Ingliche Titcheur

26 février 2017

Que faire avec 3 enfants en bas âge à Paris pendant les vacances? (petit guide de survie)

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Les vacances sont terminées depuis déjà une semaine dans la zone C. En tant que titcheur, l’un de mes nombreux avantages (outre le salaire indécent et la voiture de fonction) est de pouvoir bénéficier des vacances scolaires, ce qui est très pratique quand on a des enfants scolarisés. Bon, en vrai, comme je titche à la fac, je n’ai qu’une semaine sur deux à chaque « petites » vacances (shocking!), donc il faut tout de même occuper Mamerveille, 5 ans 1/2, 1 semaine par période de vacances. Cette année, elle a eu la chance de passer 8 jours au ski avec ses grands-parents et ses cousins et en a profité pour décrocher son flocon haut la main (fierté maternelle, larmichette d’émotion au coin de l’oeil). 

Bref, cette année, j’ai passé une semaine entière avec mes trois filles à Paris. Pas question de partir seule avec les trois, d’autant que la veille des vacances on me diagnostiquait une pneumopathie. 

Parenthèse médicale: une pneumopathie c’est une infection des poumons. Pour ma part, c’est une trachéite qui a dégénéré en bronchite qui a dégénéré en pneumopathie. Je trainais donc cette m*rde depuis Noël et ne comprenais pas pourquoi j’étais aussi épuisée. Je toussais tellement depuis deux mois que je m’étais déchiré un muscle intercostal et que je ne dormais plus la nuit. C’est donc sur les rotules, avec deux de tension que j’ai commencé ces vacances de février. Autant te dire que j’appréhendais un chouïa de devoir m’occuper de mes trois furies petits anges pendant 7 jours entiers. 

En temps normal, si j’avais été en forme, j’aurais organisé un super programme pour faire de ces vacances un moment exceptionnel dont mes filles se rappelleraient toute leur vie (rien que ça). Pour Royal Baby, j’avais prévu des séances d’éveil à la gym chez Gymboree au Jardin d’acclimatation. Pour Maprinchesse, c’était une virée mère-fille à la cité des Enfants à la Villette et divers spectacles adaptés à son âge, repérés sur internet. Et j’avais envisagé des séances de cinéma et des ateliers au musée pour Mamerveille. Le tout entrecoupé bien sûr d’après-midis où on aurait invité leurs amis à jouer à la maison et où j’aurais géré toute cette petite troupe avec l’énergie et le sourire d’une bonne Wondermaman. 

Sauf que quand ton but premier dans la journée est d’éviter de te casser une côte à force de tousser et espérer que tes 3 enfants synchronisent leur temps de sieste pour que tu puisses te reposer toi aussi une petite heure, tout ce vaste programme s’avère peu réaliste. 

Alors j’ai renoncé. Je ne me suis fixé absolument aucun objectif, aucun défi. Pas de programme pédagogico-montessorien, pas d’activité démesurément ludique, aucun horaire imposé, aucune contrainte si ce n’est celle des repas. Rien. J’ai laissé les filles jouer à tout ce qu’elles voulaient à la maison. Elles m’ont retourné leur chambre à plusieurs reprises mais j’ai aimé les regarder redécouvrir des jouets oubliés au fond d’un coffre et s’inventer des jeux toutes les trois. Leurs interactions étaient fascinantes et, en toute honnêteté, le fait qu’elles puissent s’occuper toutes seules pendant 1 heure me permettait de m’allonger un peu et de souffler. Les dessins animés étaient aussi autorisés et j’ai été contente de constater à quel point elles étaient déjà raisonnables puisqu’elles demandaient d’elles-mêmes à éteindre la télévision quand elles en avaient assez. Les premiers jours, nous sommes restées à la maison. Je les ai juste sorties le matin au parc, profitant des premiers rayons du soleil parisien. Assiste sur un banc, le visage frappé par un doux rayon annonçant déjà un printemps pourtant encore lointain, je les laissais s’ébattre, glisser sur le toboggan, se rouler dans le bac à sable et bouffer de la terre si l’envie leur en prenait. Elles ont fait de la trottinette, du vélo, de la draisienne. Elles ont couru après des bulles de savon, se sont renversé le produit dessus, et ont pleuré parce qu’il n’y en avait plus. Elles se sont déguisées, ont joué aux Playmobil, ont fait des puzzles et des dessins. Elles se sont disputé aussi, ont pleuré, ont réclamé « les bras, maman ». Elles ont peint, découpé, collé. Elles ont joué à la poupée, à cache-cache et à la dînette. Nous avons fait des jeux de société (il en existe dès l’âge de 2 ans, comme le jeu du verger par exemple). Nous sommes prises en photos. Nous avons mis la musique à fond et avons chanté à tue-tête. Nous nous sommes faits d’énormes câlins et des batailles rangées de jets de peluches. 

Les journées se sont enchaînées en douceur. La seule contrainte à laquelle je n’ai pu échapper était celle des repas: le déjeuner et le dîner devaient être pensés et préparés bien à l’avance afin qu’il n’y ait plus qu’à les réchauffer à notre retour de promenade et en fin de journée. Mes enfants sont en effet un peu comme des Gremlins: si je ne les nourris pas à heures fixes, elles se transforment en monstres sanguinaires. 

J’essayai juste de donner un côté un peu festif à ces vacances parisiennes. Oh, il ne m’a pas fallu grand chose: une crêpe party pour le goûter, des séances de maquillage et de déguisement, des bains moussants, un spectacle de Guignol et un tour de manège. Rien de rare, mais cela a suffi à enthousiasmer mes trois petites. 

D’ailleurs, je recommande vraiment le maquillage Snazaroo: plein de couleurs, pas de paraben ni de saloperies allergènes (produit très bien toléré par la peau des enfants) et qui s’enlève à l’eau, ce qui est bien pratique. Il y a un livret avec des idées de maquillage et les étapes pour y  parvenir. Les enfants ADORENT et je dois avouer que Tendrépoux et moi nous disputons parfois le pinceau pour donner libre cours à notre créativité… 

Côté boulot, je n’ai absolument RIEN foutu. Mais alors rien du tout. J’ai juste lu les quelques mails qui m’ont été envoyés mais n’y ai pas répondu. J’ai résisté à l’envie de préparer des cours ou de corriger des copies. La seule lecture que j’ai commencé (mais pas fini), c’est celle d’un BIBA (je sais, j’assume). Je me suis entièrement consacrée aux enfants, bien consciente que si je commençais à me mettre des impératifs de boulot, je n’allais pas supporter leurs incessantes sollicitations. J’ai bien fait car, en effet, elles m’ont beaucoup sollicitée. Les journées étaient tout de même denses et je dois avouer que je n’ai eu aucune peine à trouver le sommeil le soir venu.  

Au final, ces vacances complètement non exceptionnelles se sont super bien passées. J’ai réussi à récupérer, les filles se sont reposées et je pense sincèrement que le fait de ne m’être pas mis la pression m’a permis d’être plus cool avec elles et de dédramatiser le fait de ne « rien faire ». Parce que finalement, c’est ça le sens du mot vacances, non? Faire le vide, alléger son quotidien, s’affranchir le plus possible des contraintes. C’est peut-être plus facile à faire sous les cocotiers ou dans un bar d’altitude à Serre-Che. Mais ça marche aussi en restant chez soi.

