Ingliche Titcheur

10 mars 2014

Petits maux et gros mots de la grossesse

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Cela ne t'aura pas échappé, perspicace lecteur, mais en ce moment, je suis enceinte. En cloque. Epanouie. En communion totale avec mon corps. D'ailleurs c'est bien simple, je ne m'habille plus qu'en couleurs pastel, je fais du yoga prénatal et j'apprends la respiration du dauphin asthmatique. Je porte avec grâce et élégance mon gros ventre et mes vergetures et je n'ai bien sûr pas pris un gramme de plus que les 8kg autorisés à mon terme actuel. Je mange bio et me lave les cheveux avec du gel intime, on ne sait jamais. Insupportable, n'est-ce-pas? On dirait moi il y a 2 ans lorsque j'attendais Mamerveille. Hé oui, lecteur chou, figure-toi que je faisais partie de ces radasses femmes pour qui la grossesse n'est que béatitude et qui en plus s'en vantais dans des billets sirupeux à t'en coller la nausée. J'étais chiante hein? 

 

Rassure-toi, aujourd'hui je me mange le second effet Kiss Cool et je commence à mieux comprendre toutes mes congénères pour qui ces 9 mois n'ont pas été un "bed of roses" comme on dit en ingliche. Et je te parle même pas de pathologies graves ou pénibles qui t'obligent à rester alitée pendant des semaines ou qui te font accoucher prématurément. Non, je te parle simplement de ces petits maux de grossesse, et autres "bobos" décrits d'un ton méprisant et avec force litote dans la plupart des ouvrages spécialisés (genre elles vont arrêter de geindre les grosses, elles avaient qu'à prendre la pilule si elles voulaient pas être en cloque). 

 

Bref, enceinte, tu n'as pas le droit de te plaindre. Tous les bouleversements que ton corps subis sont forcément directement envoyés des cieux et il serait insultant et ingrat de t'en plaindre, pense un peu à toutes ces femmes qui n'arrivent pas à avoir d'enfants et qui tueraient des chatons à coup de stylo bille pour être à ta place. Ben justement, en tant que nana qui en a bien soupé pour concevoir, je me sens parfaitement en droit de te révéler la vérité vraie sur ce que la grossesse peut aussi être. Si tu es chanceuse, tu ne connaîtras peut-être que quelques-uns des désagréments cités ci-dessous (voire aucun, cf moi il y a de 2 ans). Si tu es vernie, tu auras peut-être droit à tout en même temps (mes condoléances). 

 

Petit abécédaire des "bobos dont il ne faut surtout pas se plaindre car ça ternit la mythologie de la grossesse": 

 

A comme Anémie. Ou carence en fer. Ou l'ironie de ne pas être autorisée à s'envoyer un bon steak tartare alors que c'est tout ce que ton corps te réclame.  Une femme enceinte anémiée se reconnaît à ses crises de narcolepsie répétées et à son teint blanc endive. 

 

B comme Brûlures d'estomac. Une des joies digestives préférées des femmes enceintes, la bonne vieille brûlure qui te vrille l'oesophage et le diaphragme, te coupe le souffle et te donne l'impression d'avoir confondu ta limonade avec un verre de lave en fusion. Se traite par l'ingestion d'une pâte au goût infâme mais qui a le mérite de calmer rapidement l'incendie interne qui te consume. 

 

C comme Congestion Nasale. Ou syndrome du nez bouché en permanence. Pour des nuits magiques, faites de narines bouchées, de toux d'irritation et de reniflements pénibles pour le conjoint. Se traite par l'utilisation excessive de mouchoirs (mais attention aux saignements de nez), spray d'eau de mer et par le mépris. 

 

D comme Dos qui tue. Lombaires, trapèzes, cervicales,… tout fait mal dans le dorsal. Remède: te faire masser par ton conjoint. Si celui-ci "déteste ça" (dixit Tendrépoux, dorénavant privé de "massage" lui aussi), tu peux toujours supplier ton médecin de te prescrire quelques séances de kiné ou aller voir ton ostéopathe pour qu'il tente de soulager tes douleurs. J'ai testé et dois admettre que j'ai bien été soulagée… pendant 3 jours.  

 

E comme Etourderie. Tu me diras, ce n'est pas un bobo, ça. WRONG! L'étourderie est une véritable plaie psychologique qui vient en général contribuer à compliquer tes journées déjà bien remplies. S'enfermer dehors parce qu'on a claqué la porte trop vite (alors qu'on a envie de faire pipi), ne plus savoir où on a garé la voiture (alors qu'on vient de perdre les eaux), égarer sa barre chocolatée (alors qu'on est en pleine hypoglycémie)… sont autant de petites misères que tu vas certainement payer chèrement. 

 

F comme Fatigue. Grand symptôme du 1er trimestre (et du 3ème aussi). La fatigue ou IPDP (Irrépressible Poids Des Paupières) viendra agréablement s'inviter au détour d'une réunion hyper importante ou d'un dîner entre amis. Ne compte plus non plus arriver au bout du moindre film pendant 9 mois. 

 

G comme Gingivite. Ca pique, ça saigne, ça te pourrit tes brosses à dents. Ca se rappelle à toi quand tu manges un peu trop acide (ou quand tu manges tout court). Génial. 

 

H comme Hémorroïdes. Ne nous voilons pas la face, cher lecteur, je t'ai promis de te dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Et les demoiselles hémorroïdes font malheureusement partie du quotidien d'une femme enceinte, surtout vers la fin quand le poids du bébé et le transit ralenti compromettent les bowel movements comme on dit en ingliche. Marche en canard, larmes aux yeux quand tu t'assois/tu te lèves/marches, tu ne regarderas plus jamais une cuvette de toilette de la même façon et tu apprendras à te mettre de la crème à des endroits inhabituels. 

 

I comme Insomnies. Paradoxalement, tu as beau être épuisée par ton état (voir lettres A et F), il arrive que tu ne puisses plus dormir. Ton ventre te gêne, le bébé donne des coups, tu ne trouves pas de position confortable, tu fais des cauchemars atroces à base de bébé-alien ou tu boucles sur des questions existentielles (vais-je être une bonne mère? Vais-je avoir une épisio? Vais-je avoir mal? Retrouverai-je jamais un corps normal?…). Bref, tu évacues la nuit ce que tu refoules si bien le jour. 

 

J comme Joie de vivre. L'image d'Epinal de la femme enceinte est celle d'une nana qui rayonne autant que la meuf de la pub Activia, trop contente de bien faire caca parce qu'elle mange du bon yaourt. Or, il faut être honnête, tout n'est pas que jubilation et félicité dans la grossesse. Mais on n'a pas trop le droit de le dire. Parce qu'à toutes les angoisses que peut ressentir une femme enceinte, il y a ces magnifiques réponses toutes faites: 

- "C'est bon, ça fait 10 000 ans que les femmes mettent au monde des enfants, tu vas pas faire ta chochotte parce que tu as peur d'accoucher."

- "Nan mais profite! Et pense un peu à toutes ces femmes qui rêveraient d'être à ta place et d'avoir tes nausées!"

- "Vous avez mal au dos/des nausées/des brûlures d'estomac/du mal à dormir/des hémorroïdes/des varices/une sciatique/mal au ventre/des fuites urinaires (etc…)? Il n'y a rien à faire Madame à part accoucher. Je peux vous prescrire du paracétamol si vous voulez."

