Ingliche Titcheur

13 août 2015

10 astuces pour bien vivre sa grossesse alitée

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Voilà un peu plus de 2 semaines maintenant que je suis rentrée de la maternité avec pour mot d’ordre REPOS STRICT. 2 semaines donc que je passe du canapé à mon lit et du lit à mon canapé en mode baleine échouée. 

Je sais bien que 2 semaines, ce n’est pas grand chose comparé à certaines femmes qui doivent passer plusieurs mois alitées et souvent dans des circonstances bien plus stressantes que les miennes. 

Mais bon, du haut de ma petite expérience de Mapette (et oui, c’est comme ça qu’on surnomme les femmes comme moi sur les forums spécialisés) (quand je te dis que je m’occupe comme je peux…), j’ai déjà pu dresser une liste de quelques astuces qui te faciliteront la vie, ô toi camarade alitée. Rien de très révolutionnaire, mais tout de même. 

 

1. Si tu es multipare, tes enfants ailleurs tu caseras. 

C’est la règle n°1 de la grossesse alitée. Limite la sage-femme m’a fait une ordonnance avec écrit dessus « Confiez vos mômes à un tiers compétent ». Evidemment, ça dépend de l’âge des-dits enfants. Les miennes ont 3 ans 2/3 et 16 mois, autant te dire que niveau autonomie on est loin du compte. 

Il te faudra donc accepter la frustration immense de voir quelqu’un d’autre s’occuper (plus mal que toi évidemment) de tes enfants et la frustration encore plus immense de devoir leur refuser des plaisirs simples comme les porter dans tes bras, leur donner le bain ou leur torcher le postérieur. 

Dans mon cas, la chose est vite réglée. J’ai la « chance » d’être alitée en plein mois d’août. J’ai donc « simplement » renoncé à partir en vacances avec le reste de ma famille. Les enfants s’éclatent, leur père est au bord du burn out, et moi je pleure tous les jours, mais au moins je me repose. 

 

2. Internet, ton meilleur ami deviendra. 

Bon, c’est une évidence, tu vas certainement passer 89% de ton temps éveillé sur la toile et c’est une BONNE CHOSE (les 11% restant seront dédiés à ingurgiter des substances réconfortantes à base de cacao). 

Entre les réseaux sociaux qui te permettent de dialoguer avec tes amis, même s’ils sont à la plage (eux), les sites de courses en ligne qui te permettent de t’approvisionner sans bouger de ton canapé, les blogs qui te distrairont, ou les séries TV que tu pourras regarder en streaming, tu as de quoi t’occuper. 

 

2 bis. D’Internet, tout de même tu te méfieras. 

Oui parce que, certes, il y a plein de choses pour te distraire sur la toile. Mais il y a aussi tout un ramassis de sites à éviter. 

Par exemple, évite de googler « accouchement prématuré à 32 SA » au risque de tomber sur des forums où tu verras dans le détail tout ce qui t’attend si, par mégarde, le travail commençait (beaucoup) trop tôt. Bien sûr, c’est bien d’être préparée au pire, mais franchement, ça n’apporte pas grand chose tant il y a de cas particuliers. Et puis honnêtement, je me portais mieux quand j’ignorais le sens du mot « bradycardie ». 

 

3. Le temps, tu tueras. 

Alors évidemment, si ta passion dans la vie c’est le hockey sur glace, tu vas être un chouïa déçue. Mais si comme moi, tu adores lire, regarder des films, faire des mots croisés ou classer des photos, tu vas enfin avoir l’occasion de te gaver. J’ai déjà lu 4 romans en 2 semaines (ma moyenne sur ces 4 dernières années doit être de 1 tous les deux mois…), réalisé 3 albums photos (dont les albums de naissance de mes deux aînées!), et terminé 2 grilles de mots croisés de Michel Laclos (pas fastoche). 

On m’a conseillé le tricot et la broderie mais je suis une vraie quiche quand il s’agit de couture. Il paraît que c’est vraiment très facile mais 1) j’ai pas d’aiguilles ni de laine 2) je sais pas si ça se trouve sur internet (certainement que si) et 3) j’ai regardé un tutoriel sur le site de Fildar et j’ai rien compris. Donc je me réserve ces activités hautement techniques pour plus tard, quand j’en pourrais plus de lire. 

On m’a aussi conseillé (et offert!) des coloriages pour adultes. Excellente idée mais il se trouve que j’ai mis la trousse de crayons de couleur dans la valise de Mamerveille (pour qu’elle m’envoie de jolis dessins) (je n’ai rien reçu…). 

Bref, tu l’auras compris: que tu te mettes au macramé, au karaoké ou à l’origami, tout est bon pour faire passer le temps (un peu) plus vite. 

 

4. Tes déplacements tu optimiseras. 

Si comme moi tu as le « droit » de te lever pour te doucher/aller pisser/te faire à manger/te dégourdir les jambes, il n’en reste pas moins important de minimiser les déplacements. Déjà parce que se relever quand on a un ventre de la taille d’une citrouille demande une énergie folle (et des gesticulations ridicules). Et puis parce que s’il faut te relever à chaque fois que tu as besoin d’un truc (ton ordi, ton téléphone, un bouquin, un verre d’eau, un carré de chocolat, un magazine, un stylo, etc…), tu n’es pas rendue. Pire, s’il faut que tu demandes à quelqu’un (au hasard, ton conjoint) à chaque fois, tu risques 1) le divorce et 2) de prendre ton verre d’eau dans la tronche. 

Rassemble donc toutes affaires au même endroit de sorte à pouvoir accéder à tout depuis ton canapé ou ton lit. Certes, ça va vite être le bronx chez toi mais au moins tu auras tout à portée de main et tu te sentiras un brin autonome (un brin j’ai dit). 

 

5. De l’aide pour le quotidien, tu demanderas. 

Si tu lis bien l’ordonnance de la sage-femme, tu verras que juste en dessous de « Confiez vos enfants à un tiers compétent », il y aussi écrit « Interdiction de faire le ménage ». Zut alors. Moi qui adore passer l’aspirateur! Si tu es muni d’un conjoint présent, tu as sous la main une parfaite fée du logis qui sera certainement ravi de contribuer activement au bon déroulement de ta grossesse. Ne le prive surtout pas de ce plaisir. 

Si par contre, ton époux est parti en vacances avec les enfants et/ou bosse 12h par jour, tu peux solliciter de l’aide extérieure. 

Ca, ça a été la belle découverte pour ma part: la CAF m’a dirigée vers une association qui me permet d’avoir une aide à domicile à raison de 3h30 par semaine, aussi longtemps que j’en aurai besoin. J’ai choisi l’ADAF (au pif) et je suis pas déçue. Une gentille dame vient une fois par semaine et me fait le ménage, la lessive et les courses, ce qui me permet de manger frais et équilibré et de ne plus partager mon espace vital avec les poils du chat. 

Il se trouve que mes enfants sont pris en charge par la famille ce mois-ci mais j’aurais pu aussi demander une aide journalière pour s’occuper d’eux pour le bain, les repas et les sorties. La CAF finance une grande partie de la prestation et le bénéficiaire participe en fonction de ses revenus. C’est vraiment une solution pratique pour se soulager de la logistique et se concentrer sur son bébé. 

Je te mets un lien vers leur site pour la peine. Et un petit coeur ❤️

 

6. De ton corps, soin tu prendras. 

A force de rester allongée et de te contempler le bidon, il n’est pas impossible que tu finisses par te considérer comme un incubateur géant (au mieux) ou comme un poulpe lamentablement échoué (au pire). 

La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas le droit de te lever pour te regarder dans le miroir (et constater que la cellulite pousse sur tes cuisses comme de l’acné sur un visage adolescent ou que ta pilosité frise celle du grand chimpanzé). 

La mauvaise nouvelle, c’est que ton corps se rappelle à toi de bien douloureuse façon. Parce qu’à force de rester allongée, tes muscles fondent, tes jambes et tes pieds gonflent et ton dos te fait souffrir. 

Pour les muscles, rien à faire. Ce n’est pas le moment de ressortir tes vieilles vidéos de gym à la maison ou de faire des abdos-fessiers. 

Pour les jambes lourdes, douche froide et bas de contention régleront l’affaire. En période de canicule je t’avoue ne plus supporter mes bas de contention (de toutes façons je n’arrive plus à les enfiler seule) donc j’use et abuse du jet d’eau froide.

Pour ton dos, quelques conseils: un bain chaud te fera le plus grand bien. Un peu de paracétamol aussi. Mais le mieux reste un bon massage. De ton époux s’il est adepte ou d’un kiné si vraiment tu n’en peux plus. Idéalement, il faut en trouver un qui se déplace à domicile et avoir une ordonnance bien sûr. 

Sinon, dis-toi que tout rentrera progressivement en ordre une fois que tu auras accouché (et que ton épisio aura cicatrisé) (et que tes crevasses auront arrêté de saigner). 

 

7. Tes contractions, point ne compteras. 

Si tu es alitée jusqu’à la fin de ta grossesse, c’est fort probablement parce que tu as (entre autres) des contractions aussi malvenues qu’un tweet de Nadine Morano. 

Croyant bien faire, et parce que j’en avais marre d’être incapable de répondre à la question « combien de contractions avez-vous par jour? » et « sont-elles régulières? », j’ai téléchargé une appli fantastique sur mon précieux. Il s’agit de la bien nommée appli « Contractions ». 

