syllabus

Préambule: ce billet a été écrit en octobre, et pour une raison que j’ignore encore (surcharge de boulot peut-être?) a été oublié dans les méandres de mon ordinateur… Bizarrement, il est encore complètement d'actualité alors je le publie quand même!

  

Dans ma fac, on travaille depuis le mois de juillet sur une rentrée en mode hybride. On n’a pas voulu croire la circulaire ministérielle nous invitant à faire nos cours en présentiel, avec les distances physiques si possible sans que ce soit obligatoire et en recommandant le port du masque. Manifestement, on a eu le nez creux. Du coup notre rentrée se passe relativement bien puisque nous avions anticipé sur les restrictions en cours. Nous avons bossé d’arrache pied pour adapter tous nos cours à un mode d’enseignement distanciel ou hybride, avons imaginé comment diviser nos groupes de TD en 2 (les étudiants nés un jour pair viennent sur le campus en semaine paire et ceux nés un jour impair viennent en semaine impaire). 

Sur le papier c’est assez clair. Mais nos pauvres étudiants (et pas qu’eux! De nombreux profs sont perdus aussi!) ont du mal à s’y retrouver. Et nous envoient des mails parfois ... déroutants. Petit florilège. 

 

Information donnée aux étudiants: « Votre cours de méthodologie se déroulera à distance sous forme de visioconférences hebdomadaires. Merci de vous connecter le mardi à 9h30 ici: lien vers la visio. »

 

Mails d’étudiants reçus:

« Madame, je suis devant la salle mais je vois personne. »

« Madame ça veut dire que je peux suivre le cours quand je veux? »

« Madame, mais du coup on n’a pas cours? »

 

Information donnée aux étudiants: « Vous aurez cours en présentiel en 1/2 groupes. Les semaines où vous restez chez vous, vous aurez le cours à travailler en ligne. Voici le planning. »

Mails d’étudiants reçus:

« Madame, je peux venir toutes les semaines en cours? »

« Madame, ce qui est en ligne c’est obligatoire? »

« Madame vous pourriez pas faire une visioconférence plutôt ? »

« Madame, pourriez vous me dire si j’ai cours cette semaine? »

 

Et puis il y a ces mails là :

« Bonjour madame. Je vous contacte à tous hasards. Mon cours d’économie chevauche mon cours d’arabe. Pourriez vous me changer de groupe? »

« Bonjour madame. Pourquoi je reçois vos mails? »

« Bonjour madame, le secrétariat pédagogique ne répond pas alors j’aimerais que vous m’inscriviez vous même à votre cours. »

« Bonjour madame. Pourquoi votre cours apparaît en rouge sur mon emploi du temps? »

« Bonjour madame. Je suis cas contact donc je ne pourrai pas assister à votre cours ce vendredi. »

« Bonjour madame. Veuillez trouver ci-joint le résultat de mon test PCR (négatif). »

 

Et puis il y a ce mail là, que j’ai beaucoup reçu et qui me laisse perplexe:

« Madame, ON m’a conseillé de vous contacter car ON m’a dit que vous pourriez m’aider à résoudre mon problème [inserer un problème qui n’a strictement rien à voir avec les cours que j’enseigne] ». Mail auquel je prends tout de même le temps de répondre en essayant d’identifier le bon interlocuteur (y en a quand même un qui m’a envoyé son dossier d’inscription administrative!). Mais j’aimerais bien savoir qui se cache derrière ce ON... 

 

Voilà, tu multiplies ça par 100 et tu as une idée de la tête de ma boîte de réception... je ne blâme pas les étudiants, ils font ce qu’ils peuvent. Mais j’avoue qu’ils ne cherchent pas beaucoup et que je n’en peux plus de rediriger les étudiants perdus vers les bonnes personnes ou les bons services. L’information est largement disponible mais j’ai parfois l’impression qu’ils attendent qu’on les prennent par la main. Du coup je songe très sérieusement à répondre à ce genre de mail en renvoyant simplement cette vidéo que je trouve hilarante.