 

K comme Kilos en trop. C'est le principe, tu me diras. D'ailleurs, le terme "grossesse" en français montre bien qu'une femme enceinte doit prendre du poids. Oui mais pas trop. Assez pour bien faire pousser bébé mais Dieu la préserve d'avoir pris trop de gras qu'elle gardera forcément A VIE, qu'elle ne pourra plus jamais se regarder dans le miroir sans grimacer d'horreur, qu'elle ne pourra plus jamais décemment se montrer en maillot de bain l'été sauf à vouloir effrayer les foules et qu'elle aura de la chance si son mari ne la quitte pas pour une nullipare filiforme. Pose donc ce cookie grosse vache!

 

L comme Ligaments. Ou tu apprends au détour d'un faux mouvement que tu en as dans le bas du ventre. Et qu'ils peuvent faire mal. Très mal. La solution: avancer en restant pliée en deux. La position verticale est très surfaite finalement. 

 

M comme Masque de grossesse. Ou la grosse blague des peaux mates qui d'habitude bronzent super bien mais qui, sous l'effet des hormones, peuvent se retrouver maculées d'hideuses taches brunes. Qui ne partent pas. Même avec la crème méga décapante du dermato. Mon conseil? si tu ne veux pas te retrouver avec un tatouage facial raté pendant des années, ne sors plus sans une couche épaisse d'indice 50 sur le visage. Même l'hiver par temps de brouillard. 

 

N comme Nausées. Le grand classique des "petits maux" de la grossesse si souvent décrits dans les manuels. "Ahlala! Vous avez envie de vomir (ou vous vomissez) toutes les 15 minutes! C'est pas de chance! Mais rassurez-vous, ça passera au 2ème trimestre. Encore 10 semaines à patienter!", "Ahaha, alors tu es encore allée dire bonjour à la cuvette des toilettes? Ahahaha! C'est merveilleux la grossesse!",  "Tu as perdu 3 kg en 1 semaine? Pfff, tu as trop de la chance…"

Franchement, tu dirais ça à un ami qui se tape une gastro? Parce que c'est vraiment ça, les nausées du 1er trimestre: l'envie permanente de rendre son repas, des hauts-le-coeur à la moindre odeur un peu forte, des vertiges et l'envie qu'on te laisse décéder dans ton coin. Le traitement? Personnellement, j'ai passé 3 mois avec des bracelets d'acupuncture aux poignets, à me gaver de gélules de gingembre, de Nux Vomica et à manger régulièrement pour ne pas avoir le ventre vide. Ca a marché. De temps en temps. 

 

O comme Odorat exacerbé. Oui, c'est un réel problème (cf lettre N). Car avoir le flair d'un chien de chasse en rut quand il faut prendre le métro pour aller bosser n'est pas ce qu'on peut appeler un super pouvoir. A la limite, cela t'aide à identifier une viande un peu douteuse qui traîne dans ton frigo, mais en général cela te permet seulement de réaliser que 1) un déo ne fait vraiment que se superposer aux odeurs corporelles, 2) la mauvaise haleine est un problème de société, 3) les transports en commun sont une invention du démon, 4) on peut vomir dans une poubelle sans que personne ne le remarque. 

 

P comme Périnée décédé. Ou tu apprends qu'entre tes jambes existe un muscle fort utile pour, par exemple, te retenir de faire pipi (voir lettre U) ou plus simplement soutenir tous tes organes internes. Ou tu t'aperçois que s'il est déjà si douloureux alors qu'on t'a même pas encore fait d'épisiotomie et si lax alors qu'aucun être humain n'est encore passé par là, tu peux déjà prendre une carte de fidélité chez le kiné pour le rééduquer sur les 8 prochaines années. 

 

Q comme Questions. Une des vraies plaies de la grossesse. En voici le top 5: 

- "C'est une fille ou un garçon? Ah une fille? C'est bizarre vous le portez comme un garçon!" (ou l'inverse).

- "C'est quoi le prénom?" 2 réponses possibles: "Ah? Vraiment? Mais vous pouvez encore changer d'avis hein" ou "Ohlala, si on peut rien demander…"

- "C'est pour quand? Dans 3 mois? Hein, mais vous avez pris combien de kilos?"

- "Vous allez le nourrir?"

- "Une 2ème fille? Vous allez être obligée de faire le troisième pour avoir un garçon…"

 

R comme Régime. Enceinte, il ne faut surtout pas y être. On t'explique en long et en large que ce n'est vraiment pas le moment de se priver. Mais paradoxalement, tu n'as pas le droit à la viande pas assez cuite (adieu tartare, steak saignant, entrecôte et autre bavette), au poisson cru (au revoir sushi, saumon fumé et tartare de coquille St-Jacques), au lait cru (byebye cher fromage), aux aliments dont tu n'es pas sûre qu'ils ont bien été lavés et préparés (ciao les restos). Et puis il ne faut surtout pas abuser du sucre (attention au diabète gestationnel) ou du gras (les kilos en trop madame!), pas de caféine (auf wierdersehen mon café et mon Coca), pas d'alcool évidemment (mère indigne). Les plats en sauce ne sont pas bons pour les remontées acides et trop de sel favorise la rétention d'eau. 

Donc en gros, si, on est au régime pendant 9 mois (dit-elle en croquant dans un Twix). 

 

S comme Sciatique. Ou ton corps de jeune fille t'annonce en personne qu'il te quitte pour une autre. Combinée aux douleurs ligamentaires et dorsales, une sciatique contribuera à te donner une démarche originale, à base de contorsions ridicules pour passer de la position assise à debout et de petits cris affligeants quand ton nerf se coince.  

 

T comme Transit de merde. Sans jeu de mots. Constipation ou diarrhée. Les deux si tu as de la chance. Combiné aux hémorroïdes et au périnée en vrac, c'est le glamour le plus total garanti pendant 9 mois. Plus efficace que l'Ile de la Tentation si tu veux savoir où en est ton couple. 

 

U comme fuites Urinaires. Ou comment apprendre à arrêter de rire, tousser et éternuer. Ou pourquoi investir en actions Tena. Tu me diras, avec tous les maux précédents, on ne devrait plus être à un bobo près. Seule une personne qui ne s'est jamais uriné dessus en public peut penser un truc pareil. 

 

V comme Varices (Vulvaires si tu as de la chance). Grâce à ta circulation sanguine toute pourrie, tu auras peut-être la chance, jeune primipare, de te retrouver avec de jolies veines toutes bleues et toutes gonflées. Sur le mollet, la cuisse ou plus haut si tu fais partie des happy few dont l'entre-jambe sera concerné. Là encore, rien à faire à part porter de graciles bas de contention et d'espérer que l'accouchement te rendra des veines correctes. Sinon, ne t'inquiète pas, une petite séance de laser chez le dermato et il n'y paraîtra plus (demande lui une liposuccion, une abdominoplastie et un remodelage du périnée tant que tu y es, il te fera peut-être une réduc). 

 

W comme WC.  Apparemment la pièce où tu passeras la plupart de ces 9 mois si tu as bien lu ces quelques lignes (voir lettres H, N, O, T, U). 

 

X comme la croix que tu peux faire sur ta vie sexuelle si tu concentres au moins 3 des "bobos" suivants: périnée avarié, hémorroïdes, sciatique, nausées ou fuites urinaires (quoique, il paraît que c'est un trip chez certains…). Là encore, y a pas de règles (ou de justice, comme tu préfères): certaines joueront à la bête à deux dos jusqu'à leur terme ("Bah quoi? j'vois pas où est le problème, la position de la chèvre afghane est très confortable à 9 mois de grossesse") quand d'autres auront la libido en veilleuse ("NE ME TOUCHE PAS! C'est ta faute si je suis dans cet état, n'en rajoute pas!"). 