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27 janvier 2017

Mes étudiants - cuvée 2017

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Ils sont ma raison d'être. Littéralement. Sans eux, je n’existerai pas c'est aussi simple que ça. A-t-on jamais vu un être humain sain d'esprit pérorer pendant des heures face à des tables vides, gesticulant, gribouillant quelques notes au tableau et se retournant théâtralement devant des chaises inoccupées? Si, peut-être quelque candidat à des primaires électorales en manque cruel de notoriété lors d'un meeting raté.

Bref. Sans étudiants, pas de prof alors que l'inverse n'est pas nécessairement vrai. Laisse moi te présenter quelques personnalités croisées ce semestre à la fac.

 

Le retardataire

Il arrive en retard de 10 minutes car il "n'a pas trouvé la salle madame". Il s'assied un peu bruyamment, encore essoufflé et sort ses affaires avec précipitation. Son téléphone sonne, ajoutant à sa confusion. C'est à ce moment là que je lui demande: "Mais qui êtes-vous?"

Nous sommes le 13 décembre, soit l'avant-dernière semaine du semestre. Je n'ai jamais vu cet étudiant en cours et suppute qu'il doit être inscrit sur ma liste et que, bien que n'ayant jamais fait acte de présence, il s'inquiète subitement de ce qu'il pourrait y avoir à réviser pour le partiel de la semaine prochaine. Que nenni. Le jeune homme se lance dans une tirade m'expliquant qu'il vient de s'inscrire dans notre université et que par conséquent il se rend bien compte qu'il a raté quelques cours (euphémisme) mais qu'il veut quand même passer des examens même s'il sait que ça va être difficile (litote). C'est sur que réviser un semestre de travail dans toutes les matières en une semaine et sans une page de cours, ça va être un peu chaud cacao (métaphore). Et puis l'anglais, on sait ce que c'est hein! Un petit sujet d'expression écrite qu'on peut improviser sur le coin de la table sans avoir suivi un cours (ironie). Après tout ça se saurait si les cours de langue étaient pensés selon une progression pédagogique bien précise (antithèse). C'est pas comme si la prof (bibi en l'occurrence) avait passé des heures à penser sa séquence, à dégoter les documents les plus adaptés, à les didactiser, à imaginer des activités créatives et originales pour que ses étudiants travaillent des compétences bien ciblées (re-antithèse). Et puis une copie de plus ou de moins à corriger ça ne fera pas de différence hein?

 

La malade

Elle arrive essoufflée et en larmes avec 30 minutes de retard. C'est le jour de l'examen. Livide, les joues encore humides, elle me souffle dans un sanglot: "Je sus désolée madame, je sais, je suis en retard, mais je suis malade. " Alors que je m'inquiète de son état et lui tapote l’épaule dans un geste réconfortant, elle prononce les deux syllabes qui fâchent : "ga-stro". Je retire ma main de son épaule et arrête de respirer. Je la regarde scanner la pièce à la recherche d’une place libre et peine à contenir un « non pas là! » instinctif lorsqu’elle s'installe à la table juste devant mon bureau. Elle respire bruyamment, se dandine sur sa chaise et pousse des soupirs de malaise pendant 20 bonnes minutes avant de se précipiter dehors et de revenir un bon quart d'heure plus tard, verte, en m'expliquant qu’elle ne va pas pouvoir rester jusqu'au bout. Sans blague. Elle plie ses affaires en réprimant un haut-le-cœur et prend congé sous le regard interrogateur des ses camarades, innocents dans leur ignorance. Après son départ, je me frotte frénétiquement les mains avec le gel hydroalcoolique qui ne me quitte jamais et envisage de brûler la copie qu'elle m'a tout de même rendue. J’imagine la pauvre jeune fille, malade, mais devant reprendre son RER pour rentrer chez elle et agoniser sous sa couette, angoissant à l’idée de rater tous ses partiels. Je lui envoie un email rassurant pour lui proposer de rattraper son examen ultérieurement, lui rappelle de bien consulter un médecin pour avoir un certificat médical expliquant son absence et lui conseille de se reposer pour guérir au plus vite. Et de bien rester au chaud. Chez elle.

 

Le négociateur

Il m’a écrit un email. Et puis un deuxième. Mais comme mes réponses ne le satisfaisaient pas, il sollicite un entretien en personne, « pour mieux vous expliquer ma situation madame. » Sauf que sa situation était déjà parfaitement claire dans son premier mail (de 100 lignes). Ainsi que dans ses deuxième et troisième mails (de 400 lignes). Il a 12,5 de moyenne en anglais ce semestre. Or il lui faut impérativement 14 pour présenter un dossier de master 2. Il sait qu’il a des lacunes mais il a vraiment beaucoup travaillé, et puis il a un job à côté pour payer ses études et il fait aussi du théâtre alors il n’a pas beaucoup de temps pour ses études. Et puis l’anglais, c’est une matière mineure, hein. Il trouve que, quand même, je note sévèrement et que ses copies méritaient bien plus que les notes que je lui ai mises. D’ailleurs vous êtes sûre que vous avez bien lu cette phrase là, non parce que j’ai bien mis le « s » à la troisième personne, hein, c’est juste que j’écris pas très lisiblement. Il ne voit pas pourquoi je ne pourrai pas lui rajouter quelques points sur sa moyenne. Ca ne va pas changer ma vie, mais lui, ça fera toute la différence. Non, ce n’est pas ce qu’il dit à tous les profs. C’est juste en anglais qu’il lui faut 14. C’est bête, quand même, vous trouvez pas madame ? Franchement, vous pourriez faire un petit effort.

Le négociateur est reparti avec sa moyenne de 12,5 et quelques réflexions bien senties sur les notions d’effort, d’équité, d’exigence de niveau et de respect dû aux enseignants. Je crois qu’il a aussi appris une nouvelle expression anglophone. WTF.

 

La surdouée

Elle est en double cursus droit-études moldaves. Elle travaille à côté bien sûr car elle vient d’un milieu modeste et sa bourse ne couvre pas tous ses frais. Elle veut présenter un dossier pour partir en séjour ERASMUS l’année prochaine et du coup, elle aimerait bien débuter le portugais en plus de ses cours d’anglais car elle rêve d’aller à Lisbonne. Elle rend des travaux impeccables et toujours à l’heure. Elle n’a été absente qu’une seule fois dans le semestre et elle me prie de l’excuser mais sa maman est décédée le mois dernier, d’ailleurs voici le certificat de décès, mais je vous promets madame, je vais rattraper votre cours. Elle s’investit dans l’association de théâtre de la fac car elle trouve ça passionnant et me demande si elle peut proposer des activités théâtrales pour mon cours d’anglais oral car elle a de supers idées. Je regarde ce petit bout de femme d’une vingtaine d’années, éblouie par tant d’énergie, de motivation, de passion, de projets. Cette femme ira loin, me dis-je, très loin. Rien ne l’arrêtera.

 

L’étudiant lambda

Je le croise dans un couloir. Je sais que je le connais car il me sourit et me dit bonjour. Je ne sais pas s’il se rend compte que je n’ai absolument aucune idée de qui il est ni dans quel cours il est mais j’espère que mon sourire franc et mon salut dynamique donneront le change. Je fais un effort surhumain pour noter un détail physique qui me permettra de l’identifier la prochaine fois. En vain évidemment. Il fait partie de mes 350 étudiants ce semestre, et à moins de me faire son exposé à poil, il y a peu de chance que je me rappelle de lui avant la fin de l’année. Il s’assied au milieu de ses camarades, 2 rangs avant le fond de la pièce. Fondu dans la masse, caché derrière l’écran de son ordinateur ou la tête penchée sur ses notes, il participe peu et évite mon regard quand je pose une question. Dans les activités de groupe il reste un peu dans son coin mais pas assez pour que je le remarque et l’encourage à s’investir davantage. D’ailleurs, il est en général une fille. Car les hommes sont rares dans les matières enseignées dans ma faculté et par conséquent je me rappelle plus vite d’eux.

