Ingliche Titcheur

21 mai 2015

La réforme du collège #2: la disparition des classes bilangues et européennes

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Continuons donc notre petite discussion d'hier. Après les options latin et grec, passons donc à l'extermination la disparition des classes bilangues et européennes. Version éditée suite à des imprécisions de ma part sur le nombre de langues en classe bilangue! 

Comment c'était avant?  

Avant la réforme il existait des classes dites bilangues et des sections européennes. 

Les classes bilangues (et pas bilingues!), ouvertes à tous ceux qui le souhaitent (dans les établissements qui les proposent), permettaient aux élèves de commencer 2 langues vivantes dès la 6ème. En général, on couple l'anglais à une autre langue. La langue "principale" est enseignée à raison de 4h par semaine et la LV2 à 2 ou 3h. A la fin de la 3ème les élèves pouvaient se targuer de savoir s'exprimer dans 2 langues. Le pied. The foot. El pie. Der Fuss.  

Les sections européennes étaient ouvertes à partir de la 4ème dans plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol, italien, portugais, néerlandais et russe). Là encore pas de sélection, il fallait juste être motivé pour se taper 2h supplémentaires de cours dans la langue choisie (en plus des 4h du tronc commun). A partir du lycée, on pouvait continuer en ayant carrément des cours dans la langue étudiée (par exemple des cours d'histoire en ingliche). Là aussi, le pied. 

 

Comment ce sera après? 

Finies les classes bilangues et européennes! A la place, tous les élèves commenceront leur LV2 en 5ème au lieu de la 4ème. Ils continueront de bénéficier de 4h de LV1 dès la 6ème et ensuite devront suivre 2,5H de LV2 par semaine (au lieu de 3h actuellement). De plus, ils apprendront une LV1 dès le CP. 

Attention astuce! Si l'élève a étudié une langue autre que l'anglais en primaire, il pourra quand même être inscrit en classe bilangue en 6ème. Concrètement, un élève qui aurait étudié l'espagnol dès le CP pourrait faire anglais-espagnol en 6ème. Donc les classes bilangues ne disparaissent pas complètement. 

 

Pourquoi ça part d'une très bonne idée? 

En 2013, seuls 11% des élèves étaient en classe bilangue et 10,6% en européennes. Une minorité donc. L'idée est de généraliser l'accès aux langues vivantes au plus grand nombre. Excellente idée. En tant que prof d'ingliche, je ne peux qu'approuver. 

Commencer la LV1 dès le primaire, ça aussi c'est très bien. Toutes les études montrent que plus une langue est apprise tôt, plus elle est facile à assimiler. Donc dans l'absolu, supprimer des sections qu'à peine 1 élève sur 10 suivent pour proposer plus de cours de langue à 100% des élèves va dans le bon sens. 

 

Pourquoi au final, ce n'est pas une si bonne idée que ça? 

1). Les classes bilangues permettaient au final d'apprendre 2 langues vivantes dès la 6ème et les classes européennes de faire 2h de langue en plus dès la 4ème. Personnellement, c'est finalement plus l'abandon des classes européennes qui me chagrine car c'était l'occasion de pratiquer une langue, le plus souvent l'anglais, de manière intensive (6h par semaine!). Donc c'est une perte pour tous ceux, même s'ils n'étaient pas très nombreux, qui pouvaient y accéder. Ces classes sont pointées du doigt comme étant réservées à une élite (la même qui fait latin et grec donc). Encore une fois, cette critique aveugle de l'élitisme me semble déplacée: pourquoi empêcher ceux qui le peuvent d'accéder à l'excellence? En quoi cela lèse-t-il les autres?Il aurait fallu plutôt multiplier ce genre de structures et les proposer au plus grand nombre mais comme une option! Ne vaut-il pas mieux généraliser une option qui fonctionne bien (et c'est suffisamment rare pour être souligné) plutôt que la supprimer? Cela aurait permis à tous d'accéder à ce dispositif "élitiste" mais sur la base du volontariat. Je conçois parfaitement que tout le monde n'ait pas envie ou ne se sente pas capable de jongler entre 2 langues vivantes (sans compter le latin, malheureux!), mais pourquoi pénaliser ceux qui en ont envie?  

 

2). Avancer l'apprentissage de la LV2 à la 5ème, pourquoi pas. Cela revient presque à généraliser les classes bilangues. Presque car la LV2 est abordée en 5ème, pas en 6ème, et à raison de 2,5h, pas 3h. Mais bon, ne chipotons pas. Comme je l'expliquais dans mon billet précédent, certains enfants peinent déjà à s'exprimer en français et auront certainement des difficultés à intégrer une LV2. Mais ces élèves là sont finalement minoritaires et c'est plutôt une bonne idée pour tout le reste des élèves que de passer une année de plus à apprendre une deuxième langue. Avancer d'1 an l'introduction de la LV2 ne me paraît pas la mer à boire. 

Par contre, je trouve très très dommage d'avoir réduit le volume horaire de ces enseignements! Une politique véritablement ambitieuse aurait au contraire renforcé le nombre d'heures! Passer de 3h à 2,5h par semaine est une régression, même si les élèves commencent la langue une année plus tôt. Si les classes bilangues fonctionnaient si bien c'est qu'elles consacraient 3 voire 4 heures de cours hebdomadaires par langue dès la 6ème. C'est l'intensité du contact avec la langue qui permet un bon apprentissage: mieux vaut 30 minutes tous les jours de la semaine que 2 heures une fois par semaine! 

 

3). Pourquoi un tel débat autour des classes bilangues alors? Et bien parce que la grande majorité des classes bilangues associaient anglais et allemand (dans le cadre notamment de la promotion des liens franco-germaniques). La suppression des classes bilangues sonne quasiment le glas de l'enseignement de l'allemand en LV2 qui sera délaissé au profit de l'espagnol. Bah oui, sot, l'allemand c'est une langue compliquée, ardue, réservée à l'élite, alors que l'espagnol c'est fastoche, ça ressemble au français avec des "o" et des "a" à la fin des mots. Plus sérieusement, statistiquement, l'espagnol est choisi comme LV2 dans 70% des cas (15% pour l'allemand) (chiffres trouvés ici). La fin des classes bilangue marque aussi la fin d'un espace privilégié pour l'allemand et mes collègues germanistes craignent à juste à titre pour l'avenir de leur job. Cela marque aussi une uniformisation des parcours qui me chagrine: verra-t-on encore des élèves étudier l'anglais et le russe et se mettre au chinois? Les parcours d'excellence vont-ils disparaître? Est-ce vraiment garantir l'égalité que de proposer à tous la même chose, quelles que soient leurs capacités et leurs désirs? Suis-je une vilaine élitiste juste bonne à lyncher à coups de Gaffiot?

 

4). Commencer la LV1 dès le primaire: je dis YES, mille fois YES. Mais le flou artistique qui règne autour de comment ça va se passer m'effraye énormément. D'autant que l'enseignement de la LV1 est déjà au programme du primaire. Eh oui! Dès le CE1, le petit élève est censé recevoir un enseignement de 54h/an en langue vivante et doit atteindre un niveau A1 à la fin de la primaire. Ca t'en bouche un coin hein? 