 

Y comme Yeux secs. Ah oui, n'oublions pas ce petit bobo là, personnellement expérimenté par ta Titch récemment opérée de la myopie. La sécheresse oculaire est un vrai désagrément lié aux hormones: tu ne produis plus assez de larmes, du coup t'y vois que dalle. Ce qui est particulièrement rageant quand tu as dépensé un mois de salaire pour te faire opérer de la myopie. Paraît que ça revient après la mise bas. Y a intérêt. 

 

Z comme Zombie. C'est un peu le portrait qui a pu ressortir de ce catalogue peu glorieux mais pourtant réaliste. Rassure-toi, un peu de maquillage, un chouïa d'abnégation et beaucoup de mauvaise foi te permettront de continuer à faire croire à ton entourage que la grossesse n'est que paillettes et confettis. 

 

D'ailleurs, n'exagérons rien, ce tableau apocalyptique ne concerne pas toutes les femmes. 

Il y en a qui n'auront rien. 

Il y en a qui supporteront tout stoïquement sans rien dire. 

Il y en a qui se plaindront à demi mots, mais pas trop, pour ne pas déranger. 

Il y en a qui vont hurler leur misère pendant 9 mois.

Et alors? Je trouve insupportable qu'on relègue au rang de "petits bobos" tous ces désagréments qui, combinés, peuvent littéralement pourrir la vie. Pourquoi, parce qu'une femme serait enceinte, serait-il subitement parfaitement normal qu'elle souffre de tous ces maux sans qu'on puisse y apporter d'autre réponse que "ça ira mieux après l'accouchement" ou "prenez un doliprane"? 

Ne pourrions-nous pas, au minimum, l'autoriser à se plaindre un peu et arrêter de lui dire que "c'est pour la bonne cause"? Pourquoi forcément minimiser les douleurs ressenties et les traiter de vulgaires "bobos"? Cela fait-il moins mal de vomir tripes et boyaux quand on est enceinte que quand on a une gastro? La sciatique d'une femme enceinte est-elle moins pénible à supporter que celle d'un sportif de 40 ans? La grossesse n'est pas une maladie, on nous le répète suffisamment. Soit. Mais cela reste un état exceptionnel qui bouleverse le corps et l'esprit. Qu'on autorise les femmes enceintes à exprimer leurs douleurs et leurs peurs au lieu de vouloir absolument les faire taire sous prétexte qu'elles vivent une expérience transcendantale et miraculeuse. Qui cela gêne-t-il? 


27 février 2014

Trendy: Qu'est-ce que les profs pensent vraiment de leurs élèves?

LEtudiant_Trendy

Avé, honoré lecteur! 

C'est avec une fierté de pou que je viens t'annoncer en ce modeste lieu que tu peux me retrouver dans une interview (pas) exclusive dans Trendy, le magazine online du célèbre "L'Etudiant". Tu sauras enfin tout ce que je pense réellement de mes étudiants. 

Clique donc là pour lire l'interview. 

Et comme je suis pas bêcheuse, je te mets même mes réponses complètes et non éditées aux questions que m'a posées le gentil journaliste (merci Olivier!). 


1). NOUS
- Sincèrement, est-ce que vous nous trouvez fainéants? 
Honnêtement, ça dépend. Il y a toujours des étudiants "modèles" qui font le travail demandé, apprennent le cours et rendent les travaux en temps et en heure. Et puis il y a des fumistes (comme partout), qui n'ont jamais leurs documents, qui arrivent à la bourre sans s'excuser, leur Starbuck fumant à la main mais qui ont eu "un problème de métro", qui rendent leurs devoirs systématiquement en retard et qui négocient toujours des délais. Mais grosso modo, oui je trouve que les étudiants font trop souvent le minimum syndical et bachotent à la dernière minute. Ca me sidère à chaque fois: pensez-vous vraiment progresser en langue en "apprenant" tout par coeur la veille de l'examen? 

- Est-ce que vous nous trouvez immatures? 
Encore une fois, ça dépend. En faculté, on a des gens de tous âges. J'ai même des étudiants retraités dans mes TDs. Et paradoxalement, la maturité n'est pas toujours du côté de l'âge. J'ai encore grillé dans mon dernier paquet de copies un étudiant (2 fois mon âge) qui a gentiment copié-collé du contenu trouvé sur internet. Genre je m'en rendrais pas compte... Et puis j'ai encore des étudiants, en licence 3, qui pensent que raconter leur laïfe dans leur copie de partiel, ça passe... Je crois que certains de mes élèves de seconde du temps où j'enseignais en lycée sont plus matures que certains étudiants à l'université... Mais globalement, comme je travaille dans un environnement adulte, j'ai moins à me plaindre de l'immaturité de mes étudiants (le fait de ne plus avoir de concours de pet en classe est assez appréciable par exemple - oui, cette histoire est véridique...). 

- Est-ce que certains élèves vous font peur? 
Franchement c'est arrivé. Surtout des étudiants agressifs et revendicateurs, qui s'énervent parce qu'ils estiment que leur note est trop basse et qu'à cause de moi (pas de leur manque de travail bien sûr), ils vont foirer leur année. Heureusement c'est rarissime mais je dois avouer que certains de mes élèves de lycée m'ont vraiment foutu les jetons: des grands gaillards d'1m90, baraqués qui se tiennent debout près de toi et s'énervent parce que tu as osé les reprendre, ça rassure pas. 

- Vous êtes déjà tombée amoureuse d'un élève? Vous gérez comment? 
Euh, comment dire... ça va pas non??? Déjà outre le fait que c'est complètement interdit, limite pédophile (même si mes étudiants actuels sont à peine plus jeunes que moi), ça me dépasse complètement comme question. Je peux bien sûr trouver des étudiants mignons, mais au-delà de ce constat esthétique, il y a quand même une barrière mentale (et morale) qui fait que ça ne me traverse même pas l'esprit (ou alors avec un gros "beurk" dessus)! 

- Vous arrivez à vous intéresser à nous "individuellement" ou bien nous sommes juste une masse de têtes qui prennent (ou pas) des notes? 
Honnêtement, je vois passer plus de 300 étudiants chaque semaine dans mes TDs donc c'est sûr que je ne me rappelle pas de tous les noms et que je dois mettre plein de vents dans les couloirs. Bien sûr, j'essaye de m'intéresser à chaque étudiant individuellement, mais c'est plus facile avec ceux qui prennent la parole en classe, participent, posent des questions, bref, se manifestent qu'avec ceux qui baissent systématiquement la tête genre "si je la vois pas, elle ne me voit pas" quand je pose une question, qui textotent en douce plutôt que d'écouter mon cours (pourtant passionnant) et qui font le minimum. Je ne parle pas de ceux qui ne se pointent que toutes les 3 semaines en cours (quand ils ont le temps quoi) et dont je me demande parfois s'ils sont vraiment inscrits à mon TD ou s'ils se sont gourés de salle. 

- Qu'est-ce que vous appréciez le plus chez nous, vos élèves?
Ce que j'apprécie le plus chez mes élèves, c'est quand ils ont compris un truc et qu'une petite lueur brille dans leurs yeux (genre grosse épiphanie). Franchement, avoir le sentiment d'intéresser ses élèves, de leur transmettre un peu de notre passion pour notre matière et voir qu'ils prennent du plaisir à apprendre, c'est un moment de bonheur pur. Ca doit faire un peu narcissique mais quand un élève vient me voir pour me dire qu'il a adoré ce qu'on a fait en classe, je ressens toute l'utilité de mon boulot. 



