Girls' night out!
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! (cri de joie mêlée d'une certaine excitation)
Ce soir, lecteur chéri, c'est girls' night out pour ta Titcheur préférée! Gros yes! Enorme big up! Super kiff de la mort! (Oui, quand Titcheur contente, Titcheur toujours parler comme ça).
Pour la 1ère fois depuis en gros 7 mois (et des brouettes si on compte les semaines où, trop baleinesque pour mouvoir ma masse je ne sortais quasiment plus), je vais laisser Mamerveille à Tendrépoux, aller boire des Mojitos avec mes copines et rentrer dans un état second à une heure suffisamment tardive pour que le réveil demain à 9h (oui Mamerveille est vraiment une merveille) soit douloureux mais pas trop.
C'est la semaine dernière, quand Tendrépoux me lança sans ciller: "Ca te dérange pas si je vais au Parc voir PSG-Lille ce soir?" que ça m'a frappée (oui, ça a pris du temps mais que veux-tu, depuis que j'ai mis bas, je suis ramolo du ciboulot). Depuis que Mamerveille est née, ma vie a complètement changé alors que celle de Tendrépoux pas tant que ça. Alors évidemment, personne ne m'a forcée à prendre un congé parental, c'est un choix que j'assume parfaitement et le fait de ne pas avoir repris le boulot et donc, de ne pas avoir de mode de garde y est pour beaucoup. Mais du coup, ça fait 7 mois que j'ai l'impression que ma vie se résume à m'occuper de Mamerveille - en même temps, ce n'est pas qu'une impression… Certes, c'est fantastique de passer tout mon temps avec elle, de voir ses progrès, de jouer avec elle et de la couvrir de bisous. Je l'ai tant attendue! Et je vois bien que son père souffre de ses horaires et qu'il fait tous les efforts du monde pour rentrer plus tôt et la voir 5 minutes. Mais je note tout de même que, hormis ce détail, il a beaucoup moins de scrupules que moi à s'organiser une petite soirée entre mecs à la dernière seconde ou à partir naviguer une journée.
J'ai fait le tour de mes copines, toutes jeunes mamans également, et on s'est rendu compte qu'on était toutes pareilles: quand il s'agit de laisser nos enfants, même à leur père, on a besoin d'un petit temps de préparation psychologique. Il ne nous viendrait pas vraiment à l'idée de planter notre homme un dimanche soir en lançant: "Bon allez, moi je vous laisse, je vais prendre l'apéro avec les copines et je reviens plus tard". Non pas que nous n'ayons pas confiance en nos conjoints. Après tout, ils savent donner le bain - même si après c'est la piscine dans la salle de bain et que, ignorant où se trouve la serpillère, ils laissent "sécher"; ils arrivent à viser la bouche avec la cuillère pleine de purée - même si on retrouve quelques traces du dîner dans les oreilles et sous les pieds du gosse; ils savent changer une couche - même s'ils l'oublient sur la table à langer et qu'elle embaume la chambre du nain toute la nuit; et ils sont champions du monde pour faire rigoler leur progéniture - en jouant au foot avec la couche sus-mentionnée ou en se mettant la serpillère sur la tête. On est donc sûre que nos bébés sont entre d'excellentes mains.
Et pourtant, il m'aura fallu 7 mois pour enfin me faire une soirée pour moi. Pas un dîner chez des copains où on laisse Mamerveille à une baby-sitter, ou un week end où on part en amoureux laissant notre fille à Queen Mom, trop contente de gâter sa petite-fille. Nan, juste quelques heures entre morues, à parler de nos enfants, de nos maris, de politique, de cul, de boulot et de vernis à ongles autour de cocktails. Sortir de la maison et des couches, parfumée d'autre chose que de purée épinards-pomme de terre pour aller retrouver mes pairs et faire nos biatches. Profiter enfin de ce truc dont on parle tant - l'égalité de répartition des taches dans le couple - et savourer le fait que, ce soir, c'est papa qui donne le bain-change la couche-fait à dîner-donne la purée-nettoye derrière-et couche bébé.
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! ah oui, et cheers of course!
Le top 6 des trucs qui me gavent en ce moment
En ce surlendemain de gueule de bois 1er tour des élections présidentielles (c'est pas la même chose?), j'avais envie de te parler un peu des trucs qui me gavent en ce moment. Attention, les informations ci-dessous ne sont pas hiérarchisées et pourraient être teintées d'ironie.