Les questions qui demeurent et qui, à ma connaissance, n'ont toujours pas de réponses concrètes sont: 

=> Où est la réforme du concours de recrutement des professeurs des écoles (ces héros à mes yeux) qui intégrerait une épreuve de langue vivante? 

=> Où sont les heures de formation pour tous les instituteurs déjà en poste et qui n'ont pas pratiqué de langue depuis X années et qui n'ont pas été formés pour enseigner une langue à des enfants (pédagogie ô combien précise et délicate!)

=> Combien d'heures hebdomadaires sont-ils censés passer sur la langue vivante (en plus du reste du programme déjà difficile à boucler)? 54h/an c'est pas beaucoup (ça fait 1H30/semaine si mes calculs sont exacts). 

Si on est prêt à mettre le paquet sur le recrutement et la formation des profs et qu'on dédie une enveloppe conséquente à l'enseignement de l'anglais, là oui, on aura toutes les chances pour que les élèves de primaire arrivent au collège avec de solides bases en langue. 

Mais si on estime qu'un élève qui sait compter en anglais, connaît son alphabet et 2-3 chansons des Beatles "maîtrise" les bases de la langue à son arrivée en 6ème, il faut le dire. Mais faudra pas s'étonner si le niveau ne progresse pas. 

 

5). Soit on supprime les classes bilangues, soit on ne le fait pas. Mais dire que les élèves ayant étudié une autre langue que l'anglais en primaire auront la possibilité d'intégrer une classe bilangue pose un certain nombre de problèmes. 

Tout d'abord quels établissements vont être autorisés à conserver des classes bilangues? Auparavant, toutes sortes de collèges (ZEP, pas ZEP, de centre ville, rural, etc…) pouvaient proposer ces classes. Qui aura le "droit" de les garder et du coup, d'attirer tous les bons petits qui auront étudié le russe en CP? 

Pour un gouvernement qui veut lutter contre le contournement de la carte scolaire et la concentration des élites, c'est vraiment ballot: le problème va être déplacé au primaire. Et oui, attention grosse astuce! Si tu veux que ton nain ait une chance de suivre un enseignement d'élite (une classe bilangue donc), il suffit de l'inscrire dans une école primaire où son enseignant lui apprendra une autre langue que l'anglais (allemand, italien, espagnol, etc…). Comme ça, arrivé au collège, tu pourras gentiment déroger à la carte scolaire et choisir ZE bahut où les classes bilangues (et certainement le latin et le grec) seront proposées. 

Voilà, voilà. Ne me remercie pas. 

Bon, c'est pas tout ça mais y a les portes ouvertes dans la classe de Mamerveille. Son institutrice est italienne. Je vais de ce pas lui demander si elle aurait pas envie d'enseigner en CP d'ici 2-3 ans… 


20 mai 2015

La réforme du collège

astérix

On ne parle que de ça depuis des semaines, beaucoup en mal il faut le dire, mais apparemment les inquiétudes et protestations pourtant légitimes d'enseignants, de parents d'élèves, d'intellectuels, de politiques, et des gens dans l'ensemble, ne semblent pas avoir fait ciller le gouvernement qui vient donc de passer le décret d'application de la réforme des collèges, taxant toutes les voix osant s'opposer à la réforme de passéistes infoutus de se remettre en question et partisans d'un élitisme insupportable (en gros). 

Je ne suis pas politisée. Ni syndiquée. Je n'ai pas une idée toute faite et inébranlable de ce que devrait être le collège dans l'idéal. Je n'ai même pas une grande expérience d'enseignement en collège puisque j'ai seulement effectué mon stage de titularisation dans une classe de 5ème d'un collège très favorisé. Mais bon, je suis prof, parent de futurs élèves de collège et, accessoirement, j'ai un cerveau. 

Voici donc quelques réflexions (qui n'engagent que moi) sur cette réforme qui est censée sauver le modèle du collège français et faire de tous les petits collégiens  de France et de Navarre des petits génies. Tu verras que, bizarrement, je ne suis pas farouchement opposée à tout ce que propose cette réforme (il faut savoir rendre à Najat ce qui appartient à ses conseillers). Mais bon, je ne suis pas non plus convaincue. Du tout.  

Comme la réforme est conséquente et que, à l'instar de ma ministre, je n'ai pas envie que tu t'ennuies ici, je répartirai donc mes remarques sur plusieurs billets. Ca me permettra de développer chaque point tout en restant digeste. 

Commençons par le plus évident.  

LA DISPARITION DE L'OPTION LATIN/GREC. 

Comment c'était avant? 

Avant la réforme, les collégiens avaient la possibilité de commencer l'étude du latin (si leur établissement le proposait) à raison de 2h/semaine en 5ème et 3h/semaine en 4ème et 3ème. Le grec était proposé en 3ème à raison de 3h/semaine et on pouvait cumuler les deux options. 

Comment ça se passera après? 

Après la réforme, et suite aux protestations générales, l'enseignement de complément a été maintenu mais réduit d'1h (1H en 5ème et 2H en 4ème et 3ème). L'idée est que le latin et le grec peuvent désormais être étudiés par tous dans le cadre des fameux Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. Le problème est que RIEN n'oblige les établissements à faire le choix de cet enseignement. Je développerai les EPI sur un autre billet mais en gros, sur 8 thématiques proposées (dont la fameuse "Langues et cultures de l'Antiquité") l'élève devra en avoir étudié 6 entre la 6ème et la 3ème. Va falloir que les profs de latin/grec (en majorité dans les établissements comme chacun sait) arrivent à s'imposer face à leurs collègues de matières jugées plus essentielles. 

Pourquoi supprimer ces options? 

L'idée est que ce genre d'options facultatives est réservée à une élite (bouh le vilain mot!), c'est à dire des élèves issus de milieux ultra-favorisés où ça parle en latin au petit-déjeuner (Passarem Nesquikum?). Du coup, c'est pas sympa sympa pour les copains qui galèrent déjà juste avec le français et c'est pas très égalitaire. Supprimer ces options = supprimer les privilèges de ces salauds de gosses de riches. Bon, diminuer ces enseignements d'une heure, c'est déjà ça de pris. 

Pourquoi c'est une drôle de mauvaise idée quand même? 

Cette espèce de rejet de toute forme d'élitisme me fatigue. Quelle mauvaise foi totale que de refuser de voir l'hétérogénéité des niveaux! Tout le monde n'est pas apte à apprendre 2 langues vivantes et 2 langues mortes en même temps. C'est un fait. Ce n'est ni mal, ni bien, c'est comme ça. Il y a des élèves, issus de toutes les catégories sociales, qui comprennent vite et retiennent facilement et qui peuvent jongler sans problème entre plusieurs langues. Et il y a des élèves, issus de toutes les catégories sociales également, qui souffrent de dyslexie, ou d'autres troubles de l'apprentissage, ou qui n'ont aucune pathologie particulière hormis celle du "poilum manorum" et à qui proposer une myriade d'options ne fait pas sens car cela les pénalise plus que cela ne les aide. 