2). LES COURS
- Vous êtes d'accord avec tout le programme que vous nous enseignez? 
J'ai une grande chance en tant qu'ingliche titcheur, c'est que je n'ai pas vraiment de programme. En lycée, c'était déjà suffisamment vague pour qu'on puisse traiter des sujets qu'on voulait mais en fac, c'est encore mieux, c'est moi qui décide de ce que j'enseigne. Donc oui, je suis à fond d'accord avec moi-même, même si tous mes cours ne sont pas forcément géniaux, au moins j'ai la liberté de rectifier le tir si je vois qu'un sujet plaît moins qu'un autre. 

- Est-ce que, vous aussi, vous vous ennuyez parfois pendant le cours? 
Comment dire... Il est vrai que j'ai parfois contemplé l'idée de me jeter par la fenêtre pendant des sessions particulièrement "boring". En général, ce sont des cours où personne n'est motivé pour participer. Je pose une question: silence de mort. J'en pose une autre: toujours rien. Je m'énerve un peu: encéphalogramme plat dans la classe. Dans ces moments-là, il est vrai qu'il m'est arrivé de dire tout haut que j'allais décéder d'ennui. 

- Est-ce que cela vous arrive de penser à autre chose pendant que vous nous faites cours? 
Dans le cas cité précédemment, oui bien sûr! Entre 2 blancs, je me dis que je serais bien sur une plage à siroter un mojito plutôt que devant un banc de bulots neurasthéniques (oui j'ai le verbe acerbe quand je m'ennuie). Mais sinon honnêtement non. On est très actif et concentré quand on fait cours: on parle, on questionne, on interroge, on corrige les interventions, on gère le timing du cours, on passe dans les rangs pendant les exercices... Difficile de penser à autre chose vraiment (c'est peut-être pour ça qu'on s'ennuie moins que vous!). 



3). VOUS
- Cela vous arrive de corriger nos travaux en regardant la TV ou dans le métro, à l'arrache? 
Très franchement oui. Bien sûr ça dépend des copies: des petites interros faciles à corriger ne demandent pas beaucoup de concentration donc j'arrive à suivre le JT tout en corrigeant un thème grammatical. Dans le métro, c'est plus compliqué car il faut que le trajet dure suffisamment longtemps et qu'il y ait de la place assiste pour que ça vaille le coup de sortir tout l'attirail (paquet de copies qui glissent et tombent par terre, stylo rouge, etc...). Mais si les copies sont plus complexes, là je bosse en silence et au calme. 

- De quoi ça parle dans la salle des profs? 
Si je vous le dis, il faudrait que je vous élimine ensuite... 
Non plus sérieusement, de vous à 90%. En mal bien évidemment. :)
Sinon c'est souvent assez bref vu qu'on passe plus de temps en cours qu'en salle des profs mais on parle beaucoup de nos cours, de questions techniques qu'on peut avoir (oui, on continue à apprendre!), de photocopieuse en rade, mais aussi de nos dernières vacances ou de nos projets pour le week end. 

- Qu'est-ce que vous pensez de vos collègues, de vos supérieurs? Vous ne trouvez pas que certains sont vraiment largués, complètement nuls? 
Je pense que c'est comme partout: il y a des affinités avec certains et pas avec d'autres. On a nos "copains" et ceux à qui on dit poliment bonjour quand on les croise dans le couloir. Effectivement, on connaît la mauvaise réputation de certains collègues et on plaint leurs étudiants mais en même temps, on n'assiste jamais au cours des collègues donc c'est difficile de juger. Quant à nos supérieurs, comme partout il y a ceux qui sont super efficaces et à l'écoute, et ceux qu'on trouve largués (mais dont bizarrement personne ne veut prendre la place...). 


 Alors lecteur, choquède? Surpraïzède? intérestide? 

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11 février 2014

Les terribeul two

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Dans les épisodes précédents: Titcheur et Tendrépoux se marièrent. Titcheur et Tendrépoux galérèrent pour fonder une famille. Mais finalement, l'existence de Titcheur et Tendrépoux fut illuminée, par un beau matin d'octobre 2011, par la naissance de Mamerveille, petit angelot tombé des cieux. Aujourd'hui, la famille s'agrandit (Maprinchesse est attendue pour début mai) et va déménager dans un tout nouveau château (on rénove les donjons et les oubliettes). Joli conte de fée, hein? Ca te fait rêver, n'est-ce-pas? Bah oui, sur le papier, ma vie en ce moment c'est ça: 

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 Mari en or (oui, sur mon blog je suis mariée à qui je veux d'abord). 

 

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Grossesse idyllique (oui, sur mon blog, j'ai le corps que je veux d'abord). 

 

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 Château en construction (oh, c'est trois fois rien, un petit F3 dans Paris).  

 

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 Adorabeul petite fille de 2 ans (aka Mamerveille)

 

Sauf que. On est pas sur Instagram et je pourrais tricher tant que je veux, en fait ça ressemble plutôt à ça. 

 

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Tendrépoux fatigué par trop de pression (boulot, métro, travaux). Remarque, il reste sexy le bougre.

 

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Grossesse réaliste. En vrai, je mets peu ma robe red carpet. Bizarrement.

Damidot

Rhaaaaaa!!!! non! Au secours! 

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Petite fille de 2 ans (aka Mamerveille, acte III, scène 2). 

 

Ah. Venons-y à la petite fille de 2 ans… Les "terribeul two", ça te parle? Les psys parlent aussi de 1ère adolescence pour décrire cette phase un peu particulière du développement de l'enfant. Doux euphémisme si tu veux mon avis. Car à la maison, depuis quelques mois, on commence à se demander si notre enfant n'est pas tout simplement possédée par le malin. Ou par l'esprit errant d'un psychopathe. 

chucky

Oué. Ca fout les boules hein? 

 

Qu'est-il donc arrivé à notre petite poupée si sage et obéissante dont le moindre sourire suffisait à faire fondre d'attendrissement ses parents subjugués par tant d'intelligence/beauté/douceur? Comment est-il possible que notre progéniture, pourtant croisée entre un bisounours et une poupée Corolle, se transforme subitement en Chucky la poupée de sang? Hein? HEIN?  

Alors évidemment, il y a des jours où Mamerveille demeure une charmante bambinette qui fait craquer son entourage et nous les premiers. Et puis il y a des jours où Mamerveille devient cette créature qui fait craquer (dans l'autre sens du terme) son entourage et nous les premiers… 

Caprices, roulages par terre, cris, pleurs hystériques, syndrome du corps "chewing-gum" quand on essaye de la porter, punitions inefficaces… et en général pour des broutilles. Genre elle n'arrive pas à faire demi-tour avec sa trottinette. Ou elle ne parvient pas à enlever le pull de sa poupée. Ou on lui a refusé un 5ème tour de manège. Ou bien encore, elle est sur le manège mais elle décide en cours de route que finalement, elle voulait être dans la soucoupe volante et pas sur la moto. Bref, de vrais motifs de crise d'hystérie. 

Dans ces moments là, en général je suis seule avec elle, avec mon gros ventre de femme enceinte de 6 mois, mon sac, la poussette et les courses qui pèsent 3 tonnes. La plupart du temps il se met à pleuvoir et je reçois un coup de fil hyper important de notre entrepreneur qui m'informe qu'on a un dégât des eaux sur le chantier de notre futur appartement. Il faut alors saisir l'enfant en train de se rouler par terre de force, l'harnacher dans sa poussette en esquivant les coups de pied, caler le téléphone dans le creux de l'oreille, accepter de se faire saucer et affronter le regard des gens, mi-choqué mi-compatissant, qui te voient passer avec ton petit démon qui se cabre de rage en hurlant dans sa poussette, pendant que toi, mère indigne, tu gères tes galères au téléphone, la mèche trempée, l'oeil hagard et la contraction latente. 