1. Les sondages et autres calculs savants selon lesquels tel ou tel candidat serait élu au second tour en fonction de combinaisons mathématiques aussi compliquées qu'imprévisibles. A ces Nostradamus 2.1, j'ai assez envie de dire: vous vous êtes pas assez plantés pour le 1er tour pour que l'on cesse ces spéculations stériles et juste qu'on attende (gosh!) le vrai vote dans quinze jours? Je note d'ailleurs avec une certaine déception que personne n'a demandé à Cheminade pour qui il appelait à voter…
2. Mes cheveux. Rien à voir, je sais, mais je t'avais prévenu. Pendant ma grossesse, j'avais - dixit Tendrépoux, légèrement fétichiste du tiff - "une chevelure aussi soyeuse et brillante que la toison d'une licorne par un soir de pleine lune". Aujourd'hui, c'est plutôt alerte générale dans la salle de bain tellement on a l'impression que le tapis de sol est fait de cheveux humains. Bref, j'en ai marre: je me suis gavée de compléments alimentaires pour freiner la chute des mes cheveux (ça marche) mais il n'en reste pas moins que les bad hair days se succèdent depuis 6 mois.
3. La pluie. Autant je suis à fond pour sauver la planète et les nappes phréatiques. Autant je trouve que la sécheresse, c'est le mal. Autant là, je dois admettre que j'en ai ma claque de me faire saucer dès que je mets un pied dehors. Sortir avec un parapluie? Certes, lecteur malin, mais figure toi qu'il est assez compliqué de pousser une poussette d'une main tout en tenant un parapluie de l'autre et en luttant contre le vent en même temps. Rajoute à cela deux ou trois sacs de course et tu as le portrait d'une mère à la limite de le crise de nerfs. Et puis l'humidité, ça n'aide pas vraiment pour le point précédent.
4. Les débats politiques. Ou plutôt la cacophonie générale. J'ai eu l'étrange idée de regarder la soirée électorale sur TF1 dimanche soir (je m'étonne parfois moi-même..). Et bien l'enseignement principal de cette soirée a été qu'il est impossible de comprendre quoi que ce soit au discours des uns et des autres tellement on dirait une classe de secondes quand ils "échangent" des idées. Et que je te coupe la parole, et que je t'accuse de m'avoir insulté, et que je m'offusque que c'est pas vrai, et que je noie le poisson dans des considérations puériles plutôt que de parler du fond du problème. Pour un peu, j'aurais entendu ça:
- I am not d'accord wiz you bicoze you are stupide. And I fink zat…
- Oué, z'y va madame, il m'a traité l'autre bâtard!
- Jean-Kévin, veuillez surveiller votre langage! Toufik, on reprend?
- Mais il m'a interrompu l'autre! Pfff, on peut rien dire ici, ça fait iech!
- Ouaaaaah comme il parle à la prof l'autre! Il fait vraiment trop tiep!
- Bon, ça suffit les enfants, on va arrêter le débat parce que là, ça part dans tous les sens.
- Et voilà, on peut jamais s'exprimer dans cette classe…
5. Mon hypersensibilité. Depuis que je suis devenue môman, il se passe un drôle de truc chaque fois que je lis ou vois une horreur concernant un enfant: ma gorge se noue, mon coeur se serre et les larmes me montent aux yeux. C'est systématique. Le reportage d'Alexandra Lamy sur les enfants malades pour Envoyé Spécial? J'ai zappé dessus 5 minutes et j'ai pleuré. La scène où on voit la mère et son bébé gelés dans l'eau dans Titanic? J'ai chialé. Les faits divers sordides narrés avec force détails dans tous les JT de France? Je chiale. Les enfants malades à Necker? Je supporte pas de les voir tout pâlots dans leur petit lit avec leurs tuyaux partout et leur regard interrogateur, ça me broie les tripes. Bref, mon hypersensibilité nouvelle me pousse à ne regarder que des vidéos de chatons qui pètent ou de bébés qui rigolent. Je ne suis plus apte à tolérer quoique ce soit d'autre.
6. Les gens qui râlent. Ne trouves-tu pas ça insupportable, tous ces gens qui se plaignent à longueur de temps de tout et rien? Qui ne savent plus apprécier les petits bonheurs simples de la vie? Qui ne regardent que le négatif? Qui s'apitoient sur leur physique, pestent contre la météo, blâment les politiques et se réfugient dans la mièvrerie et la superficialité plutôt que de se réjouir? Personnellement, j'aime la vie, je chante la vie, je danse la vie!