Elle traverse ma vie sans y laisser de trace particulière. Elle s’appelle Léa, Manon ou Sara. Elle est brune et enveloppée dans une grande écharpe de laine. J’aimerais bien la connaître mieux car je sais qu’elle est fascinante. D’ailleurs c’est en général quand je lis sa copie que je réalise qui j’ai devant moi : un esprit fin et pertinent qui s’exprime avec clarté. Elle se livre un peu, ouvre la porte vers son monde et je la découvre le temps d’une correction. Le temps de m’apercevoir que, décidemment, il y a des frustrations dans ce métier où on abat des heures de cours devant des publics anonymes et trop nombreux…

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10 janvier 2017

Non aux cadences infernales!

Dumbledore

Je crois que mon corps essaye de me dire quelque chose... 

Depuis deux semaines, j'ai mal au dos. Au début ce n'était qu'un léger pincement dans les lombaires. Puis progressivement la douleur s'est accrue, m'obligeant à rectifier mes postures, bien plier les genoux quand je me baisse, et maintenant je ne me lève plus d'une chaise sans me soutenir le dos dans une grimace de douleur, le moindre changement de position est une torture et non je ne te parle pas de ma vie sexuelle, idiot. Donc je crois que mon corps essaye de me dire quelque chose. Genre "Stop!" ou "Va te coucher!" (Lol). 

Il est vrai que je tire peut être un chouïa trop sur la bête. C'est pas moi qui le dit mais la dame de 55 ans qui est dans mon cours de yoga et qui m'a dit ce matin même: « Mais tu n'en fais pas un peu trop?" Alors qu'on ne se connaît ni des lèvres ni des dents comme dirait l'autre.

Au boulot c'est pareil. Tout le monde me dit que je suis "très énergique quand même". Le "quand même" m'invite à penser que ce n'est pas forcément une qualité. Certes, je cours tout le temps, et quand je marche, c'est d'un pas pressé et bruyant. Je n'y peux rien, je déteste perdre mon temps et tout déplacement donne lieu chez moi à une activité parallèle. Genre je suis en train d'écrire ce billet dans le métro car c'est du temps gagné. Quand je plie mon linge, j'en profite pour appeler la banque, quand je fais les courses j’ai au moins une copine au téléphone en même temps (quand ce n’est pas une conf’ à trois) (et non je ne te parle toujours pas de ma vie sexuelle, cochon) et quand je fais mon yoga, je prépare mes cours mentalement comme je te le disais pas plus tard que la semaine dernière (et là je place discrètement le fait que je tiens à fond ma résolution numbeur fwoui). Donc en gros je ne m'arrête jamais. La nuit non plus puisque je te rappelle que je suis pourvue de 3 exquises petites filles qui, quoique faisant mon bonheur quotidien, n'en pourrissent pas moins très (trop) régulièrement mon temps de récupération nocturne à moi que j’ai. Je ne te parle même pas des exigences nocturnes de Tendrépoux qui empiètent aussi allègrement sur mon sommeil (elle était là la parenthèse sur ma vie sexuelle, j’espère que tu as aimé, tu n’en sauras pas plus). Et puis dormir, c'est tricher, on dormira quand on sera mort, comme disait je sais plus qui mais certainement quelqu’un de très bien.  

Mon corps semble donc avoir pris les commandes. Il se rebelle, il se rebiffe, il refuse d'obtempérer. Tiens toi bien, je n'ai même pas pu faire une charrue ou même me tenir en position du fœtus au yoga ce matin. La te-hon absolue. Mon corps me lâche, mon corps est dans la rue (au sens figuré hein, va pas te faire des idées!), mon corps ne veut plus avancer, tape du pied et est a deux doigts de se rouler par terre en hurlant. Mon corps manifeste avec une pancarte "Stop aux cadences infernales!" Mon corps ne veut plus négocier, il passe en 49.3. 

Alors plutôt que d'écouter la petite voix culpabilisante dans ma tête qui me dit d’avaler quelques anti-inflammatoires, d'enfiler un corset et de me remettre à ma préparation de cours, je crois que pour une fois je vais l'écouter, prendre rendez-vous chez l'oestéo ou le premier rebouteux venu puis rentrer chez moi prendre un thé bien chaud, me vautrer, bien calée dans des coussins, dans le canapé et mater la dernier saison de Grey's Anatomy. Et je crois que mon corps réclame aussi des cookies home made. Ou des Oreos. Je suis pas sûre, je suis pas très habituée à l'écouter.  

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01 janvier 2017

(Modestes) résolutions pour 2017

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En exclusivité, ta Titcheur, (modestement) sublime dans sa (modeste) tenue de soirée, lors de ses (modestes) agapes pour le passage à 2017. 

 

Je te souhaite une merveilleuse année, fidèle lecteur! Que 2017 te soit douce et profitable. Qu’elle t’apporte joie et prospérité, santé et sérénité, nuits non interrompues et journées bien remplies. Que tes amours soient solides et tes amitiés exaltantes. Et vice-versa. Que tes finances soient inversement proportionnelles à tes soucis (ou tes kilos en trop) (chacun ses soucis). Que tes mayonnaises prennent, que ton vin ne soit jamais bouchonné, que ton petit orteil ne heurte jamais un coin de table, que personne ne te dérobe ton précieux, et que la gastro évite ta demeure pour les 365 prochains jours. Mes voeux sont modestes, je sais, mais tu penseras à moi à chaque fois que tu ouvriras un bon Maranges.

Pour ma part, voici mes résolutions pour 2017: 

Résolution n°1: prendre des résolutions tenables. L’an dernier je te faisais doucement rigoler avec mon projet de perdre mes kilos de grossesse en suivant les cours de fitness de Tracy Anderson dont les vidéos sur Youtube sont à la gymnastique ce que les sandwiches SNCF sont à la gastronomie. Cette année, je serai plus modeste. Déjà parce que je n’ai plus de kilos à perdre (j’en rougis de modestie) mais que ce n’est pas grâce à Tracy Anderson qui devrait plutôt se recycler dans les forces spéciales irakiennes pour aller faire peur à Daesh en Syrie tellement ses vidéos sont une torture pour le corps. Mon secret minceur (*voix de pouffiasse insupportable*)? M’occuper de mes 3 enfants en bas âge tout l’été dans une maison de vacances à 3 étages. En plaçant judicieusement la table à langer au dernier étage et en multipliant les montées d’escaliers, tu grilles approximativement 3012 calories. Accompagné d’un régime strict à base de spritz et de pâté de tête, tu perds 4 kilos en 3 semaines. Ne me remercie pas, j’aime contribuer au bien-être de mon prochain (t’ai-je déjà dit que Modeste était mon deuxième prénom?). 

Résolution n°2: lire. Un peu. Quand j’ai le temps et l’envie. Pas de pression. L’an dernier je publiai à la fanfaronnade une liste de livres que je n’ai donc absolument pas lus. J’en suis toujours page 273 des Versets Sataniques de Salman Rushdie et je m’endors systématiquement à la même ligne et à 22h14. L’intégrale de Sherlock Holmes attend sagement son heure sur mon chevet et j’ai le projet de lire le dernier Harry Potter, of course, mais aussi City on Fire (reçu à Noël… 2015…). On en reparle en 2021 donc. 