Et puis tu arrives enfin à la maison. Tu es trempée (par la pluie). Ton enfant est trempée (de sueur) (tu as quand même eu le réflexe de lui mettre la protection en plastique) (ça couvre un peu ses cris, c'est bien). Tes courses sont trempées (remarque, ta salade est pré-lavée, ça te fait gagner du temps). A cet instant, plusieurs idées te traversent l'esprit: 

- enfermer Mamerveille dans sa chambre, la ligoter, la baillonner et aller te coucher (option parent indigne)

- t'enfermer dans la salle de bain, te mettre en position foetale à même le sol et pleurer un bon coup (option parent qui craque)

- faire taire Mamerveille en la gavant de gâteaux au chocolat et en la mettant devant un dessin animé (option parent démissionnaire) 

Mais non. Maintenant il faut expliquer à ton nain que les caprices, c'est pas bien. Que quand maman dit non, c'est non. Qu'elle a le droit de pas être d'accord, mais qu'au final, c'est pas elle qui décide. Et que si elle te refait un cirque pareil pour un pauvre tour de manège, le loup viendra la manger elle sera punie comme il se doit.  Tu enchaînes avec un "C'est bien compris? Tu recommenceras plus?" auquel ton enfant, redevenue elle-même, acquiescera d'un air contrit avant de se jeter dans tes bras en disant "Pardon Maman". Tu es contente, tu as à peu près géré. Tu as la tension nerveuse d'un taureau en pleine corrida mais tu es sortie la tête haute de ton duel avec ton terribeul kid. Jusqu'à la prochaine fois… 

Alors oui, il y a plein de jolies explications psys à ces comportements anti-sociaux: l'enfant se construit en s'opposant, il cherche les limites, il ne peut pas encore contenir ses émotions qui sont trop intenses pour lui. Certes. Evidemment aussi, il y a le facteur "maman attend un bébé" qui angoisse l'enfant qui craint de perdre sa place confortable de centre de l'univers. Certes. Il y a aussi toutes les bonnes recettes et les conseils bien pensants d'internet/les copines qui sont passées par là/la voisine. Certes. 

N'empêche. 

N'empêche que parfois, on a des pensées violentes à l'égard de son enfant. Que parfois, on aimerait bien faire semblant qu'il n'est pas à nous ce gosse hystérique qui tape un scandale au rayon fromage parce qu'on peut pas lui donner un babybel, là tout de suite. Que parfois, on se sent bien impuissants quand, à la question (pourtant rhétorique) (c'est à croire que ton enfant n'y connaît rien en stylistique) "Tu veux être punie, c'est ça?", Mamerveille te regarde avec un air de défi et te répond "Oui" (la garce). Et que du coup, tu te retrouves tout bête à la mettre au coin, tout en ayant l'impression que c'est elle qui "gagne" au final… 

N'empêche que parfois tu te demandes si ça va durer encore longtemps les terribeul two

 

PS: Mamerveille a 2 ans et 4 mois. Encore 8 mois à tenir? 

PS 2: on me glisse dans l'oreillette qu'il existerait aussi les terribeul three, les terribeul four, les terribeul five, etc… 

PS 3: quelqu'un a du Valium? 

PS 4: c'est cadeau: 

 

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22 janvier 2014

Teste ton ingliche avec Titcheur

thankteach

Hello hello lecteur frangipané! Comment ça va par chez toi?

Pour ma part, l'année 2014 commence sur les chapeaux de roue. Déjà parce que j'ai tenu mon engagement de m'empiffrer allègrement de galette des rois (et que j'attends la Chandeleur avec impatience) (aaah les fameuses "envies" de la femme enceinte, ou comment trouver une bonne excuse pour se gaver de bonnes choses sans culpabiliser) (Nutella me voilà). Et aussi parce que j'ai pris de l'avance sur mon mois de mars que je suis déjà en congé patho. Genre j'ai des contractions et genre faudrait pas que je finisse alitée ou pire. Dont acte. 

Mais ce repos forcé ne m'empêche absolument pas de continuer à me moquer de mes étudiants à te parler de mon délicieux métier. Alors aujourd'hui, je te propose de tester ton niveau de culture en ingliche. Aurais-tu réussi ce partiel apparemment infaisable? Ta culture générale dépasse-t-elle celle d'un étudiant en 3ème année de licence de lettres modernes? C'est ce qu'on va voir. Il te suffit pour cela de répondre à cette seule et unique question: Who are these people? (qui sont ces gens?). Comme je suis sympa, je te mets plusieurs réponses possibles (trouvées effectivement dans mes copies) (sinon c'est pas drôle). 

 

charles abdication

  

❏ the Dutch queen and Prince Charles

❏ Queen Elizabeth and an old man

❏ Queen Elizabeth and Tony Blair 

❏ Queen Elizabeth and her son, Prince William

❏ a man and a woman 

 

Je précise que toutes ces réponses ont été proposées par des étudiants. Je précise également que nous venions de passer 3 semaines de cours à parler de la famille royale britannique. Voilà, voilà. 

 

La prochaine fois, je leur ferai lire cet article de The Economist et je compterai ceux qui croient vraiment que Barack Obama se tape Jennifer Aniston. 

 

P.S. intello: à la question "pour quelle femme le prince Edward VIII a-t-il abdiqué en 1936?" (réponse: Wallis Simpson), j'ai eu cette réponse cutissime "Je sais que son nom est Simpson. Pas Jessica mais un truc comme ça." 

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09 janvier 2014

2014

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Cédant à la désuète tradition des voeux (désuète apparemment puisque je n'ai pas reçu un seul SMS de bonnannébonnesanté le 31 décembre à minuit) (ni le 1er janvier de toute la journée) (la lose?) (je préfère penser que mon entourage est suffisamment civilisé pour profiter de sa soirée de réveillon avec ses amis plutôt que de textoter frénétiquement des platitudes à des gens avec qui ils ont manifestement choisi de ne pas passer la soirée). Cédant à cette désuète tradition, donc, je te présente, fidèle lecteur, tous mes voeux pour cette nouvelle année. Quelle te soit douce et pleine de bonheurs en tous genres. 

Pour ma part, j'ai choisi de prendre quelques bonnes résolutions:  

Janvier: manger autant de galettes des rois qu'il faudra pour avoir la fève. Sans tricher. Et sans me faire trop engueuler par la sage-femme lors de ma pesée mensuelle.

Février: fêter mes 34 ans avec dignité et sobriété. Pour la sobriété, ça va être fastoche, je vais pas me faire bien mal avec des Virgin Mojitos. Pour la dignité, tant qu'on ne m'offre pas de crème spéciale "rides installées" ou de bon pour un relooking extrême, y a pas de raison que ça se passe mal.  

Mars: négocier mon congé patho pour mieux soigner mes varices vulvaires préparer l'arrivée de Maprinchesse (oui c'est une deuxième petite fille) (hiiiiiiiiiiii à moi les soldes d'hiver!).

Avril: déménager dans notre nouvel appart après la fin des travaux mais avant de perdre les eaux.  

Mai: accoucher sans douleur, en moins de 5 heures, un jour de semaine pendant que Mamerveille est chez sa nounou, en harmonie totale avec mon fondement, sur une musique de Bach (ou de Daft Punk, j'ai pas encore choisi), dans une baignoire avec un dauphin, Tendrépoux à mes côtés une coupe de champagne à la main. 

Juin: marier mon petit frère (kuwâââ? tu ne connais pas encore Mibroteur??!!) et sa promise (cuitée). Sans (trop) pleurer.  En gérant les montées de lait à l'église. En allant au bout d'un discours aussi touchant qu'hilarant sans m'étouffer sous l'émotion. En rentrant ma panse post-démoulage dans une robe sexy mais digne de mon nouveau statut de multipare. 