La vie est injuste: il y a des forts en maths et des quiches en sport, des bons en dessin et des nuls en langue. Nous ne sommes pas tous faits de la même façon. Cela ne veut pas dire que les enfants ne doivent pas recevoir le même enseignement mais que si certains peuvent faire plus, pourquoi les en priver? Cela n'empêche pas d'aider ceux qui en ont besoin. 

Pourquoi apprendre le latin et le grec? 

Bonne question. Dans notre société où nous visons de plus en plus l'efficacité et la productivité, il peut apparaître comme superflu de s'encombrer de l'apprentissage de langues dites mortes. A moins de vouloir devenir pape, il est vrai que le latin n'offre pas beaucoup de débouchés professionnels. 

Il faut admettre aussi que le latin et le grec sont des enseignements exigeants et ardus, voire parfois rebutants pour des "petits bouts" de 12 ans. C'est vrai que c'est pas drôle d'apprendre par coeur des déclinaisons, de décortiquer des phrases ou de déchiffrer laborieusement un passage de l'Eneïde. C'est pas du tout ludique et les petits choux risquent de s'ennuyer sévère. 

Sauf qu'apprendre une langue ancienne permet d'apprendre à structurer une phrase, d'améliorer sa compréhension de la grammaire et de la syntaxe, d'enrichir son vocabulaire en français et découvrir et comprendre les origines de notre propre culture. 

Sans latin, les formules magiques de Harry Potter perdent toute leur saveur. Le célèbre Expecto Patronum, par exemple, signifieJ'attends un protecteur". Soit, ne pas connaitre la traduction n'empêche pas de comprendre l'action, mais avoue que c'est dommage de passer à côté de toutes ces expressions et leurs dérivés qui contribuent à  la richesse de l'univers Poteries. Rien de grave, je te l'accorde. Mais sans aucune connaissance du latin ni du grec,  certains mots de notre langue resteront des mystères complets aux jeunes élèves qui n'auront pas appris à utiliser l'étymologie pour inférer le sens de mots inconnus. 

Un exemple? "Le médecin veut vérifier la dépense énergétique de maman au cours du nycthémère". Comment deviner que, non, ce médecin n'est pas un gros pervers qui en a après la vertu de maman si on ne sait pas que le nom masculin "nycthémère" vient du grec nukthemeron ("un jour et une nuit") et correspond au cycle circadien (circa diem en latin, " environ 1 jour"), c'est à dire 24h? Hein? Hein? 

Donc qu'on arrête de dire que le grec et le latin ne servent à rien, alors que clairement, ils peuvent sauver des vies! 

Demain, si tu es sage, je te parlerai de la disparition des classes bilangues et européennes. 

 

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03 mai 2015

Trois

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J'ai commencé ce blog il y a 6 ans 1/2. Un peu (beaucoup) par thérapie il faut bien le dire. A l'époque, j'étais nullipare, désespérée de jamais avoir d'enfants, en pleine PMA et j'étais fraîchement affectée en ZEP, avec tous les préjugés que l'on peut avoir sur ce type d'établissements quand on y a jamais mis les pieds.  

Aujourd'hui, 6 ans 1/2 plus tard donc, je suis prof en fac, je m'épanouis complètement dans mon travail et je ne fais plus de cauchemar où Jean-Kévin essaye d'énucléer un camarade de classe avec une petite cuillère. Je suis l'heureuse maman de 2 magnifiques petites filles et… j'attends un 3ème petit bébé pour début octobre! 

Et oui lecteur abasourdi: à peine te remets-tu de tes émotions suite au démoulage princier qui a eu lieu hier que je t'annonce la venue prochaine d'une nouveau Royalbaby chez le comte et la comtesse de la Titcheurie. Ca va? Ta tension est retombée? 

Alors, pour anticiper les questions qui, je suis sûre, te taraudent déjà: 

- oui c'était voulu (en tous cas on faisait rien contre)

- oui c'était naturel (il faut croire que mon corps a enfin compris comment ça marchait)

- oui on réalise que ça va être méga chaud puisque Mamerveille aura l'âge canonique de 4 ans et Maprinchesse 18 mois lorsque numéro 3 pointera le bout de son nez. 

- non, on sera pas "déçu" si c'est "encore" une fille (d'ailleurs, le sachiez-tu? Quand tu as 2 enfants du même sexe tu as apparemment 80% de chances pour que le troisième soit aussi du même sexe) (Tendrépoux est prévenu).

- non, on ne déménage pas. Ca ne fait même pas un an qu'on a emménagé dans notre nouvel appart, après des mois de travaux, il est hors de question de déguerpir maintenant. On va se serrer un peu mais ça devrait tenir (avec un ingénieux système de poulies, on met le berceau au plafond, la table à la langer sous le lit et la réserve de couches dans le coffre à jouets). 

- oui je suis bien déchirée. Entre les nausées qui ne s'arrêtent plus (j'en suis à 4 mois de grossesse, quelqu'un veut bien leur expliquer?), les enfants qui s'en foutent un peu que maman soit enceinte et un boulot très prenant, je termine mes journées un peu sur les rotules quand même.

- oui, je profite à fond. Le sentiment que c'est la dernière fois (enfin, très certainement) (enfin, probablement) (bon ok, on verra) fait qu'on savoure tout, même si tout est loin d'être glamour. 

 

Tu t'en doutes, nous sommes aux anges. Déjà parce que, pour la première fois de notre vie, nous avons conçu un enfant tous seuls (c'est bête comme chou d'ailleurs!). Et crois moi, quand tu es passé par des inséminations et des FIV à répétition pendant des années pour tenter de procréer, tu apprécies d'autant mieux la miraculeuse simplicité de la chose. 

On gardera toujours en mémoire le parcours du combattant que cela a été et on pense d'ailleurs avec beaucoup d'émotion à nos amis qui sont en plein dedans et à qui on répète qu'il faut toujours continuer d'y croire, même si c'est dur, même si on n'en peut plus des échecs. Nous sommes conscients d'avoir eu un bol phénoménal  et on souhaite ce même miracle à tous ceux qui sont en pleine galère procréatrice. 

Donc voilà. Un bébé en 2011. Un bébé en 2014. Un bébé en 2015. Une carte famille nombreuse. Un congé mat' de 26 semaines. Une poussette double pour Maprinchesse et Royalbaby. 3 sièges auto dans la voiture. Moins d'adultes que d'enfants à la maison. Rien que de le dire ça me fait tout bizarre (sourire béat aux lèvres). 

