des brûlures d'estomac/du mal à dormir/des hémorroïdes/des varices/une sciatique/mal au ventre/des fuites urinaires (etc…)? Il n'y a rien à faire Madame à part accoucher. Je peux vous prescrire du paracétamol si vous voulez."

 

K comme Kilos en trop. C'est le principe, tu me diras. D'ailleurs, le terme "grossesse" en français montre bien qu'une femme enceinte doit prendre du poids. Oui mais pas trop. Assez pour bien faire pousser bébé mais Dieu la préserve d'avoir pris trop de gras qu'elle gardera forcément A VIE, qu'elle ne pourra plus jamais se regarder dans le miroir sans grimacer d'horreur, qu'elle ne pourra plus jamais décemment se montrer en maillot de bain l'été sauf à vouloir effrayer les foules et qu'elle aura de la chance si son mari ne la quitte pas pour une nullipare filiforme. Pose donc ce cookie grosse vache!

 

L comme Ligaments. Ou tu apprends au détour d'un faux mouvement que tu en as dans le bas du ventre. Et qu'ils peuvent faire mal. Très mal. La solution: avancer en restant pliée en deux. La position verticale est très surfaite finalement. 

 

M comme Masque de grossesse. Ou la grosse blague des peaux mates qui d'habitude bronzent super bien mais qui, sous l'effet des hormones, peuvent se retrouver maculées d'hideuses taches brunes. Qui ne partent pas. Même avec la crème méga décapante du dermato. Mon conseil? si tu ne veux pas te retrouver avec un tatouage facial raté pendant des années, ne sors plus sans une couche épaisse d'indice 50 sur le visage. Même l'hiver par temps de brouillard. 

 

N comme Nausées. Le grand classique des "petits maux" de la grossesse si souvent décrits dans les manuels. "Ahlala! Vous avez envie de vomir (ou vous vomissez) toutes les 15 minutes! C'est pas de chance! Mais rassurez-vous, ça passera au 2ème trimestre. Encore 10 semaines à patienter!", "Ahaha, alors tu es encore allée dire bonjour à la cuvette des toilettes? Ahahaha! C'est merveilleux la grossesse!",  "Tu as perdu 3 kg en 1 semaine? Pfff, tu as trop de la chance…"

Franchement, tu dirais ça à un ami qui se tape une gastro? Parce que c'est vraiment ça, les nausées du 1er trimestre: l'envie permanente de rendre son repas, des hauts-le-coeur à la moindre odeur un peu forte, des vertiges et l'envie qu'on te laisse décéder dans ton coin. Le traitement? Personnellement, j'ai passé 3 mois avec des bracelets d'acupuncture aux poignets, à me gaver de gélules de gingembre, de Nux Vomica et à manger régulièrement pour ne pas avoir le ventre vide. Ca a marché. De temps en temps. 

 

O comme Odorat exacerbé. Oui, c'est un réel problème (cf lettre N). Car avoir le flair d'un chien de chasse en rut quand il faut prendre le métro pour aller bosser n'est pas ce qu'on peut appeler un super pouvoir. A la limite, cela t'aide à identifier une viande un peu douteuse qui traîne dans ton frigo, mais en général cela te permet seulement de réaliser que 1) un déo ne fait vraiment que se superposer aux odeurs corporelles, 2) la mauvaise haleine est un problème de société, 3) les transports en commun sont une invention du démon, 4) on peut vomir dans une poubelle sans que personne ne le remarque. 

 

P comme Périnée décédé. Ou tu apprends qu'entre tes jambes existe un muscle fort utile pour, par exemple, te retenir de faire pipi (voir lettre U) ou plus simplement soutenir tous tes organes internes. Ou tu t'aperçois que s'il est déjà si douloureux alors qu'on t'a même pas encore fait d'épisiotomie et si lax alors qu'aucun être humain n'est encore passé par là, tu peux déjà prendre une carte de fidélité chez le kiné pour le rééduquer sur les 8 prochaines années. 

 

Q comme Questions. Une des vraies plaies de la grossesse. En voici le top 5: 

- "C'est une fille ou un garçon? Ah une fille? C'est bizarre vous le portez comme un garçon!" (ou l'inverse).

- "C'est quoi le prénom?" 2 réponses possibles: "Ah? Vraiment? Mais vous pouvez encore changer d'avis hein" ou "Ohlala, si on peut rien demander…"

- "C'est pour quand? Dans 3 mois? Hein, mais vous avez pris combien de kilos?"