Et sur ces bonnes paroles, ami lecteur, je vais aller lire les programmes de Sarkozy et Hollande à Mamerveille, ça l'aidera peut-être à s'endormir (ou à rigoler, qui sait?).
Titchera… titchera pas?
Ton oeil expert n'aura pas manqué de remarquer le léééééger changement sur ce blog. Non? Vraiment? Tu ne vois rien de différent? Alors jette un coup d'oeil à la bannière. A y est? Tu as vu?
Et bien oui, c'est officiel (l'arrêté ministériel est tout frais): ta Titcheur préférée va quitter sa jolie ZEP pour aller enseigner en fac. Oué. La classe. Je suis trop contente. Aïe follow too much happy (aurait traduit Jean-Kevin sur Google translator).
Je vais enfin pouvoir arrêter de polluer l'Ile de France en faisant mes 40 bornes quotidiennes pour rejoindre mon lycée en banlieue et retrouver à la place les effluves délicates du métro parisien. Je n'aurai plus devant moi des adolescents pré-pubères aux hormones en furie mais de jeunes adultes post-pubères aux hormones en furie (on verra ce que ça change). Finis les programmes qui changent chaque année, les "perspectives actionelles" et les mots dans le carnet! Place aux TD et aux étudiants qui tapent leurs cours sur leur PC. Bye-bye les interros de verbes irréguliers (Alleluia! Hosanna au plus haut des cieux!), welcome les 300 partiels deux fois par an. Je continue ou tu as pigé?
Or donc, à la prochaine rentrée de septembre octobre (p*tain, yes!), je m'en vais rejoindre les rangs des PRAG (professeurs agrégés détachés dans le supérieur). En gros, je garde le même statut (même nombre d'heures à faire, même salaire) mais j'enseigne dans le supérieur à de vrais zétudiants qui ont eu leur bac et tout et tout. Le seul truc qui change: plus d'inspection. Si tu as lu ce billet là, tu sais que ça m'évitera une crise de tachycardie bien fâcheuse, par contre ça veut aussi dire que je progresserai moins vite vu que ma note pédagogique ne pourra plus être remontée. Bon, comme l'inspectrice est passée cette année, j'aurais eu 5-6 ans de répit avant de la revoir de toutes façons donc ça ne change pas grand chose au final.
Je sens tout de même un certain questionnement de ta part (si, si, je le sens). Mais que va devenir ce blog? te demandes-tu. N'aie crainte, jeune padawan, n'aie crainte. Certes, mes anecdotes de lycée ZEP étaient parfois bien croustillantes, mes perles particulièrement choupi et certains de mes élèves tout à fait uniques. Mais ne sous-estime pas la capacité des nains, même bacheliers, à pondre des énormités ou à nous faire marrer! Je sais d'expérience qu'avoir son bac ne veut pas forcément dire qu'on a le niveau supposé acquis en ingliche. D'où un potentiel de gros LOL d'autant plus intéressant.
Personnellement, j'ai hâte de reprendre le travail pour retrouver de nouveaux sujets d'écriture, et à ce titre, le monde impitoyable de l'université va me fournir des morceaux de choix à coup sûr! Rien que la rentrée, entre inscriptions pédagogiques et dédale administratif, va être épique, je le sens!
Mamerveille's Anatomy
Tu l'auras remarqué, lecteur acéré, je n'écris plus en ce moment. Je suis asséchée. Toute mon énergie est consacrée à Mamerveille qui connaît des moments pas rigolos ces temps-ci. Je ne rentrerai pas dans les détails mais disons que 6 mois, c'est un peu jeune pour si bien connaître les couloirs de Necker. Bref.
J'ai tout de même envie de partager avec toi ces quelques remarques aussi pertinentes qu'essentielles. Je te laisse faire le tri, mon cerveau ne fonctionne pas assez pour organiser tout ça de façon cohérente.
- En tant que jeunes parents, Tendrépoux et moi nous étions préparés psychologiquement à gérer les futures maladies de Mamerveille. Nous nous doutions qu'elle allait connaître un jour les joies de l'otite ou de la gastro, qu'elle n'échapperait pas à la varicelle, qu'elle ferait ses dents, qu'elle se ferait des bosses en tombant, etc. Mais finir à l'hôpital avec pour tout symptôme de départ un petit 38,5° de fièvre (et l'intégralité de l'opinion publique décrétant que "c'est les dents, c'est normal"), ça, on s'y attendait pas. Et çaféchié.