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23 avril 2015

Quand j'aurai le temps…

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La vie avec deux enfants, un mari très bizi et un boulot à plein temps, c'est assez trépident. Oui, même un boulot de prof est à plein temps. Certes, je n'ai pas de comité de pilotage ou de "co-dir" de 19h à 21h, je n'ai pas de conf' cal à rallonge ou de powerpoint à boucler pour hier mais mon travail occupe mes journées de 8h à tard le soir (j'ai arrêté de compter les heures, ça me donne un salaire horaire trop déprimant) et quand je rentre à la maison mes deux charmantes bambinettes veillent à faire de mes fins de journées, voire de mes nuits quand elles sont d'humeur joueuse (c'est à dire malades comme des chiens), des moments peu propices à la méditation transcendantale. Bref, là n'est pas la question. La question c'est qu'en ce moment, je manque de temps pour tout. 

Pour venir ici un peu plus souvent t'entretenir de mes aventures pourtant fascinantes. Et pour faire tout un tas d'autres trucs auxquels, pour l'instant, je me contente de rêvasser en soupirant "ah, si j'avais le temps!". 

Si j'avais le temps, 

j'écrirais un billet de blog tous les trois jours tellement j'ai de trucs à te raconter (la nouvelle réforme du collège, ma ré-opération des yeux, les dernières trouvailles de Mamerveille, le premier anniversaire de Maprinchesse, les perles de mes étudiants, j'en passe et des meilleures). 

je trierais les photos et en ferais de jolis albums. En commençant par les plus anciennes, 2009 donc… 

j'en profiterais pour terminer l'album de naissance de Maprinchesse. Et de Mamerveille aussi.

je lirais la pile de romans achetés mais pas encore commencés pour cause de narcolepsie aigüe passé 21h30. 

je rangerais mes cours plutôt que de les empiler en vrac sur mon bureau et de pester à chaque fois que j'essaye de remettre la main sur un document important. 

je prendrais du temps pour voir mes copines, aussi absorbées que moi dans leur vie pro et perso. 

je regarderais toutes les séries qu'on m'a conseillées, que je sais qu'elles sont trop bien, mais que faudrait arrêter d'en sortir une nouvelle toutes les cinq minutes le temps que je rattrape mon retard (pour info, j'en suis à la saison 3 de Game of Thrones, j'ai encore tout Downton Abbey à voir, tout House of Cards, True Detective que j'ai commencé et adoré et on me souffle dans l'oreillette que Engrenage, c'est top aussi) (bref, je suis dans le caca) (boudin, précise Mamerveille). 

je relirais tout Shakespeare. Parce que. 

j'emmènerais mes filles visiter Paris. On sort toujours dans notre quartier, par confort et un peu par flemme aussi, alors qu'il y a tant de coins sympas à découvrir à pied avec les enfants.

je cuisinerais un navarin d'agneau. Et j'apprendrais à faire une tarte Tatin correcte. 

j'emmènerais Mamerveille à la piscine ou à la bibliothèque. Pour la mettre dans le bain très tôt (haha). 

je finirais d'aménager la chambre des filles, parce que les sacs plastiques remplis de jouets sous le lit, c'est plus possible.  

je repeindrais la commode des enfants. 

je ferais l'ourlet des rideaux de notre chambre. 

j'apprendrais à coudre auparavant. 

je ferais (beaucoup) plus de yoga. 

je partirais en ouikènde prolongé en amoureux avec Tendrépoux à New York. 

je ferais la sieste. 

j'arrêterais de faire des listes des trucs que je rêverais de faire et je les ferais vraiment. 

 

Et toi cher lecteur, à quoi rêvasses-tu en ce moment? Ce serait quoi ton gros kiff si tu avais 5 minutes - 2 jours - 3 mois devant toi?

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01 mars 2015

Of phones and students

cell phone jammers in schools

Suite aux nombreuses réactions à mon billet précédent, voici quelques constats navrés et navrants sur l'usage des téléphones portables (mobaïles pour les intimes) en cours. 

Déjà au collège lycée, l'objet semble littéralement greffé au corps de nos chers bambins, ceux-ci étant prêts à le dégainer, qui pour prendre une photo des fesses de Marie-Nabilla, qui pour textoter une blague à Jean-Kevin, qui pour faire une partie de Candy Crush en douce pendant le cours de maths. Déjà une vraie plaie donc. 

En fac, c'est un peu puissance 10. Car il faut savoir que certains étudiants de première année ont une vision légèrement erronée de l'université. On leur a tellement présenté la fac comme un espace de liberté où l'assiduité en cours est optionnelle et le règlement intérieur une vaste légende urbaine qu'ils ont l'impression que c'est la fête du slip en cours. Et que je ramène mon café et une boîte de petits gâteaux en cours (auquel j'arrive en retard, y avait la queue au Starbuck). Faut voir leur air surpris quand tu oses leur faire remarquer qu'ils ne sont pas à la cafèt' et que le cours démarre à 9h30, pas à 10h… Mais bon, après une remarque un peu verte sur le sujet, le problème est en général réglé et heureusement, seule une minorité se comporte ainsi. 

Pour ce qui est des smartphones donc, c'est autre chose. Le précieux est apparemment si indispensable qu'il est en général posé sur le bureau, et consulté toutes les 10 minutes. De temps en temps, une vibration désagréable résonne. Ou pire, une sonnerie retentit (on échappe cependant aux sonneries pourries des ados - la fameuse sonnerie "prout" a fait des ravages à son époque). Dieu merci, personne n'a encore jamais décroché en plein cours. Par contre, nombreux sont ceux qui répondent à un texto sous mon nez alors que je suis en train de raconter quelque chose de certainement fascinant sur un aspect indubitablement passionnant de la culture anglaise.  

Alors non je n'ai pas interdit les portables en cours, j'estime m'adresser à des adultes responsables et cela ne me gêne pas qu'on consulte l'heure sur son portable ou qu'on jette un coup d'oeil à un SMS si cela ne perturbe pas le cours. Bien sûr, si un téléphone sonne ou que je chope un étudiant en train de tapoter frénétiquement sur sa chose, je réagis sévèrement. Souple oui, conne non (enfin je crois pas). Faut pas déconner quand même. Mon portable à moi est en mode silencieux au fond de mon sac et j'attends la fin du cours pour vérifier qu'aucun appel urgent n'a eu lieu pendant l'heure et demie qu'a duré mon TD. J'estime que si je peux le faire (et Dieu sait si je tiens à mon précieux!), alors mes étudiants doivent pouvoir le faire également.  

Quant à l'utilité du mobile pour connaître l'heure, j'ai bêtement investi depuis longtemps dans un objet fort commode qu'on appelle "montre" et dont manifestement mes étudiants ne connaissent pas l'existence. Certains m'ont rétorqué que quand même, ça coûte cher une montre, alors qu'ils se baladent avec un précieux à 600 boules dans la poche. J'ai la gamme des prix des Flic-Flac à leur proposer, en général ça les fait relativiser.

Mais quand le smartphone devient outil de tricherie comme je te le narrais la dernière fois, là je vois rouge, de la fumée me sort par les oreilles et la veine sur mon front menace d'exploser. Bref, j'ai l'air d'une folle sous cocaïne. 

