Ingliche Titcheur

20 décembre 2020

Journal de bord #5 - Problèmes de communication

syllabus

Préambule: ce billet a été écrit en octobre, et pour une raison que j’ignore encore (surcharge de boulot peut-être?) a été oublié dans les méandres de mon ordinateur… Bizarrement, il est encore complètement d'actualité alors je le publie quand même!

  

Dans ma fac, on travaille depuis le mois de juillet sur une rentrée en mode hybride. On n’a pas voulu croire la circulaire ministérielle nous invitant à faire nos cours en présentiel, avec les distances physiques si possible sans que ce soit obligatoire et en recommandant le port du masque. Manifestement, on a eu le nez creux. Du coup notre rentrée se passe relativement bien puisque nous avions anticipé sur les restrictions en cours. Nous avons bossé d’arrache pied pour adapter tous nos cours à un mode d’enseignement distanciel ou hybride, avons imaginé comment diviser nos groupes de TD en 2 (les étudiants nés un jour pair viennent sur le campus en semaine paire et ceux nés un jour impair viennent en semaine impaire). 

Sur le papier c’est assez clair. Mais nos pauvres étudiants (et pas qu’eux! De nombreux profs sont perdus aussi!) ont du mal à s’y retrouver. Et nous envoient des mails parfois ... déroutants. Petit florilège. 

 

Information donnée aux étudiants: « Votre cours de méthodologie se déroulera à distance sous forme de visioconférences hebdomadaires. Merci de vous connecter le mardi à 9h30 ici: lien vers la visio. »

 

Mails d’étudiants reçus:

« Madame, je suis devant la salle mais je vois personne. »

« Madame ça veut dire que je peux suivre le cours quand je veux? »

« Madame, mais du coup on n’a pas cours? »

 

Information donnée aux étudiants: « Vous aurez cours en présentiel en 1/2 groupes. Les semaines où vous restez chez vous, vous aurez le cours à travailler en ligne. Voici le planning. »

Mails d’étudiants reçus:

« Madame, je peux venir toutes les semaines en cours? »

« Madame, ce qui est en ligne c’est obligatoire? »

« Madame vous pourriez pas faire une visioconférence plutôt ? »

« Madame, pourriez vous me dire si j’ai cours cette semaine? »

 

Et puis il y a ces mails là :

« Bonjour madame. Je vous contacte à tous hasards. Mon cours d’économie chevauche mon cours d’arabe. Pourriez vous me changer de groupe? »

« Bonjour madame. Pourquoi je reçois vos mails? »

« Bonjour madame, le secrétariat pédagogique ne répond pas alors j’aimerais que vous m’inscriviez vous même à votre cours. »

« Bonjour madame. Pourquoi votre cours apparaît en rouge sur mon emploi du temps? »

« Bonjour madame. Je suis cas contact donc je ne pourrai pas assister à votre cours ce vendredi. »

« Bonjour madame. Veuillez trouver ci-joint le résultat de mon test PCR (négatif). »

 

Et puis il y a ce mail là, que j’ai beaucoup reçu et qui me laisse perplexe:

« Madame, ON m’a conseillé de vous contacter car ON m’a dit que vous pourriez m’aider à résoudre mon problème [inserer un problème qui n’a strictement rien à voir avec les cours que j’enseigne] ». Mail auquel je prends tout de même le temps de répondre en essayant d’identifier le bon interlocuteur (y en a quand même un qui m’a envoyé son dossier d’inscription administrative!). Mais j’aimerais bien savoir qui se cache derrière ce ON... 

 

Voilà, tu multiplies ça par 100 et tu as une idée de la tête de ma boîte de réception... je ne blâme pas les étudiants, ils font ce qu’ils peuvent. Mais j’avoue qu’ils ne cherchent pas beaucoup et que je n’en peux plus de rediriger les étudiants perdus vers les bonnes personnes ou les bons services. L’information est largement disponible mais j’ai parfois l’impression qu’ils attendent qu’on les prennent par la main. Du coup je songe très sérieusement à répondre à ce genre de mail en renvoyant simplement cette vidéo que je trouve hilarante.

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08 septembre 2020

Journal de bord d’une Ingliche Titcheur #4 - Préparer la rentrée sous COVID-19 sans céder à la tentation d'en finir

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Dans ma fac, on a repoussé la rentrée au 28 septembre. Quand j’en parle autour de moi, les gens me regardent avec de grands yeux, presque inquiets de ce mois d’oisiveté qui m’attend, on a vraiment pas une réputation de feignasses pour rien, nous les profs, je vais trop m’ennuyer sans rien à faire pendant tout le mois de septembre. 

Si je ne faisais pas un micro-AVC à chaque fois qu’on me demande « Mais tu vas faire QUOI pendant TOUT CE TEMPS?! », je répondrais avec un tact passif-agressif « RIEN, je pars aux Seychelles peaufiner mon bronzage » mais comme je suis une gentille Titcheur payée par le contribuable (c’est ma faute, ma grande faute), je me sens obligée de détailler mes occupations pour justifier ce choix de décaler le début du semestre et branler la nouille pendant que tout le reste de la France va bosser. 

On nous a donc généreusement octroyé une semaine supplémentaire par rapport à d’habitude tout bêtement parce que nous ne reprenons pas les cours normalement. Si les élèves du secondaire et du primaire ont cours « presque » normalement, les étudiants, eux, vont se taper un protocole sanitaire aux fines herbes: distanciation physique obligatoire, cours en 1/2 groupes partiellement à distance, gel hydro alcoolique obligatoire à l’entrée en cours, masque obligatoire tout le temps et partout, emploi du temps imbitable (certains cours sont en visioconférence, d’autres en présentiel mais en 1/2 groupes en alternant selon un code couleur savant, d’autres auront lieu uniquement sur la plate-forme numérique de travail…). 