Elle te permet de chronométrer tes contractions et de qualifier leur intensité. L’appli se charge ensuite de calculer leur fréquence. 

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Génial. Sauf que du coup, tu passes ton temps à guetter la prochaine contraction. Et à paniquer un chouïa quand tu constates que tu contractes toutes les 10 minutes depuis deux heures. Et à contracter encore plus sous l’effet du stress. 

Bref, au début, cela me rassurait (ou pas) mais j’ai vite délaissé la chose. J’ai des contractions. Pas vraiment régulières. Mais moins j’y pense, moins je stresse et moins j’en ai. 

Je pense réutiliser cette appli si vraiment les contractions se font plus nombreuses et/ou douloureuses et que j’ai un vrai doute.

 

8. Sur tes amis, tu compteras. 

Quand on passe ses journées enfermée chez soi, on devient vite neurasthénique. Alors on range son ego mal placé et on n’attend pas que les gens devinent qu’on est dans la panade et qu’on crève d’envie d’avoir un peu de visite et on demande. 

Un petit message Facebook ou un coup de fil à tes amis, et tu verras la cavalerie débarquer. Quel réconfort de se sentir entourée! 

Alors un grand merci à tous ceux et celles qui sont passés à la maison (pas évident en plein mois d’août!). Et merci aussi à ceux qui, n’étant pas là, prennent gentiment de mes nouvelles. Ca me fait chaud au coeur!

 

9. Ton conjoint, tu valoriseras. 

Cette grossesse, tu la vis dans ton corps. Elle te possède entièrement, elle t’épanouit ou elle commence à te peser. Mais tu vis avec. Tu as la lourde tâche de garder ton bébé le plus longtemps possible bien au chaud. Tu es un incubateur géant, limite tu ne t’appartiens plus. OK. 

Mais n’oublie pas non plus le papa. Lui aussi vit dans l’angoisse d’une naissance prématurée. Et il ne peut rien faire. Rien. Nada. Zitch. Peau d’zob. 

Alors il fait tout ce qu’il peut encore faire: il s’occupe des enfants, il fait les courses et le ménage, il essaye de rentrer plus tôt du boulot pour être davantage avec toi, il t’apporte ton téléphone, et ton ordi, et un verre d’eau, ah oui et aussi ton vernis à ongle, non pas celui là, l’autre. Bref, il est aux petits oignons et n’ose pas trop se plaindre, de peur de passer pour un gros macho égoïste qui ne pense qu’à sa gueule et de déclencher chez toi une crise de larmes qui pourrait bien faire rompre la poche des eaux. 

Bref, il marche sur des oeufs. 

Donc au lieu de les lui briser (ses oeufs) (humour quand tu nous tiens), pense un peu à tout ce qu’il porte sur ses épaules frêles quoique musclées. 

Rien de tel qu’un sincère « Merci » pour faire comprendre à ta moitié que tu vois tout ce qu’il fait et que tu apprécies. Ton couple et ta vie sexuelle (après l’accouchement, la cicatrisation de l’épisio et tout et tout) me remercieront. 

De rien.

 

10. A l’imprévu, tu te prépareras. 

Tu as beau respecter à la lettre les consignes des médecins, parfois la nature décide de quand même te taquiner et tu accouches trop tôt. Plus ou moins trop tôt. On te répète que chaque jour de gagné est une victoire et c’est vrai. Bien sûr, on se fixe toutes des objectifs (si j’atteins 34 SA, normalement il respirera tout seul, à 35 SA, avec un peu de chance on évite la néo-nat’, à 36 SA il sera presque à terme, à 37 SA je danse le sirtaki!). 

Mais parfois, rien ne se passe comme prévu. Alors il faut être prête pour ça aussi. Et ça commence par la valise de maternité qui, dans l’idéal, devrait déjà être faite. Marie des Mamanstestent a écrit une sioublime liste des affaires à prendre donc je me permets de te mettre le lien ici

Comme ça si jamais le travail commence en pleine nuit alors que tu ne t’y attendais pas, tu n’auras pas à te soucier de savoir combien de bodies il faut emporter ni de où tu as rangé ta carte de groupe sanguin. 

  

Voilà mes modestes conseils de Mapette en herbe. Si tu as d’autres astuces, évidemment n’hésite pas à partager dans les commentaires!


05 août 2015

Comment partir en vacances sans bouger de chez soi?

 

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Pour celles et ceux qui, comme moi, n’ont pas la chance de partir en vacances cet été et qui regardent avec exaspération les photos toutes plus paradisiaques de leurs contacts Facebook (mes genoux à la plage, mes genoux dans un hamac, mes genoux à l’apéro, etc…), je propose ces modestes conseils pour avoir quand même l’impression d’être bien loin de son appartement parisien surchauffé par des semaines de canicule. 

Et si comme moi tu as pris le forfait all-inclusive « je pars pas en vacances mais en plus je suis alitée », alors lis bien ces lignes. 

Evidemment, si tu es scotché à la capitale (ou chez toi dans ta ville/patelin/hameau/trou) mais que tu es mobile, je suis sûre que tu auras assez d’imagination pour occuper tes journées: visites, expos, piscine, promenades, apéros en terrasse, dîners au resto, cinéma, etc… il y’a de quoi faire. 

Mais quand tu es obligé de rester enfermé entre 4 murs, là, laisse moi te dire que c’est une autre paire de manches. Qu’à cela ne tienne, tu me connais, j’adore relever des défis improbables et je me fais suffisamment suer pour n’avoir rien d’autre à faire de toutes façons que de te proposer mes astuces aussi loufoques que réalisables. 

 

#1: Recréé un environnement balnéaire (ou s’approchant). 

Gonfle un matelas pneumatique (si tu en as un), étale une serviette dessus, installe-toi sous le premier cocotier que tu vois et sors ton nécessaire de plage: chapeau, lunettes, crème solaire et bouquin. Voilàààà… 

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Il est pas beau mon palmier maison?   

 

#2: N’oublie pas la bande son. 

Fastoche: rends toi sur Youtube et joue cette vidéo. Tu en as pour 2 heures environ. Attention, effet collatéral possible, cela peut donner envie de faire pipi. Tu t’en fous tu es chez toi, avec accès aux ouatères. Pas besoin d’aller « nager » pour soulager ta vessie plus ou moins discrètement (chez toi 1 - la plage 0). 

 

 

#3: Adopte une summer attitude. 

Ce n’est pas parce que tu es toujours en environnement urbain que tu dois te laisser aller. Short, tongs, chemise à fleurs, bikini, vernis à ongle estival… Fais toi plaisir, personne ne te jugera (puisque tu ne sortiras pas de chez toi, faut-il que je te le rappelle?)

 

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#4: Oins-toi d’huile qui sent bon l’été. 

Ta peau n’a certes pas été malmenée par le sel et les rayons du soleil mais ce n’est pas une raison pour sentir comme d’habitude. Une bonne huile qui sent bon les vacances, voilà qui fera ressurgir quelques souvenirs olfactifs agréables. Bonus: si ton conjoint souhaite t’oindre lui même dans un lent et sensuel massage, ne t’en prive pas. Perso, je suis toute seule et enceinte jusqu’aux yeux, donc je m’oins comme je peux. On repassera pour le sensuel mais au moins je sens bon. 

 

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Je m'oins quotidiennement consciencieusement. 

 

#5: Autorise-toi quelques plaisirs estivaux. 

Rien de tel qu’une bonne glace pour se sentir en vacances. Evidemment comme tu es alitée, tu n’as pas le droit d’aller toi même te chercher un sorbet mangue-melon, mais heureusement le dieu Picard n’est jamais loin et tu peux te faire livrer chez toi une douceur glacée de ce type en quelques clics. 

 

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#6: Investis dans de bons romans. 

Un des plaisirs des vacances n’est-il pas de bouquiner un bon pavé sur le sable? Une sélection équilibrée entre poche facile à lire et histoire plus sombre te permettra d’oublier que ton matelas pneumatique se dégonfle et que ton parquet est un peu dur. 

 

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#7: Mets tes pieds dans le sable. 

Mais comment faire quand on a pour seul revêtement au sol un magnifique parquet haussmanien? N’aie crainte, jeune padawan, j’ai la solution bien sûr. Si comme moi tu es (même momentanément) équipé d’un chat, alors n’hésite pas et va fouler de tes petits petons la litière du-dit félin. Tu verras, l’illusion est confondante! 

Si tu n’es pas muni d’un camarade à 4 pattes, tu peux aussi tremper tes pieds dans une bassine préalablement remplie de riz arborio ou de lentilles. Ferme les yeux, remue les pieds et savoure la sensation du grain qui glisse entre tes arpions. 

 

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Bien sûr que je suis cap! (Oui ce sont mes petits petons)

 

 

#8: Va te baigner! 

Après tant d’effort (et pour éviter tout risque de mycose), rien de tel qu’une bonne baignade rafraîchissante pour se délasser. Un bon bain (garanti 100% sans méduse) et le tour est joué! Toi aussi tu pourras poster sur les réseaux sociaux une photo de tes genoux encore mouillés de leur baignade. 

 

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Oui ça c'est mes genoux. Petit veinard, tu n'auras jamais eu autant d'aperçus de mon anatomie!