Juillet: supporter Tendrépoux et l'équipe de France pendant la coupe du monde de foot. Dans tous les sens du terme. 

Août: éviter le masque de grossesse sur les plages bretonnes. Et fêter mes 10 ans  d'amour fou avec Tendrépoux. 

Septembre: reprendre le boulot sans pleurer toutes les larmes de mon corps à l'idée de laisser Maprinchesse de 4 mois et des brouettes chez la nounou. Accompagner Mamerveille à sa première rentrée scolaire sans pleurer toutes les larmes de mon corps à l'idée de la voir grandir si vite.  

Octobre: fêter les 3 ans de Mamerveille. Dire à Tendrépoux que non, le Mondial de l'Auto n'est pas un terrain de jeux idéal pour un goûter d'anniversaire. Mais que par contre, l'île Maurice oui. Par exemple. Au hasard.  

Novembre: oublier que ce mois ne sert à rien. Ah si, y a des jours fériés: le 1er et le 11. Sauf qu'évidemment, le 1er tombe un samedi. Et le 11 un mardi et je bosse le lundi. Me rappeler qu'il sert vraiment à rien ce mois là. 

Décembre: regarder en arrière 5 minutes et me souvenir avec délice de cette belle année 2014 qui débute à peine aujourd'hui. 

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16 décembre 2013

Ma 2ème première fois

pregnancy-test

Alors c'est vrai, tu es bien là. Si j'en doutais encore tes petits coups de pied me le rappellent constamment. Mon deuxième bébé, mon deuxième miracle. On pourrait croire que je suis rodée, que j'ai déjà vécu tout ça, qu'une deuxième grossesse est plus banale. Et pourtant... 

 

La première fois, on a attendu 4 ans. La deuxième fois, on a quand même patienté 2 ans. 

 

La première fois, on a tout essayé (tests d'ovulation, acupuncture, ostéopathie, inséminations, FIV, vaudou, prières à la Vierge…). La deuxième fois, on s'est directement tourné vers ce qui avait déjà marché (le sacrifice de chatons un soir de pleine lune, la FIV). 

 

La première fois, on a du essuyer 7 échecs en PMA. La deuxième fois, seulement 2. 

 

La première fois, Dame Nature n'a jamais rien voulu savoir. La deuxième fois, il faut croire qu'elle a eu pitié. 

 

La première fois on m'a dit et répété "ça viendra quand tu arrêteras d'y penser". La deuxième fois aussi. Je n'ai pourtant jamais arrêté d'y penser dans les deux cas. 

 

La première fois, j'ai détesté les gens qui me disaient que "ça finira par marcher tout seul". La deuxième fois, encore plus. Car ce n'est pas parce qu'on a eu un méga coup de bol entre 2 FIVs que ça fait de nous des gens soudainement hyper fertiles. 

 

La première fois, j'ai fait un test de grossesse sans y croire. La deuxième fois aussi. 

 

La première fois, j'ai pleuré de joie (et d'incrédulité un peu aussi) quand la petite croix bleue est apparue. La deuxième fois j'ai hurlé de bonheur (et d'incrédulité un peu aussi). 

 

La première fois, Tendrépoux n'a pas compris ce que la petite croix voulait dire. La deuxième fois non plus. 

 

La première fois, j'ai fait 3 tests supplémentaires, juste pour être sûre. La deuxième fois aussi. 

 

La première fois, j'ai été très fatiguée mais je n'ai eu aucune nausées. La deuxième fois, j'ai été très fatiguée et j'ai été malade comme un chien. 

 

La première fois, j'ai eu des envies de cornichons à l'aigre douce. La deuxième fois, aussi, mais seulement trempés dans du Nutella. 

 

La première fois, j'ai du investir dans des fringues de grossesse au bout de 3 mois. La deuxième fois au bout de 3 semaines… 

 

La première fois, je pensais que le masque de grossesse était une vieille légende urbaine. La deuxième fois je me tartine la face d'indice 50, même en plein hiver. 

 

La première fois, je n'ai (presque) pas bu une goutte d'alcool, j'ai bien fait cuire ma viande, lavé ma salade 8 fois, évité le fromage au lait cru, la charcuterie et réfréné mes envies de sucré. La deuxième fois, je fais (presque) autant attention, mais je confesse avoir dégusté une belle côte de veau un peu rosée, m'être empiffrée de viande des grisons lors de la raclette de la semaine dernière chez des copains, de ne laver ma salade que 7 fois et d'être un peu plus indulgente avec mes envies de Twix à 11h du matin. 

 

La première fois, j'ai vaguement essayé de maintenir une activité sportive (marche, natation, cuisses-fessiers). La deuxième fois, j'assume (mal) ma paresse physique en me promettant chaque semaine de m'inscrire au yoga prénatal. Mais franchement: Who am I kidding?

 

La première fois, je siestais allègrement tous les jours, grasse-matinais le ouikènde et j'avais le teint épanoui d'une femme enceinte reposée. La deuxième fois, j'ai une enfant de 2 ans (t'ai-déjà parlé de Mamerveille, cet angelot tombé du ciel?) qui se réveille vers 6h30 le matin, un boulot très prenant à la fac et des soirées occupées à comparer les carrelages de salle de bain (je t'expliquerai) jusqu'à pas d'heure. J'ai donc la mine aussi éclatante qu'une endive fanée. 

 

La première fois, nous avons préparé minutieusement la chambre de notre bébé, acheté tout le nécessaire de puériculture en veillant à bien prendre un lit sans paraben, des bodies à 3 vitesses et des biberons 100% bois de Norvège. La deuxième fois, on recycle tout (la table à langer sans bisphenol A, la poussette hypoallergénique et les jouets en coton bio). 

 

La première fois, j'ai perdu les eaux un lundi matin à 7h après une bonne nuit de sommeil contractions. La deuxième fois, je prie pour ne pas accoucher avant notre déménagement, prévu 15 jours avant mon terme (oui on est des warriors chez Titch). 

 

La première fois, j'ai même pas eu mal (merci la péridurale). La deuxième fois, on verra bien (mais j'ai déjà prévu de quoi soudoyer l'anesthésiste). 

 

La première fois, nous étions deux à attendre ce bébé. La deuxième fois, nous sommes trois et Mamerveille est au moins aussi excitée que nous. 

 

La première fois, j'ai fondu d'amour à la seconde où j'ai vu ma fille lors de la première échographie (à 6 semaines de grossesse). La deuxième fois, je suis déjà gaga de mon (ou ma?) petit(e) Zlatan (seule explication plausible aux coups de latte que je me prends quotidiennement) (mais on l'appellera pas comme ça je te rassure) (même si Tendrépoux insiste encore). 

 

C'est ma deuxième fois, tout est familier mais tout est différent. C'est ma deuxième fois mais chaque jour reste unique et extraordinaire. Une seule chose reste absolument identique: l'amour inconditionnel que je voue déjà à ce petit être qui pousse tranquillement en moi. 

 

Attention! Ce billet bien gnangnan est garanti 100% hormones et a été sponsorisé par les Laboratoires Cervolax. 

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05 décembre 2013

Life is a biche

lifeisabiche

Life is a bitch disait l'autre. Certaines femmes font des dénis de grossesse et planquent leur enfant pendant 2 ans dans un coffre de voiture quand d'autres désespèrent de pouvoir enfin connaître les joies de la maternité. Ouais, la vie est une te-pu parfois (réminiscence linguistique de mes années ZEP, bonjour!). 