Bref, c’est un joyeux bordel pour les profs, je n’ose imaginer le carnage que ce sera chez nos chers étudiants.  

Donc en ce moment, je suis en train de m’échiner à transformer tous mes cours du 1er semestre à distance, dans un format pas trop indigeste pour les étudiants qui vont bouffer de la visioconférence et qui vont perdre 3 dioptries par oeil à force de travailler sur écran. S’ils arrivent à comprendre leur emploi du temps et les jours où ils ont le droit de se rendre sur le campus, ils arriveront peut-être à se faire des amis et à profiter de leur vie étudiante. Ils n’auront probablement aucune idée de ce à quoi ressemblent leurs profs. Au mieux, ils en verront la partie supérieure. Idem pour nous, qui allons croiser des hordes de regards anonymes, camouflés sous leurs masques. Je n’arrive même pas à imaginer comment je vais faire mon cours masquée (va expliquer la prononciation d’un mot sans montrer ta bouche…). On fait tous du mieux qu’on peut mais tout de même, je plains la génération de bacheliers 2020 qui n’a pas eu cours depuis mars, pas passé les épreuves du bac (ça va leur faire tout drôle les partiels tous groupés sur une semaine deux fois par an…), qui n’auront pas ou peu les moyens de sociabiliser à la fac et qui vont très probablement connaître un taux d’échec retentissant en première année… 

Pas beaucoup de positif dans ce post de rentrée. Pourtant j’aime toujours autant mon métier. Je suis déçue de ne pas pouvoir mieux accompagner mes premières années autrement que dans des visioconférences hebdomadaires. Je trouve malgré tout beaucoup davantages à l’enseignement à distance (pour peu qu’on ait le temps de se former et de repenser sa pédagogie); mais je suis en colère contre cette situation qui va creuser encore plus les inégalités car, soyons clairs, ça va être darwinien cette année: seuls les plus forts (the fittest, en ingliche, terme beaucoup plus adéquat qu’en français) survivront.

Espérons que toutes ces mesures serviront à quelque chose, parce que cette jeunesse à qui on dit de faire des études pour avoir un bon job, de ne pas faire la fête pour ne pas contaminer leur entourage, de faire des stages pour gagner de l’expérience, mais d’être assidus en cours pour réussir leur année, de ne pas fumer pour ne pas avoir le cancer, de mettre une capote pour ne pas avoir le sida, de mettre un masque pour ne pas choper le COVID, de consommer moins pour moins polluer, de lâcher leur portable pour mieux communiquer, bref, de faire un peu moins de bruit quand ils vivent parce que ça gêne les voisins, cette jeunesse-là, elle en prend plein la tronche et je trouve ça injuste.  

Alors oui, on est tous dans cette situation à la noix, mais en fait non. Toi (oui, toi lecteur) qui a eu 20 ans un jour (il y a plus ou moins longtemps) (j’ai envie de dire plus que moins mais j’ai aussi envie de garder mon lectorat). Toi, tu as fait ta rentrée à la fac (ou en prépa, ou en BTS comme tu veux), avec des rêves plein la tête, des projets, des désirs, une soif de croquer la vie à pleines dents, de savourer ces années dont on ne cesse de dire qu’il faut « profiter » car ce sont « les meilleures » (si, si, on a tous une Tata Nath’ ou un Papy-chou qui nous a dit « Aaahh! 20 ans! Profite! Ca passe tellement vite! Les plus belles années de ma vie! » et qui se resservent un verre de Banyuls avant de te donner des conseils pour réussir tes études et ta vie). Toi, tu as certainement connu des difficultés aussi, tu as peut-être eu du mal à trouver un boulot stable, ou un amoureux, ou à faire un bébé, tu as peut-être eu des merdes de santé aussi, je dis pas que la vie est rose pour tout le monde. Mais avoue que là, quand même, la génération 2020 dans son ensemble est gâtée: une pandémie comme le monde n’en pas connu depuis la grippe espagnole de 1918, et une récession inédite depuis la deuxième guerre mondiale. Les mômes n’ont pas encore commencé leurs études qu’ils savent qu’ils peineront à trouver un emploi (s'ils sont toujours en vie à la fin de leur master). Ajoute à cela le changement climatique qui leur prépare une planète bien dégueulasse à habiter et je crois qu’on aura fait le tour. 

Voilà, ce petit post de rentrée est terminé. Il y avait moins de nostalgie du tableau noir et de bonne odeur de cahiers neufs qu’à l’accoutumée. Ca grince peut-être un peu plus que d’habitude. Mais en même temps, tu la sens toi la bonne odeur des cahiers neufs à travers un masque chirurgical?

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23 juin 2020

Déconfinée!

 

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Check du coude ami lecteur! 

Ne t'inquiète pas, ce billet est entièrement #gestesbarrières. La preuve, j'ai désinfecté mon clavier au gel hydroalcoolique avant d'écrire et je porte un masque pour éviter que mes postillons ne te parviennent via le ouèb. J'espère que de ton côté tu es nu devant ton ordinateur, tes habits suspendus à la fenêtre pour en éradiquer toute trace malvenue de Covid-19 et que tu te tiens à 1m de ton écran. On est jamais trop prudent. 