 

 

#9: Fais la sieste. 

Ai-je besoin de te donner le mode d’emploi? Ferme l’oeil gauche, ferme l’oeil droit. Voilàààà. A dans 1/2 heure. 

 

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C'est ce qu'on voit quand on dort. 

 

 

#10: Prends l’apéro. 

Est-il nécessaire de te le rappeler? L’apéro, c’est LE signe qu’on est bien en vacances. Anisé, rosé, ou comme dans mon cas non alcoolisé, le tout est de bien respecter cette tradition estivale. Accompagné de quelques cahuètes ou de dés de melon, c’est ton meilleur atout « sensation vacances ». Alors oui, je sais, prendre l’apéro tout seul a un petit côté « loser » au mieux, « alcoolique » au pire. Si comme moi tu es seul, tu peux toujours te servir deux verres pour pouvoir trinquer avec toi même (le doux « cling » des verres qui s’entre-choquent te rappellera certainement des souvenirs émus de vraies soirées entre amis). Ne pleure pas, NON tu n’es PAS pathétique. Tu es juste seul à Paris pendant les vacances, nuance. Ressers toi un verre pou la peine. Evidemment, s’il s’agit de boisson non alcoolisée, tu peux continuer à te resservir mais l’effet réconfortant sera peut-être décevant…

 

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Je recommande la 1664 sans alcool.  

 

 

#11: Prépare-toi un vrai dîner de vacances. 

Certes, le barbecue sur le balcon est interdit dans la plupart des copropriétés parisiennes. C’est pourquoi, ce soir, je te propose de tenter le dépaysement culinaire. Pourquoi ne pas profiter de la richesse de la capitale pour te faire livrer un repas un peu exotique? Libanais, thaïlandais, italien, j’en passe et des meilleurs! Ah ça aura quand même plus de gueule qu’une pauvre chipolata à moitié calcinée non? 

 

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Ah ça fait moins rêver vu comme ça!

 

 

#12: Fais la fête jusqu’au bout de la nuit. 

Parce que c’est ça aussi les vacances: aller agiter son popotin sur un dancefloor avec des amis, oublier ses responsabilités et l’heure de réveil du lendemain matin (gamins oblige) et refaire la chorégraphie de son cours de modern jazz d’il y a mille ans, juste pour le fun. Mais comment s’y prendre quand on est tout seul dans son appartement parisien et qui plus est au repos forcé? Un grand jeté suivi d’un grand écart facial ne risque-t-il pas de déclencher des contractions inopportunes? 

Certes, mon ami. C’est pourquoi je te propose une solution radicale: oublie la danse, chante! Et oui, pourquoi ne pas organiser un karaoké géant chez toi? Je n’y vois que des avantages: tu peux mettre la musique que tu veux, chanter aussi faux et aussi fort que tu le souhaites tout en restant confortablement assis dans ton canapé. Personne ne saura jamais que tu connais par coeur Sacha Distel ou que tu as des trémolos dans la voix quand tu chantes du Céline Dion. Le lendemain matin tu auras la voix aussi rauque que si tu avais passé la nuit en boîte et fumé 3 paquets de cigarettes. 

Et comme je suis pas radine, je t’ai même trouvé une appli pour ça: 

 

Ouais j'ai testé, je recule vraiment devant rien.

 

A télécharger si tu es adepte du ridicule qui ne tue pas.

 

Voilà, si tu as bien suivi mes instructions tu dois normalement te sentir complètement dépaysé et détendu. A tout le moins, tu auras tué le temps et prouvé que tu n’as pas peur du ridicule. Bien évidemment, si tu as d’autres suggestions (photos à l’appui!) je t’invite en partager avec tes petits camarades dans les commentaires. 

J’ai encore 11 jours à meubler avant le retour de Tendrépoux et des enfants…

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01 août 2015

Après la PMA, la MAP…

MAP

PMA, AMP, MAP. Non, cher lecteur, ce n’est pas la fatigue après 5h de bouchons pour rejoindre ta destination de vacances qui te fait croiser les yeux. PMA, AMP, MAP. Ce n’est pas non plus un jeu d’anagramme tiré des pages du Figaro magazine. PMA, AMP, MAP. Ni un exercice d’écriture pour Mamerveille. PMA, AMP, MAP. Ce sont tous simplement les 3 lettres de l’alphabet qui ont du le plus apparaître sur ce blog ces dernières années.  

Souviens-toi… à l’origine, j’étais une nullipare infertile en mal d’enfants qui rentrait en PMA (Procréation Médicalement Assistée ou AMP, Aide Médicale à la Procréation). Pendant plusieurs années, je te narrai mes mésaventures entre hystérosalpingographie, échographie endopelvienne, IAC, FIV, j’en passe et des meilleures (je ne voudrais pas te couper l’appétit pour ton premier apéro des vacances) (ce n’est pas ma faute si tu as prévu des moules ce soir) (ok je sors). Fort heureusement, grâce à Dieu, Vishnu et aux médecins, ce parcours de PMA prenait fin il y’a presque 4 ans avec la naissance de Mamerveille. 

J’ai arrêté ensuite de te bassiner avec mes histoires de PMA, toute occupée que j’étais à pouponner et à m’esbaudir devant la précocité de ma fille (cette petite a marché à 14 mois, elle ira loin). 

Quelques années plus tard, l’envie de nous reproduire nous reprit avec Tendrépoux et nous remîmes à nouveau notre sort entre les mains de notre bon médecin. Maprinchesse s’invita naturellement à peine quelques mois après le début des traitements. Joie, allégresse et danse de la fertilité chez les Titcheur depuis 16 mois maintenant! 

Quelques mois après la naissance de Maprinchesse, l’univers nous offrait son ultime cadeau: une nouvelle grossesse, complètement spontanée. Finie la PMA (ou l’AMP, mettez-vous d’accord c’est énervant)! 

3 enfants en 4 ans. 27 mois de grossesse sur 48 (et je compte pas l’allaitement). Nous basculions soudainement dans le camps des gens hyperfertiles-qui-font-des-enfants-pour-les-allocs-ou-pour-la-carte-famille-nombreuse-ils-sont-cathos-hyper-pratiquants-ou-quoi?

Oui mais voilà, c’était sans compter l’ironie du sort aka le Second Effet Kiss Cool… 

Aujourd’hui enceinte de 31 SA (presque 7 mois), me voilà en MAP. Menace d’Accouchement Prématuré. Si. J’en avais déjà fait l’expérience lors de ma 2ème grossesse qui s’était soldée par un accouchement 1 bon gros mois avant terme. 

Là, ça me prend un peu plus tôt et évidemment à une période compliquée. 

Donc en gros, j’ai des contractions. Trop. Et un col qui s’ouvre gentiment sans qu’on lui ait rien demandé. Après 48 heures d’hospitalisation où j’ai reçu des produits pour arrêter les contractions et des corticoïdes pour développer les poumons du bébé au cas où, j’ai pu rentrer chez moi avec comme seul mot d’ordre: REPOS. STRICT. (OK, ça fait 2 mots d'ordre) (arrête de chipoter c'est pénible). Me voici donc alitée, avec tout de même le droit de me lever un peu et de marcher dans mon appartement. J’ai réussi à négocier le droit de descendre à la boulangerie au pied de mon immeuble (je ne tiendrai jamais sans accès facile à une viennoise au chocolat). Mais c’est tout. 

Rester alitée, me reposer, garder ce bébé bien au chaud le plus longtemps possible (mon terme est prévu le 6 octobre, je suis pas rendue…). Voilà ma mission pour ces 10 semaines à venir (6 si je vise le seuil minimum des 37 SA). 

Il va de soit que s’occuper de deux enfants de respectivement de 3 ans 2/3 et 16 mois n’est pas tout à fait synonyme de REPOS. Ni apparemment de prendre le TGV pour rejoindre la Côte d’Azur pour des vacances aussi méritées qu’attendues. C’est donc la mort dans l’âme que j’ai dû annuler mon billet de train et que j’ai regardé Tendrépoux, Mamerveille et Maprinchesse s’engouffrer dans leur taxi, direction Gare de Lyon tout à l’heure. 15 jours sans mon mari et mes filles. 15 jours seule à Paris. Du 1er au 15 août. THE période faste dans la capitale où tout est fermé (sauf ma boulangerie! quand je te dis que Dieu existe!). Remarque c’est pas comme si j’avais le droit de me taper des expos, de faire du shopping ou de visiter des monuments…

15 jours où mon activité principale consistera justement à trouver une occupation pour éviter de compter mes contractions. 

Et puis ensuite, si je n’ai pas accouché d’ici là, encore 2 semaines de « vacances » à meubler pour les enfants qui seront prises en charge par leurs grands-parents. 1 mois sans voir mes filles quoi. Génial. Certains cyniques me diront que c’est justement CA les vacances, que je pourrai en profiter pour dormir et avoir des conversations d’adultes avec mon mari. Certes. Mais 1 mois c’est long tout de même sans voir mes bébés, sentir leur peau toute chaude, les serrer dans mes bras et écouter leurs histoires de soeurs…  

Mais, tu me connais, je ne compte pas me laisser abattre! Voyons les choses du bon côté. 

6 semaines alitée, c’est 6 semaines à me faire dorloter par mon entourage, à ne pas me farcir les courses et le ménage et à faire autant de siestes que nécessaire. 