- "Vous allez le nourrir?"

- "Une 2ème fille? Vous allez être obligée de faire le troisième pour avoir un garçon…"

 

R comme Régime. Enceinte, il ne faut surtout pas y être. On t'explique en long et en large que ce n'est vraiment pas le moment de se priver. Mais paradoxalement, tu n'as pas le droit à la viande pas assez cuite (adieu tartare, steak saignant, entrecôte et autre bavette), au poisson cru (au revoir sushi, saumon fumé et tartare de coquille St-Jacques), au lait cru (byebye cher fromage), aux aliments dont tu n'es pas sûre qu'ils ont bien été lavés et préparés (ciao les restos). Et puis il ne faut surtout pas abuser du sucre (attention au diabète gestationnel) ou du gras (les kilos en trop madame!), pas de caféine (auf wierdersehen mon café et mon Coca), pas d'alcool évidemment (mère indigne). Les plats en sauce ne sont pas bons pour les remontées acides et trop de sel favorise la rétention d'eau. 

Donc en gros, si, on est au régime pendant 9 mois (dit-elle en croquant dans un Twix). 

 

S comme Sciatique. Ou ton corps de jeune fille t'annonce en personne qu'il te quitte pour une autre. Combinée aux douleurs ligamentaires et dorsales, une sciatique contribuera à te donner une démarche originale, à base de contorsions ridicules pour passer de la position assise à debout et de petits cris affligeants quand ton nerf se coince.  

 

T comme Transit de merde. Sans jeu de mots. Constipation ou diarrhée. Les deux si tu as de la chance. Combiné aux hémorroïdes et au périnée en vrac, c'est le glamour le plus total garanti pendant 9 mois. Plus efficace que l'Ile de la Tentation si tu veux savoir où en est ton couple. 

 

U comme fuites Urinaires. Ou comment apprendre à arrêter de rire, tousser et éternuer. Ou pourquoi investir en actions Tena. Tu me diras, avec tous les maux précédents, on ne devrait plus être à un bobo près. Seule une personne qui ne s'est jamais uriné dessus en public peut penser un truc pareil. 

 

V comme Varices (Vulvaires si tu as de la chance). Grâce à ta circulation sanguine toute pourrie, tu auras peut-être la chance, jeune primipare, de te retrouver avec de jolies veines toutes bleues et toutes gonflées. Sur le mollet, la cuisse ou plus haut si tu fais partie des happy few dont l'entre-jambe sera concerné. Là encore, rien à faire à part porter de graciles bas de contention et d'espérer que l'accouchement te rendra des veines correctes. Sinon, ne t'inquiète pas, une petite séance de laser chez le dermato et il n'y paraîtra plus (demande lui une liposuccion, une abdominoplastie et un remodelage du périnée tant que tu y es, il te fera peut-être une réduc). 

 

W comme WC.  Apparemment la pièce où tu passeras la plupart de ces 9 mois si tu as bien lu ces quelques lignes (voir lettres H, N, O, T, U). 

 

X comme la croix que tu peux faire sur ta vie sexuelle si tu concentres au moins 3 des "bobos" suivants: périnée avarié, hémorroïdes, sciatique, nausées ou fuites urinaires (quoique, il paraît que c'est un trip chez certains…). Là encore, y a pas de règles (ou de justice, comme tu préfères): certaines joueront à la bête à deux dos jusqu'à leur terme ("Bah quoi? j'vois pas où est le problème, la position de la chèvre afghane est très confortable à 9 mois de grossesse") quand d'autres auront la libido en veilleuse ("NE ME TOUCHE PAS! C'est ta faute si je suis dans cet état, n'en rajoute pas!"). 

 

Y comme Yeux secs. Ah oui, n'oublions pas ce petit bobo là, personnellement expérimenté par ta Titch récemment opérée de la myopie. La sécheresse oculaire est un vrai désagrément lié aux hormones: tu ne produis plus assez de larmes, du coup t'y vois que dalle. Ce qui est particulièrement rageant quand tu as dépensé un mois de salaire pour te faire opérer de la myopie. Paraît que ça revient après la mise bas. Y a intérêt. 

 

Z comme Zombie. C'est un peu le portrait qui a pu ressortir de ce catalogue peu glorieux mais pourtant réaliste. Rassure-toi, un peu de maquillage, un chouïa d'abnégation et beaucoup de mauvaise foi te permettront de continuer à faire croire à ton entourage que la grossesse n'est que paillettes et confettis. 