- Le personnel de Necker est très aimable. Rassure-toi donc si ton nain y va un jour pour une raison X ou Y, tout le monde est trétrétré gentil avec les enfants et les infirmières ne laissent pas hurler les bébés toute la nuit pendant qu'elles regardent une rediff' de "Vis ma vie" en mangeant du chocolat. Je le sais, le petit voisin de Mamerveille a pleuré à 1h du matin: une infirmière est venue lui donner son biberon. A ses cris à 2h, elle est revenue et l'a changé. A 3h, elle l'a mouché. A 4h, il avait manifestement envie d'être bercé. Et à 5h il a eu à nouveau faim. Moi j'ai pas dormi, mais j'ai donc pu constater qu'on prenait soin des petiots dans cet hosto.
- La machine à café du 4ème étage ne sert ni cappuccino, ni thé, mais un liquide épouvantable abusivement appelé café.
- La cafétéria est ouverte jusqu'à 19h, ai-je découvert en m'y rendant, affamée, à 19h30.
- George Clooney n'officie pas à Necker. Ni Patrick Dempsey. Ni Eric Dane. Too bad.
- Les médecins viennent de Normandie. Tous. La preuve? Quand il s'agit de t'expliquer ce qu'a ton enfant, ils sont d'une clarté à toute épreuve: p'têt ben que ça va, ou p'têt ben que ça va pas. Voilà, voilà.
- Le petit Kylian de la chambre 324 a des cordes vocales en très bon état. Malgré toutes les tentatives des infirmières, ce pauvre petit hurle en continu. Ces dernières ont tout de même fini par trouver LE truc qui le calme: lui passer en boucle le dernier album d'Adèle. Je te jure. En même temps, c'est vrai que c'est une tuerie cet album.
- La température moyenne des chambres permettrait la culture de plants de cannabis. Je soumettrai l'idée à l'anesthésiste. Si je peux aider…
- Il est apparemment essentiel de réveiller les enfants pour prendre leur température et leur tension sur le coup de 4h du matin. Des fois qu'ils arriveraient à dormir le reste de la journée entre les bip-bip des machines, le passage des médecins, les examens divers et variés, le boucan des travaux, et le brouhaha des autres enfants, ce serait dommage de pas leur pourrir leur nuit aussi. Perso, si tu me réveilles au milieu de la nuit pour me mettre un thermomètre dans le fondement et me serrer le bras jusqu'à explosion, je ne suis pas sûre de contrôler ma violence, même si l'infirmière est trétrétré gentille et qu'elle a un stylo qui brille dans le noir…
- Y a pas de lit pour les parents si tu veux rester avec ta progéniture le soir. Du coup, tu es royalement logée sur une chaise qui s'allonge (un peu). Encore faut-il t'en apercevoir avant la fin de l'hospitalisation de ton môme. Necker 1- Lombaires 0.
Sur ces quelques miscellanées, je te laisse, lecteur chéri. Mamerveille découvre la compote de pommes cet après-midi, je vais me mettre à la cuisine.
Elémentaire mon cher Watson!
Rhhhoooo! J'aurais tellement pu être detective privé, CSI ou profileuse moi! Je sais quoi faire quand j'en aurai marre de titcher l'ingliche à de jeunes microcéphales...
Et oui, lecteur intrigué, ta Titcheur a résolu le mystère de la poussette disparue toute seule comme une grande. Conan Doyle aurait pas fait mieux. Pas peu fière je suis.
Après avoir tenté la piste cybernétique pour retrouver mes voisins, force m'a été de constater qu'ils ne fréquentaient pas la toile des masses. Point de profil Facebook avec des photos d'eux bourrés, juste une petite page Linkedin toute perdue laissant penser que son propriétaire ne la consulte pas beaucoup. La gardienne, le syndic de l'immeuble, le propriétaire de leur appart, les pages blanches ayant été aussi vainement consultés, il ne me restait plus qu'une seule piste: leurs jumeaux.
Et c'est LA que ça sert d'avoir pondu à mon tour: à force de nous croiser avec nos mouflets, nous avons *bavardé* (un truc de ouf que peu de gens font de nos jours). Et j'ai appris qu'ils avaient réussi à obtenir une place dans la crèche qui est à 8 secondes à pied de notre immeuble. Je me souviens à l'époque les avoir jalousés à mort, Mamerveille étant 40ème sur la liste d'attente pour cette crèche (qui n'a que 12 places de libres chaque année...). Bref, je m'égare. Je me suis donc rappelée que les nains étaient inscrits dans cette crèche et que la directrice avait forcément le numéro de portable des parents! Ni une, ni deux, je file avec Mamerveille et ses 7,5kg en porte-bébé raconter mes mésaventures à la directrice qui prend pitié et appelle les parents. Ceux-ci, qui s'étaient rendu compte de leur boulette mais qui n'avaient pas mon numéro non plus (ni, admettons-le, les méthodes d'investigation dignes du Effe Bi Aïe que j'ai déployées), se sont empressés de me rassurer et de me dire qu'ils me ramèneraient mon châssis de poussette dès ce soir. Pffffffiouuuu!