4 semaines sans les enfants, c’est l’occasion d’avancer dans les trucs essentiellement futiles que je repousse toujours à plus tard (confection d’albums photos, préparation de cours, lectures intelligentes, rédaction de billets de blog, visionnage compulsif de séries TV…).  

2 semaines sans mon mari, c’est un moyen comme un autre de mettre du piment dans notre vie de couple (ah zut, j’oubliais… pas de contractions on a dit…). 

Déjà, tenir 1 semaine de plus. On verra après.  

Je suis en MAP. Contrairement à la PMA, je sais que ça aura une fin. J’espère juste pas trop vite… 

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06 juillet 2015

Réforme du collège, suite et fin

Doigt levé

Hum, hum… j'étais censée te présenter un dernier billet sur la réforme du collège "demain" (il y a 2 mois donc…). Force est de constater que je suis légèrement hors délai. Sorry. Entschuldigung. Desolada. Desoleam (oui j'ai fait anglais/allemand/espagnol/latin au collège) (du temps où on avait encore le droit d'être ambitieux). 

Donc pour en finir avec cette réforme, et bien en fait je ne vais pas terminer sur une note si négative que ça. Certes, la suppression des classes bi-langues et européennes me désespère, la mise dans le collimateur de toute forme d'élitisme m'énerve et la mise à mal de l'enseignement du latin et du grec me hérisse. Mais pour ce qui est du reste, notamment la création des fameux EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires), je vais nuancer ma critique. 

Déjà, parce que n'ayant pas enseigné en collège depuis fort longtemps (à l'époque, Chirac était encore président, Ingrid Bétancourt était toujours otage des FARC, et Lehman Brothers était une banque prospère), je ne suis pas très au fait des pratiques actuelles en terme de pédagogie de groupe au collège. J'ai entendu parler des IDD (Itinéraires de Découverte) mais concrètement, ça me parle à peu près autant que du Nietzsche à Nabilla. 

Je vais donc juste commenter ce que propose Najat. Enfin ses conseillers (je ne pense pas en effet que notre chère Ministre se soit réveillée le matin de sa nomination à l'Educ' Nat' avec toutes ces idées fumeuses dans le ciboulot). 

Récapitulons. L'idée derrière les EPI, c'est de diversifier les formes d'enseignement. En gros, de sortir de la relation magistrale où l'élève ingurgite passivement le savoir dispensé par le maître pour mettre l'élève en position active au sein d'un groupe de travail. Le but: favoriser le travail en équipe, les compétences de communication et dynamiser la pédagogie. 

8 thématiques sont proposées (Développement durable, Sciences et société, Corps, santé, sécurité, Information, communication, citoyenneté, Culture et création artistiques, Monde économique et professionnel, Langues et cultures de l'Antiquité, Langues et cultures étrangères) parmi lesquelles chaque établissement devra obligatoirement choisir 6 d'entre elles, réparties entre la 5ème et la 3ème. L'horaire dévolu à ces EPI est de 2 à 3 heures hebdomadaires modulables sur l'année ou le trimestre. Il n'empiète pas sur le volume horaire disciplinaire (comprendre: on ne fait pas moins de français ou de maths parce qu'on a des EPI, on les fait en plus et cela permet de travailler ces matières, entre autres, de façon différente car interdisciplinaire - genre, faire de l'histoire en anglais). 

Ce que j'aime là-dedans: 

1) L'élève devient acteur de son propre enseignement (un peu comme à l'anglo-saxonne). Il n'attend plus que tout lui tombe tout cuit, il doit chercher et trouver sous le pilotage de son prof. 

2) Les compétences orales sont renforcées. Quand on voit que la prise de parole est encore problématique chez beaucoup d'étudiants en licence (trop timides, peu habitués…), je me dis qu'il est grand temps de redonner confiance aux élèves en valorisant leur parole plutôt qu'en leur demandant toujours  de se taire et de prendre des notes. 

3) Les élèves sont mis en situation à travers des projets concrets, ce qui les sort du fameux "pfff, de toutes façons ça sert à rien dans la vraie vie". 

4) Les établissements auront une vraie autonomie et pourront proposer des parcours qui les distinguent avec des projets concrets selon les choix pédagogiques qu'ils feront. 

5) Les profs sortiront de leur isolement pour travailler en équipe, échanger sur leurs pratiques, enrichir leur expérience... 

Ce que j'aime moins: 

1) Une des motivations de la création de ces EPI mises en avant par le ministère est le fait que les élèves "s'ennuient en cours." En gros, c'est pas funky funky d'écouter le cours de physique, on se fait "iech" donc on fout le bordel et on devient un jeune en difficulté qui ira grossir les rangs de Pôle Emploi.

Solution: rendre les cours plus fun et ludiques pour que surtout, SURTOUT, ces chers petits ne s'ennuient pas une minute. Alors, déjà je savais pas qu'on venait à l'école pour s'amuser. Qu'on s'y ennuie est certes déplorable. Je suis sûre que certains cours sont très certainement soporifiques à souhait mais je suis convaincue également que ce n'est pas rendre service aux enfants que de leur laisser croire que tout dans la vie n'est que jeu et distraction. Ils vont faire une drôle de tronche quand ils commenceront leur premier job avec des tâches un peu ingrates… Les motiver oui, les amuser non. Les profs ne sont pas des GO et certains aspects de nos matières sont nécessairement rébarbatifs (apprendre des verbes irréguliers, retenir une formule de maths…). Mais si on inculque le goût de l'effort et la curiosité pour ce qui est nouveau aux enfants, je suis sûre qu'on règlera une bonne partie du problème (et pas en offrant à tous les collégiens un Ipad à 1000 boules) (j'y reviendrai) (si, si promis, ça m'a suffisamment remontée pour que je t'en fasse un billet dans moins de 3 semaines). 

2) Selon les établissements et l'investissement des profs, les EPI seront soit une réelle opportunité d'innover en termes de pédagogie et d'apporter un vrai plus aux élèves, soit une usine à gaz où certaines matières seront sacrifiées au profit d'autres et où les profs influents (i.e. copains avec la direction) auront plus facilement gain de cause face à des collègues moins présents ou aux profs remplaçants qui auront du mal à s'investir sachant qu'ils ne seront pas dans l'établissement bien longtemps. 

3) Autre flou: qui décidera des thématiques retenues, des projets pédagogiques? Les copinages et autres magouilles ne vont-ils pas se multiplier?  On ne sait pas trop...

Personnellement, je n'aime pas agiter des chiffons rouges en prédisant le pire à tout le monde. Je me doute que, localement, il y aura des difficultés. Mais je sais aussi que mes collègues du collège sont, dans leur grande majorité, des gens consciencieux et soucieux de la réussite de leurs élèves et qu'ils feront tout pour que ça marche. Bien sûr, comme partout, il y a des profs récalcitrants qui ne joueront pas le jeu parce que oui, cela veut dire bosser en équipe, composer avec des collègues qu'on apprécie pas forcément, changer ses pratiques, mais c'est aussi une chance, à mon sens, d'évoluer, de se remettre en question et, pourquoi pas (attention, idée fofolle) de s'éclater dans son job. 

Bah oui, ça peut être sympa de monter un projet avec le joli prof d'histoire, qu'on sera amené à côtoyer plusieurs heures par semaine, sans compter les réunions tard le soir qui finiront au resto pour boucler la séquence de la semaine prochaine… (je ne fantasme pas, j'explique) (Tendrépoux va bien, merci) (pourquoi?). 

Tu l'auras compris, cette partie de la réforme du collège ne m'effraye pas. Je la trouve même plutôt intelligente puisqu'elle bouscule les formes traditionnelles de l'enseignement pour dynamiser le tout. J'ai confiance en mes collègues en fait. Je sais que, malgré la lassitude de devoir (encore) changer les programmes et les méthodologies, leur investissement et leur dévouement (dévotion?) à la Cause ira dans le sens de l'intérêt des élèves. Comme toujours. 

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21 mai 2015

La réforme du collège #2: la disparition des classes bilangues et européennes

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Continuons donc notre petite discussion d'hier. Après les options latin et grec, passons donc à l'extermination la disparition des classes bilangues et européennes. Version éditée suite à des imprécisions de ma part sur le nombre de langues en classe bilangue! 

Comment c'était avant?  

Avant la réforme il existait des classes dites bilangues et des sections européennes. 

Les classes bilangues (et pas bilingues!), ouvertes à tous ceux qui le souhaitent (dans les établissements qui les proposent), permettaient aux élèves de commencer 2 langues vivantes dès la 6ème. En général, on couple l'anglais à une autre langue. La langue "principale" est enseignée à raison de 4h par semaine et la LV2 à 2 ou 3h. A la fin de la 3ème les élèves pouvaient se targuer de savoir s'exprimer dans 2 langues. Le pied. The foot. El pie. Der Fuss.  

Les sections européennes étaient ouvertes à partir de la 4ème dans plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol, italien, portugais, néerlandais et russe). Là encore pas de sélection, il fallait juste être motivé pour se taper 2h supplémentaires de cours dans la langue choisie (en plus des 4h du tronc commun). A partir du lycée, on pouvait continuer en ayant carrément des cours dans la langue étudiée (par exemple des cours d'histoire en ingliche). Là aussi, le pied. 

 

Comment ce sera après? 