Résolution n°3: continuer le yoga avec assiduité. Depuis la rentrée je prends des cours de yoga toutes les semaines et c’est une révélation! 1 heure trente minutes de bonheur intégral, de relaxation spirituelle et physique d’où je ressors le corps et l’âme dénoués. Respirations, étirements, postures, torsions s’enchaînent et pendant ce temps mon cerveau bouillonne. Bizarrement, je ne déconnecte pas du tout: je prépare mes cours mentalement, organise mes journées dans ma tête pendant que mon corps suit la mécanique du yoga.  Chien tête en bas, mon cours du jeudi prend forme. Posture du cobra, j’imagine une activité linguistique innovante (rien que ça). Posture du triangle, je réalise qu’il me manque un exercice de vocabulaire pour préparer mon atelier d’écriture créative du vendredi. Et ainsi de suite jusqu’à ce que ma semaine de cours soit mentalement prête. Physiquement, les bien-faits sont énormes: je n’ai plus mal au dos depuis que je pratique ce sport et les deux semaines d’interruption des vacances (et mes lombaires) me rappellent à quel point le yoga me fait du bien. Vivement mardi donc et Namasté à tous! 

Résolution n°4: écrire plus régulièrement. Au moins deux billets par mois (elle est loin la période où je t’écrivais un calendrier de l’avent bloguesque, soit 24 billets en 24 jours, hein? J’étais si créative (et nullipare…) à l’époque!). Si tu savais le nombre de billets commencés dans ma tête et jamais mis à l’écrit faute de temps, tu m’en voudrais beaucoup, toi qui adore te délecter de ma plume à tes heures perdues (modestie, je crie ton nom). J’aime pourtant tellement écrire, mais là encore, faute de temps, je dois prioriser. Et bizarrement, écrire un billet arrive loin  (très loin) derrière faire les courses, préparer à manger, récupérer les enfants, s’occuper des enfants, torcher les enfants, nourrir les enfants, laver les enfants, sortir les enfants et accessoirement bosser. 

Résolution n°5:  chérir Tendrépoux. Parce que cette année on fête nos 10 ans de mariage tout de même. Tes idées cadeaux sont les bienvenues en commentaires (pas sur Facebook, il lit la page!). Il m’offre un voyage surprise, va falloir rivaliser. Donc à part l’adorer pour les 364 prochains jours, il va falloir que je me creuse le ciboulot pour célébrer mes 10 années d’union à cet être exquis qui illumine mon quotidien et me fait bidonner chaque fois qu’il se saisit d’un outil pour bricoler. 

Résolution n°6: profiter des enfants. Je ne te soulerais pas ici sur le fait que j’idolatre mes enfants, que je les adore, que je les aime plus que tout, comme un fou comme un soldat comme une star de cinéma toussa toussa. Soit tu n’as pas d’enfants et tu t’en fous. Soit tu as des enfants et tu vois de quoi je parle mais tu t’en fous quand même. Dans les deux cas tu as bien raison.

Je vais m’arrêter là sur les résolutions. Si j’arrive à m’y tenir ce sera bien. Verdict dans 364 jours.

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07 décembre 2016

Taupe modèle - final

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Cela fait un moment que je veux écrire ce billet. Comme tu le sais puisque tu lis ce blog religieusement tous les jours (oui, même les jours où je n'écris pas, c'est à dire à peu près 345 jours par an, je comprends ton addiction, moi-même j'avoue une compulsion incompressible pour les pages nécrologies du Figaro, c'est mon petit plaisir coupable quotidien et ça me rappelle ma chance d'être en vie), comme tu le sais disais-je, je suis une ancienne taupe. J'ai passé 30 ans de ma vie avec des lunettes et des lentilles. Mais ça, c'était avant comme le dit la pub. Depuis je me suis fait opérer de la myopie et je t'ai raconté cette immersion furtive dans le monde de la charcuterie avec force détails ici. Et comme tous les opérés, je m'esbaudissais de façon assez insupportable sur ma vision bionique (ta mère) (blague poétique numéro un). 

Mais pour être tout à fait honnête, il faut que je raconte la suite maintenant, ne serait-ce que par devoir moral envers tous ceux qui envisagent de se faire opérer ou ceux pour qui l'opération n'a pas été le succès espéré. Parce qu'en fait ma vision à l'œil droit s'est assez vite détériorée. Rien de méchant, hein, on est loin de l'œil de verre et du bandeau de pirate mais disons que les mois qui ont suivi l'opération, ma vision n'était pas très nette, surtout en cas de lumière faible. Je t'entends déjà ricaner, fourbe que tu es: « Dans le noir on voit rien c'est normal, elle a pas inventé l'eau tiède la Titch! »  Évidemment, sot! Par lumière faible, j'entends les lumières artificielles type néon ou lumière de fin de journée en novembre par temps de bruine. Bref dans les couloirs du métro ou de la fac, j'avais du mal à voir. La nuit c'était encore pire. Conduire de nuit par temps de pluie était aussi raisonnable pour moi que d'aller se baigner au milieu des requins quand on a ses règles (blague poétique numéro deux). Bref, je commençais à stresser et passais mon temps à me masquer un œil, puis l'autre, et à auto-évaluer ma vue. 

Au mois de mars 2013, soit 6 mois après mon opération, Tendrepoux et moi partîmes à Miami fêter ses 40 ans. Oui je sais, tu ne t'imaginais pas que ta Titcheur, être subtil aux goûts délicats et hautement intellectuels, puisse aller se vautrer dans des lieux aussi décadents! Ceci fera l'objet d'un billet spécial Maillami (comme on dit en bon ingliche) parce qu'il n'y a pas que des putes et de la drogue là bas (il y a aussi des hommes à moitié nus qui font du sport sur la plage) et si tu es très gentil, je te dirais même où on mange le meilleur hamburger de l'univers. 

Mais revenons à nos lorgnons. 

A Miami, le jour, je revivais.  La lumière était si pure, le ciel si bleu et le soleil si brillant (poil aux dents) que j'avais l'impression d'avoir des yeux de lynx. Mais le soir, quand nous pouvions enfin admirer la skyline illuminée, quelle déception (poil au fion) (blague poétique numéro trois)! Des tâches floues au lieu des lumières si éclatantes des devantures des hôtels Art Déco et les yeux si secs (merci la clim') que j'avais vraiment la sensation d'avoir quelque chose (genre un morceau de verre) dans l'œil droit. De retour à Paris je filais chez mon médecin. Verdict: sécheresse oculaire (sans blague), un œil gauche à 12/10 et l'œil droit à 9,5/10. Je repartais avec mes larmes artificielles et tachai d'oublier ce léger différentiel entre les deux yeux. Jusqu'à l'hiver suivant où, exaspérée par l'écart de vision, je commençais à sérieusement m'inquiéter. Je retournai voir mon ophtalmologue qui me confirma cet écart minime mais m'expliquait que la plupart des gens s'accommodaient rapidement de ce genre de différence entre les yeux. Sauf que dans mon cas, cette différence me dérangeait vraiment et en permanence. Le médecin me proposa une retouche - gratuite- pour tenter de remédier au problème. 

Après 15 jours de réflexion et de recherches frénétiques sur internet à base de mots clefs du style "retouche après opération myopie cécité?", je retournai le voir et acceptai la retouche. Je connaissais la procédure et savais à quoi m'attendre. Il m'expliqua qu'il n'aurait pas besoin de re-découper ma cornée mais qu'il lui suffirait de soulever le capot de l'ancienne opération. 