Moralité: si j'avais été nullipare, jamais nous n'aurions bavardé dans le hall de l'immeuble, je n'aurais jamais pu retrouver leur numéro de portable via la crèche et jamais je n'aurais pu retrouver ma poussette... que je n'aurais jamais possédé donc puisque sans enfant, pas besoin de poussette... hmmm... y aurait pas comme une faille de le continuum espace-temps, là?
Les aventures pathétiques de Titcheur au pays des poussettes
Pfffffff…. C'est le seul son qui sort de ma bouche depuis le début de l'après-midi, ami lecteur. Je m'apprêtais, toute guillerette, à sortir Mamerveille par cette belle journée de printemps. Je l'avais bien préparée, j'avais pris un petit jouet, son ombrelle, son chapeau et pensais aller faire le tour du square d'à côté.
Je l'avais bien sanglée dans son cosy, qu'il ne me restait plus qu'à clipser sur le châssis de la poussette qui, comme d'habitude, m'attendait sagement plié au rez-de-chaussée. Je le remonte rarement jusqu'à notre 4ème étage vu qu'en général, le cosy, les sacs de course et ma personne remplissent largement le minuscule ascenseur de l'immeuble et que j'ai trop la flemme de redescendre le chercher.
Je descends donc avec Mamerveille, lunettes de soleil sur le nez, ravie d'aller en mettre un bout dehors. Sauf que, arrivée en bas…
… plus de châssis.
"Moddafuckasonofabitch!!" fut ma première réaction, t'avouerai-je non sans rougir. "On m'a piqué mon châssis de poussette!"
J'ouvre la porte de la cave pour vérifier que quelqu'un n'y aurait pas mis le châssis, je vais au local poubelles, je remonte au 4ème histoire d'être sûre que c'est pas juste moi qui ai oublié que je l'avais bien à la maison. Rien.
Alertée par mes jurons, la gardienne me demande ce qui ne va pas. Je lui explique la situation et elle de me répondre que les voisins du second, parents de jumeaux, ont déménagé ce matin et que peut-être les déménageurs ont emporté notre poussette par mégarde. Chouette.
Commence alors le jeu de piste de la journée. La gardienne n'a pas leur numéro. Le syndic non plus, mais ils ont celui de leur proprio. Qui est sur messagerie et ne rappelle pas. Sur internet, je retrouve leur numéro de fixe. Great. Ca sert à rien puisqu'ils ont déménagé et donc coupé la ligne. Je friend-request mon voisin sur Facebook. Pas de bol, c'est pas lui mais un ado de 14 ans. Je finis par retrouver sa trace sur Linkedin. Je me créé un profil. Je lui envoie un mail avec comme objet "poussette". Qui finira probablement dans ses spams ou qu'il n'ouvrira jamais. J'ai même été coller un post-it sur sa porte des fois qu'ils auraient pas tout déménagé et qu'ils repasseraient par chez eux.
Sinon, je compte sur leur civisme pour se rendre compte qu'ils ont un châssis en trop (qui leur servira à rien sans le cosy, d'autant qu'ils ont deux nains, eux) et qu'ils aient la bonté d'âme de me le ramener. J'espère juste qu'ils ont pas déménagé trop loin et qu'ils ne comptaient pas emmener leurs twins au bout du monde en laissant toutes leurs affaires dans un obscur garde-meuble au fin fond du Val de Marne.
Pffffff….
My taylor is rich
L'autre jour, je pensais à un truc. (Note, cher lecteur, l'absence de salut et de toute autre formule visant à m'excuser de mon silence prolongé. C'est un effet voulu, genre si je dis rien, tu ne remarqueras même pas que ça fait super longtemps que j'ai pas écrit.)(Maligne, la Titch, hein?).
L'autre jour, disais-je, je pensais à un truc. J'étais en train de donner le biberon à Mamerveille tout en lui chantant une chanson des Beatles (apparemment, cette enfant ne boit pas si je ne lui chante pas "No reply", va comprendre…). J'étais en plein "If I were you, I'd realiiiiiiiize that I love you more than any other guyyyyyyy" quand une question m'a traversé l'esprit: et si Mamerveille n'aimait pas l'ingliche?
