harvey-specter

Cher Lambda, 

Je te retrouve après 12 semaines de cours à l’université. Les vacances approchent, tu n’en peux plus. Tu as survécu à une gastro, les pannes de train à Montparnasse mais il te reste la plus grosse épreuve du semestre: les partiels. Et comme je commence à avoir un peu d’expérience sur le sujet, voici quelques précieux conseils pour survivre à cette dernière semaine. 

Feurste ovol, petit rappel qui semble basique mais qui pourtant s’avère nécessaire: l’université ne fournit pas les copies, ni les stylos d’ailleurs. Si tu peux aussi penser à investir dans du Typex, ce serait choupi car les ratures rendent les correcteurs chafouins. Si, je t’assure, quand tu as 300 copies à corriger, tu apprécies un peu d’esthétisme et les torche-balles rédigés sur du papier à petits carreaux, sans marge et sans sauter de ligne avec des gribouillis partout, ça saoule. Tu peux également investir dans une montre car on ne te laissera pas consulter ton téléphone « pour regarder l’heure madame ». 

In a seconde taïme (comme on ne dit pas en ingliche), si tu n’as pas mis les pieds en cours du semestre, évite d’envoyer un email à ta prof le dimanche soir pour lui demander l’intégralité de ses cours et les modalités de l’examen qui a lieu le lundi matin. 1) ça fait pas sérieux et 2) assume et vas-y les mains dans les poches tellement c’est pas acceptable de s'y prendre autant à la dernière minute. Nan, cherche pas, y a pas moyen de rattraper 12 semaines de cours en une nuit, même si t’es bilingue. C’est juste insultant pour le prof que tu sembles considérer comme une machine à donner des notes. Un cours ça se suit et si tu n’as pas pu/voulu y aller du semestre, assume. 

Numbeur free, si tu as été assidu, essaye au moins d’apprendre le vocabulaire clef de ton cours. Quand tu as passé 12 semaines à travailler sur la presse anglophone, c’est pas possible de raconter que « the article in the journal has a big title » quand on t’a spécifiquement appris que « journal » se dit « newspaper » et « titre », « headline ». Y a un moment, faut apprendre un peu son cours ou alors faut arrêter de râler contre le vilain système d’éducation français qui sait pas enseigner les langues. 

Ouate’s more, n’essaye même pas de tricher. Car même si tu ne te fais pas choper pendant l’examen, avec ton téléphone savamment caché dans l’écharpe que tu as négligemment posée sur tes genoux, sois sûr que tu te feras griller à un moment ou à un autre. Tu crois vraiment que c’est discret un paragraphe recopié de wikipédia dans une copie? Tu crois vraiment qu’on pense que tu as eu un éclair de génie quand soudain, après un paragraphe bourré de fautes, tu te mets à écrire dans un anglais parfait et très informé? Tu penses qu’on ne sait pas se servir de Gougeule pour aller vérifier quand on a un doute? Franchement tu auras une meilleure note en écrivant avec tes propres mots, même s’il y a des erreurs, qu’avec le 0/20 et le rapport au jury que tu te prendras immanquablement en trichant de la sorte. 

Faïneli, va récupérer ta copie une fois qu’elle sera corrigée. Trop peu d’étudiants comprennent l’importance de cette étape. Et pourtant, comment veux-tu progresser si tu n’identifies pas tes erreurs? Où est ta marge de progression si tu ne sais même pas où tu n’as pas réussi ou au contraire, quels sont les points forts sur lesquels tu peux capitaliser? Une fois que tu auras fait ce travail d’analyse de ta copie, là, oui, je t’autorise à en faire du papier d’allumage pour ton feu de cheminée. Ou une jolie boulette qui finira à la poubelle. Mais plize, prends la peine de lire les remarques de ton correcteur! Tu peux même pousser le délire jusqu'à essayer de comprendre pourquoi tu as eu faux et de travailler sur les erreurs que tu commets le plus. Et tu verras, ce putain de S à la troisième personne du singulier du présent finira bien par rentrer. 

Voilà jeune padawan, ces quelques conseils qui, je l’espère, t’aideront à réussir. Et puis rappelle-toi, si tu rates la première session, il y a toujours les rattrapages. Et non, ce n’est pas la honte absolue de valider son année au mois de juillet. Je conçois que ce soit pénible de reculer son départ en vacances pour aller composer une épreuve de littérature américaine mais rassure-toi, ça l’est tout autant pour nous de vous corriger alors qu'on rêve de soleil et de sable fin. 

Allez, shit, comme on ne dit pas non plus en ingliche et n’oublie pas de mettre ton réveil et de bien manger au petit-déjeuner!

Ta dévouée, 

Titcheur