Finies les classes bilangues et européennes! A la place, tous les élèves commenceront leur LV2 en 5ème au lieu de la 4ème. Ils continueront de bénéficier de 4h de LV1 dès la 6ème et ensuite devront suivre 2,5H de LV2 par semaine (au lieu de 3h actuellement). De plus, ils apprendront une LV1 dès le CP. 

Attention astuce! Si l'élève a étudié une langue autre que l'anglais en primaire, il pourra quand même être inscrit en classe bilangue en 6ème. Concrètement, un élève qui aurait étudié l'espagnol dès le CP pourrait faire anglais-espagnol en 6ème. Donc les classes bilangues ne disparaissent pas complètement. 

 

Pourquoi ça part d'une très bonne idée? 

En 2013, seuls 11% des élèves étaient en classe bilangue et 10,6% en européennes. Une minorité donc. L'idée est de généraliser l'accès aux langues vivantes au plus grand nombre. Excellente idée. En tant que prof d'ingliche, je ne peux qu'approuver. 

Commencer la LV1 dès le primaire, ça aussi c'est très bien. Toutes les études montrent que plus une langue est apprise tôt, plus elle est facile à assimiler. Donc dans l'absolu, supprimer des sections qu'à peine 1 élève sur 10 suivent pour proposer plus de cours de langue à 100% des élèves va dans le bon sens. 

 

Pourquoi au final, ce n'est pas une si bonne idée que ça? 

1). Les classes bilangues permettaient au final d'apprendre 2 langues vivantes dès la 6ème et les classes européennes de faire 2h de langue en plus dès la 4ème. Personnellement, c'est finalement plus l'abandon des classes européennes qui me chagrine car c'était l'occasion de pratiquer une langue, le plus souvent l'anglais, de manière intensive (6h par semaine!). Donc c'est une perte pour tous ceux, même s'ils n'étaient pas très nombreux, qui pouvaient y accéder. Ces classes sont pointées du doigt comme étant réservées à une élite (la même qui fait latin et grec donc). Encore une fois, cette critique aveugle de l'élitisme me semble déplacée: pourquoi empêcher ceux qui le peuvent d'accéder à l'excellence? En quoi cela lèse-t-il les autres?Il aurait fallu plutôt multiplier ce genre de structures et les proposer au plus grand nombre mais comme une option! Ne vaut-il pas mieux généraliser une option qui fonctionne bien (et c'est suffisamment rare pour être souligné) plutôt que la supprimer? Cela aurait permis à tous d'accéder à ce dispositif "élitiste" mais sur la base du volontariat. Je conçois parfaitement que tout le monde n'ait pas envie ou ne se sente pas capable de jongler entre 2 langues vivantes (sans compter le latin, malheureux!), mais pourquoi pénaliser ceux qui en ont envie?  

 

2). Avancer l'apprentissage de la LV2 à la 5ème, pourquoi pas. Cela revient presque à généraliser les classes bilangues. Presque car la LV2 est abordée en 5ème, pas en 6ème, et à raison de 2,5h, pas 3h. Mais bon, ne chipotons pas. Comme je l'expliquais dans mon billet précédent, certains enfants peinent déjà à s'exprimer en français et auront certainement des difficultés à intégrer une LV2. Mais ces élèves là sont finalement minoritaires et c'est plutôt une bonne idée pour tout le reste des élèves que de passer une année de plus à apprendre une deuxième langue. Avancer d'1 an l'introduction de la LV2 ne me paraît pas la mer à boire. 

Par contre, je trouve très très dommage d'avoir réduit le volume horaire de ces enseignements! Une politique véritablement ambitieuse aurait au contraire renforcé le nombre d'heures! Passer de 3h à 2,5h par semaine est une régression, même si les élèves commencent la langue une année plus tôt. Si les classes bilangues fonctionnaient si bien c'est qu'elles consacraient 3 voire 4 heures de cours hebdomadaires par langue dès la 6ème. C'est l'intensité du contact avec la langue qui permet un bon apprentissage: mieux vaut 30 minutes tous les jours de la semaine que 2 heures une fois par semaine! 

 

3). Pourquoi un tel débat autour des classes bilangues alors? Et bien parce que la grande majorité des classes bilangues associaient anglais et allemand (dans le cadre notamment de la promotion des liens franco-germaniques). La suppression des classes bilangues sonne quasiment le glas de l'enseignement de l'allemand en LV2 qui sera délaissé au profit de l'espagnol. Bah oui, sot, l'allemand c'est une langue compliquée, ardue, réservée à l'élite, alors que l'espagnol c'est fastoche, ça ressemble au français avec des "o" et des "a" à la fin des mots. Plus sérieusement, statistiquement, l'espagnol est choisi comme LV2 dans 70% des cas (15% pour l'allemand) (chiffres trouvés ici). La fin des classes bilangue marque aussi la fin d'un espace privilégié pour l'allemand et mes collègues germanistes craignent à juste à titre pour l'avenir de leur job. Cela marque aussi une uniformisation des parcours qui me chagrine: verra-t-on encore des élèves étudier l'anglais et le russe et se mettre au chinois? Les parcours d'excellence vont-ils disparaître? Est-ce vraiment garantir l'égalité que de proposer à tous la même chose, quelles que soient leurs capacités et leurs désirs? Suis-je une vilaine élitiste juste bonne à lyncher à coups de Gaffiot?

 

4). Commencer la LV1 dès le primaire: je dis YES, mille fois YES. Mais le flou artistique qui règne autour de comment ça va se passer m'effraye énormément. D'autant que l'enseignement de la LV1 est déjà au programme du primaire. Eh oui! Dès le CE1, le petit élève est censé recevoir un enseignement de 54h/an en langue vivante et doit atteindre un niveau A1 à la fin de la primaire. Ca t'en bouche un coin hein? 

Les questions qui demeurent et qui, à ma connaissance, n'ont toujours pas de réponses concrètes sont: 

=> Où est la réforme du concours de recrutement des professeurs des écoles (ces héros à mes yeux) qui intégrerait une épreuve de langue vivante? 

=> Où sont les heures de formation pour tous les instituteurs déjà en poste et qui n'ont pas pratiqué de langue depuis X années et qui n'ont pas été formés pour enseigner une langue à des enfants (pédagogie ô combien précise et délicate!)

=> Combien d'heures hebdomadaires sont-ils censés passer sur la langue vivante (en plus du reste du programme déjà difficile à boucler)? 54h/an c'est pas beaucoup (ça fait 1H30/semaine si mes calculs sont exacts). 

Si on est prêt à mettre le paquet sur le recrutement et la formation des profs et qu'on dédie une enveloppe conséquente à l'enseignement de l'anglais, là oui, on aura toutes les chances pour que les élèves de primaire arrivent au collège avec de solides bases en langue. 

Mais si on estime qu'un élève qui sait compter en anglais, connaît son alphabet et 2-3 chansons des Beatles "maîtrise" les bases de la langue à son arrivée en 6ème, il faut le dire. Mais faudra pas s'étonner si le niveau ne progresse pas. 

 

5). Soit on supprime les classes bilangues, soit on ne le fait pas. Mais dire que les élèves ayant étudié une autre langue que l'anglais en primaire auront la possibilité d'intégrer une classe bilangue pose un certain nombre de problèmes. 

Tout d'abord quels établissements vont être autorisés à conserver des classes bilangues? Auparavant, toutes sortes de collèges (ZEP, pas ZEP, de centre ville, rural, etc…) pouvaient proposer ces classes. Qui aura le "droit" de les garder et du coup, d'attirer tous les bons petits qui auront étudié le russe en CP? 

Pour un gouvernement qui veut lutter contre le contournement de la carte scolaire et la concentration des élites, c'est vraiment ballot: le problème va être déplacé au primaire. Et oui, attention grosse astuce! Si tu veux que ton nain ait une chance de suivre un enseignement d'élite (une classe bilangue donc), il suffit de l'inscrire dans une école primaire où son enseignant lui apprendra une autre langue que l'anglais (allemand, italien, espagnol, etc…). Comme ça, arrivé au collège, tu pourras gentiment déroger à la carte scolaire et choisir ZE bahut où les classes bilangues (et certainement le latin et le grec) seront proposées. 

Voilà, voilà. Ne me remercie pas. 

Bon, c'est pas tout ça mais y a les portes ouvertes dans la classe de Mamerveille. Son institutrice est italienne. Je vais de ce pas lui demander si elle aurait pas envie d'enseigner en CP d'ici 2-3 ans… 



20 mai 2015

La réforme du collège

astérix

On ne parle que de ça depuis des semaines, beaucoup en mal il faut le dire, mais apparemment les inquiétudes et protestations pourtant légitimes d'enseignants, de parents d'élèves, d'intellectuels, de politiques, et des gens dans l'ensemble, ne semblent pas avoir fait ciller le gouvernement qui vient donc de passer le décret d'application de la réforme des collèges, taxant toutes les voix osant s'opposer à la réforme de passéistes infoutus de se remettre en question et partisans d'un élitisme insupportable (en gros). 

Je ne suis pas politisée. Ni syndiquée. Je n'ai pas une idée toute faite et inébranlable de ce que devrait être le collège dans l'idéal. Je n'ai même pas une grande expérience d'enseignement en collège puisque j'ai seulement effectué mon stage de titularisation dans une classe de 5ème d'un collège très favorisé. Mais bon, je suis prof, parent de futurs élèves de collège et, accessoirement, j'ai un cerveau. 