C'est une bonne amie à moi qui est venue me confier ses difficultés à concevoir un enfant. Elle connaît mon "parcours" (le mot "parcours" étant à la PMA ce que le casier judiciaire est au délinquant) et avait besoin de parler, de poser des questions et d'avoir des réponses. 

Après 4 ans de galère - l'équivalent d'un doctorat réalise-je à l'instant (genre je pourrais être docteur ès ovaires) - je suis donc devenue une espèce d'experte en la matière. J'ai la chance que mon parcours se soit terminé de façon positive et d'avoir une magnifique petite fille de 2 ans en pleine santé (sujet d'un prochain billet) (genre mais quel est cet être hybride, mi-ange mi-démon?). Mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde. Et lorsque mon amie m'a appelée pour qu'on déjeune ensemble pour parler de ça, je me suis rappelée tout ce qu'on m'a dit à moi, tout au long de ces 4 ans. 

Et je me suis promis de ne pas lui répéter la même chose. Alors, chère amie, si tu lis ces lignes, voici ce que je ne te dirai pas. 

 

Je ne te dirai pas que ça finira par marcher. Je n'en sais rien et les statistiques n'aident pas beaucoup. Une FIV a 22% de chance d'aboutir à la naissance d'un enfant. Presque aussi bien que la nature (25% de chance que "ça marche" par cycle). Super. Mais je ne peux pas te garantir que tu en feras partie. Je ne peux que te le souhaiter. 

 

Je ne te dirai pas d'arrêter d'y penser. C'est impossible. A moins que les scientifiques n'aient enfin trouvé le fameux bouton "OFF" du cerveau. 

 

Je ne te dirai pas que c'est "dans ta tête". Si l'utérus et les ovaires se trouvaient entre les oreilles, je pense que les médecins seraient au courant. 

 

Je ne te dirai pas que les traitements sont faciles à supporter. Ca risque de piquer, gonfler un peu, te rendre un peu touchy et surtout beaucoup te fatiguer. 

 

Je ne te dirai pas que les examens ne sont pas douloureux. La plupart ne le sont pas mais une ponction sous anesthésie générale n'est pas à proprement parler une promenade de santé non plus. 

 

Je ne te dirai pas que la PMA, c'est devenu super banal. Ce n'est pas parce que de plus en plus de couples y ont recours que ça rend l'ensemble plus supportable. Je ne connais personne qui rêve de se faire trifouiller le fondement par des médecins pour faire un enfant. En général, on préfère se faire trifouiller le fondement par son conjoint. Mais c'est une autre histoire. Pouf pouf. 

 

Je ne te dirai pas que ta vie ne va pas changer. Parce qu'arriver à caser une prise de sang et une échographie tous les jours avant le boulot, cela demande un agenda contorsionniste. 

 

Je ne te dirai pas qu'il ne faut pas vivre autour de ça. Parce que si quand même. Ton cycle va déterminer ton calendrier social, il faudra t'y faire. Donc oui, vous allez continuer vos weekends en amoureux, mais pensez à l'assurance annulation dernière minute… 

 

Je ne te dirai pas qu'il suffit d'adopter. On ne fait pas le deuil d'un enfant biologique par le simple fait de déposer une demande d'agrément.

 

Je ne te dirai pas que ton couple en sortira plus fort. Ce n'est pas automatique et il faut y travailler. Il y aura des incompréhensions, des façons de gérer qui diffèrent, des coups de mous et des coups de gueule. Mais il y aura aussi une force, une solidité nouvelles qui vous aideront à traverser cette épreuve ensemble. 

 

Je ne te dirai pas qu'il y a une raison à tout cela. Vous n'êtes pas punis pour un crime commis dans une vie antérieure ou par une instance divine capricieuse. Il n'y pas de justice en PMA. 

 

Je ne te dirai pas qu'il suffit de serrer les dents pour encaisser les annonces de grossesse qui ne manqueront pas de soudainement pulluler. Ca fait toujours un noeud et une boule ici, et même si on est content pour les autres, on a mal pour soi. 

 

Je ne te dirai pas que c'est mal de se dire que, quand même, ils auraient pu galérer un peu eux aussi, pour l'avoir leur bébé. C'est juste humain. 

  

Je ne te dirai pas que la médecine fait des miracles. Je dirai plutôt que les miracles arrivent. La médecine m'a donné le premier il y a deux ans. Et la nature a finalement décidé de m'offrir le deuxième au printemps. J'espère juste que l'une ou l'autre vous apportera très bientôt à tous les deux votre merveille. 

 

Life is a bitch. But sometimes, you get to be the lucky bitch...

 

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26 novembre 2013

Mes étudiants sont des gens (presque) comme tout le monde (épisode 2 le retour)

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Cette université est décidément une source inépuisable d'inspiration. Un véritable brouillon bouillon de culture mais pas forcément dans le sens noble du terme. 

Tous les jours j'ai l'occasion d'observer les comportements de mes jeunes contemporains. Et tous les jours j'ai l'occasion de me dire que c'est franchement pas gagné pour l'espèce humaine. Je te raconte. 

C'était un jeudi soir. Je quittais ma salle de cours au 1er étage et m'apprêtais à rejoindre la salle des profs, sise au 3ème étage, chargée de mon sac, de mon ordinateur, de mes pochettes de cours, de 1001 copies d'étudiants manifestement inspirés par mon sujet de partiel, de mes 10 stylos rouges dans une main, l'autre étant occupée à gérer un thé fumant. Je me dirigeai donc très légitimement vers l'un des rares ascenseurs de l'établissement, réservés en principe aux personnes à mobilité réduite, à corpulence excessive, à l'âge avancé, à la santé frêle ou en mode déménagement (il peut arriver qu'une seule personne rassemble tous ces critères mais c'est pas joli joli à voir) (rhoo ça va). 

A côté de moi, une bande d'étudiantes frétillantes du haut de leurs 20 ans, le café à la main et le verbe acerbe attendait également l'ascenseur. Celui-ci étant assez long à la détente, je patientai tranquillement en écoutant leur édifiante conversation:  

-Nan mais Théo il est quand même canon, tu trouves pas? 

- Si, mais laisse tomber, il sort avec Léa. Tu sais, la meuf du TD de civi? 

- C'est pas vrai? Mais c'est dingue ça, je l'ai vue avec un autre mec à la cafèt' hier! Ooh! Il va falloir le consoler le pauvre Théo! 

Amusée par cet échange informatif (et qu'on dirait sorti tout droit d'un mauvais "Hélène et les garçons"), je me rappelai mes propres années estudiantines où la gent masculine occupait également un certain nombre de nos pensées à mes copines et à moi. Je regardai cette bande de filles, toutes sapées à la dernière mode avec leur petit sac à main qui pouvait contenir un porte-feuille, un téléphone et à la rigueur un stylo pour prendre des notes (mais sur quoi alors?) et  présumai in petto qu'elles se rendaient au 5ème étage en salle informatique et que, fatiguées par leur rude journée de cours, elles ne se sentaient pas de gravir les escaliers, malgré les panneaux les y enjoignant (que c'est bon à la santé, que c'est bon à les gambettes et que ça libère le monte-charge pour ceux qui en ont vraiment besoin). Oui, j'aime bien me faire des trips "déduction" à la Sherlock Holmes parfois. 

Las! nous entrâmes dans l'ascenseur. Enfin "entrâmes"… Elles se précipitèrent devant moi pour être sûres d'être bien toutes les 5 ensemble, me bousculant au passage (fank iou véri meutch) et j'entrai à leur suite en rattrapant au vol une copie qui me glissait des bras et mon thé qui se faisait la malle. J'appuyai sur le bouton "3" et, à ma grande stupeur, vit l'une des commères presser le bouton "RC". 