Damnède! pensai-je in petto. Il est vrai que ces choses-là ne sont point génétiques: là où son père manifeste une passion pour la planche à voile et sa mère une vocation pour la langue anglaise, peut-être que notre progéniture aura plus d'appétence pour les mots fléchés ou le ski nautique. Qui sait?
Tu me connais, lecteur, je ne baisse pas les bras facilement. Je me suis donc penché sur la question de comment intéresser ma fille dès son plus jeune âge à l'ingliche. Evidemment, ce serait plus facile si j'étais moi-même anglaise ou américaine. Je lui causerais en ingliche toute la journée. Là, je lui dis quelques phrases (genre "who's the cuttiest baby in the world?who? who? who?" mais bon, c'est quand même pas ma langue maternelle alors je sais que ça n'aura pas le même effet, cherche pas, tous les spécialistes le disent).
Après mûre réflexion, j'ai établi un plan d'action quinquennal qui devrait imprégner dans son cerveau des réflexes quasi pavloviens. Attention, tout se joue par subtiles touches, il ne s'agit pas d'en faire une enfant bilingue mais simplement de l'immerger le plus possible dans un environnement qui lui facilitera plus tard l'apprentissage de l'anglais. Voici donc, en exclusivité, mes astuces de professionnelle pour faire de tout nain normalement neuroné un futur David Lodge en herbe.
Astuce n°1:
Tapisser les murs de la chambre du nain d'un papier peint imprimé "verbes irréguliers". Normalement, par simple mémoire photographique, ton nain devrait retenir "tear, tore, torn" sans même s'en apercevoir. La magie de la suggestion.
Astuce n°2:
Mettre tous les dessins animés de ton nain en VO non sous-titrée. Pas besoin d'avoir fait Sciences Po pour comprendre un bon vieux Tom et Jerry. Au moins, ton nain habituera son oreille à la douce mélopée anglo-saxonne et puis ça l'incitera à apprendre à lire plus vite s'il veut piger quelque chose à son Disney. Epicétou.
Astuce n°3:
Au square, repérer les familles anglophones et forcer ton nain à devenir le meilleur ami du jeune John-Brian. Comme ça, ça lui fera un correspondant gratis qui pourrait même lui proposer de partir en vacances chez lui dans le Wisconsin. Au pire, il introduira le peanut butter dans la vie de ton enfant, ce qui lui permettra peut-être de décrocher du nutella.
Astuce n°4:
Inscrire ton nain à des ateliers qui coûtent la peau des fesses d'activités en langue anglaise. Ton nain n'y comprendra peut-être toujours rien (quand on voit qu'un nain ne se souvient pas de ce qu'il a fait il y a une heure, on peut douter de l'impact mnémotechnique d'une heure d'ingliche hebdomadaire dans son jeune cerveau…), mais il te ramènera des colliers de nouilles made in USA.
Astuce n°5:
Parler anglais à ton nain à la maison, même si tu es une quiche toi-même dans la langue de Justin Timberlake. Ces quelques phrases clefs suffiront pour assurer à ton nain un bon départ dans son apprentissage linguistique et lui serviront toute sa vie :
- I had the time of my life. I've never felt like this before. Yes I swear, it's the truth. (A ressortir après tout goûter d'anniversaire/ soirée réussie).
- You talkin' to me? (pratique si on veut: 1) faire répéter sa phrase à son interlocuteur ou 2) déclencher une bagarre)
- Oops I did it again! (à dire en prenant un air contrit et en penchant la tête légèrement sur le côté. Utile quand on a fait une bêtise genre casser un vase ou rouler sur le chat).
- How you doin'? (selon l'intonation employée, s'utilise pour 1) s'enquérir de la santé de quelqu'un ou 2) s'enquérir de la disponibilité sexuelle de quelqu'un - à bien distinguer donc quand on l'emploie devant son nain).
- Something is rotten in the stage of Denmark. (ça ne sert à rien, mais c'est quand même trop la classe si ton môme de 4 ans sort du Shakespeare non?).
Astuce n°6:
Engager Mary Poppins. Oui, je sais trouver une nounou anglaise, dynamique, aimant les enfants, cuisinant bio et faisant le ménage gratis ça court pas les rues et ça coûte un bras. Mais tu veux que ton nain parle ingliche ou pas? Alors endette-toi sur 20 ans et paye-toi une super nanny.