 

D'ailleurs, n'exagérons rien, ce tableau apocalyptique ne concerne pas toutes les femmes. 

Il y en a qui n'auront rien. 

Il y en a qui supporteront tout stoïquement sans rien dire. 

Il y en a qui se plaindront à demi mots, mais pas trop, pour ne pas déranger. 

Il y en a qui vont hurler leur misère pendant 9 mois.

Et alors? Je trouve insupportable qu'on relègue au rang de "petits bobos" tous ces désagréments qui, combinés, peuvent littéralement pourrir la vie. Pourquoi, parce qu'une femme serait enceinte, serait-il subitement parfaitement normal qu'elle souffre de tous ces maux sans qu'on puisse y apporter d'autre réponse que "ça ira mieux après l'accouchement" ou "prenez un doliprane"? 

Ne pourrions-nous pas, au minimum, l'autoriser à se plaindre un peu et arrêter de lui dire que "c'est pour la bonne cause"? Pourquoi forcément minimiser les douleurs ressenties et les traiter de vulgaires "bobos"? Cela fait-il moins mal de vomir tripes et boyaux quand on est enceinte que quand on a une gastro? La sciatique d'une femme enceinte est-elle moins pénible à supporter que celle d'un sportif de 40 ans? La grossesse n'est pas une maladie, on nous le répète suffisamment. Soit. Mais cela reste un état exceptionnel qui bouleverse le corps et l'esprit. Qu'on autorise les femmes enceintes à exprimer leurs douleurs et leurs peurs au lieu de vouloir absolument les faire taire sous prétexte qu'elles vivent une expérience transcendantale et miraculeuse. Qui cela gêne-t-il? 

27 février 2014

Trendy: Qu'est-ce que les profs pensent vraiment de leurs élèves?

LEtudiant_Trendy

Avé, honoré lecteur! 

C'est avec une fierté de pou que je viens t'annoncer en ce modeste lieu que tu peux me retrouver dans une interview (pas) exclusive dans Trendy, le magazine online du célèbre "L'Etudiant". Tu sauras enfin tout ce que je pense réellement de mes étudiants. 

Clique donc là pour lire l'interview. 

Et comme je suis pas bêcheuse, je te mets même mes réponses complètes et non éditées aux questions que m'a posées le gentil journaliste (merci Olivier!). 


1). NOUS
- Sincèrement, est-ce que vous nous trouvez fainéants? 
Honnêtement, ça dépend. Il y a toujours des étudiants "modèles" qui font le travail demandé, apprennent le cours et rendent les travaux en temps et en heure. Et puis il y a des fumistes (comme partout), qui n'ont jamais leurs documents, qui arrivent à la bourre sans s'excuser, leur Starbuck fumant à la main mais qui ont eu "un problème de métro", qui rendent leurs devoirs systématiquement en retard et qui négocient toujours des délais. Mais grosso modo, oui je trouve que les étudiants font trop souvent le minimum syndical et bachotent à la dernière minute. Ca me sidère à chaque fois: pensez-vous vraiment progresser en langue en "apprenant" tout par coeur la veille de l'examen? 

- Est-ce que vous nous trouvez immatures? 
Encore une fois, ça dépend. En faculté, on a des gens de tous âges. J'ai même des étudiants retraités dans mes TDs. Et paradoxalement, la maturité n'est pas toujours du côté de l'âge. J'ai encore grillé dans mon dernier paquet de copies un étudiant (2 fois mon âge) qui a gentiment copié-collé du contenu trouvé sur internet. Genre je m'en rendrais pas compte... Et puis j'ai encore des étudiants, en licence 3, qui pensent que raconter leur laïfe dans leur copie de partiel, ça passe... Je crois que certains de mes élèves de seconde du temps où j'enseignais en lycée sont plus matures que certains étudiants à l'université... Mais globalement, comme je travaille dans un environnement adulte, j'ai moins à me plaindre de l'immaturité de mes étudiants (le fait de ne plus avoir de concours de pet en classe est assez appréciable par exemple - oui, cette histoire est véridique...). 

- Est-ce que certains élèves vous font peur? 
Franchement c'est arrivé. Surtout des étudiants agressifs et revendicateurs, qui s'énervent parce qu'ils estiment que leur note est trop basse et qu'à cause de moi (pas de leur manque de travail bien sûr), ils vont foirer leur année. Heureusement c'est rarissime mais je dois avouer que certains de mes élèves de lycée m'ont vraiment foutu les jetons: des grands gaillards d'1m90, baraqués qui se tiennent debout près de toi et s'énervent parce que tu as osé les reprendre, ça rassure pas. 