Ces demoiselles avaient donc attendu l'ascenseur 10 minutes pour descendre du 1er étage au rez-de-chaussée! 

Mon sang ne fit qu'un tour et je réfrénai de justesse un "Nan mais ça va pas, bande de moules? Vous avez 20 ans, vous êtes en parfaite santé et vous prenez l'ascenseur pour descendre un p*tain d'étage? Ah ça pour courir le gueux, vous avez de l'énergie mais pour descendre 3 marches à pinces, y a plus personne! Vous vous foutez de la gueule du monde ou bien?". 

A la place je leur fis simplement remarquer avec courtoisie mais non sans une pointe d'agacement qu'elles auraient pu emprunter l'escalier (d'autant que, du coup, l'ascenseur se mit à descendre au lieu de monter vers le 3ème étage). 

Elles me regardèrent d'un air gêné, gloussèrent un peu bêtement et l'une d'entre elles me dit: "Mais vous savez madame, on est super fatiguées!"

Je rétorquai: "Oui, vous me semblez au bord de l'agonie, mais je suis sûre que votre ami Théo saura vous redonner quelques forces". Elles sortirent de l'ascenseur en ricanant de plus belle (genre "han trop la honte la prof elle a entendu notre conversation!") et je remontai vers ma salle des profs, satisfaite de ma réplique mais peu optimiste pour ces demoiselles dont les fesses étaient apparemment suffisamment "on fire" pour être remuées devant un jeune mâle ébouriffé mais trop lourdes pour être traînées dans un escalier… 

Arrivée au 3ème étage, je descendis de l'ascenseur. Comme à l'accoutumée, une petite dizaine de personnes attendaient, dont une étudiante en fauteuil roulant. Et ben tu me croiras ou pas, mais ils essayèrent tous de rentrer dans l'ascenseur (genre en tassant bien ça va passer) et il fallut quelques minutes de réflexion intense (ah ben non, ça passe pas) pour que quelques volontaires un peu moins bêtes se décident enfin à sortir de l'ascenseur et à prendre les escaliers pour descendre. 

Y a des claques qui se perdent parfois… 

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17 novembre 2013

QI d'huître (attention, perles inside)

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Hello cher lecteur, 

Tu n'auras pas manqué de le remarquer, nous sommes en novembre. Et comme tu es quelqu'un de cultivé, tu sais aussi très bien que c'est pendant les mois en -bre qu'on mange les meilleures huîtres. Et que c'est dans certaines huîtres qu'on trouve des… perles! Et oui, je ne suis plus à une métaphore capillo-tractée près. Ca doit être le manque de vitamine D qui ramollit mon cerveau. 

Voici donc, en avant-première mondiale, les perles de la saison. 

J'ai beau le rappeler, manifestement certains n'ont pas encore compris que traduire mot à mot conduit à des non sens: 

She will do the knowledge of Robert. 

He makes humor. 

Ca encore, ça reste cute, c'est môgnon, ça fait sourire (ça agace un peu aussi les profs d'ingliche mais bon). 

Mais quand je lis ce qui va suivre dans certaines copies, là mon poil (pourtant soigneusement épilé) se hérisse, mes doigts se crispent nerveusement sur mon stylo rouge, des insultes inédites se précipitent sur la pointe du-dit stylo que seule une grande maîtrise de soi, acquise après des années de yoga et de méditation transcendantale, parvient à réfréner, et j'hyper-ventile pour faire passer mon début d'infarctus (rien que ça). Je te laisse enjoyer

She is doing her races. 

Her first impression on this man is the maid. 

Un Balisto au miel pour le premier qui me trouve ce que cette personne souhaitait dire (et ce qu'un traducteur automatique a traduit pour elle). 

Et un épisode de Oui-Oui gratuit pour celui qui trouve l'auteur de ces méfaits: 

❏ Jean-Kévin sous acide (je ressors mes perles de seconde)

❏  Une étudiante en master de Lettres modernes dans un devoir maison. 

J'ai l'impression que je peux ressortir mon cours de méthodologie "Comment utiliser un dictionnaire sans passer pour un bouffon" que j'avais préparé pour mes 6ème du temps où j'étais en stage en collège. Ce sera pas perdu pour tout le monde. Et du coup, je me demande si ça ferait pas un bon sujet de partiel pour la prochaine fois : "Utiliser un dictionnaire empêche-t-il d'utiliser son cerveau?" Vous avez 1 heure. 

27 octobre 2013

Mes étudiants sont des gens (presque) comme les autres

partiels

Ce qui est bien quand tu es prof en fac, c'est que tu croises plein d'étudiants qui viennent de partout (voire de nulle part), qui ressemblent à des gravures de mode (ou à rien), qui ont la tête plus ou moins bien faite (ou qui sont à plusieurs dedans...). Bref, un échantillon d'humanité que tout amateur de ragots et médisances en tous genres ne pourra s'empêcher de commenter avec autant de bienveillance que de sadisme assumé. Mais est-ce ma faute à moi si mes propres étudiants m'offrent leurs perles sur un plateau d'argent alors que je ne leur demande rien (sinon d'apprendre leur cours) ? 

Lundi après-midi. Les 3ème années de licence ont leur partiel de mi-semestre. Je distribue les sujets, ramasse les cartes d'étudiants, donne les consignes: "Répondez - en anglais (oui, je précise, apparemment ce n'est pas évident pour tout le monde que l'examen d'anglais doit être rédigé en anglais...) - au sujet en vous fondant sur l'analyse des documents fournis." Je retourne à mon bureau, jette un coup d'oeil circulaire sur mes étudiants en train de remplir l'en-tête de leur copie et de sortir leur goûter. 

Parenthèse interrogatrice: pourquoi certains étudiants apportent-ils 3 mini-briques de jus d'orange et 2 paquets de gâteaux pour une épreuve d'1h30 qui a lieu à 14h? Soit ils sont tous diabétiques type 2 et je suis même pas sûre que ce soit bon pour eux, soit ils ont peur que je les séquestre après l'examen, soit ils ont vraiment tellement rien à dire sur leur copie qu'ils pensent pouvoir tuer le temps en grignotant des sucreries, ce qui n'améliorera ni leur note ni leur IMC mais leur apportera peut-être un réconfort momentané. Reprenons plutôt notre récit...

Un silence studieux règne. Je peux presque entendre les synapses de ces jeunes cerveaux en ébullition se connecter. Je m'apprête à prendre place à mon mirador bureau quand une main se lève. C'est Marc-Hugo (pour des raisons évidentes de sécurité nationale, les prénoms ont été changés). Il m'appelle en anglais: "Missiz" (faudra que je leur ré-explique qu'on ne dit pas Mrs. mais Madam) (pfff) aïe ave euh kwechtieun!". 

- Yes? 

- Euh, je peux demander en français?

- Bah oui, allez-y. 

- Non c'est juste pour vous prévenir: j'ai commencé à écrire en bleu, mais j'ai plus d'encre dans mon stylo alors j'ai continué en noir. 

- Ah... euh... et alors? 

- Bah c'était pour vous prévenir, pour pas que vous vous inquiétiez."

Voilà, voilà. 3ème année de licence, 20 ans minimum. J'ai eu un vieux flashback de mon stage en classe de 5°. Je crois que, juste pour le taquiner, je lui mettrai en appréciation: "-2 points pour changement d'encre intempestif. Il est inadmissible de traiter votre correcteur de cette façon. Je me suis beaucoup inquiétée! " 

Mais si tu as d'autres suggestions, lecteur facétieux, je suis toute ouïe! 

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