Voici les consignes que je donne lors de mes partiels (qui concerne des groupes de 35 étudiants): "Portables éteints et rangés dans vos sacs, sacs au sol. Je ne veux voir sur vos tables que votre matériel pour écrire et votre carte d'étudiant". 

Mais comment vérifier que les portables sont bien dans les sacs et pas entre leurs jambes? Je vais quand même pas les fouiller! 

L'autre tactique est de leur faire poser au contraire leur mobile bien en évidence sur la table, éteint évidemment. Comme ça au moins je sais où est l'objet du délit. Sauf que certains ont 2 téléphones. D'autres disent ne pas en avoir. Là encore, je ne peux pas les palper pour vérifier. 

Reste la solution du brouilleur de téléphone portable. Je me suis bien sûr ruée sur mon ami gougueule pour voir un peu combien coûtait la bête et vérifier que c'était bien légal. Une rapide recherche me dit que ça me coûterait entre 45 et 200 Euros selon le modèle. Je consulte un site ayant testé un brouilleur qui se dissimule dans un paquet de cigarettes. Bon, je ne fume pas et outre l'idée saugrenue de poser son paquet de clopes sur son bureau en cours, un problème majeur se pose: la portée maximale est de 10m. Ce qui signifie qu'à moins de me placer debout au centre de la pièce sans bouger, les rangs du fond resteront hors portée (et c'est rarement les étudiants du premier rang qui trichent sur leur portable bizarrement).  

Autre problème majeur: c'est strictement interdit. La loi l'autorise uniquement pour les salles de spectacles et les prisons. Pourtant, sous de nombreux aspects, une salle de classe ressemble aux deux (rhoo, ça va!). Argument apparemment insuffisant aux yeux du législateur qui estime que les ondes émises sont possiblement dangereuses pour la santé et que, dans le doute, mieux vaut s'abstenir. Là je pousse un énorme MOUAHAHAHAHA: on nous empêche d'utiliser des brouilleurs pour les examens (qui ne durent pas 10 heures, il faut le rappeler) par contre personne ne voit de problème à refiler un mobile à un ado de 12 ans qui dormira avec. TOUT VA BIEN. 

Brouiller les portables pendant les 2 heures que dure une pièce de théâtre, ça passe mais faire la même chose pendant les 2 heures de l'épreuve d'anglais au bac S, là subitement y a problème de santé publique? MAIS BIEN SUR. 

Dernier souci: le brouilleur bloque les transmissions mais n'empêche en rien de consulter des données enregistrées sur le portable. Modérément utile donc, même si du coup la tricherie devrait être planifiée à l'avance pour être possible. 

Il ne me reste donc qu'à passer dans les rangs de façon aléatoire en espérant dissuader toute tentative de triche. Pour moi, ça va, mes salles sont à taille humaine et 35 étudiants, ça se surveille. 

Mais quid des amphis de 400 étudiants serrés comme des sardines? Ils passent entre quels rangs les profs? 

Quid des examens officiels comme le bac ou les concours? Qui va aller fouiller les candidats qui se rendent aux toilettes pour s'assurer qu'ils n'ont pas de smartphone dans leur poche? 

Dernière solution: s'en moquer et laisser faire. Après tout, pourquoi se battre alors que ces outils sont partout? Même dans la vie professionnelle, on peut parfois avoir besoin de recourir à un petit aide-mémoire ou de consulter une référence en ligne. Finalement, c'est peut-être une étape de notre évolution en tant qu'Homo Sapiens Iphonus? Le mobile deviendrait une extension de notre mémoire (ou plutôt un palliatif). 

Cynique? Peut-être. Lucide, certainement. Ca ne m'empêchera pas d'être ultra vigilante à l'avenir lors des examens que je surveillerai. Parce que quitte à passer des heures à corriger des copies, autant que ce soit du 100% authentique et pas un texte mal digéré et recopié d'un obscur site internet parlant vaguement du sujet. Nan parce que sinon, on arrête de faire semblant d'évaluer les connaissances et on teste plutôt les méthodes de recherche sur le net, avec un bonus de 2 points pour le copié-collé le plus discret. 

Et toi lecteur chou, tu as des suggestions (non violentes) pour que mes étudiants cessent de tricher? 



23 février 2015

Tricherie et plagiat

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Qui n'a jamais triché à un contrôle? Une petite anti-sèche planquée dans la trousse, des verbes irréguliers écrits à la hâte sur un poignet et à moitié effacés par la sueur, des stylos truqués pour les plus inventifs… C'est presque mignon quand on y pense et ça fleure bon la nostalgie de nos jours d'écoliers.  

Il y avait un vrai travail de préparation. Il fallait se creuser la tête pour essayer de deviner le sujet du devoir et préparer l'anti-sèche adéquate. Il fallait la recopier, en tout petit, sur un minuscule bout de papier. On lisait au moins son cours une fois à cette occasion et parfois, miracle!, ça rentrait tout seul par ce seul biais. Avec un peu de chance, on avait vu juste et nos devoirs de philo s'enrichissaient de citations pertinentes. Mais parfois, pas de bol, ce n'était pas le sujet prévu et nos petits bouts de papier préparés avec tant de minutie ne servaient plus à rien et il ne restait plus qu'à réfléchir et essayer de rassembler les quelques connaissances grappillées au fil des cours. 

Ah c'était le bon vieux temps (oui ça fait vieille conne de dire ça) (en même temps je viens de fêter mes 35 ans) (c'est gentil de dire que je les fais pas) (si, si, ça me touche, merci). 

Sauf qu'aujourd'hui, avec les smartphones et internet, c'est devenu une vraie plaie. Pourquoi s'emmieller à apprendre son cours quand toutes les réponses sont là, à disposition, d'un seul clic. C'est du moins ce que s'imaginent certains de mes étudiants, pourtant avertis du sort réservé aux tricheurs à l'université (la mort par lapidation l'exclusion de tout établissement public pendant 5 ans pour les cas les plus graves). 

Apparemment, donc, réfléchir avec son cerveau quand on leur pose une question n'est plus une option. Même quand on a passé 1 mois de cours sur les notions, que le sujet ne nécessite que de mobiliser ce qui a été vu en cours et d'ajouter quelques idées perso, et bien non. Le réflexe neumber ouane, c'est de consulter Wikipedia. Et de recopier intégralement la première ânerie qui a vaguement l'air de se rapprocher du sujet. 