Voici donc quelques réflexions (qui n'engagent que moi) sur cette réforme qui est censée sauver le modèle du collège français et faire de tous les petits collégiens  de France et de Navarre des petits génies. Tu verras que, bizarrement, je ne suis pas farouchement opposée à tout ce que propose cette réforme (il faut savoir rendre à Najat ce qui appartient à ses conseillers). Mais bon, je ne suis pas non plus convaincue. Du tout.  

Comme la réforme est conséquente et que, à l'instar de ma ministre, je n'ai pas envie que tu t'ennuies ici, je répartirai donc mes remarques sur plusieurs billets. Ca me permettra de développer chaque point tout en restant digeste. 

Commençons par le plus évident.  

LA DISPARITION DE L'OPTION LATIN/GREC. 

Comment c'était avant? 

Avant la réforme, les collégiens avaient la possibilité de commencer l'étude du latin (si leur établissement le proposait) à raison de 2h/semaine en 5ème et 3h/semaine en 4ème et 3ème. Le grec était proposé en 3ème à raison de 3h/semaine et on pouvait cumuler les deux options. 

Comment ça se passera après? 

Après la réforme, et suite aux protestations générales, l'enseignement de complément a été maintenu mais réduit d'1h (1H en 5ème et 2H en 4ème et 3ème). L'idée est que le latin et le grec peuvent désormais être étudiés par tous dans le cadre des fameux Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. Le problème est que RIEN n'oblige les établissements à faire le choix de cet enseignement. Je développerai les EPI sur un autre billet mais en gros, sur 8 thématiques proposées (dont la fameuse "Langues et cultures de l'Antiquité") l'élève devra en avoir étudié 6 entre la 6ème et la 3ème. Va falloir que les profs de latin/grec (en majorité dans les établissements comme chacun sait) arrivent à s'imposer face à leurs collègues de matières jugées plus essentielles. 

Pourquoi supprimer ces options? 

L'idée est que ce genre d'options facultatives est réservée à une élite (bouh le vilain mot!), c'est à dire des élèves issus de milieux ultra-favorisés où ça parle en latin au petit-déjeuner (Passarem Nesquikum?). Du coup, c'est pas sympa sympa pour les copains qui galèrent déjà juste avec le français et c'est pas très égalitaire. Supprimer ces options = supprimer les privilèges de ces salauds de gosses de riches. Bon, diminuer ces enseignements d'une heure, c'est déjà ça de pris. 

Pourquoi c'est une drôle de mauvaise idée quand même? 

Cette espèce de rejet de toute forme d'élitisme me fatigue. Quelle mauvaise foi totale que de refuser de voir l'hétérogénéité des niveaux! Tout le monde n'est pas apte à apprendre 2 langues vivantes et 2 langues mortes en même temps. C'est un fait. Ce n'est ni mal, ni bien, c'est comme ça. Il y a des élèves, issus de toutes les catégories sociales, qui comprennent vite et retiennent facilement et qui peuvent jongler sans problème entre plusieurs langues. Et il y a des élèves, issus de toutes les catégories sociales également, qui souffrent de dyslexie, ou d'autres troubles de l'apprentissage, ou qui n'ont aucune pathologie particulière hormis celle du "poilum manorum" et à qui proposer une myriade d'options ne fait pas sens car cela les pénalise plus que cela ne les aide. 

La vie est injuste: il y a des forts en maths et des quiches en sport, des bons en dessin et des nuls en langue. Nous ne sommes pas tous faits de la même façon. Cela ne veut pas dire que les enfants ne doivent pas recevoir le même enseignement mais que si certains peuvent faire plus, pourquoi les en priver? Cela n'empêche pas d'aider ceux qui en ont besoin. 

Pourquoi apprendre le latin et le grec? 

Bonne question. Dans notre société où nous visons de plus en plus l'efficacité et la productivité, il peut apparaître comme superflu de s'encombrer de l'apprentissage de langues dites mortes. A moins de vouloir devenir pape, il est vrai que le latin n'offre pas beaucoup de débouchés professionnels. 

Il faut admettre aussi que le latin et le grec sont des enseignements exigeants et ardus, voire parfois rebutants pour des "petits bouts" de 12 ans. C'est vrai que c'est pas drôle d'apprendre par coeur des déclinaisons, de décortiquer des phrases ou de déchiffrer laborieusement un passage de l'Eneïde. C'est pas du tout ludique et les petits choux risquent de s'ennuyer sévère. 

Sauf qu'apprendre une langue ancienne permet d'apprendre à structurer une phrase, d'améliorer sa compréhension de la grammaire et de la syntaxe, d'enrichir son vocabulaire en français et découvrir et comprendre les origines de notre propre culture. 

Sans latin, les formules magiques de Harry Potter perdent toute leur saveur. Le célèbre Expecto Patronum, par exemple, signifieJ'attends un protecteur". Soit, ne pas connaitre la traduction n'empêche pas de comprendre l'action, mais avoue que c'est dommage de passer à côté de toutes ces expressions et leurs dérivés qui contribuent à  la richesse de l'univers Poteries. Rien de grave, je te l'accorde. Mais sans aucune connaissance du latin ni du grec,  certains mots de notre langue resteront des mystères complets aux jeunes élèves qui n'auront pas appris à utiliser l'étymologie pour inférer le sens de mots inconnus. 

Un exemple? "Le médecin veut vérifier la dépense énergétique de maman au cours du nycthémère". Comment deviner que, non, ce médecin n'est pas un gros pervers qui en a après la vertu de maman si on ne sait pas que le nom masculin "nycthémère" vient du grec nukthemeron ("un jour et une nuit") et correspond au cycle circadien (circa diem en latin, " environ 1 jour"), c'est à dire 24h? Hein? Hein? 

Donc qu'on arrête de dire que le grec et le latin ne servent à rien, alors que clairement, ils peuvent sauver des vies! 

Demain, si tu es sage, je te parlerai de la disparition des classes bilangues et européennes. 

 

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03 mai 2015

Trois

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J'ai commencé ce blog il y a 6 ans 1/2. Un peu (beaucoup) par thérapie il faut bien le dire. A l'époque, j'étais nullipare, désespérée de jamais avoir d'enfants, en pleine PMA et j'étais fraîchement affectée en ZEP, avec tous les préjugés que l'on peut avoir sur ce type d'établissements quand on y a jamais mis les pieds.  

Aujourd'hui, 6 ans 1/2 plus tard donc, je suis prof en fac, je m'épanouis complètement dans mon travail et je ne fais plus de cauchemar où Jean-Kévin essaye d'énucléer un camarade de classe avec une petite cuillère. Je suis l'heureuse maman de 2 magnifiques petites filles et… j'attends un 3ème petit bébé pour début octobre! 

Et oui lecteur abasourdi: à peine te remets-tu de tes émotions suite au démoulage princier qui a eu lieu hier que je t'annonce la venue prochaine d'une nouveau Royalbaby chez le comte et la comtesse de la Titcheurie. Ca va? Ta tension est retombée? 

Alors, pour anticiper les questions qui, je suis sûre, te taraudent déjà: 

- oui c'était voulu (en tous cas on faisait rien contre)

- oui c'était naturel (il faut croire que mon corps a enfin compris comment ça marchait)

- oui on réalise que ça va être méga chaud puisque Mamerveille aura l'âge canonique de 4 ans et Maprinchesse 18 mois lorsque numéro 3 pointera le bout de son nez. 

- non, on sera pas "déçu" si c'est "encore" une fille (d'ailleurs, le sachiez-tu? Quand tu as 2 enfants du même sexe tu as apparemment 80% de chances pour que le troisième soit aussi du même sexe) (Tendrépoux est prévenu).

- non, on ne déménage pas. Ca ne fait même pas un an qu'on a emménagé dans notre nouvel appart, après des mois de travaux, il est hors de question de déguerpir maintenant. On va se serrer un peu mais ça devrait tenir (avec un ingénieux système de poulies, on met le berceau au plafond, la table à la langer sous le lit et la réserve de couches dans le coffre à jouets). 

- oui je suis bien déchirée. Entre les nausées qui ne s'arrêtent plus (j'en suis à 4 mois de grossesse, quelqu'un veut bien leur expliquer?), les enfants qui s'en foutent un peu que maman soit enceinte et un boulot très prenant, je termine mes journées un peu sur les rotules quand même.

- oui, je profite à fond. Le sentiment que c'est la dernière fois (enfin, très certainement) (enfin, probablement) (bon ok, on verra) fait qu'on savoure tout, même si tout est loin d'être glamour. 

 

Tu t'en doutes, nous sommes aux anges. Déjà parce que, pour la première fois de notre vie, nous avons conçu un enfant tous seuls (c'est bête comme chou d'ailleurs!). Et crois moi, quand tu es passé par des inséminations et des FIV à répétition pendant des années pour tenter de procréer, tu apprécies d'autant mieux la miraculeuse simplicité de la chose. 

On gardera toujours en mémoire le parcours du combattant que cela a été et on pense d'ailleurs avec beaucoup d'émotion à nos amis qui sont en plein dedans et à qui on répète qu'il faut toujours continuer d'y croire, même si c'est dur, même si on n'en peut plus des échecs. Nous sommes conscients d'avoir eu un bol phénoménal  et on souhaite ce même miracle à tous ceux qui sont en pleine galère procréatrice. 