Plus sérieusement, lecteur inquiet de mes méthodes peu conventionnelles, je ne crois pas qu'il existe de solution miracle pour que ton nain apprenne l'ingliche sans s'en rendre compte. A part émigrer aux States ou lui parler toute la journée en anglais, il n'y a pas de méthode passive d'apprentissage. Même s'il sait réciter une comptine ou l'alphabet en anglais, il viendra un jour où il devra réellement apprendre, avec un vrai prof et des vrais cours, les mécanismes de la langue. Certes, tout ce qui est fait n'est plus à faire et s'il est familiarisé tôt avec l'anglais, il est probable qu'il aura plus de facilité pour l'apprendre plus tard. Mais est-ce que ça vaut la peine de payer des ateliers éducatifs une fortune? Je n'en suis pas sûre…
Ou alors, essaye peut-être de passer la méthode Assimil à ton nain pendant son sommeil… Il ne verra probablement jamais un tailleur de sa vie, mais au moins il saura qu'il est riche.
On compte sur toi
Aujourd'hui, je m'en vais te causer de deux choses importantes:
1) la campagne des Restos du Coeur
2) le sevrage de Mamerveille
Gni? Quel est le rapport? te demandes-tu à juste titre. Patience, mon bon lecteur, tu te doutes bien que je vais développer.
Depuis un mois maintenant, je sèvre Mamerveille. Après 4 mois de bons et loyaux services, j'ai décidé de récupérer mes nichons et d'offrir à ma fille les joies du lait artificiel bourré d'aluminium (c'est bon pour ses défenses immunitaires). Bref. Depuis le début de la semaine, a y est, elle est complètement sevrée. Elle prend donc ses 4 biberons de 210 ml par jour. Mouais. Sauf que dans la vérité vraie, cette petite qui a déjà le palais de Jean-François Piège et les exigences gastronomiques de Thierry Marx, sait ce qui est bon (mes nichons) et me finit rarement son lait qui pue. Elle me laisse toujours entre 50 centimes et 1 euro 10 et 60 ml au fond du bib. Tu ne vois toujours pas le rapport avec les Restos du Coeur? Pourtant, c'est bête comme chou.
Etant donné le prix (exorbitant) du lait en poudre (et de tout le matos qui va avec), le nombre de biberons gâchés pendant le sevrage, les fonds de lait non finis et tout ce qu'elle régurgite par la suite, Mamerveille gaspille une tonne de bouffe à elle toute seule. Certes, j'exagère. Néanmoins nous sommes une famille qui pouvons nous payer le luxe de raquer 18 Euros la boîte de lait en poudre et 21 Euros le paquet de couches. Je me demande simplement comment font ceux qui n'ont pas ces moyens pour nourrir leurs bébés. Et moi, l'idée d'un bébé qui ne mangerait pas à sa faim et qui aurait que des couches qui débordent bah ça me retourne les tripes (dans les deux sens du terme).
Alors voilà. Les Restos du Coeur lancent une grande campagne de collecte alimentaire avec Carrefour les 9 et 10 mars prochains. Ce billet rapporte à lui seul 10 repas mais c'est surtout sur tes dons à toi lecteur (oui, toi) qu'ils comptent. Donc si tu pouvais aller faire tes courses chez Carrouf' le 9 ou le 10 mars et si tu pouvais mettre de côté une boîte de lait en poudre et un paquet de bonnes couches qui fuient pas pour les familles démunies de France, tu serais bien urbain.
Et comme ils ont plein de bonnes idées, les Restos, si tu achètes 4 produits chez Carrefour entre le 8 et le 14 mars, ça fait un repas tout chaud!
Pour ma part, je mettrais dans mon panier des coussinets d'allaitement, un tire-lait et de l'Advil, en solidarité avec les femmes qui sèvrent leur bébé et qui ont les nichons engorgés. Je dis ça, je dis rien.
PS: oui, je sais, les couches ne se mangent pas mais comme elles contiennent ce qu'on digère je suis pas complètement hors sujet.
Hmmmm Claire Chazaaaal!
Oh my God. Ma fille est bizarre. Si. Ou alors y a pas que de l'aluminium dans son lait en poudre, il y a aussi de la drogue. C'est la seule explication à ce qui se passe depuis maintenant deux soirs de suite. Je te situe la scène.
Vendredi soir, j'attendais que Tendrépoux rentre du boulot en matant tranquillement le JT sur TF1 pendant que Mamerveille digérait son biberon fraîchement ingurgité (no comment, le soir, je mets le JT sur TF1, même si c'est la chaîne de Satan vendue au grand capital toussa toussa). Bref, j'écoutais Claire Chazal exposer l'actualité du jour lorsque j'entends:
- Hhheeeeeuuuuubbllloouuuuuggggllliiii!