Le jour J je me rendis à la clinique après avoir pris soin d'ingurgiter un Lexomil (riche idée compte tenue de la suite des événements...). 

Âmes sensibles, si vous préférez éviter les détails je vous invite à aller lire les meilleurs tweets de Donald Trump ici (mais il n'est pas sur que vous ayez moins envie de vomir ensuite). 

Je m'allongeai sur la table et une fois les gouttes d'anesthésie instillées dans mes yeux, je devinai les gestes du médecin. Il devait "juste" soulever le capot. Sauf que, pas de bol, j'avais tellement bien cicatrisé de ma première opération que le capot ne voulut pas s'ouvrir. Le médecin insista, délicatement bien sûr. Il changea d'outils. Au bout de 5 interminables minutes il me dit: "Bon je n'y arrive pas. Je vais essayer une dernière chose mais si ça ne fonctionne pas, je n'insisterai pas. Mon unique but est de vous apporter un mieux, pas de prendre des risques. Levez-vous."  Un énorme Gniiii? mental m'envahit mais j'obtempérai et allai m'installer vers l'appareil qu'il me désignait. Je commençai à regretter ma décision. Après tout j'aurais bien fini par m'habituer, pourquoi aller chercher la petite bête? Et si j'étais en train de faire une énorme bêtise? Et si je perdais mon œil droit? Et si je faisais un arrêt cardiaque sur cette table juste pour 0,5 dioptries à la noix? Au bout de 2 minutes de trifouillage avec ce qui me semblait être un tire-bouchon rouillé, il réussit enfin à soulever le capot. Je me rallongeai sur la table et le laser fit son office en 5 secondes. Je repartis un peu tremblante mais soulagée. 

Les suites de l'opération furent beaucoup moins douloureuses que la première fois. Aucune sensation désagréable mais la satisfaction d'avoir récupéré une vision parfaite à l'œil droit. Impression confirmée le lendemain lors de la visite de contrôle. 

Seul hic, je réalisai 10 jours plus tard que j'étais enceinte de Royal Baby pendant l'opération ! Pas idéal en effet me dit le médecin mais bon, c'est pas comme si on pouvait revenir en arrière. Ma grossesse se passa sans que mes yeux me posent problème (tu me diras, j'étais trop occupée à serrer les cuisses pour ne pas accoucher prématurément...). Mais après la naissance de Royal Baby, fin septembre 2015, rebelote: vision floue, yeux secs. Je paniquais: la grossesse m'avait-elle fait perdre des dioptries? Cette légende était-elle donc vraie? Je retournais sur les forums internet où tous les cas de ratés des opérations se retrouvent pour comparer leur misère : un tel voit double pendant qu'un autre voit des tâches noires dans son champs de vision. En général un troll vient déverser son fiel à base de "faut vous en prendre qu'à vous-même, personne ne vous a forcé à vous faire charcuter, ça vous apprendra, c'est bien fait pour votre sale tête!"  Bref, je me voyais déjà devoir commander des lunettes pour espérer voir net à nouveau. 

Je me rendis donc chez mon ophtalmologue. Après un examen complet il me dit:

« - Écoutez Madame, vous avez toujours 10/10 à droite et 12/10 à gauche. Votre cornée est parfaite. Il n'y a rien

- Mais pourtant je vois flou, surtout en fin de journée. 

- Hmmm. Dites moi, il à quel âge votre bébé?

- 2 mois. 

- Et elle fait ses nuits?

- Ha non pas encore. 

- Hmmm. Donc on peut dire que vous êtes un peu fatiguée en ce moment?

- (Je commence à voir où il veut en venir) Heu oui, surtout avec les 2 aînées qui ne sont pas bien grandes non plus...

- Et vous passez du temps sur les écrans?

- Oui. Je travaille sur mon ordinateur plusieurs heures par jour. 

- Bon écoutez, je pense que vous êtes fatiguée. Il faut arrêter de chercher la petite bête. Tout va bien. »

Je pris congé, un peu piteuse, mais rassurée également. Il n'y avait aucune méchanceté ni même de condescendance (peut-être un soupçon d’exaspération) dans les propos de mon médecin, juste un constat que j'étais incapable de faire moi même: quand on est épuisée on ne voit rien. 

Aujourd'hui, un an après, ma vision est parfaite de jour comme de nuit. Je n'y pense même plus à vrai dire. Mais je tenais à écrire ce billet au cas où une autre personne aussi angoissée que moi veuille lire un autre témoignage que ceux qu’on trouve sur les forums et qui sont souvent très anxiogènes. Donc oui une retouche peut se passer très bien et avoir les effets escomptés (poil au nez). Et non a priori vos yeux ne vont pas se dessécher et tomber de leurs orbites (poil à la bite). Je te laisse, cher lecteur, sur cette note de poésie et t’en souhaite une bien belle (de journée) (pas de bite). 

 

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16 novembre 2016

Quatre?

babyboom

J’avais pourtant juré que c’était terminé. J’étais définitive et sûre de moi. J’en avais même parlé là. J’avais atteint la sérénité qui accompagne la certitude de ses choix. Trois enfants, c’était déjà miraculeux étant donné notre parcours. Et puis notre appartement était déjà trop juste pour nous 5, mes grossesses ont toutes été compliquées, nous avions 3 enfants en bonne santé, pourquoi tenter le diable? 

Est-ce les insinuations à peine voilées d’un Tendrépoux qui s’imagine déjà père d’une ribambelle d’enfants? Ou bien les plaisanteries de notre entourage qui ne nous voit apparemment pas du tout nous arrêter là? Ou peut-être les couples qui, autour de nous, se lancent dans l’aventure des familles (vraiment) très nombreuses?  Quoiqu’il en soit, je me prends depuis quelques temps à rêvasser de nourrisson et de ventre arrondi. Je m’attendris sur les nouveaux-nés des copines, et jurerai presque avoir eu une montée de lait au son des vagissements du fils de 3 semaines d’une amie. 

Hier soir, Tendrépoux travaillait tard. J’allumai donc la télévision pour me tenir compagnie pendant que je corrigeais mes copies de grammaire (des chefs-d’oeuvre qui mériteraient un billet à eux seuls). Je tombai sur l'émission « Baby-boom » diffusé sur une chaîne de la TNT. Je ne regarde plus ce genre de programmes depuis quelques temps déjà (14 mois en gros) (date de mon dernier accouchement), mais je dois admettre que je suis toujours aussi émue par la venue au monde de tous ces beaux bébés, et je me remémorai, l’oeil humide, mes propres accouchements. 

Malgré les difficultés, l’alitement, les contractions, le stress, j’ai toujours adoré être enceinte. Et malgré les douleurs et les suites de couches vraiment pas glamour, j’ai adoré mes 3 accouchements. J’ai presque regretté avoir eu la péridurale pour le dernier tellement je gérais bien mes contractions pendant tout le travail (presque j’ai dit). Et si, la prochaine fois, je tentais d’accoucher sans péridurale?

Alors que j’étais perdue dans mes pensées, une quinte de toux attira mon attention. J’attendis un peu mais en voyant que Royal Baby ne se rendormait pas, j’allai la chercher. Elle toussait beaucoup et avait le nez pris. Je décidai donc de la prendre un peu avec moi, histoire de la laisser respirer après l’avoir mouchée. 