- Vous êtes déjà tombée amoureuse d'un élève? Vous gérez comment? 
Euh, comment dire... ça va pas non??? Déjà outre le fait que c'est complètement interdit, limite pédophile (même si mes étudiants actuels sont à peine plus jeunes que moi), ça me dépasse complètement comme question. Je peux bien sûr trouver des étudiants mignons, mais au-delà de ce constat esthétique, il y a quand même une barrière mentale (et morale) qui fait que ça ne me traverse même pas l'esprit (ou alors avec un gros "beurk" dessus)! 

- Vous arrivez à vous intéresser à nous "individuellement" ou bien nous sommes juste une masse de têtes qui prennent (ou pas) des notes? 
Honnêtement, je vois passer plus de 300 étudiants chaque semaine dans mes TDs donc c'est sûr que je ne me rappelle pas de tous les noms et que je dois mettre plein de vents dans les couloirs. Bien sûr, j'essaye de m'intéresser à chaque étudiant individuellement, mais c'est plus facile avec ceux qui prennent la parole en classe, participent, posent des questions, bref, se manifestent qu'avec ceux qui baissent systématiquement la tête genre "si je la vois pas, elle ne me voit pas" quand je pose une question, qui textotent en douce plutôt que d'écouter mon cours (pourtant passionnant) et qui font le minimum. Je ne parle pas de ceux qui ne se pointent que toutes les 3 semaines en cours (quand ils ont le temps quoi) et dont je me demande parfois s'ils sont vraiment inscrits à mon TD ou s'ils se sont gourés de salle. 

- Qu'est-ce que vous appréciez le plus chez nous, vos élèves?
Ce que j'apprécie le plus chez mes élèves, c'est quand ils ont compris un truc et qu'une petite lueur brille dans leurs yeux (genre grosse épiphanie). Franchement, avoir le sentiment d'intéresser ses élèves, de leur transmettre un peu de notre passion pour notre matière et voir qu'ils prennent du plaisir à apprendre, c'est un moment de bonheur pur. Ca doit faire un peu narcissique mais quand un élève vient me voir pour me dire qu'il a adoré ce qu'on a fait en classe, je ressens toute l'utilité de mon boulot. 



2). LES COURS
- Vous êtes d'accord avec tout le programme que vous nous enseignez? 
J'ai une grande chance en tant qu'ingliche titcheur, c'est que je n'ai pas vraiment de programme. En lycée, c'était déjà suffisamment vague pour qu'on puisse traiter des sujets qu'on voulait mais en fac, c'est encore mieux, c'est moi qui décide de ce que j'enseigne. Donc oui, je suis à fond d'accord avec moi-même, même si tous mes cours ne sont pas forcément géniaux, au moins j'ai la liberté de rectifier le tir si je vois qu'un sujet plaît moins qu'un autre. 

- Est-ce que, vous aussi, vous vous ennuyez parfois pendant le cours? 
Comment dire... Il est vrai que j'ai parfois contemplé l'idée de me jeter par la fenêtre pendant des sessions particulièrement "boring". En général, ce sont des cours où personne n'est motivé pour participer. Je pose une question: silence de mort. J'en pose une autre: toujours rien. Je m'énerve un peu: encéphalogramme plat dans la classe. Dans ces moments-là, il est vrai qu'il m'est arrivé de dire tout haut que j'allais décéder d'ennui. 

- Est-ce que cela vous arrive de penser à autre chose pendant que vous nous faites cours? 
Dans le cas cité précédemment, oui bien sûr! Entre 2 blancs, je me dis que je serais bien sur une plage à siroter un mojito plutôt que devant un banc de bulots neurasthéniques (oui j'ai le verbe acerbe quand je m'ennuie). Mais sinon honnêtement non. On est très actif et concentré quand on fait cours: on parle, on questionne, on interroge, on corrige les interventions, on gère le timing du cours, on passe dans les rangs pendant les exercices... Difficile de penser à autre chose vraiment (c'est peut-être pour ça qu'on s'ennuie moins que vous!). 



3). VOUS
- Cela vous arrive de corriger nos travaux en regardant la TV ou dans le métro, à l'arrache? 
Très franchement oui. Bien sûr ça dépend des copies: des petites interros faciles à corriger ne demandent pas beaucoup de concentration donc j'arrive à suivre le JT tout en corrigeant un thème grammatical. Dans le métro, c'est plus compliqué car il faut que le trajet dure suffisamment longtemps et qu'il y ait de la place assiste pour que ça vaille le coup de sortir tout l'attirail (paquet de copies qui glissent et tombent par terre, stylo rouge, etc...). Mais si les copies sont plus complexes, là je bosse en silence et au calme. 