Ainsi, après un cours sur la mondialisation et la culture américaine, le partiel de mi-semestre arrive. Conditions d'examen: cartes d'étudiant siouplé, portable éteint et rangé dans les sacs, les sacs au sol  attention je veux rien voir sur vos tables, et je ne veux rien entendre. Je pose à mes étudiants la question suivante: "La culture américaine est-elle une invasion inoffensive?" (en ingliche évidemment). Et bien voilà la réponse trouvée dans une copie: 

 "Increased flow of skilled and non-skilled jobs from developed to developing nations as corporations seek out the cheapest labor

Increased likelihood of economic disruptions in one nation effecting all nations

Corporate influence of nation-states far exceeds that of civil society organizations and average individuals

Evidemment ça n'a rien à voir avec le chmilblik. Evidemment l'anglais est trop avancé pour mes étudiants de niveau B1. Evidemment ma première réaction fut un gros "GNI? De quoi qu'elle cause celle là?". Après un soupir d'énervement face à l'inanité de la démarche de cette étudiante, je me résolus à googler la première phrase pour retrouver la source de cette production complètement hors sujet et en moins de 2 minutes, la fraude en plein examen fut prouvée.

Et puis là, une rage indescriptible m'envahit: non seulement cette étudiante avait triché en plein partiel, à mon nez et à ma barbe (pourtant fraîchement épilée!), mais de façon parfaitement ostentatoire, sans chercher à camoufler son méfait. A la limite (à la limite!) qu'on consulte wordreference.com pour trouver un mot de vocabulaire manquant, je peux le concevoir et ça passe totalement inaperçu dans la copie (ça ne change rien au final si on persiste à mutiler l'anglais mais bon, ça donne l'impression à l'étudiant d'avoir moins raté son examen). Mais pomper mot pour mot un truc qui n'a strictement rien à voir avec la question posée et espérer que ça passe, c'est franchement prendre son correcteur (moi en l'occurrence) pour une énorme buse.

Je te raconte pas le scandale que je vais taper à la rentrée et le rapport saignant qui est déjà parti au département auquel appartient cette étudiante. Evidemment je m'en veux à mort de n'être pas plus passée dans les rangs pendant l'heure trente qu'a duré cet examen. Mais honnêtement, je ne peux pas fliquer 35 étudiants de 3ème année ni les fouiller pour m'assurer que leur portable est bien dans leur sac. J'ai certainement été bien naïve de penser qu'en 3ème année de licence, on est suffisamment adulte pour assumer ses failles en anglais et faire de son mieux avec les outils linguistiques dont on dispose. Appelez-moi simplette donc. 

Parce qu'au final, cette étudiante a eu 0/20 à sa copie. Elle risque des sanctions de la part de son département allant du simple blâme à l'exclusion et donc de ne jamais valider sa licence. Et elle a perdu tout crédit à mes yeux. Elle s'en fout certainement mais moi, ça m'a fait mal à ma foi dans l'humain cette histoire.

Alors que si elle avait fait comme ses petits camarades qui spikent pas très bien l'ingliche mais qui essayent quand même, elle aurait au moins grappillé les quelques points qui lui auraient peut-être permis de valider son diplôme. Je demande pas grand chose quand même! Même ce genre de choses, ça vaut un bon 4/20: 

"American culture is for Europe Coca-Cola, fast food (donuts, beagles…), death penalty, musics with Michael Jackson. But it is much générality. All this cliché are in Europe. This caricature denounces problems of globalization with well-exchange all countries are uniform. After World War II american people are rich with a good consumer society. There were American dream. American culture have bought capitalism and mass-consumption but too good film or good director like Spielberg and good music like Madonna."

Je sais, je sais, tu te demandes où sont les 4 points, mais je t'assure que je préfère ce genre de charabia dont on ne peut remettre en question l'origine et qui montre au moins un effort pour communiquer (même s'il n'est pas couronné de succès, je l'admets) à cette espèce de paresse insultante qui consiste à chercher une solution toute faite ailleurs. 

Bref, comme tu le vois, je suis remontée comme un coucou. Ca va chier des bulles lundi prochain, y en a qui vont pas faire les malins. Enfin une au moins. Enfin, si elle vient en cours. 

Pour les prochains partiels, je songe à investir dans un brouilleur de portables. C'est parfaitement illégal mais rien que d'imaginer la tronche des éventuels fraudeurs devant l'absence de réseau me fait frissonner d'un plaisir que seul Tendrépoux est d'ordinaire capable de susciter. 

Ma vengeance sera terrible. 

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08 janvier 2015

Je suis Charlie.

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Il n'aime pas être interrompu quand il parle. Cela perturbe son raisonnement et il perd le fil de sa pensée. Il faut faire vite, il y a du boulot, la prochaine édition ne s'écrira pas toute seule. Ce brouhaha dehors l'énerve. 

Quand les portes s'ouvrent avec fracas, il ne comprend pas tout de suite. Qui sont ces deux types en noir? Que tiennent-ils à la main? Et puis soudain, le déclic. Les caricatures, les menaces, l'incendie, la police, les fous de Dieu. 

A-t-il eu le temps de comprendre ce qui allait lui arriver? 

A-t-il eu le temps d'apercevoir la lueur sadique dans le regard cagoulé de son bourreau? 

A-t-il eu le temps de voir ses camarades tomber? 

A-t-il eu le temps de réaliser qu'il était le prochain, qu'il n'allait pas en réchapper? 

A-t-il eu le temps d'avoir peur? 

A-t-il fermé les yeux? A-t-il tenté de s'enfuir? A-t-il dit quelque chose? A-t-il souffert quand la balle a pénétré son corps? 

Et quand il s'est écroulé sur le sol, baignant dans son sang, agonisant, à quoi a-t-il pu penser? A sa famille? A ses enfants qu'il ne verrait plus grandir? A ses amis allongés à côté de lui? A demain qui n'existera pas? A "tout ça pour un dessin"?

Puis la lumière s'est éteinte, les bruits se sont tus et les questions ont cessé. 

Il n'avait plus de temps. Lui, c'est Cabu, c'est Charb, c'est Wolinski, c'est le policier en faction. Lui, c'est moi, c'est toi, c'est nous tous. 

 

D'habitude, je ne commente pas l'actualité en ces lieux. Mais depuis hier, ces questions me hantent. 

Depuis hier, je me raccroche au sourire innocent de mes enfants pour me dire que notre monde ne peut pas être que cet amas de haine et de rage. 

Depuis hier, j'ai envie de vomir, de me vider de ce poids visqueux. 

Depuis hier, j'ai envie de prier un Dieu que je crois bon. 

Depuis hier, je suis Charlie. 

 

Aujourd'hui, à la fac, nous avons observé une minute de silence. Tous, enseignants, personnels, étudiants, le stylo levé, sous le ciel qui pleurait nos morts, ensemble. 

1 minute de silence. A présent il est temps d'ouvrir nos gueules: NON à la barbarie, NON à la haine et à l'obscurantisme. Nous sommes des millions, vous ne gagnerez pas. 

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01 janvier 2015

2015

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Api nouille ire, ami lecteur! 

En ce 1er janvier, jour de la sainte Citrate de Bétaïne, je tiens à te présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année qui commence. 

Que 2015 te soit douce et clémente et t'apporte béatitude et allégresse et la réalisation de tes souhaits les plus chers. 