Je me rassis devant l’émission et en profitai pour plonger ma tête dans ses boucles blondes, humant leur parfum, embrassant son petit cou tout chaud. Je la serrai fort contre moi, savourant ce moment si rare où nous n’étions que toutes les deux. Dans ma tête, une pensée se formait, de plus en plus précise. Après tout, pourquoi pas? Je suis encore assez jeune et mon corps semble avoir enfin compris comment on faisait. Mon mari est partant et j’aime tant les bébés! Je suis peut-être prête à recommencer. 

Tendrépoux arriva sur ces considérations intérieures. Il me raconta sa journée, le stress de son boulot et se prépara à manger. Je décidai de recoucher le bébé qui se frottait les yeux. Mais alors que je m’avançai vers sa chambre, elle fut prise d’une violente quinte de toux. Si violente qu’un geyser de vomi expulsa la tétine de sa bouche et vint s’écraser sur le premier obstacle venu. En l’occurrence ma personne. Je me retrouvai donc avec un bébé très étonné par cette première expérience dans les bras, intégralement recouverte des restes de sa purée au potiron. La matière encore chaude dégoulinait dans mon décolleté, glissait le long de mon ventre et venait s’accumuler le long de ma ceinture. Tendrépoux me prit le bébé des bras et, retenant un spasme de dégoût, lui retira ses habits souillés. Quant à moi je filai dans la salle de bains pour me laver intégralement et passai la demi-heure qui suivit à essayer de récupérer mon pull cashmere et à me débarrasser de cette odeur de tenace. Il était 23h43. Je m’en souviens bien parce que c’est l’heure à laquelle le principe de réalité est venu se rappeler à moi. Les enfants, ce contraceptif naturel…

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10 novembre 2016

Miscellanées de Novembre

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Je ne reconnais au mois de novembre que deux vertus : le 1er et le 11 novembre. Cela doit être la feignasse de prof en moi qui parle, mais on m’accordera le droit de penser que 2 ponts (quand ils ne tombent pas le week end ou pis, pendant les vacances scolaires !), c’est bien la moindre des choses qu’on pouvait instaurer pour nous faire supporter ce mois indigeste.  

Je ne parle évidemment pas de la météo. Novembre n’y est pour rien s’il fait déjà -2° et qu’il pleut à verse toute la journée. Novembre fait son job, il nous prépare physiquement au véritable hiver en venant titiller nos défenses immunitaires. Cette année, la gastro de Noël est en avance… ça promet ! 

Et puis c’est la faute d’Octobre si on a changé d’heure, même si c’est en Novembre qu’on se le prend en pleine face. Les 7 premiers jours de ce mois honni, Maprinchesse et Royal Baby se sont organisées pour se réveiller, chacune à leur tour, vers 5h30, afin de s’assurer que leurs parents adorés arborent au plus vite le teint grisâtre incontournable cette saison. 

Heureusement, si le changement d’heure fait que le soleil est déjà levé à l’heure où l’on peut contempler son teint défraîchi dans le miroir le matin, le corollaire est qu’il fait nuit dès 17h, limitant de facto toute sortie avec les enfants à se promener dans la rue (les parcs fermant plus tôt), exercice peu ludique pour eux, engoncés qu’ils sont dans leurs doudounes, écharpes et bonnets. Faire les boutiques ? Un fou rire nerveux s’empare déjà de moi rien qu’à l’idée d’imaginer mes 3 filles chez Zara, à courir dans des directions opposées pendant que j’essaye de calmer le bébé dans sa poussette sous le regard désapprobateur de vendeuses nullipares ultralookées. 

Je ne remercie pas non plus les Américains pour être venus nous pourrir le mois encore un peu plus en élisant un homme aux problèmes capillaires proportionnels à la noirceur de son âme. Je vais faire ici une parenthèse politique exceptionnelle : ne nous étonnons pas de l’élection de Donald Trump. Notre vision de petits Français si progressistes et supérieurs, drapés dans nos valeurs républicaines et notre supériorité intellectuelle n’a aucune valeur sur le territoire américain et est en général complètement faussée par notre égocentrisme hexagonal. Alors on peut dénigrer ces abrutis de Ricains incultes et amoureux de leurs armes à feu, on peut se moquer du candidat élu et du chihuahua qui lui tient lieu de chevelure, on peut se rassurer en se disant que personne n’est assez bête pour voter pour un type qui se vante de tripoter des femmes, qui veut interdire l’accès au sol américain à tous les musulmans ou qui veut construire un mur le long de la frontière mexicaine payé par les mexicains of course. On peut continuer à se voiler la face, mais alors il ne faudra pas être surpris lorsque notre Donald Trump à nous (Marine Le Pen pour ne pas la nommer), sera non seulement au deuxième tour de l’élection présidentielle (ça, tout le monde semble l’avoir acquis avec un naturel qui me semble déjà problématique), mais peut-être bien élue présidente si le même scénario se déroule ici. Elle n’a rien besoin de dire. Elle n’intervient plus dans les médias. Elle n’en a pas besoin. Elle laisse faire les autres. Les laisse s’enliser dans la turpitude de leurs faux débats (voter Juppé aux primaires, est-ce voter Bayrou ? Macron sera-t-il candidat ? JL Mélanchon porte-t-il des caleçons rouges ?). Elle les laisse montrer à des électeurs désabusés qui hurlent pourtant depuis des années maintenant leur ras-le-bol de ces élites politiciennes que le système ne change pas. Ces mêmes élites et ce même système que représentait une certaine Hillary Clinton. Donc faudra pas s’étonner si nos bouseux arriérés à nous votent « mal » en 2017…

Bref, c’était mon analyse éminemment personnelle et sans aucune prétention à un quelconque  prosélytisme. 

Bon et puis, faut-il le rappeler ? Le mois de novembre restera désormais à jamais lié aux attentats du 13. J’avais fait le récit des événements que j’avais vécus ici. Je ne reviendrai pas dessus. Chaque fois que j’en entends parler, mon cœur se serre et bat plus vite. Les larmes me montent aux yeux. J’évite de regarder les reportages actuels sur les victimes ayant survécu au drame. Parce que je suis très mal à l’aise avec le traitement impudique qu’en font les médias, avec force musique dramatique en fond et zoom sur les yeux humides de la victime. Il faut se souvenir, évidemment mais je doute que ce soit en remuant les horreurs commises et vécues ce soir là qu’on rendra vraiment hommage à ceux qui ont perdu la vie ou qui sont restés traumatisés dans leur chair ou leur esprit. Mais bon, je peux aussi comprendre le besoin de raconter et de se livrer et je suis une grande fille qui n’est pas obligée d’allumer la télévision. 

Je propose donc de tout bonnement supprimer ce mois inutile. Ca fera 30 jours de moins à l’heure d’hiver et on saura pourquoi les supermarchés ont déjà mis tous les produits de Noël en rayon. Et comme je ne veux léser personne, je propose que tous ceux qui sont nés en Novembre (les pauvres !) puissent choisir une date anniversaire plus cool et, de facto, le signe astrologique qu’ils préfèrent. Les Scorpions me remercieront. Quant aux deux jours fériés, il va de soi qu’ils seront déplacés à des dates plus pratiques (genre en février pour qu’on puisse se faire des weekends au ski prolongés ou en juin, pour profiter du soleil). Votez Ingliche Titcheur ! 

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08 octobre 2016

The Back to School (merci Google translate)

wine

Il y a 3 semaines, je te narrais avec angoisse mes cauchemars pré-rentrée universitaire. 3 semaines déjà et pas une minute pour revenir t’en parler en ces modestes lieux. Dire que je suis sous l’eau est un vaste euphémisme. Je suis sous l’eau avec des enclumes dans les poches. Et des boulets aux pieds. Sous une couche de banquise épaisse. Non je ne dramatise pas *main sur le front, tête rejetée en arrière*.  