Non, je n'ai pas vomi, idiot, c'est juste Mamerveille qui émettait un de ses gazouillis si charmants. Mais va retranscrire le son d'un gazouillis, gros malin! Ma fille, disais-je, gloussait donc de plaisir à la vue de Mme Chazal. Dès que celle-ci disparut de l'écran pour faire place à un fascinant reportage sur l'élevage des abeilles en Haute-Savoie, Mamerveille se tut, regardant d'un oeil torve les images qui défilaient. Mais à peine le visage de la cougar préférée des Français réapparut-il, que le visage de ma fille s'illumina, sa bouche forma un coeur et elle s'écria à nouveau:
- Hhheeeeeuuuuubbllloouuuuuggggllliiii!
Moi, morte de rire, je passai le reste du JT à m'esclaffer devant les changements de mimiques de ma naine, littéralement en transe devant Claire Chazal, me demandant ce qui pouvait bien déclencher de telles déclarations d'amour, personne dans ma famille n'étant blonde ou ne se tapant de jeunes de vingt ans de moins qu'elle (ou alors Queen Mom me cache des choses?). Bref, ma fille kiffe Claire Chazal. On verra ce soir l'effet que lui fera Laurence Ferrari… A moins que je zappe sur Pujadas pour rigoler…
Quoi "ça délire complètement chez Titch"? C'est pas ma faute à moi si ma progéniture chérie se pâme devant des quinquas brushinguées sur fond bleu!
Birthday
Aujourd'hui, mercredi 15 février 2012, fut un grand jour. Enfin, un jour important. Enfin, un jour relativement important. Pour moi en tous cas. Si, un peu, tout de même. J'ai eu 32 ans. Je sais, je sais, je ne les fais pas. Tu ne te serais jamais douté que derrière cet humour juvénile, cette verve primesautière se cachait une femme de 32 piges, pas vrai? Et bien grâce à la crème "anti vieille peau", dont je m'oins 3 fois par jour, j'ai su garder l'esprit djeun's.
Certes, il m'arrive de me plaindre de ces mêmes djeun's qui n'ont plus le respect de rien, mais où va-t-on ma bonne dame? Effectivement, au dîner de samedi soir avec des amis, la conversation a davantage tourné autour du tarif horaire exorbitant des baby-sitters à Paris et des astuces anti-dégâts des eaux que sur le dernier album de Jenifer. De même, je ne peux que constater le léger relâchement abdominal post-grossesse, ainsi que les ridules au coin de mes yeux et les quelques cheveux blancs que je camoufle à grands frais chez le coiffeur. Certes. Néanmoins, j'estime avoir conservé une certaine fraîcheur. Et puis, du haut de mes 32 balais, je peux déjà dresser un bilan pas dégueu de mon existence.
J'ai la chance d'avoir épousé un consultant véliplanchiste amateur de bricolage dont je suis toujours complètement in love après 8 ans d'une écoeurante idylle, d'avoir un job que j'aime et qui me passionne (et que je ne reprend que dans 7 mois!) et enfin d' avoir mis au monde la plus choute des petites filles qui fait des nuits de 13h et qui se laisse câliner sans broncher toute la journée par sa mère gaga. En plus de ça, j'ai une famille formidable, des amis en or et une bonne santé. Alors, je crois que j'ai plein de bonnes raisons de dire merci à la vie (ton solennel, musique émouvante et gros plan sur la larmichette qui pointe dans mes yeux). J'ai bien conscience d'être gâtée mais crois moi, lecteur jaloux, j'en profite!
Alors pour fêter mon anniversaire, j'ai sorti le grand jeu: massage au spa le matin, déjeuner gastronomique à midi, séance shopping de folie l'après midi et dîner aux chandelles avec Tendrépoux le soir. Nan, j'déconne. Où tu as vu qu'avec une naine de 4 mois on pouvait faire tout ça? En fait, ce matin je suis allée chez le kiné me faire masser les lombaires endolories par trop de portage de bébé de 7 kg. Puis je me suis régalée avec des spaghettis au gruyère avant de surfer sur internet. Par contre, le dîner aux chandelles, c'est vrai. Sauf qu'il n'y a pas de chandelles. Mais il y a Tendrépoux. Et Mamerveille est couchée. Je sens que je vais les voir, ce soir, les chandelles!