Je reviens donc après (encore) des mois de silence. Pas eu le temps de rien. Comme d'hab. Pourtant, j'y ai cru un moment que je pourrai me remettre à écrire plus régulièrement. J'avais mis beaucoup d'espoir dans le confinement. D'ailleurs, les réseaux sociaux ne regorgent-ils pas de gens fabuleux qui sont devenus bilingues en mandarin, experts en macramé et spécialistes du Paris-Brest en l'espace de 10 petites semaines? On me souffle quelque chose dans l'oreillette.. ces gens n'ont... pas... d'enfants! Ah oui. Ca doit être ça alors. Parce que je sais pas toi mais personnellement ce confinement m'a permis de faire un bond dans le temps. Dans les années soixantes à vue de nez. Non, je n'ai pas fumé des pétards en dansant le twist, idiot, je parle des années soixantes pré-révolution féministe. J'ai retrouvé le bonheur que devaient ressentir nos aînées à tenir leur foyer, faire le ménage, les courses, la cuisine, les lessives, s'occuper des enfants (avec en bonus l'école à la maison, des fois qu'on s'ennuirait...). Le tout en essayant d'être une Titcheur 3.0 à gérer mes étudiants par ordinateur interposé et tout le bordel des partiels à distance. Pendant ce temps, Tendrépoux enchaînait les visios en calbute de 8h du matin à 23h le soir. Je lui ai même monté son plateau repas le midi tellement il était sous l'eau. On peut tout avoir qu'ils disaient... 

Donc bref, mes velléités d'écrivaines ont encore une fois été coupées nettes par le destin. Caramba. Mais bon, on va pas se plaindre, personne chez nous n'a chopé le coronavirus, nous étions confinés dans de bonnes conditions puisque nous avons fait partie des vilains parisiens qui se sont exilés au vert dès l'annonce du confinement. Nous sommes allés propager nos miasmes en province. Y a pas de raison qu'il n'y en ait que pour la capitale. Oui c'est du mauvais esprit. Notre famille compte toujours 5 membres, Tendrépoux et moi sommes toujours mariés et personne n'a été enterré sous la terrasse (spéciale dédicace à Xavier) (si tu n'as pas saisi cette blague je suis désolée pour toi). Nous sommes rentrés début juin, séduits à l'idée de remettre nos charmantes filles à l'école et de retrouver le 21ème siècle (et la nounou). C'est chose faite. Les filles ont donc retrouvé leur vie sociale qui leur avait tant manqué. Nous aussi. J'ai accessoirement laissé mon tablier et mes patins dans le passé et suis de nouveau une Parisienne déconfinée-libérée. 

Et maintenant que la vie reprend un semblant de normalité, je vais peut-être enfin pouvoir réaliser quelques projets. Mais pas là tout de suite, j'ai une quiche à mettre au four et des enfants à coucher (et pas l'inverse). 

Check du coude. 

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20 novembre 2019

Comment garder une santé mentale relativement intacte quand on a trois enfants ?

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Tu le sais, lecteur chéri, puisque je te bassine avec cela depuis bientôt 10 ans, mes trois enfants sont ma joie, ma raison de vivre, le centre de mon univers, mais aussi parfois, il faut bien l’ admettre, un motif d’arrachage précoce des cheveux et d’un creusement malvenu de la ride du lion. 

Heureusement, tu me connais, je suis pleine de ressources. Et j’ai donc développé des techniques de résistance afin de préserver 1) ma santé mentale et 2) la santé tout court de mes enfants. 

Je partage aujourd’hui donc avec toi ces quelques petites astuces (ne me remercie pas, tu connais ma propension à aider mon prochain, je dois avoir un ancêtre apôtre). 

 Or donc première astuce copyright Titcheur : tenir un journal de mes humeurs. 

Oui, je sais, ça fait un peu blogueuse attardée mais que veux-tu, je suis faible et influençable (j’ai acheté un Thermomix). Donc tu te doutes bien que depuis que cette mode a fleuri sur les réseaux sociaux, je me suis également mise au Bullet Journal. Et donc depuis quelques temps, je tiens un journal de mes humeurs. Il ne s’agit pas de noter la moindre frustration ou une constipation passagère. Non, je note simplement la façon dont je gère mes enfants grâce à un habile code couleur. Vert quand je suis d’humeur guillerette avec papillons et confettis, ambiance bienveillance et patience infinie. Orange quand je lève la voix et que je commence légèrement à m’énerver. Et rouge quand je gueule comme un putois. C’est très basique j’en conviens mais efficace, le but du jeu étant de récolter le moins de rouge possible. Je ne dis pas que c’est facile de s’y tenir et que ça m’empêche réellement de péter des câbles devant une énième dispute ou une enfant pénible. Mais en tous cas le sentiment de honte qui suit le coloriage en rouge de la case quotidienne est une motivation supplémentaire à essayer une nouvelle approche auprès des enfants. Bizarrement, le mercredi, journée chérie des mamans au foyer qui ont la chance de côtoyer leur progéniture plusieurs heures d’affilée, la case déteint souvent du rouge vers le cramoisi. Faut-il y voir une corrélation entre le temps passé près de ses enfants et la capacité à garder son calme ? Mes compétences en sciences comportementales étant très limitées je ne m’aventurerai pas à de telles conclusions (mais bon). 

Deuxième astuce que je partage volontiers avec toi : le yoga. Cela fait 5 ans que je pratique le yoga à raison d’une heure 30 par semaine. Malheureusement mon emploi du temps cette année m’a empêchée de conserver ce sport pourtant si essentiel à mon équilibre physique et psychique. Non seulement mon corps se délie, mes douleurs au dos/aux articulations/à la tête disparaissent, mais je retrouve aussi pendant 1h30 un sentiment de plénitude, de sérénité incomparables. Du temps pour retrouver mon calme, me recentrer, évacuer le stress, les pensées indésirables, et retrouver le sens des priorités. Voilà ce que m’apporte le yoga, parenthèse enchantée dans une semaine beaucoup trop remplie. Dieu merci, le semestre prochain devrait être plus calme et je devrais pouvoir reprendre rapidement. Ainsi, si la chair de ma chair commence à me gonfler à force de chouineries ou autre caprices, une bonne respiration ventrale et 3 salutations au soleil devraient m’éviter un AVC d’énervement. Oui, je suis un peu sanguine, ce qui m’amène à ma troisième astuce. 