Je cours partout: pour être à l’heure à la fac, pour être à l’heure à la crèche et pour être à l’heure à l’école. Pour préparer les repas à l’heure, donner les repas à l’heure et coucher tout le monde à l’heure. Et enfin pour que mes cours soient prêts à l’heure, que mes copies soient corrigées à l’heure, que mon boulot administratif soit rendu à l’heure et pour répondre à tous mes mails à l’heure. Je ne parlerai pas de tous les milliards d’autres trucs qui doivent être faits à l’heure aussi, je commence à avoir l’impression d’être le crocodile de Peter Pan qui a avalé une horloge… Par contre, je ne compte pas mon temps quand il s’agit de distribuer les bisous, faut pas pousser non plus!  

Mais je ne suis point là pour venir geindre et me complaire dans un misérabilisme aussi inapproprié que loin de la vérité. La vérité, c’est que je suis HEUREUSE. J’adore courir partout, être éreintée le soir et avoir mille choses à penser. Certes, j’espère respirer un peu plus à la fin du semestre, mais j’avoue apprécier ma vie en ce moment. Tu en déduiras donc (fin limier que tu es) que la rentrée s’est très bien passée. En effet, on peut le dire.  

Les murs ont beau être toujours aussi amiantés, certains collègues toujours aussi peu aimables et quelques étudiants toujours aussi râleurs, j’ai l’impression de flotter sur un nuage d’optimisme et de foi en mon prochain. 

J’ai retrouvé avec plaisir les étudiants. Ils changent chaque année, je n’ai pas forcément les mêmes têtes dans mes classes, mais à chaque fois, je suis fascinée par ces jeunes hommes et jeunes femmes. Ils ont 20 ans et la vie devant eux. Certains sont perdus, n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire et regardent l’avenir avec inquiétude. D’autres ont des projets plein la tête, rêvent de voyages à l’étranger et de jobs exotiques. D’autres encore se fondent plus dans le décor, ombres croisées dans les couloirs. Mais tous me touchent au plus profond de moi. La maternité a du me « ramollir » un peu mais je suis émue d’être le témoin et même parfois l’assistante de ces jeunes qui sont la force vive de notre pays (#jedeviensvieille). Je les observe et aime imaginer leur vie en écoutant les bribes de leurs conversations. Ils sont sérieux, ils bossent dur, ils jonglent souvent entre leurs études et un job alimentaire dont la rémunération est souvent proportionnelle à l’intérêt. Certains découvrent Paris et sa vie culturelle et j’adore les entendre s’émerveiller de leur dernière trouvaille. Cela me rappelle mes propres années étudiantes et nos sorties entre copains (#sérieuxjedeviensvieille). Bref, je regarde et traite tous ces jeunes étudiants avec toute la bienveillance possible. 

Rassure-toi, il m’arrive bien sûr de m’agacer sur l’étudiant qui « n’a pas trouvé la salle » après 3 semaines de cours. Les mails écrits par les parents des étudiants en L2 me laissent toujours pantoises. J’ai toujours des sueurs froides lorsqu’un étudiant en Master me sort « I have 20 years ».  Et bien sûr, tout n’a pas été facile côté administratif: il y a eu quelques ratés, des profs qui ne sont jamais venus, des salles attribuées à deux cours en même temps, des files interminables devant les bureaux pour les inscriptions pédagogiques. Mais j’ai aimé retrouver cette atmosphère estudiantine et le fourmillement intellectuel de l’université. 

Les projets de recherche, les colloques, les conférences: tout ce monde me fascine et même si je n’en fais pas (encore) partie, je commence à essayer de cerner les sujets qui pourraient m’intéresser dans un futur lointain mais peut-être pas tant que ça (tu as vu cette habile mention, l’air de rien, que je me collerai bien à une thèse?). 

Voilà où j’en suis, cher lecteur. Fatiguée, mais heureuse (mais fatiguée). D’ailleurs, je vais devoir te laisser, s’il y a bien une chose qui n’attend pas, c’est l’heure de l’apéro!

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15 septembre 2016

Cauchemar

Cauchemar

J’entre dans l’amphithéâtre. Malgré l’immensité des lieux, il fait chaud. Je m’avance vers l’estrade, les bras chargés de photocopies, mon ordinateur pesant lourd sur mon épaule endolorie. Pourquoi ai-je mis des talons? Je vacille en descendant les marches interminables qui me conduisent sur la scène. C’est mon premier cours en amphi, moi qui n’ai jamais enseigné que dans des petites salles de 40 personnes. Aujourd’hui, ils seront 400. 

Autour de moi, le bruit des étudiants qui s’installent, papotent, et semblent faire peu de cas de ma présence. Je tapote le microphone du doigt, racle ma gorge et lance un « Hello everyone, please have a seat so that we can begin ». Ma voix n’a pas tremblé. C’est déjà ça. Pas de réaction dans la salle où les étudiants avancent mollement, dans un brouhaha incompréhensible. Je les observe, mais ne vois qu’une masse sans visage. 

Je décide de commencer le cours, malgré la rumeur ambiante. Je sais qu’en amphi, il est impossible d’avoir le silence complet. Il faut juste que je m’habitue et que je me lance. J’ouvre mon ordinateur, je farfouille dans mes papiers. Je ne retrouve pas mon premier cours. Je ris nerveusement. Wait a second guys. Je sens les regards converger vers moi tandis que je cherche de plus en plus vainement un papier qui n’est manifestement pas dans ma sacoche. Non, pas aujourd’hui! Je ne vais quand même pas improviser 1h30 de cours magistral! La rumeur grandit dans la salle, amplifiée par les volumes démesurés. Une goutte de sueur perle sur ma joue. Il fait vraiment trop chaud ici. 

Et puis ça commence. Un « C’est vraiment n’importe quoi! » s’élève. Suivi d’un « C’est quoi cette prof? » anonyme. Je les prends en pleine figure. OK let’s start, people! Mais personne ne m’écoute. Les étudiants ne sont même pas assis. Ils approchent, m’encerclent, le visage méprisant. Et là, je réalise que je les connais. Ils sont tous là: Ahmed, Toufik, Etienne, Sofiane, et même… non c’est impossible! Jean-Kevin! Tous les élèves qui ont, à un moment ou un autre de ma carrière, réussi à me déstabiliser par leur comportement, leurs mots et parfois leur violence. Ils sont tous là et ils me narguent, Jean-Kevin en tête, entraînant les autres dans leur lynchage public. 

Je n’ai jamais eu aussi chaud, j’essaye de me raccrocher à un semblant d’autorité. Asseyez-vous ou sortez! Merde, c’est sorti en français. J’ai l’impression d’avoir des papiers plein les mains et ne plus savoir qu’en faire. Ils tombent par terre, je les ramasse. Les étudiants n’obtempèrent toujours pas et me regardent m’enliser dans la masse de polycopiés. La pendule indique qu’une heure est déjà passée. C’est impossible. Nous n’avons rien fait. Ils ne sont même pas assis et je ne me rappelle même plus ce que j’étais censée leur enseigner. Ils ont mis au jour l’imposture que je suis et ils le savent. Ils n’éprouvent aucune pitié. Je ferme les yeux un instant, priant pour me réveiller de ce cauchemar éveillé. Et le rire grinçant de Jean-Kevin retentit. 

 

Illustration: Le Cauchemar, Füssli, 1781. 