- De quoi ça parle dans la salle des profs? 
Si je vous le dis, il faudrait que je vous élimine ensuite... 
Non plus sérieusement, de vous à 90%. En mal bien évidemment. :)
Sinon c'est souvent assez bref vu qu'on passe plus de temps en cours qu'en salle des profs mais on parle beaucoup de nos cours, de questions techniques qu'on peut avoir (oui, on continue à apprendre!), de photocopieuse en rade, mais aussi de nos dernières vacances ou de nos projets pour le week end. 

- Qu'est-ce que vous pensez de vos collègues, de vos supérieurs? Vous ne trouvez pas que certains sont vraiment largués, complètement nuls? 
Je pense que c'est comme partout: il y a des affinités avec certains et pas avec d'autres. On a nos "copains" et ceux à qui on dit poliment bonjour quand on les croise dans le couloir. Effectivement, on connaît la mauvaise réputation de certains collègues et on plaint leurs étudiants mais en même temps, on n'assiste jamais au cours des collègues donc c'est difficile de juger. Quant à nos supérieurs, comme partout il y a ceux qui sont super efficaces et à l'écoute, et ceux qu'on trouve largués (mais dont bizarrement personne ne veut prendre la place...). 


 Alors lecteur, choquède? Surpraïzède? intérestide? 

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11 février 2014

Les terribeul two

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Dans les épisodes précédents: Titcheur et Tendrépoux se marièrent. Titcheur et Tendrépoux galérèrent pour fonder une famille. Mais finalement, l'existence de Titcheur et Tendrépoux fut illuminée, par un beau matin d'octobre 2011, par la naissance de Mamerveille, petit angelot tombé des cieux. Aujourd'hui, la famille s'agrandit (Maprinchesse est attendue pour début mai) et va déménager dans un tout nouveau château (on rénove les donjons et les oubliettes). Joli conte de fée, hein? Ca te fait rêver, n'est-ce-pas? Bah oui, sur le papier, ma vie en ce moment c'est ça: 

 

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 Mari en or (oui, sur mon blog je suis mariée à qui je veux d'abord). 

 

angelina jolie

Grossesse idyllique (oui, sur mon blog, j'ai le corps que je veux d'abord). 

 

chateau

 Château en construction (oh, c'est trois fois rien, un petit F3 dans Paris).  

 

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 Adorabeul petite fille de 2 ans (aka Mamerveille)

 

Sauf que. On est pas sur Instagram et je pourrais tricher tant que je veux, en fait ça ressemble plutôt à ça. 

 

brad pitt tired

Tendrépoux fatigué par trop de pression (boulot, métro, travaux). Remarque, il reste sexy le bougre.

 

pregnant

Grossesse réaliste. En vrai, je mets peu ma robe red carpet. Bizarrement.

Damidot

Rhaaaaaa!!!! non! Au secours! 

devil

 

Petite fille de 2 ans (aka Mamerveille, acte III, scène 2). 

 

Ah. Venons-y à la petite fille de 2 ans… Les "terribeul two", ça te parle? Les psys parlent aussi de 1ère adolescence pour décrire cette phase un peu particulière du développement de l'enfant. Doux euphémisme si tu veux mon avis. Car à la maison, depuis quelques mois, on commence à se demander si notre enfant n'est pas tout simplement possédée par le malin. Ou par l'esprit errant d'un psychopathe. 

chucky

Oué. Ca fout les boules hein? 

 

Qu'est-il donc arrivé à notre petite poupée si sage et obéissante dont le moindre sourire suffisait à faire fondre d'attendrissement ses parents subjugués par tant d'intelligence/beauté/douceur? Comment est-il possible que notre progéniture, pourtant croisée entre un bisounours et une poupée Corolle, se transforme subitement en Chucky la poupée de sang? Hein? HEIN?  

Alors évidemment, il y a des jours où Mamerveille demeure une charmante bambinette qui fait craquer son entourage et nous les premiers. Et puis il y a des jours où Mamerveille devient cette créature qui fait craquer (dans l'autre sens du terme) son entourage et nous les premiers… 

Caprices, roulages par terre, cris, pleurs hystériques, syndrome du corps "chewing-gum" quand on essaye de la porter, punitions inefficaces… et en général pour des broutilles. Genre elle n'arrive pas à faire demi-tour avec sa trottinette. Ou elle ne parvient pas à enlever le pull de sa poupée. Ou on lui a refusé un 5ème tour de manège. Ou bien encore, elle est sur le manège mais elle décide en cours de route que finalement, elle voulait être dans la soucoupe volante et pas sur la moto. Bref, de vrais motifs de crise d'hystérie. 