 Pratiquer un sport de combat. Et oui, on ne dirait pas comme ça, mais l’être qui rédige ces lignes et qui t’a habitué à une certaine délicatesse, voire une certaine poésie, aime se battre. (J’aime aussi me beurrer la biscotte, mais c’est un autre sujet). Cela fait donc plus d’un an maintenant que je pratique assidûment le taekwondo, art martial coréen, fondé principalement sur des coups de pieds à la tête mais pas que. Je dois avouer que je suis complètement mordue: j’y consacre donc trois heures par semaine, sans compter les divers stages le dimanche et le samedi où je peux pratiquer à loisir ma nouvelle passion. Ça peut paraître bizarre comme ça, mais il y a une véritable jouissance à taper dans un bouclier, envoyer un bon coup de coude, ou tout simplement balancer un coup de pied retourné à un camarade parfaitement consentant. Donc, deux fois par semaine, je laisse ma chère progéniture à Tendrépoux qui rentre plus tôt de chez Bourreaux &Co (20h donc) et je pars filer des gnons à mes amis. Ça défoule, et ça évite de monter dans les tours auprès des enfants. Par un heureux hasard j’ai un cours le mercredi soir. Je te dis pas la pêche avec laquelle j’envoie des Bandals et autres Yop tchaguis. Je suis tellement motivée que j’ai déjà passé 3 grades en 1 an. Et oui tu as présentement devant toi une ceinture verte de Taekwondo alors fais bien attention à ce que tu dis dans les commentaires. Mais sinon je ne suis que paix, douceur, et délicatesse, hein.  

Voilà, donc en 3 mots ma philosophie éducative: 1) une auto-évaluation quotidienne impitoyable, 2) du yoga pour faire baisser ma tension artérielle et 3) de la violence physique sur personne majeure et consentante pour me défouler. 

Tu demanderas à mes filles mais je crois que ça marche plutôt bien. En fait, j’ai surtout réalisé que j’étais beaucoup moins à cran quand je m’accordais du temps pour moi, pour pratiquer des sports que j’aime. Je te rassure, je n’éprouve pas le besoin de faire un sport de combat parce que ça me démange d’en coller une à mes enfants! Je ne les frappe jamais (je leur hurle dessus, quand elles me poussent à bout mais « c’est tout »). Le taekwondo me plaît parce que c’est un sport de discipline, de rigueur, qui allie souplesse, grâce, force et rapidité. J’aime la précision des gestes, le souci du détail, les chorégraphies des Pomsés et la coordination que demandent les enchaînements. Quand je suis dans le dojo, impossible de penser à autre chose qu’à ce que je fais (alors que je suis capable de concevoir un cours de master tout en passant en revue ma liste de courses pendant une séance de yoga). Je me suis créé une petite bulle rien qu’à moi et en fait c’est ce nouvel équilibre, loin du boulot, des enfants et des contraintes du quotidien, qui fait que je suis plus apte, une fois rentrée chez moi, à prendre sur moi et à rester zen quand les enfants poussent le bouchon.  

Et toi lecteur, c’est quoi tes trucs pour garantir l’intégrité physique de tes nains sans finir en HP?

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26 octobre 2019

"Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage." - Les Béatitudes (Matthieu 5, 3-12)

 

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Oui je cite Saint Matthieu. Je te rappelle que je suis (censée être) catholique. Donc je cite Saint Matthieu si je veux. Pour les profanes, les Béatitudes sont ces petites maximes qui en gros t’expliquent que c’est pas trop grave si c’est la lose pour toi ici bas, parce que ce sera proportionnellement inversement mieux là haut, une fois que tu boufferas les pissenlits par la racine. Donc en langage courant, mon titre serait: « trop bonne trop conne - mais c’est pas grave, j’hérite de ton appart dans l’afterlife ». 

 

Bref. J’étais au square cet après-midi, savourant les derniers rayons d’un soleil automnal, assise sur un banc, surveillant d’un oeil mi-clos mes 3 filles et leur cousine qui s’ébattaient allègrement. Je sentais le soleil chauffer ma peau, je me laissais aller à mes rêveries quand une voix, à côté de moi, me demanda: « Vous avez 4 filles? ». Cheveux blancs, lisses, coiffées d’une barrette, rouge à lèvre framboise, long manteau de fourrure, et bottines très fashions: une fringante octogénaire était assise à côté de moi. 

 

Je lui répondis gentiment: « Non, moi j’en ai 3, mais leur cousine est avec nous ce weekend » (petite parenthèse: si je ne suis pas canonisée après ça, je vois pas quoi faire de plus). Elle me complimente sur leur beauté et leur grâce. Je la remercie pour ses talents d’observation (mes filles et leur cousine sont objectivement des bombasses, même si je t’accorde que ce n’est peut-être pas le terme le plus adapté pour parler d’enfants de 4 à 8 ans). Je m’apprêtais à replonger dans mes rêveries quand la vieille dame poursuivit: « Vous savez, moi j’ai trois petits-enfants. Oh ils sont grands maintenant mais la dernière n’a que 10 ans. Et bien vous me croyez si je vous dis qu’ils ont préféré rester à la maison jouer aux cartes plutôt que de sortir avec moi? Du coup, j’ai pris la petite parce que quand même, ils ont besoin d’air ces petits. Moi, j’ai grandi à Lyon et bien tous les weekends, j’étais place Bellecour! Ah mais ils l’ont bétonnée depuis! De mon temps, il y avait des chaises et on pouvait courir. Mais ma belle-fille, elle, est partie faire des courses. Vous pensez qu’elle m’aurait proposé de venir avec elle? Non!! Elle a 49 ans, je crois. Enfin bon, elle est mariée à mon fils. Et ma fille vient d’avoir une deuxième fille. Eléa. Elana. Je ne sais plus, je n’ai pas compris son prénom. Elle a 6 mois… »