 

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30 août 2016

Partir en vacances avec 3 enfants de moins de 5 ans

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Si tu lis ce blog régulièrement, genre depuis sa création il y a bientôt 7 ans, il ne t’aura pas échappé que l’année dernière à la même époque, c’était un peu la lose chez les Titcheur. Pour te la faire courte, je passai mon été alitée à compter mes contractions en serrant les ovaires très fort dans l’espoir de ne pas accoucher prématurément de ma puînée (qui, rappelons-le, est finalement née à 4 jours du terme) (oh the irony!). Pendant ce temps, Tendrépoux goûtait les joies de la parentalité célibataire en vacances avec les 2 « grandes » (3 ans 1/2 et 18 mois à l’époque). Il rentra épuisé, cerné et le pied cassé (aucun rapport) tandis que je tentais la méthode Coué en postant des photos de mes pieds dans la litière du chat sur Facebook. La lose totale quoi. 

C’est dire si, cette année, nous avions de grosses attentes quant à nos premières vacances à 5. Et nous n’avons pas été déçus. 3 semaines entre la Bretagne et le sud de la France, tous les 5 ou avec des amis ou de la famille, voilà ce que ça donne des vacances avec 3 enfants de moins de 5 ans (4 ans 2/3, 2 ans presque 1/2 et 10 mois pour être précise). 

La première chose à faire pour être sûr de passer de bonnes vacances, c’est d’être réaliste quant à ce qu’on peut faire lorsqu’on part avec 3 enfants si jeunes. Donc une fois qu’on a bien intégré que les soirées trop arrosées qui se terminent à 4h du matin, les grasses matinées, la plage entre 12h et 16h, le farniente, le petit verre de blanc avec les huîtres qui vont bien à 11H sur le marché, l’apéro dans le bar sur-bondé à la sortie de la plage et la lecture d’un roman ne sont pas envisageables, on pourra profiter des choses qu’on PEUT faire. 

Comme on est de vrais warriors avec Tendrépoux, nous avons même commencé nos vacances avec Marine (d’Une Chambre à moi) (si tu ne connais pas, tu vas là et tu lis) (et puis tu reviens finir ce billet) (faut pas déconner non plus) et Jean-Chou et leurs 3 enfants de 8 ans, 6 ans et 2 ans 1/2. Ouais, 1 semaine avec 6 enfants. Je te raconte pas la logistique. N’empêche qu’on a assuré comme des bêtes et qu’avec une organisation de folie, on a pu profiter à fond de nos vacances tous ensemble. 

Alors oui, il y a un maximum de logistique: préparer les repas de 6 gosses affamés après la plage, les déballer, les doucher, arriver à les coucher, c’était du boulot. Mais franchement, on s’est répartis les taches et ça a très bien fonctionné. J’ai même trouvé que c’était plus cool que le reste de l’année où je m’occupe tous les soirs de mes 3 filles toute seule. C’est dire. 

Les 3 plus grands se sont super bien entendus: ils ont inventé tout un tas de jeux, ont fabriqué une maison pour les fées dans le jardin, et étaient tellement heureux d’avoir le droit de veiller et de faire la fête qu’ils se montraient obéissants quand nous leur demandions quelque chose. La petite dernière a juste été transparente (Royal Baby est le plus choupissime bébé du monde) (objectivité maternelle). Elle a suivi sans broncher tout ce beau monde dans toutes les activités entreprises. N’a jamais râlé sur la plage, même quand elle avait du sable plein la bouche. Seules les 2 petites de 2 ans ont fait quelques étincelles: deux centres de l’univers qui se côtoient d’aussi près, forcément, ça peut faire du bruit.  Nous avons un peu passé la semaine à compter les points entre les « C’est à moi ça ! », « Non à moi! ». Cela ne nous a pas empêché de multiplier les activités (plage, marches sur la côte sauvage, crêpes party, visites, etc) et de refaire le monde en buvant du rosé. 

Le reste des vacances s’est déroulé sur le même rythme. A savoir: se lever tôt (entre 7h et 8h chez nous) (je te raconte pas la grasse matinée de ouf la fois où les enfants ont dormi jusqu’à 8h20) (limite on a cru qu’elles ne respiraient plus tellement ça arrive jamais) (du coup on est allé les réveiller pour se rassurer) (les boulets). 

Aller à la plage entre 9h et 11h30, faire un tour de paddle avec les enfants, nager à tour de rôle pendant que l’autre supervise la construction d’une réplique du viaduc de Millau en sable sur la plage. Nous avons aussi fait des mini-randonnées d’1h avec les enfants qui ont appris à apprécier la marche (bon ok, on avait les 2 petites en sac à dos les 3/4 du temps mais tout de même).  

Déjeuner à midi pétante d’un repas ingénieusement préparé avant le départ pour la plage (tout est dans l’organisation je te dis!). Sachant qu’elles commencent à avoir faim et à le faire savoir à partir de 11h, il vaut mieux que tout soit prêt. 

Puis vient la sacro-sainte SIESTE. C’est important de le souligner car c’est à peu près les deux seules heures de la journée où nous avions un peu de temps pour buller (comprendre: lancer une lessive, débarrasser la table, ranger un peu le bordel ambiant et éventuellement piquer une tête dans la piscine et/ou lire une page de Voici) (enfin « lire », regarder les images)(et s’endormir dessus). 

Le goûter est suivi d’une petite balade sur le port ou d’un tour en vélo ou encore de baignades qui occupent la fin de l’après-midi sans effort. 

Le tunnel 18h-20h n’est pas moins fatiguant en vacances: bain, dîner coucher. Par pudeur vis-à-vis de mes lecteurs nullipares, je ne détaillerai pas ces deux heures là. 

Quand ENFIN les enfants dorment (ou font mine de dormir mais mettent en fait leur chambre à sac) (ce que nous les laissons gentiment faire un peu par démission parentale et beaucoup parce que c’est les vacances merde elles peuvent s’amuser un peu aussi) (en général ça finit dans les pleurs parce que l’une s’est fait mal) (donc en fait on monte 15 fois leur dire de se calmer), quand ENFIN les enfants dorment disais-je, nous pouvons savourer un APERO bien mérité. 

Epuisés par notre journée de fous, le dîner est en général frugal (mais bien arrosé) et c’est sur le coup des 22h que nous traînons nos carcasses rôties par le soleil (après avoir crémé 3 enfants on a un peu la flemme de se tartiner à notre tour) et fourbues d’avoir joué avec les enfants toute la journée jusqu’à notre lit où nous nous endormons sur la page 34 du pavé estival emporté avec optimisme en début de vacances (et dont j’arriverai certainement à bout d’ici 2018). 

Pour résumer, des vacances avec 3 nains c’est fatiguant, c’est beaucoup de logistique, c’est beaucoup (rien que?) des activités adaptés à leur âge, c’est une organisation au cordeau pour ne pas se faire surprendre par ces p*tains de repas qui reviennent toutes les 4 heures, et c’est beaucoup de sport (j’ai du monter l’équivalent de 38 fois la Tour Eiffel en marches d’escaliers cet été). 

Mais c’est aussi des moments privilégiés en famille, c’est voir ses enfants grandir (Maprinchesse est devenue propre en 3 semaines, Royal Baby se met debout, Mamerveille a appris à faire du poney), c’est recharger les batteries côté sommeil (22h-7h, ça fait des nuits plus que correctes non?), c’est finir de perdre ses derniers kilos de grossesse sans effort, c’est profiter à fond des moments pour soi, et se dire avec Tendrépoux que toutes nos galères pour fonder une famille valaient vraiment la peine.

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