Je te souhaite donc en vrac: 

d'avoir la fève, 

que ton équipe de foot préférée remporte le championnat, 

de finir de perdre tes kilos de grossesse, 

des retrouvailles amoureuses, 

une belle reconversion professionnelle, 

des séances de yoga vivifiantes, 

des weekends sans enfants reposants, 

des fous rires en pagaille, 

des soirées mojitos, 

un petit bébé, 

le job de tes rêves, 

de finir ton trail de malade mental, 

de rencontrer l'amour, 

d'avoir ton bac avec mention, 

de décrocher enfin ton permis de conduire, 

une santé de fer, 

des amis toujours présents, 

de valider ton diplôme à la fin de l'année,

des voyages inoubliables, 

et bien sûr, des lectures saines et édifiantes. 

Et vu comment se sont passées mes vacances de Noël, je pense pouvoir contribuer à élever le niveau de ce côté là...

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14 décembre 2014

Les (més)aventures de Tendrépoux (c'est cadeau!)

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En cette période de pré-festoiement, quoi de plus catholique et charitable que de te narrer les dernières aventures ridicules de l'être qui illumine mon quotidien (et muscle mes zygomatiques) depuis près de 10 ans? 

Tu commences à bien connaître la bête, lecteur fidèle. Je t'avais raconté ici ses prouesses en bricolage et décrit ses qualités de mécanicien. Comme tu le sais puisque tu lis mon blog depuis le début, Tendrépoux est aussi féru de sports en tous genres et il ne rate pas une occasion pour sculpter son corps de rêve. 

Non content de courir 15 bornes 2 fois par semaine et d'aller "à la salle" (et pas à la selle) (désolée) dès qu'il le peut pour soulever de la fonte, Tendrépoux a aussi décidé qu'il irait au boulot à vélo. Après tout, traverser Paris d'ouest en est à bicyclette est fort agréable, même s'il faudra m'expliquer l'intérêt d'arriver en sueur et ébouriffé au boulot. 

Bref, tout content de sa nouvelle idée, Tendrépoux décida unilatéralement que le VTT qu'il m'avait offert pour mes 25 ans (il y a à peine 3 ans donc) (pouf pouf) et qui prenait la poussière dans l'abris de jardin de ses parents ferait parfaitement l'affaire. Il en changea simplement les pneus pour en faire un vélo de route et investit dans un ravissant gilet jaune et un casque. 

Ah il fallait le voir rentrer tous les soirs, le visage rougi, fouetté par les vents, la goutte au nez et le pantalon rentré dans la chaussette, fier comme bar-tabac (comme dirait l'autre). Mais il ne goûta que brièvement cette douce félicité. Un soir, Tendrépoux m'appela au téléphone: 

- Chérie? 

- Oui, astre de mes jours? Qu'y-a-t-il et où es-tu? J'entends comme un bruit de métro. Tu n'avais pas pris ton vélo ce matin? 

- Si!! (sanglots refoulés) Mais on me l'a volé!

- Mais comment est-ce possible, amour de ma vie? Ne l'avais-tu point garé dans le parking fermé/surveillé par caméra/gardé par un maître-chien 24h/24 de la Slaves&Associates

- Ben non! Je l'avais accroché au grillage en face de l'entrée du boulot, dans la rue. Je ne comprends pas… 

- Ta confiance en la probité de tes concitoyens t'honore, mon bien-aimé, mais dis-moi, tu avais bien acheté un antivol haute sécurité, non? 

- Euh, et bien, pas vraiment. J'ai récupéré un vieil antivol chez mes parents. Je pensais pas qu'on me le volerait! Pffff… Je suis bon pour en racheter un! 

Et Tendrépoux rentra, dépité et en métro à la maison ce soir-là. Tenace, il décida de se rendre dès le lendemain dans une grande enseigne sportive pour se ré-équiper. 

 

Le lendemain, nouveau coup de fil de mon mari.  

- Alors, ça y est? Tu l'as ton nouveau vélo? Tu es content? 

- Ben non. Tu vas pas me croire, mais on m'a volé mon portefeuille ce matin!

- Comment, lune de mes nuits? Tu as été agressé et molesté par une bande de voyous? 

- Euh, pas vraiment non. J'ai laissé ma veste sur le dossier de ma chaise dans la salle de réunion et suis sorti quelques minutes pour prendre un appel téléphonique. Quand je suis revenu, mes poches étaient vides! Plus de portefeuille et plus de chéquier! 

- Et tu avais laissé ton portefeuille et tous tes papiers dedans? 

- Oui! Je n'ai pas pensé que n'importe qui pouvait rentrer dans cette pièce!

- Ta foi en l'espèce humaine te fait honneur, mon héros. Et tu as fait opposition bien sûr? 

- Non pas encore. Je pensais le faire ce soir en rentrant. 

- Mais voyons, mon adoré, il faut le faire immédiatement! Le voleur est peut-être déjà en train de vider ton compte en banque!

Tendrépoux passa donc le reste de la journée au téléphone à faire opposition sur ses cartes bancaires et chéquier, et au commissariat pour déclarer le vol de ses papiers. Il rentra sans le sou et sans vélo. Mais bien décidé à acquérir de nouveau un deux-roues, il entreprit le samedi suivant de se rendre dans son magasin de sport muni du chéquier qui lui restait.  

3 heures plus tard, appel de Tendrépoux. 

- Allo mon amour? Que se passe-t-il? Je commençais à m'inquiéter!

- C'est rien. Je rentre en métro. Je n'ai pas pu acheter le vélo. 

- Mais comment est-ce possible, mon roudoudou? 

- Et bien mon chèque n'est pas passé. Ils ont du appeler la Banque de France pour vérifier le numéro et en fait la banque s'est trompée et a bloqué tous mes chéquiers, pas seulement celui qu'on m'a volé. J'ai passé 3/4h à la caisse, c'était l'horreur.  

- Décidément, soleil de mon existence, tu es maudit! On dirait presque que l'univers essaye de t'empêcher de rouler en vélo! 

Et pour la troisième fois, Tendrépoux rentra bredouille et à pied. Quelque peu secoué par ses mésaventures à bicyclette, Tendrépoux décida de réinvestir plutôt dans de nouvelles chaussures de course. Puisque l'univers refusait qu'il pédalât, il allait courir. Exigeant et économe à la fois, il passa des heures sur internet à comparer les performances techniques, les prix et les couleurs des baskets qu'il ciblait. Au bout de quelques jours d'un benchmarking forcené, il s'écria: 

- Ca y est! Je les ai commandées!

- Quoi donc, mon époux? 

- Et bien mes baskets! J'ai réussi à les trouver à plus de 50% sur un site. Je suis vraiment content parce que sur les sites habituels, elles étaient à 75 Euros et là, je les ai pour 65 Euros! 60% d'économies!

- Fantastique, mon amoureux! J'applaudis tes talents et ta persévérance! 

- Merci, mon coeur. C'est juste un peu étrange, je n'ai pas reçu de mail de confirmation de ma commande… 

- Hmmm, étincelle de ma vie, peux-tu me dire sur quel site tu as commandé? 