 

J’acquiesçais gentiment au début, rebondissant parfois sur ses remarques par d’habiles « ah mais les jeunes aujourd’hui, vous savez…. » (#vieillepeau), essayant même parfois de faire la conversation. Je la trouvais touchante et intéressante, cette mamie parisienne jusqu’au bout des ongles qu’elle avait vernis, mais je me rendis vite compte que sa logorrhée serait un monologue et non un dialogue. Je me souviens d’ailleurs exactement du moment où j’ai lâché l’affaire. Elle me racontait sa vie, Lyonnaise de naissance, montée à Paris à 24 ans sur les conseils d’une amie, choix jamais regretté, ses copains, ses amants, son mari, les quartiers dans lesquels elle a vécus (le 17ème arrondissement, puis le 14ème maintenant, vous ne connaissez pas la rue du Château?). C’est quand nous en arrivâmes au poids de son fils à la naissance (4,3 kg) que j’avoue avoir arrêté d’écouter. Je sortis mon livre et me mis à lire. Enfin, à faire semblant car elle ne comprit pas du tout le message et continuait tantôt à me raconter sa vie, tantôt à se plaindre de sa belle-fille et de son gendre, ces abrutis, qui ne faisaient aucun effort avec elle. Je me souviens m’être dit que je les comprenais un peu quand même et la laissait parler. Elle n’avait manifestement pas besoin que quelqu’un lui réponde, mais juste que quelqu’un l’écoute. C’est ce que je fis semblant de faire, lançant des « ah? » et des « ah oui? » de temps à autre mais regardant ostensiblement mon livre (que je n’ai donc jamais réussi à lire, soyons très clairs) et me disant in petto que j’étais en train de me faire griller mon premier après-midi de vacances. 

 

Quand les enfants arrivèrent pour réclamer leur goûter, la dame se proposa de me garder la place sur le banc le temps que j’aille leur chercher quelque chose à la boulangerie. Je déclinais l’offre poliment et m’enfuis avec les enfants, bien contente d’avoir enfin un prétexte pour stopper la conversation et reprendre le contrôle de mon après-midi. L’once de culpabilité qui pointait s’évapora très vite: à peine fus-je partie qu’une dame d’une cinquantaine d’années s’installa à ma place sur le banc, accueillie d'un large sourire par ma mamie ravie de retrouver une oreille attentive ou pas, peu importe finalement. 

 

Je repartis avec un sentiment mitigé: contente d’avoir permis à une veille dame de se sentir un peu moins seule (même si son mari est toujours là, vu ce que j’ai compris, elle a réussi à saouler l’intégralité de sa famille au point que ses beaux-enfants ne font plus aucun effort avec elle), et un peu dégoûtée de m’être fait pourrir cet après-midi que j’espérais égoïstement passer à lire au soleil. Alors je ne sais pas si j’irai au paradis, mais si j’en crois Saint Matthieu, je devrais hériter d’un appartement prochainement. 

 

PS: Tu es indigné par tant d’égoïsme, lecteur attendri? Je précise que j’écris ce billet un samedi soir à 22h, alors que les 4 enfants sus-mentionnées refusent d’aller se coucher et que Tendrépoux n’est pas encore rentré de sa session de planche à voile (si, rappelle toi, je t’avais parlé de ses pratiques déviantes ici). Alors j’ai le droit de me plaindre et de fantasmer des héritages improbables si je veux. 

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06 octobre 2019

4 ans

 

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Royal Baby fête ses 4 ans aujourd’hui. A l’heure où j'écris ces mots, 3 Reines des neiges sont en train de me refaire le salon. Une princesse en taffetas rose démonte la maison Playmobil avec application, tandis que Spiderman et Anna (re-de la Reine des neiges - ce dessin animé sévit encore des années après) s’acharnent sur le piano miniature qui ne devrait pas tarder à rendre l’âme. Mamerveille est casée chez une copine et Maprinchesse profite du chaos pour fouiller dans mes affaires. J’ai déjà épongé du jus de fruit, décollé un bonbon à moitié mangé du parquet et essuyé une tache de chocolat sur le canapé. Les ballons sont tous éclatés, j’en retrouverai des petits bouts un peu partout dans les semaines à venir. Et comme j’ai eu la bonne idée de maquiller les enfants, je les suis à la trace de peur qu’il leur vienne à l’idée de s’essuyer le visage dans mes rideaux. J’ai planqué les bonbons; question de survie. Sais-tu de quoi est capable un enfant gavé de sucre? A côté, Chucky la poupée de sang, c’est une pub pour du dentifrice. Dans un éclair de lucidité, j’ai su dire non à la pinata remplie de confettis et aux langues de belle-mère, ces jouets du malin qui te flinguent un tympan et te donnent envie de te ligaturer les trompes. 

