Dumbledore

Je crois que mon corps essaye de me dire quelque chose... 

Depuis deux semaines, j'ai mal au dos. Au début ce n'était qu'un léger pincement dans les lombaires. Puis progressivement la douleur s'est accrue, m'obligeant à rectifier mes postures, bien plier les genoux quand je me baisse, et maintenant je ne me lève plus d'une chaise sans me soutenir le dos dans une grimace de douleur, le moindre changement de position est une torture et non je ne te parle pas de ma vie sexuelle, idiot. Donc je crois que mon corps essaye de me dire quelque chose. Genre "Stop!" ou "Va te coucher!" (Lol). 

Il est vrai que je tire peut être un chouïa trop sur la bête. C'est pas moi qui le dit mais la dame de 55 ans qui est dans mon cours de yoga et qui m'a dit ce matin même: « Mais tu n'en fais pas un peu trop?" Alors qu'on ne se connaît ni des lèvres ni des dents comme dirait l'autre.

Au boulot c'est pareil. Tout le monde me dit que je suis "très énergique quand même". Le "quand même" m'invite à penser que ce n'est pas forcément une qualité. Certes, je cours tout le temps, et quand je marche, c'est d'un pas pressé et bruyant. Je n'y peux rien, je déteste perdre mon temps et tout déplacement donne lieu chez moi à une activité parallèle. Genre je suis en train d'écrire ce billet dans le métro car c'est du temps gagné. Quand je plie mon linge, j'en profite pour appeler la banque, quand je fais les courses j’ai au moins une copine au téléphone en même temps (quand ce n’est pas une conf’ à trois) (et non je ne te parle toujours pas de ma vie sexuelle, cochon) et quand je fais mon yoga, je prépare mes cours mentalement comme je te le disais pas plus tard que la semaine dernière (et là je place discrètement le fait que je tiens à fond ma résolution numbeur fwoui). Donc en gros je ne m'arrête jamais. La nuit non plus puisque je te rappelle que je suis pourvue de 3 exquises petites filles qui, quoique faisant mon bonheur quotidien, n'en pourrissent pas moins très (trop) régulièrement mon temps de récupération nocturne à moi que j’ai. Je ne te parle même pas des exigences nocturnes de Tendrépoux qui empiètent aussi allègrement sur mon sommeil (elle était là la parenthèse sur ma vie sexuelle, j’espère que tu as aimé, tu n’en sauras pas plus). Et puis dormir, c'est tricher, on dormira quand on sera mort, comme disait je sais plus qui mais certainement quelqu’un de très bien.  

Mon corps semble donc avoir pris les commandes. Il se rebelle, il se rebiffe, il refuse d'obtempérer. Tiens toi bien, je n'ai même pas pu faire une charrue ou même me tenir en position du fœtus au yoga ce matin. La te-hon absolue. Mon corps me lâche, mon corps est dans la rue (au sens figuré hein, va pas te faire des idées!), mon corps ne veut plus avancer, tape du pied et est a deux doigts de se rouler par terre en hurlant. Mon corps manifeste avec une pancarte "Stop aux cadences infernales!" Mon corps ne veut plus négocier, il passe en 49.3. 

Alors plutôt que d'écouter la petite voix culpabilisante dans ma tête qui me dit d’avaler quelques anti-inflammatoires, d'enfiler un corset et de me remettre à ma préparation de cours, je crois que pour une fois je vais l'écouter, prendre rendez-vous chez l'oestéo ou le premier rebouteux venu puis rentrer chez moi prendre un thé bien chaud, me vautrer, bien calée dans des coussins, dans le canapé et mater la dernier saison de Grey's Anatomy. Et je crois que mon corps réclame aussi des cookies home made. Ou des Oreos. Je suis pas sûre, je suis pas très habituée à l'écouter.