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Enfer et damnation! Nan mais c'est quoi cette vie de tarée qui m'empêche d'écrire des billets aussi nécessaires qu'indispensables à la littérature française du 21ème siècle (rien que ça)? Sérieusement, lecteur lassé, si tu voyais ma tronche en ce moment tu comprendrais que je ne me cache pas derrière des excuses bidons. Je ne suis que cernes, teint brouillé et peau blafarde (qui a rajouté "et haleine de poney"? si, toi dans le fond, je t'ai bien entendu) (c'est pas ma faute si je baille beaucoup et que j'aime la soupe à l'oignon) (petit insolent). 

Pouf pouf. 

Et qu'est-ce qui m'empêche de rejoindre chaque nuit les bras accueillants de Morphée? t'enquerras-tu. Au risque de te décevoir, lecteur cochon, ce n'est malheureusement pas Tendrépoux qui me tient éveillée toute la nuit de ses ardentes attentions (non, juste quelques heures) (rhooo, ça va, c'est mon blog, j'ai le droit de te faire rêver aussi). Non, ce qui m'empêche d'aligner assez de beauty sleep pour ressembler à un être vivant, c'est un étrange concours de circonstances que je m'en vais te narrer. 

Tout d'abord, c'est la saison des partiels. Ce qui signifie que j'ai une semaine (oui, je me colle des défis toute seule) pour corriger un peu plus de 350 copies. Sachant que c'est ma première année en tant que prof à la fac, je n'ai aucun cours de prêt et il faut donc continuer à assurer comme une bête devant ce jeune public assoiffé de connaissances. Le tout en enseignant 16 heures par semaine, en assurant des permanences administratives pendant mes heures creuses et en étant rentrée pour 18h30 max pour récupérer Mamerveille chez la nounou. 

Donc j'aime autant te dire que la correction des chefs-d'oeuvres millésimes 2013 se fait à mes heures libres, entre 21h30 et minuit. 

En parallèle, Tendrépoux (que la Slaves & Associates a décidé de faire clamser avant l'heure) rentre tous les soirs à 23h, dîne en 15 minutes avant de se remettre au boulot jusqu'à 1h30 du matin et met le réveil à 7h pour retourner au bagne bureau. Notre château parisien ne comptant que 3 pièces, dont 1 déjà monopolisée par Mamerveille, tu te doutes que Tendrépoux ne bosse pas discrètement dans son bureau avant de se laver les dents dans notre 2ème salle de bains et de se coucher dans la chambre d'amis… Non, il vient se glisser dans les draps alors que je suis profondément endormie et me susure à l'oreille un judicieux "tu dors?". 

(Scène de sexe violence censurée)

Nous nous endormons donc sur les coups des 2h du matin. 

Mais c'est sans compter la participation active de Mamerveille, dont le système immunitaire a du partir en vacances dans une galaxie far far away. Car depuis le début de l'hiver, elle doit bien en être à sa 8ème otite. Et je sais pas si tu as la chance d'avoir déjà eu un enfant souffrant d'une otite, mais il faut savoir que la douleur les rend légèrement irritables. Voire hystériques. Dans le cas de Mamerveille, la douleur la réveille en général vers 3h du matin, et le temps que l'Advil fasse effet, nous avons la joie d'accueillir dans notre lit une petite boule de nerfs qui veut juste jouer (ou me tirer les cheveux, ou mettre les doigts dans le nez de son père), que l'on essaye de recoucher 8 fois avant qu'elle ne cède enfin, épuisée, vers 5h du matin. 

Si tu fais le calcul, lecteur doué, tu réalises vite que mon temps de sommeil de ces dernières semaines ne dépasse guère le temps d'une épreuve de baccalauréat. 

Le résultat est navrant: je carbure au café (dents jaunies), je grappille toutes les minutes de sommeil que je peux le matin (cheveux gras), j'ai les yeux qui se croisent (tenues improbables) et l'humeur tangente (relationnel exécrable). Et surtout, je n'écris plus de billets (ma tendinite du stylo rouge me fait encore souffrir). 

Mais voilà, mes copies sont corrigées, Tendrépoux a décidé que, finalement, avoir une vie personnelle c'était sympa aussi, et Mamerveille dort (il n'est pas encore 3h du matin). Me revoici donc en fanfare, prête à te narrer mes dernières aventures. Ce que je m'empresserai de faire dès demain (ou après-demain hein), car là il est tard, et Morphée Tendrépoux m'attire dans ses gros bras musclés.