Tendrépoux, le fourbe, a choisi pile ce weekend pour partir 2 jours avec ses amis d’enfance. Il est actuellement en train de s’envoyer en l’air sur la dune du Pilat. Ne prend pas cet air ébaubi, lecteur étonné par la liberté de notre couple, j’entends la chose au sens parfaitement littéral (enfin j’espère!). Mon cher mari et ses 3 acolytes se sont dit que s’élancer dans les airs en n’étant retenus que par un sac à dos relié par des fils à une toile tendue, ce serait une chouette façon de se rappeler qu’ils sont toujours en vie à quarante ans. Espérons qu’ils le restent après cette expérience extrême…  

Bref, s’il ne décède pas lors de son weekend festif, Tendrépoux devra encore survivre à son retour auprès des siens. Gniark gniark.  

Plus sérieusement, mon bébé a eu 4 ans. Mon petit coeur de maman attendrie se fendille d’émotion à l’idée de ces 4 d’années qui se sont écoulées depuis ma dernière épisiotomie. Mon petit bébé a grandi. Mon épisio a cicatrisé. Elle dort la nuit (thank God!). J’ai retrouvé un périnée fonctionnel. Elle a toujours son caractère de merde bien trempé qu’elle camoufle sous d’adorables boucles blondes et des yeux bleus angéliques. Elle est si forte pour obtenir ce qu’elle veut que je lui vois bien une carrière comme négociatrice au GIGN (cette enfant ferait avaler un steak saignant à un vegan). Elle peut me rendre chèvre ET me faire complètement craquer en même temps. Elle est très très forte! C’est mon Royal Baby à moi, ma petite dernière, mon petit bonbon acidulé. Ma grande fille. <3

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22 août 2019

2019 - le come back

tenor

Ceci est mon premier billet de l’année 2019. Nous sommes le 22 Août. Tout va bien. Dire que je n’ai pas eu une minute à moi pour écrire un billet depuis tous ces mois serait 1) faux 2) une hyperbole ridicule. Mais de fait, je n’ai pas écrit une ligne en ces lieux depuis 8 mois. 

Est-ce à dire qu’il est temps de clôturer cette page bloguesque? Je dois avouer que cela m’a traversé l’esprit. Plusieurs fois je me suis imaginée rédiger des lignes déchirantes, remerciant le public, mon amour, pour sa fidélité ces 10 dernières années. Je me figurais les centaines de fans me suppliant dans les commentaires de ne pas les abandonner ainsi à leur morne quotidien uniquement ensoleillé par mes trop rares saillies. Je voyais déjà les pétitions sur change.org réunissant des milliers de signatures. Bref, je me la suis bien racontée. 

Parce qu’en fait il y a de fortes chances que ces pages tombent dans l’oubli le plus profond et qu’elles ne servent, au mieux, qu'à me rappeler ma jeunesse lorsque mes souvenirs s’estomperont dans les méandres d’un Alzheimer plus ou moins précoce quand je finirai mes jours dans un EPAHD crasseux, retraite de prof oblige. Au mieux puis-je espérer quelques « likes » ou quelques emojis en larmes sur Facebook de lectrices fidèles mais déjà passées à autre chose. Et qui les en blâmerait? Le blog est mort, le blog n’existe plus. Maintenant on instagramme son quotidien, on twitte ses pensées, on snapchatte ses émotions. Mais écrit-on encore pour être lu sur un support aussi début-de-siècle qu’un blog? Je ne crois pas. 

Mais bon, vu que je suis une femme vintage des années 80, je n’ai pas peur des vieilleries et surtout, finalement, j’aime l’idée de conserver un espace d’expression ici. Je n’ai peut-être pas grand chose de nouveau ou d’original à raconter, mais je trouve appréciable de disposer d’un endroit où débiter mes âneries. 

Alors, en cette veille de rentrée scolaire, je ne te ferai pas un énième billet sur les formats de cahier à la mode cette année, ou sur la merveillitude de mes enfants (figure toi qu’elles ont bien grandi, qu’elles sont toujours aussi ravissantes et que leur père et moi ne tarissons pas d’éloge à leur sujet *shocking*). Je ne te saoûlerai pas avec mes veilles rengaines de prof pourtant pas aigrie sur mes étudiants et leur niveau d’ingliche. 

Non, très modestement, avec la simpiicité que tu me connais, je demanderais timidement: « Y a quelqu’un? ». 

 

PS: si tu es là, soit sympa et laisse un petit commentaire. Promis, je réécris bientôt! 

 

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11 décembre 2018

Croire au Père Noël

Ca avait commencé avec la Petite Souris. Il y a quelques mois, Mamerveille était rentrée troublée de l’école. Sa copine Lola lui avait dit que la Petit Souris, tout comme le Père Noël, n’existait pas, que c’était les parents qui mettaient la pièce sous l’oreiller quand on perdait une dent et les cadeaux sous le sapin. Mamerveille était troublée, mais dubitative. Elle ne voyait aucune logique à ce que des adultes fassent ce que des créatures fantastiques faisaient si bien. Elle me posait la question à plusieurs reprises: mais alors, elle existe ou pas la Petite Souris? Et le Père Noël? 

En bonne mère, férue de pédopsychologie et n’assumant pas du tout d’être celle qui briserait les rêves de son enfant, je renvoyais à chaque fois une question: « Mais toi, ma chérie, tu en penses quoi? » A plusieurs reprises, elle me demanda une vraie réponse, que je lui donnais. « Ok, si tu veux vraiment savoir, la Petite Souris et le Père Noël n’existent pas. » Mais à chaque fois, elle répondait la même chose: « Mais c’est impossible, ça n’a aucun sens, c’est forcément la petite souris qui met la pièce et c’est forcément le Père Noël qui apporte les cadeaux ». Ma fille de 7 ans trouvait donc tout à fait plausible qu’un rongeur enchanté s’introduise chez nous la nuit, grimpe sur son lit superposé en tenant entre ses dents une petite pièce qui fait la moitié de sa taille, soulève un oreiller qui fait 1000 fois son poids et reparte avec une quenotte à moitié sanguinolente (certainement pour s’en faire un collier). Mon aînée, qui vient d’atteindre l’âge de raison, estimait donc qu’il était absolument possible qu’un vieillard en surpoids pénètre dans notre domicile (dépourvu de cheminée au demeurant) pour déposer des cadeaux fabriqués par des gens de petites tailles exploités au Pôle Nord et repartir sur un traîneau volant tiré par des rennes. J’étais touchée par tant d’innocence, ce désir de garder encore un peu intact ses croyances enfantines. 