Dans ces moments là, en général je suis seule avec elle, avec mon gros ventre de femme enceinte de 6 mois, mon sac, la poussette et les courses qui pèsent 3 tonnes. La plupart du temps il se met à pleuvoir et je reçois un coup de fil hyper important de notre entrepreneur qui m'informe qu'on a un dégât des eaux sur le chantier de notre futur appartement. Il faut alors saisir l'enfant en train de se rouler par terre de force, l'harnacher dans sa poussette en esquivant les coups de pied, caler le téléphone dans le creux de l'oreille, accepter de se faire saucer et affronter le regard des gens, mi-choqué mi-compatissant, qui te voient passer avec ton petit démon qui se cabre de rage en hurlant dans sa poussette, pendant que toi, mère indigne, tu gères tes galères au téléphone, la mèche trempée, l'oeil hagard et la contraction latente. 

Et puis tu arrives enfin à la maison. Tu es trempée (par la pluie). Ton enfant est trempée (de sueur) (tu as quand même eu le réflexe de lui mettre la protection en plastique) (ça couvre un peu ses cris, c'est bien). Tes courses sont trempées (remarque, ta salade est pré-lavée, ça te fait gagner du temps). A cet instant, plusieurs idées te traversent l'esprit: 

- enfermer Mamerveille dans sa chambre, la ligoter, la baillonner et aller te coucher (option parent indigne)

- t'enfermer dans la salle de bain, te mettre en position foetale à même le sol et pleurer un bon coup (option parent qui craque)

- faire taire Mamerveille en la gavant de gâteaux au chocolat et en la mettant devant un dessin animé (option parent démissionnaire) 

Mais non. Maintenant il faut expliquer à ton nain que les caprices, c'est pas bien. Que quand maman dit non, c'est non. Qu'elle a le droit de pas être d'accord, mais qu'au final, c'est pas elle qui décide. Et que si elle te refait un cirque pareil pour un pauvre tour de manège, le loup viendra la manger elle sera punie comme il se doit.  Tu enchaînes avec un "C'est bien compris? Tu recommenceras plus?" auquel ton enfant, redevenue elle-même, acquiescera d'un air contrit avant de se jeter dans tes bras en disant "Pardon Maman". Tu es contente, tu as à peu près géré. Tu as la tension nerveuse d'un taureau en pleine corrida mais tu es sortie la tête haute de ton duel avec ton terribeul kid. Jusqu'à la prochaine fois… 

Alors oui, il y a plein de jolies explications psys à ces comportements anti-sociaux: l'enfant se construit en s'opposant, il cherche les limites, il ne peut pas encore contenir ses émotions qui sont trop intenses pour lui. Certes. Evidemment aussi, il y a le facteur "maman attend un bébé" qui angoisse l'enfant qui craint de perdre sa place confortable de centre de l'univers. Certes. Il y a aussi toutes les bonnes recettes et les conseils bien pensants d'internet/les copines qui sont passées par là/la voisine. Certes. 

N'empêche. 

N'empêche que parfois, on a des pensées violentes à l'égard de son enfant. Que parfois, on aimerait bien faire semblant qu'il n'est pas à nous ce gosse hystérique qui tape un scandale au rayon fromage parce qu'on peut pas lui donner un babybel, là tout de suite. Que parfois, on se sent bien impuissants quand, à la question (pourtant rhétorique) (c'est à croire que ton enfant n'y connaît rien en stylistique) "Tu veux être punie, c'est ça?", Mamerveille te regarde avec un air de défi et te répond "Oui" (la garce). Et que du coup, tu te retrouves tout bête à la mettre au coin, tout en ayant l'impression que c'est elle qui "gagne" au final… 

N'empêche que parfois tu te demandes si ça va durer encore longtemps les terribeul two

 

PS: Mamerveille a 2 ans et 4 mois. Encore 8 mois à tenir? 

PS 2: on me glisse dans l'oreillette qu'il existerait aussi les terribeul three, les terribeul four, les terribeul five, etc… 

PS 3: quelqu'un a du Valium? 

PS 4: c'est cadeau: 

 

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