Donc voilà. Un bébé en 2011. Un bébé en 2014. Un bébé en 2015. Une carte famille nombreuse. Un congé mat' de 26 semaines. Une poussette double pour Maprinchesse et Royalbaby. 3 sièges auto dans la voiture. Moins d'adultes que d'enfants à la maison. Rien que de le dire ça me fait tout bizarre (sourire béat aux lèvres). 

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23 avril 2015

Quand j'aurai le temps…

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La vie avec deux enfants, un mari très bizi et un boulot à plein temps, c'est assez trépident. Oui, même un boulot de prof est à plein temps. Certes, je n'ai pas de comité de pilotage ou de "co-dir" de 19h à 21h, je n'ai pas de conf' cal à rallonge ou de powerpoint à boucler pour hier mais mon travail occupe mes journées de 8h à tard le soir (j'ai arrêté de compter les heures, ça me donne un salaire horaire trop déprimant) et quand je rentre à la maison mes deux charmantes bambinettes veillent à faire de mes fins de journées, voire de mes nuits quand elles sont d'humeur joueuse (c'est à dire malades comme des chiens), des moments peu propices à la méditation transcendantale. Bref, là n'est pas la question. La question c'est qu'en ce moment, je manque de temps pour tout. 

Pour venir ici un peu plus souvent t'entretenir de mes aventures pourtant fascinantes. Et pour faire tout un tas d'autres trucs auxquels, pour l'instant, je me contente de rêvasser en soupirant "ah, si j'avais le temps!". 

Si j'avais le temps, 

j'écrirais un billet de blog tous les trois jours tellement j'ai de trucs à te raconter (la nouvelle réforme du collège, ma ré-opération des yeux, les dernières trouvailles de Mamerveille, le premier anniversaire de Maprinchesse, les perles de mes étudiants, j'en passe et des meilleures). 

je trierais les photos et en ferais de jolis albums. En commençant par les plus anciennes, 2009 donc… 

j'en profiterais pour terminer l'album de naissance de Maprinchesse. Et de Mamerveille aussi.

je lirais la pile de romans achetés mais pas encore commencés pour cause de narcolepsie aigüe passé 21h30. 

je rangerais mes cours plutôt que de les empiler en vrac sur mon bureau et de pester à chaque fois que j'essaye de remettre la main sur un document important. 

je prendrais du temps pour voir mes copines, aussi absorbées que moi dans leur vie pro et perso. 

je regarderais toutes les séries qu'on m'a conseillées, que je sais qu'elles sont trop bien, mais que faudrait arrêter d'en sortir une nouvelle toutes les cinq minutes le temps que je rattrape mon retard (pour info, j'en suis à la saison 3 de Game of Thrones, j'ai encore tout Downton Abbey à voir, tout House of Cards, True Detective que j'ai commencé et adoré et on me souffle dans l'oreillette que Engrenage, c'est top aussi) (bref, je suis dans le caca) (boudin, précise Mamerveille). 

je relirais tout Shakespeare. Parce que. 

j'emmènerais mes filles visiter Paris. On sort toujours dans notre quartier, par confort et un peu par flemme aussi, alors qu'il y a tant de coins sympas à découvrir à pied avec les enfants.

je cuisinerais un navarin d'agneau. Et j'apprendrais à faire une tarte Tatin correcte. 

j'emmènerais Mamerveille à la piscine ou à la bibliothèque. Pour la mettre dans le bain très tôt (haha). 

je finirais d'aménager la chambre des filles, parce que les sacs plastiques remplis de jouets sous le lit, c'est plus possible.  

je repeindrais la commode des enfants. 

je ferais l'ourlet des rideaux de notre chambre. 

j'apprendrais à coudre auparavant. 

je ferais (beaucoup) plus de yoga. 

je partirais en ouikènde prolongé en amoureux avec Tendrépoux à New York. 

je ferais la sieste. 

j'arrêterais de faire des listes des trucs que je rêverais de faire et je les ferais vraiment. 

 

Et toi cher lecteur, à quoi rêvasses-tu en ce moment? Ce serait quoi ton gros kiff si tu avais 5 minutes - 2 jours - 3 mois devant toi?

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01 mars 2015

Of phones and students

cell phone jammers in schools

Suite aux nombreuses réactions à mon billet précédent, voici quelques constats navrés et navrants sur l'usage des téléphones portables (mobaïles pour les intimes) en cours. 

Déjà au collège lycée, l'objet semble littéralement greffé au corps de nos chers bambins, ceux-ci étant prêts à le dégainer, qui pour prendre une photo des fesses de Marie-Nabilla, qui pour textoter une blague à Jean-Kevin, qui pour faire une partie de Candy Crush en douce pendant le cours de maths. Déjà une vraie plaie donc. 

En fac, c'est un peu puissance 10. Car il faut savoir que certains étudiants de première année ont une vision légèrement erronée de l'université. On leur a tellement présenté la fac comme un espace de liberté où l'assiduité en cours est optionnelle et le règlement intérieur une vaste légende urbaine qu'ils ont l'impression que c'est la fête du slip en cours. Et que je ramène mon café et une boîte de petits gâteaux en cours (auquel j'arrive en retard, y avait la queue au Starbuck). Faut voir leur air surpris quand tu oses leur faire remarquer qu'ils ne sont pas à la cafèt' et que le cours démarre à 9h30, pas à 10h… Mais bon, après une remarque un peu verte sur le sujet, le problème est en général réglé et heureusement, seule une minorité se comporte ainsi. 

Pour ce qui est des smartphones donc, c'est autre chose. Le précieux est apparemment si indispensable qu'il est en général posé sur le bureau, et consulté toutes les 10 minutes. De temps en temps, une vibration désagréable résonne. Ou pire, une sonnerie retentit (on échappe cependant aux sonneries pourries des ados - la fameuse sonnerie "prout" a fait des ravages à son époque). Dieu merci, personne n'a encore jamais décroché en plein cours. Par contre, nombreux sont ceux qui répondent à un texto sous mon nez alors que je suis en train de raconter quelque chose de certainement fascinant sur un aspect indubitablement passionnant de la culture anglaise.  

Alors non je n'ai pas interdit les portables en cours, j'estime m'adresser à des adultes responsables et cela ne me gêne pas qu'on consulte l'heure sur son portable ou qu'on jette un coup d'oeil à un SMS si cela ne perturbe pas le cours. Bien sûr, si un téléphone sonne ou que je chope un étudiant en train de tapoter frénétiquement sur sa chose, je réagis sévèrement. Souple oui, conne non (enfin je crois pas). Faut pas déconner quand même. Mon portable à moi est en mode silencieux au fond de mon sac et j'attends la fin du cours pour vérifier qu'aucun appel urgent n'a eu lieu pendant l'heure et demie qu'a duré mon TD. J'estime que si je peux le faire (et Dieu sait si je tiens à mon précieux!), alors mes étudiants doivent pouvoir le faire également.  

Quant à l'utilité du mobile pour connaître l'heure, j'ai bêtement investi depuis longtemps dans un objet fort commode qu'on appelle "montre" et dont manifestement mes étudiants ne connaissent pas l'existence. Certains m'ont rétorqué que quand même, ça coûte cher une montre, alors qu'ils se baladent avec un précieux à 600 boules dans la poche. J'ai la gamme des prix des Flic-Flac à leur proposer, en général ça les fait relativiser.

Mais quand le smartphone devient outil de tricherie comme je te le narrais la dernière fois, là je vois rouge, de la fumée me sort par les oreilles et la veine sur mon front menace d'exploser. Bref, j'ai l'air d'une folle sous cocaïne. 

Voici les consignes que je donne lors de mes partiels (qui concerne des groupes de 35 étudiants): "Portables éteints et rangés dans vos sacs, sacs au sol. Je ne veux voir sur vos tables que votre matériel pour écrire et votre carte d'étudiant". 

Mais comment vérifier que les portables sont bien dans les sacs et pas entre leurs jambes? Je vais quand même pas les fouiller! 

L'autre tactique est de leur faire poser au contraire leur mobile bien en évidence sur la table, éteint évidemment. Comme ça au moins je sais où est l'objet du délit. Sauf que certains ont 2 téléphones. D'autres disent ne pas en avoir. Là encore, je ne peux pas les palper pour vérifier. 

Reste la solution du brouilleur de téléphone portable. Je me suis bien sûr ruée sur mon ami gougueule pour voir un peu combien coûtait la bête et vérifier que c'était bien légal. Une rapide recherche me dit que ça me coûterait entre 45 et 200 Euros selon le modèle. Je consulte un site ayant testé un brouilleur qui se dissimule dans un paquet de cigarettes. Bon, je ne fume pas et outre l'idée saugrenue de poser son paquet de clopes sur son bureau en cours, un problème majeur se pose: la portée maximale est de 10m. Ce qui signifie qu'à moins de me placer debout au centre de la pièce sans bouger, les rangs du fond resteront hors portée (et c'est rarement les étudiants du premier rang qui trichent sur leur portable bizarrement).  