Et puis ce qui devait arriver arriva. Elle rentra un soir et me dit: « Bon, maintenant je veux savoir ». Alors je lui dis tout. La Petite Souris, le Père Noël. « Non, rien n’existe ma chérie. Le Père Noël, c’est ta famille et les gens qui t’aiment. La Petite Souris, c’est nous. »

Elle prit la nouvelle avec philosophie. Déçue mais contente en même temps d’être dans le secret, du côté des adultes. Depuis elle joue le jeu à fond avec ses petites soeurs. Mais une page se tourne… 

 

Arrêter de croire au Père Noël. C’est peut-être ce que je devrais dire aussi à la poignée d’étudiants qui bloquent la fac depuis une semaine, pile la semaine des partiels et qui pensent (pour certains en tous cas) qu’on va leur valider leur semestre comme ça (et qu’on leur mettra leur diplôme dans une papillote aussi tant qu’on y est)… Remarque, je ne devrais pas me plaindre, j’ai eu le temps de faire toutes mes courses de Noël, je suis à jour de mes copies et j’ai même du temps pour écrire! Finalement, ce sont peut-être eux les Petites Souris, qui se glissent dans les amphis en douce (mais qui n’y déposent pas de pièces…). Eux les lutins malicieux qui ferment les grilles et entassent des poubelles pour nous permettre à nous, fonctionnaires obsédés par nos cours, nos copies et nos réunions, de retrouver nos âmes d’enfants. Eux, les Père Noël en gilet jaune qui nous offrent des AG aussi démocratiques qu’une élection en Corée du Nord. Oui, je suis taquine. Mais je suis aussi devenue philosophe: je ne peux pas faire cours? qu’à cela ne tienne, j’ai plus de temps pour m’occuper de ma famille et prendre du temps pour moi. Je ne peux pas organiser mes partiels? qu’importe, je touche mon salaire à la fin du mois, l’administration trouvera bien une solution (elle trouve toujours). On reporte les partiels au mois de janvier? On décale la rentrée du second semestre? pas de souci, je suis flexible dans mon cerveau. Je ne suis pas certaine que l’étudiant en ERASMUS qui rentre chez lui fin décembre (sans son semestre donc) soit tout à fait d’accord avec moi. Ni le doctorant qui devait soutenir sa thèse, ou l’étudiante qui bosse chez McDo 20h par semaine et qui s’était organisée pour la semaine des partiels. Ni celui qui n’a pas le droit d’échouer sans quoi il perd sa bourse. Ou celle qui commence un stage en janvier et qui ne pourra pas passer ses partiels. Ou simplement celui qui pense que bloquer une université, ça ne sert à rien, à part emmerder ceux qui y travaillent. Mais là, on me taxerait de mauvais esprit, et c’est pas du tout Christmas compatible

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03 octobre 2018

La fille qui ne savait pas dire non

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J’ai beaucoup de mal à dire non. Comme beaucoup de monde, je sais. Chez moi, ça prend la forme d’un syndrome de Wonderwoman. La femme qui est toujours partante pour sauver le monde, ou plus humblement accepter une tâche que d’autres refusent de faire. 

Ca n’a pas que tu mauvais, bien sûr. Par exemple, je suis très contente de ne pas avoir dit « non » à Tendrépoux quand il m’a demandé si je voulais l’épouser. Tout comme je dis rarement « non » à une 3ème part de gâteau au chocolat. Par exemple. Du coup quand une amie m’a demandé: « Tu n’écris plus sur ton blog? », j’ai répondu « Si bien sûr! J’ai justement un billet tout prêt. » Archi faux, même si le billet est tout prêt dans ma tête depuis belle lurette. Je n’ai juste pas un instant à moi en ce moment. Forcément, quand on ne sait pas dire non…

C’est surtout au boulot et en société que j’ai du mal à secouer la tête de gauche à droite. Ainsi, j’avais commencé l’année universitaire dernière (2017-2018) en annonçant clairement que je ne reprendrai pas la direction du secteur l’année suivante et qu’il fallait commencer à me trouver un remplaçant. Bon ben devine qui dirige le secteur cette année encore? Bibi. Mes deux collègues les plus proches ont quitté l’université pour d’autres horizons professionnels et personne d’autre ne s’est présenté. Je connais bien la mission, c’était plus simple, ça arrangeait tout le monde, donc j’ai dit que je continuais. Mais attention, hein, c’est juste pour cette année! Après je dis non!

Avec le départ de mes collègues, il a aussi fallu trouver quelqu’un pour reprendre la responsabilité de l’enseignement à distance dans notre université. J’ai dit oui mais avec l’aide de ma collègue d’espagnol. Il y a du mieux déjà.

Et si on faisait de notre université un centre de certification en langues? Riche idée! Mais qui pourrait être désigné responsable de centre? Ah tiens, Titch! Oui d’accord ok. 

Il y a deux jours, je reçois un mail d’une collègue qui déclinait poliment la proposition qu’on lui faisait de devenir expert dans un comité d’évaluation des formations. Gentiment, elle proposait mon nom, précisant, « vous verrez, Titcheur est très rigoureuse et en plus elle est sympa ». Tu apprendras donc que la flagornerie marche très bien avec moi puisque me voilà embarquée dans une aventure qui, je le crains, va me dépasser un peu mais bon. Ca a l’air intéressant.