- Euh, attend que je le retrouve… Voilà! www.bengldsh.com. C'est bizarre parce que ce n'est pas le nom du lien sur lequel j'ai cliqué… Et puis il y avait quand même beaucoup de fautes d'orthographe sur cette page… Oh, non! Tu crois que c'était une arnaque? 

- Je ne sais pas, étoile de mes rêves, mais ta confiance en ton prochain m'éblouit. Tu devrais peut-être consulter ton compte en banque pour voir si tu as été débité. 

- Tu as raison. 

Evidemment, il avait été débité. 2 fois. Par un site chinois. Il a donc fait opposition. Sur sa nouvelle carte bleue. Si.  

5 semaines plus tard, le facteur sonna à la porte. Et nous livra ça: 

 

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Ce n'était pas le modèle commandé, mais bon, c'était arrivé. 

5 semaines plus tard, le facteur re-sonna à la porte. Et nous livra ça: 

 

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La deuxième paire… toujours pas le modèle commandé. Mais Tendrépoux les adore. C'est déjà ça. 

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27 novembre 2014

Thanksgiving

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Aujourd'hui, c'est Thanksgiving. Jour de terreur pour les dindes du monde entier.  Jour de célébration pour nos amis Américains qui vont pouvoir exprimer leur reconnaissance (de ne pas avoir été descendu par un flic de 12 coups de feu par exemple) (au hasard). Pour ma part, je suis reconnaissante de trouver 5 minutes pour écrire ce billet. Ca vaut bien un génocide de volatilus imbecilus 

Les jours défilent et se ressemblent: métro-boulot-pédiatre-copies-pédiatre-boulot-dodo (nan je déconne, j'ai arrêté de dormir depuis 2011). 

J'ai des dizaines d'idées de billets en tête mais pas assez de temps pour les écrire. Alors je vais essayer de rattraper mon retard ici, par ces quelques miscellanées. 

                                                                                                                       *                      *                       *

Je bosse comme une damnée. La fac, c'est super, on bosse 25 semaines par an et le reste du temps on est en vekeichione. C'est vrai. Sauf qu'il faut faire tenir 1 an de cours universitaires sur la moitié de l'année et que les vekeichione ne sont pas vraiment dédiées à faire bronzette sur une plage et à siroter des mojitos mais plutôt à corriger des montagnes de copies et préparer des cours (ce qui n'empêche pas de siroter des mojitos, je te le concède) (d'ailleurs mes cours sont de bien meilleure qualité depuis que je les prépare bourrée) (mais mes étudiants ont toujours d'aussi mauvaises notes).

                                                                                                                       *                      *                       *

Comme j'aime avoir mal, j'ai pris la responsabilité de missions administratives plus ambitieuses les unes que les autres: recruter 10 profs pour dans 3 semaines, révolutionner les pratiques pédagogiques universitaires par l'intégration de technologies innovantes pour un enseignement hybride, créer des partenariats avec des universités copines, inventer une méthode infaillible pour que tout le monde spike ingliche en 3 ans, créer des brochures pour décrire nos jolis cours en anglais à des délégations étrangères qui viennent voir comment c'est bien chez nous… Je m'éclate comme une dingue, je rencontre des pontes de la didactique avec qui j'ai des échanges trop passionnants sur comment améliorer nos enseignements. Je réunionnite comme une malade avec plein de gens de tous horizons qui ont tous des idées plus géniales les unes que les autres pour que nos cours de langue soient les meilleurs de l'univers. Bref, je m'éclate professionnellement comme ça faisait longtemps que ça m'était pas arrivé. J'enseigne l'ingliche et c'est ma joie. 

                                                                                                                        *                      *                       * 

Ca ne m'empêche pas de m'arracher régulièrement les cheveux sur les demandes saugrenues de mes étudiants. Certains ne reculent devant rien pour s'épargner l'effort de venir en cours. N'importe quelle excuse est bonne pour tenter une demande de dispense (normalement réservée aux étudiants étrangers ne pouvant commencer de nouvelle langue). Donc apparemment, ça ne les fait pas ciller de demander à être dispensés de cours parce qu'ils sont (je cite) "trop mauvais en anglais". Logique. Je suis une quiche donc plutôt que de me mettre au boulot pour enfin maîtriser (vaguement) une langue qui ne pourra que me servir plus tard, je préfère m'en faire dispenser. J'aime autant te dire que je les envoie sur les roses ces petits malins. 

                                                                                                                         *                      *                       *

Il y a aussi celle qui m'écrit pour me dire qu'elle a eu 05/20 à son partiel et que c'est un scandale. Que la prof note trop dur. Qu'il y a des élèves quasi bilingues dans le groupe et que du coup, c'est pas juste car eux ont de bonnes notes (gni?). Que la prof elle fait même pas de cours de grammaire et de vocabulaire, alors que quand même, il en faudrait. Je lui ai donc gentiment expliqué que plutôt que de remettre en question la notation de sa prof, elle ferait peut-être mieux de remettre en question la qualité de sa copie. Qu'en L3, après 10 ans d'anglais, elle devait être capable de se faire des fiches de vocabulaire sans qu'on lui tienne son stylo et que si après tous ses cours d'anglais elle était toujours pas fichue de mettre un S à sa putain de 3ème personne du singulier au présent simple, un énième cours de grammaire n'y changerait rien. (Ensuite je me suis descendu un mojito) (oui je vais finir alcoolique à ce rythme là).  

                                                                                                                          *                      *                       *

Enfin, il y a Tendrépoux et mes filles. Tendrépoux aura droit à son petit billet rien qu'à lui car (tu commences à le connaître), il s'est encore rendu coupable de facéties aussi peu glorieuses qu'hilarantes et je m'en voudrais de ne pas te narrer cela dans le détail. Tant pis, je dormirai 1h de moins mais je t'écrirai ce billet.  

Mamerveille et Maprinchesse, quant à elles, semblent vouloir tester le système de santé en ne tombant malades que le samedi soir vers 1h ou les jours fériés. Nous avons donc passé le PIB du Burundi en SOS médecins, pédiatres et autres pharmacies de garde. Les filles sont perfusées au Doliprane et Tendrépoux, ce fourbe, a réussi à esquiver le mouche-bébé, les séances de kiné respiratoire pour la bronchiolite de la petite et le sondage du canal lacrymal de la petite également (qui cumule, la pauvre). Si tu ne sais pas ce que c'est, alors tu n'as pas besoin que je t'affranchisse. Après tout, qui a envie de savoir qu'on peut enfoncer une aiguille de cette taille là dans le canal lacrymal bouché depuis la naissance d'une enfant de 8 mois sans anesthésie? C'est donc moi qui, depuis 1 mois 1/2, me tape les allers-retours chez les divers médecins et qui supporte les techniques plus barbares les unes que les autres pour soigner ma petite dernière. Mais, tu l'auras compris, comme je suis imbibée de Mojito, ça passe. 

 Voilà pour les niouzes. Allez, faut que j'y aille. Ca va être l'heure de l'apéro. 

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