Autre problème majeur: c'est strictement interdit. La loi l'autorise uniquement pour les salles de spectacles et les prisons. Pourtant, sous de nombreux aspects, une salle de classe ressemble aux deux (rhoo, ça va!). Argument apparemment insuffisant aux yeux du législateur qui estime que les ondes émises sont possiblement dangereuses pour la santé et que, dans le doute, mieux vaut s'abstenir. Là je pousse un énorme MOUAHAHAHAHA: on nous empêche d'utiliser des brouilleurs pour les examens (qui ne durent pas 10 heures, il faut le rappeler) par contre personne ne voit de problème à refiler un mobile à un ado de 12 ans qui dormira avec. TOUT VA BIEN. 

Brouiller les portables pendant les 2 heures que dure une pièce de théâtre, ça passe mais faire la même chose pendant les 2 heures de l'épreuve d'anglais au bac S, là subitement y a problème de santé publique? MAIS BIEN SUR. 

Dernier souci: le brouilleur bloque les transmissions mais n'empêche en rien de consulter des données enregistrées sur le portable. Modérément utile donc, même si du coup la tricherie devrait être planifiée à l'avance pour être possible. 

Il ne me reste donc qu'à passer dans les rangs de façon aléatoire en espérant dissuader toute tentative de triche. Pour moi, ça va, mes salles sont à taille humaine et 35 étudiants, ça se surveille. 

Mais quid des amphis de 400 étudiants serrés comme des sardines? Ils passent entre quels rangs les profs? 

Quid des examens officiels comme le bac ou les concours? Qui va aller fouiller les candidats qui se rendent aux toilettes pour s'assurer qu'ils n'ont pas de smartphone dans leur poche? 

Dernière solution: s'en moquer et laisser faire. Après tout, pourquoi se battre alors que ces outils sont partout? Même dans la vie professionnelle, on peut parfois avoir besoin de recourir à un petit aide-mémoire ou de consulter une référence en ligne. Finalement, c'est peut-être une étape de notre évolution en tant qu'Homo Sapiens Iphonus? Le mobile deviendrait une extension de notre mémoire (ou plutôt un palliatif). 

Cynique? Peut-être. Lucide, certainement. Ca ne m'empêchera pas d'être ultra vigilante à l'avenir lors des examens que je surveillerai. Parce que quitte à passer des heures à corriger des copies, autant que ce soit du 100% authentique et pas un texte mal digéré et recopié d'un obscur site internet parlant vaguement du sujet. Nan parce que sinon, on arrête de faire semblant d'évaluer les connaissances et on teste plutôt les méthodes de recherche sur le net, avec un bonus de 2 points pour le copié-collé le plus discret. 

Et toi lecteur chou, tu as des suggestions (non violentes) pour que mes étudiants cessent de tricher? 

23 février 2015

Tricherie et plagiat

cheating

Qui n'a jamais triché à un contrôle? Une petite anti-sèche planquée dans la trousse, des verbes irréguliers écrits à la hâte sur un poignet et à moitié effacés par la sueur, des stylos truqués pour les plus inventifs… C'est presque mignon quand on y pense et ça fleure bon la nostalgie de nos jours d'écoliers.  

Il y avait un vrai travail de préparation. Il fallait se creuser la tête pour essayer de deviner le sujet du devoir et préparer l'anti-sèche adéquate. Il fallait la recopier, en tout petit, sur un minuscule bout de papier. On lisait au moins son cours une fois à cette occasion et parfois, miracle!, ça rentrait tout seul par ce seul biais. Avec un peu de chance, on avait vu juste et nos devoirs de philo s'enrichissaient de citations pertinentes. Mais parfois, pas de bol, ce n'était pas le sujet prévu et nos petits bouts de papier préparés avec tant de minutie ne servaient plus à rien et il ne restait plus qu'à réfléchir et essayer de rassembler les quelques connaissances grappillées au fil des cours. 

Ah c'était le bon vieux temps (oui ça fait vieille conne de dire ça) (en même temps je viens de fêter mes 35 ans) (c'est gentil de dire que je les fais pas) (si, si, ça me touche, merci). 

Sauf qu'aujourd'hui, avec les smartphones et internet, c'est devenu une vraie plaie. Pourquoi s'emmieller à apprendre son cours quand toutes les réponses sont là, à disposition, d'un seul clic. C'est du moins ce que s'imaginent certains de mes étudiants, pourtant avertis du sort réservé aux tricheurs à l'université (la mort par lapidation l'exclusion de tout établissement public pendant 5 ans pour les cas les plus graves). 

Apparemment, donc, réfléchir avec son cerveau quand on leur pose une question n'est plus une option. Même quand on a passé 1 mois de cours sur les notions, que le sujet ne nécessite que de mobiliser ce qui a été vu en cours et d'ajouter quelques idées perso, et bien non. Le réflexe neumber ouane, c'est de consulter Wikipedia. Et de recopier intégralement la première ânerie qui a vaguement l'air de se rapprocher du sujet. 

Ainsi, après un cours sur la mondialisation et la culture américaine, le partiel de mi-semestre arrive. Conditions d'examen: cartes d'étudiant siouplé, portable éteint et rangé dans les sacs, les sacs au sol  attention je veux rien voir sur vos tables, et je ne veux rien entendre. Je pose à mes étudiants la question suivante: "La culture américaine est-elle une invasion inoffensive?" (en ingliche évidemment). Et bien voilà la réponse trouvée dans une copie: 

 "Increased flow of skilled and non-skilled jobs from developed to developing nations as corporations seek out the cheapest labor

Increased likelihood of economic disruptions in one nation effecting all nations

Corporate influence of nation-states far exceeds that of civil society organizations and average individuals

Evidemment ça n'a rien à voir avec le chmilblik. Evidemment l'anglais est trop avancé pour mes étudiants de niveau B1. Evidemment ma première réaction fut un gros "GNI? De quoi qu'elle cause celle là?". Après un soupir d'énervement face à l'inanité de la démarche de cette étudiante, je me résolus à googler la première phrase pour retrouver la source de cette production complètement hors sujet et en moins de 2 minutes, la fraude en plein examen fut prouvée.

Et puis là, une rage indescriptible m'envahit: non seulement cette étudiante avait triché en plein partiel, à mon nez et à ma barbe (pourtant fraîchement épilée!), mais de façon parfaitement ostentatoire, sans chercher à camoufler son méfait. A la limite (à la limite!) qu'on consulte wordreference.com pour trouver un mot de vocabulaire manquant, je peux le concevoir et ça passe totalement inaperçu dans la copie (ça ne change rien au final si on persiste à mutiler l'anglais mais bon, ça donne l'impression à l'étudiant d'avoir moins raté son examen). Mais pomper mot pour mot un truc qui n'a strictement rien à voir avec la question posée et espérer que ça passe, c'est franchement prendre son correcteur (moi en l'occurrence) pour une énorme buse.

Je te raconte pas le scandale que je vais taper à la rentrée et le rapport saignant qui est déjà parti au département auquel appartient cette étudiante. Evidemment je m'en veux à mort de n'être pas plus passée dans les rangs pendant l'heure trente qu'a duré cet examen. Mais honnêtement, je ne peux pas fliquer 35 étudiants de 3ème année ni les fouiller pour m'assurer que leur portable est bien dans leur sac. J'ai certainement été bien naïve de penser qu'en 3ème année de licence, on est suffisamment adulte pour assumer ses failles en anglais et faire de son mieux avec les outils linguistiques dont on dispose. Appelez-moi simplette donc. 

Parce qu'au final, cette étudiante a eu 0/20 à sa copie. Elle risque des sanctions de la part de son département allant du simple blâme à l'exclusion et donc de ne jamais valider sa licence. Et elle a perdu tout crédit à mes yeux. Elle s'en fout certainement mais moi, ça m'a fait mal à ma foi dans l'humain cette histoire.

Alors que si elle avait fait comme ses petits camarades qui spikent pas très bien l'ingliche mais qui essayent quand même, elle aurait au moins grappillé les quelques points qui lui auraient peut-être permis de valider son diplôme. Je demande pas grand chose quand même! Même ce genre de choses, ça vaut un bon 4/20: 

"American culture is for Europe Coca-Cola, fast food (donuts, beagles…), death penalty, musics with Michael Jackson. But it is much générality. All this cliché are in Europe. This caricature denounces problems of globalization with well-exchange all countries are uniform. After World War II american people are rich with a good consumer society. There were American dream. American culture have bought capitalism and mass-consumption but too good film or good director like Spielberg and good music like Madonna."

Je sais, je sais, tu te demandes où sont les 4 points, mais je t'assure que je préfère ce genre de charabia dont on ne peut remettre en question l'origine et qui montre au moins un effort pour communiquer (même s'il n'est pas couronné de succès, je l'admets) à cette espèce de paresse insultante qui consiste à chercher une solution toute faite ailleurs. 

Bref, comme tu le vois, je suis remontée comme un coucou. Ca va chier des bulles lundi prochain, y en a qui vont pas faire les malins. Enfin une au moins. Enfin, si elle vient en cours. 

Pour les prochains partiels, je songe à investir dans un brouilleur de portables. C'est parfaitement illégal mais rien que d'imaginer la tronche des éventuels fraudeurs devant l'absence de réseau me fait frissonner d'un plaisir que seul Tendrépoux est d'ordinaire capable de susciter. 

Ma vengeance sera terrible. 

Posté par Titcheur à 23:05 - - Commentaires [33] - Permalien [#]
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