Ajouté à cela, j’ai accepté (je crois même avoir proposé!) de donner des cours d’ingliche dans les classes de maternelle de mes filles. Je dois donc préparer pour la première fois de ma vie des séquences pédagogiques pour des enfants de 3 et 4 ans. Je suis pétrifiée. Mais il est trop tard pour reculer. Je suis donc présentement en train de choisir des comptines et des livres et à m’entraîner à parler d’une voix suraiguë pour faire parler une marionnette du nom de Roxy. 

Et puis accessoirement, je n’ai pas su dire non à la dernière AG des copropriétaires de mon immeuble quand on a demandé qui voulait bien assurer la présidence du conseil syndical. Je suis donc aussi officiellement en charge de choses aussi exaltantes que signaler au syndic le dysfonctionnement d’une ampoule ou décortiquer les devis pour la réfection de l’escalier. 

Je crois tout de même que mon cerveau s’est mis de lui-même en mode survie quand j’ai réussi à ne pas donner suite à un email des parents d’élèves de la classe de mon aînée cherchant des candidats pour les rejoindre sur la liste des représentants des parents à l’école élémentaire. Ce n’est pas sans fierté que j’avoue ici ne pas m’être portée volontaire. 

Je te rassure, je sais aussi dire non quand il le faut: à mes étudiants, quand ils me demandent si je peux monter leur note parce qu’il leur faudrait 14 pour valider leur master, au militant anti-fourrure qui me demande si j’ai déjà vu un film d’animal en train de se faire écorcher vif, au mec dans la rue qui me demande mon 06 vas-y-fais-pas-ta-pute, à Tendrépoux, quand il me demande si ça me dit qu’on parte en camping-car avec les enfants aux prochaines vacances d’été (je crois lui avoir répondu « over my dead body »), à mes filles, quand elles me demandent si on peut adopter un hamster, ou aux gens qui me demandent si on compte faire un 4ème enfant pour avoir un garçon. 

Voilà, avec un peu de volonté, j’arriverai peut-être à ne pas devenir présidente de l’AFRLM (Association Française des Ratons-Laveurs en Macramé) ou à refuser le statut pourtant certainement très convoité de déléguée à l’intersyndicale de la NIET (Nébuleuse Internationale des Enseignants Triskaïdékaphobes).

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23 août 2018

Bye bye baby

 

good bye

 

Cet été, un événement d’importance s’est produit. Royal Baby est devenue Royal Kid. Elle n’a pas encore 3 ans (dans 1 mois!) mais elle a définitivement quitté son statut de bébé et une petite révolution s’est opérée à la maison. 

 

Déjà, je me suis débarrassée de tous ses vieux bodies, disant adieu aux perfides boutons pression que je persiste à mal boutonner malgré tout l’entraînement dont je dispose. A la place, j’ai acheté un stock de petites culottes ravissantes (histoire de la motiver pour qu’elle évite de les ruiner). 

 

Ensuite, nous avons mis en vente le lit à barreaux à la peinture défraîchie (3 enfants qui font leurs dents dessus, ça use). A la place, nous avons monté un lit de grande. Dont elle peut descendre toute seule si besoin sans hurler à la mort jusqu’à réveiller toute la maisonnée pour que quelqu’un vienne l’en sortir. 

 

Puis c’est aux couches que nous avons enfin dit bye bye. Je te raconte pas le budget ainsi économisé entre les lingettes, les couches, les crèmes anti-irritations, ça nous paye facilement deux baby-sitting mensuels en plus! La table à langer qui dégage, c’est 1 mètre carré de gagné (9000 balles en moyenne à Paris tout de même)! Et surtout, surtout, depuis que mon enfant pose son Royal séant sur le trône familial, finies les nausées lors du changement de couches!

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L’été nous a aussi démontré que notre petite troisième était parfaitement capable de marcher comme ses soeurs: exit donc le porte-bébé ET la poussette canne! Si vraiment elle flanche (ce qui n’est pas arrivé de l’été), elle grimpe sur les épaules de papa. 

 

Le seul accessoire encore marqué « bébé » que je lui concède, c’est sa tétine, qu’elle a beaucoup de mal à lâcher. Mais elle rentre en petite section dans une semaine, et j’ai bon espoir que d’ici Noël, on avance sur le sujet. 

 

Je n’ai donc officiellement plus de bébé à la maison. En tous cas, il n’y a plus aucun accessoire de puériculture qui traîne et… ça fait du bien! Une autre ère s’ouvre devant nous. Bientôt plus personne ne fera la sieste, tous mes enfants seront scolarisées. Elles grandissent et je prends énormément de plaisir à les regarder franchir toutes ces étapes. Le côté bébé ne me manque pas. Bien sûr, quand je vois mon neveu de 1 an, je craque complètement. Mais je suis contente aussi de laisser à mon frère les joies des nuits et des aliments hachés ou la surveillance 24h/24 pour éviter un décès précoce de l’enfant par électrocution/chute/noyade/ingestion de shampoing… Je suis moi-même parvenue à maintenir en vie 3 êtres vivants. Alors certes, elles ne sont pas encore 100% autonomes, mais j’aime les aider à grandir. Mamerveille sait maintenant se doucher et se shampouiner seule. Maprinchesse a appris à torcher son fessier princier sans assistance. On savoure ces petites victoires qui peuvent paraître insignifiantes mais qui changent réellement le quotidien. Prochaine étape: la rentrée des classes pour toutes les trois. Affaire à suivre…

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