rocking

Il y a des jours où quoiqu’on fasse, tout se déroule mal. Et quand on titche toute la journée, ces petites tracasseries qui pourraient rester des broutilles insignifiantes peuvent littéralement finir par te pourrir la journée. En tant qu’experte en moments de solitude et diplômée d’Etat en gaffe humiliante, je me permets donc ces quelques conseils, qui n’ont pour modeste ambition que d’éviter à mes collègues enseignants certains écueils. Toute ressembance avec des situations déjà vécues est parfaitement normale (enfin j'espère).

1. Pars du principe que la loi de Murphy s’applique toujours (parce que c’est le cas). La loi de Murphy, c’est tout simple, c’est cet adage selon lequel tout ce qui peut mal se passer se passera mal.

Exemple: tu as prévu de faire tout un cours sur un extrait de film. Quand tu arrives dans ta salle, tu réalises que le vidéo projecteur ne fonctionne plus. Tu descends 3 étages chez les appariteurs chercher un vidéo projecteur de rechange. Tu remontes 3 étages et tu l’installes. Tu as perdu 5 minutes. Tu es encore dans les temps. Tu branches ton ordinateur et lances la vidéo. Mais tu réalises que le son ne fonctionne pas. Tu redescends 3 étages pour demander aux appariteurs des hauts-parleurs. Ils te tendent un sac, tu le saisis, remontes en courant les 3 étages, branches les hauts-parleurs et relances ta vidéo. Là, tu t’aperçois que ça ne fonctionne toujours pas. Tu pestes, tes étudiants commencent à se dissiper. Le cours a commencé depuis 15 minutes et rien ne fonctionne. Tu redescends les 3 étages quatre à quatre, essayes de garder ton calme en demandant aux appariteurs pourquoi leurs putain de hauts-parleurs ne marchent pas. Ils rigolent: tu n’as pas branché le port USB qui assure l’alimentation alors ça risque pas de marcher. Tu insultes la terre entière in petto, remontes les 3 étages en soufflant comme un boeuf, branches les hauts-parleurs et le port USB et relances la vidéo. Sauf que celle-ci s’éteint au bout de 2 minutes car ton ordinateur n'a plus de batterie. Tu farfouilles dans ton sac à la recherche du chargeur. Interroges tes étudiants munis d’un computer. Aucun n’a la même marque que toi. Tu as perdu 30 minutes de cours, tu sues, tu pues, tu retournerais bien te coucher mais tu peux pas car 35 âmes en perdition attendent impatiemment que tu déverses ton savoir. Tu improvises alors un débat sur un sujet qui n’a rien à voir avec la vidéo initialement prévue et espères avoir fait illusion (rassure toi, non). 

computer

 

Il te faut donc an-ti-ci-per. Prévoir un plan B. Ou alors avoir de GROS talents d’improvisation. Donc personnellement, j’ai toujours plusieurs activités sous le coude, comme ça si quelque chose plante pour une raison X ou Y (technologie en panne ou tout bêtement activité qui ne suscite pas l’adhésion des étudiants) et bien je passe à autre chose. Et parfois je me retrouve à faire des trucs pas prévus du tout (comme passer 15 minutes à travailler une règle de prononciation au lieu de faire une analyse de texte comme imaginé initialement). Bref, quand on voit que les choses dérapent et qu’on perd trop de temps à s’acharner à faire ce qui était prévu, mieux vaut parfois changer d’idée et rebondir sur autre chose. Il sera toujours temps de se rattraper à un prochain cours!

teacher

 

2. Sois à l’aise dans tes baskets. Littéralement. On passe des heures debout à piétiner quand on est prof donc si on est mal chaussé, ça peut vite tourner à l’enfer plantaire. Je crois avoir expérimenté toutes les galères sur la question: de la chaussette qui glisse au fond de la bottine (c’est agaçant hein?), aux talons trop hauts qui font souffrir, en passant par le talon qui casse net en début de matinée et qui fait que tu passes ta journée à claudiquer sous le regard mi-hilare mi-horrifié de tes étudiants à qui tu fais quand même cours, bien décidée à faire comme si de rien n’était alors que manifestement tu manques de t’étaler dès que tu fais un pas.  

Donc assumes tes Vans ou tes boots plates. Mais si tu as des orteils en titane, fais toi plaisir et met des talons de 12 cm!

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3. Evites de manger de l’oignon à la cantine. Oui je sais, ce bo-bun était exquis. Mais il était gavé d’oignons. Et tu ne digères pas l’oignon. Tu as donc embaumé ta salle de cours pendant 3 heures. Tes étudiants avaient un mouvement de recul dès que tu t’approchais pour leur dire un truc. Toi même tu t’auto-indisposais. Tu sentais tellement fort que personne ne s’est assis à côté de toi dans le carré central du métro alors qu’on était aux heures de pointe. Bref, tu pues.  

Solution: achète (et mâche!) des chewing-gums extra fort, lave toi les dents ou mieux, évite les aliments qui fâchent. Tu ne voudrais quand même pas que tes étudiants ne se souviennent de toi que comme de « la prof qui sent le boeuf sauté dans sa bouche ». 

 

bagel

4. Ne sois pas trop impulsif. Oui c’était très professionnel de ta part de proposer à tes étudiants qu’ils t’envoient un enregistrement mp3 de 5 minutes pour que tu leur corriges leur prononciation à tous individuellement. Oui, ça part d’un très bon sentiment et ça leur fera le plus grand bien. Sauf que tu as proposé ça à tes 3 groupes hier. Et que chacun de tes groupes compte 30 étudiants. Et que, si tout le monde t’envoie son travail, ça va te faire 450 minutes d’audio à écouter. Soit 7h30 de ta vie. Ce qui représente aussi une saison entière de Stranger Things

bright

 

5. Sois malin. En vrai, tu sais bien que environ 2% des étudiants t’enverront leur travail. Tu passeras donc au mieux 10 minutes de ta laïfe à corriger leurs productions. Donc non seulement tu passes pour la prof super dispo et super pro auprès de tes étudiants, mais en plus tu auras le droit de les pourrir au cours suivant en leur disant que vraiment, c’est dingue d’être si peu investi dans ses études, qu’ils devraient un peu arrêter de binge-watcher Stranger Things sur Netflix et travailler un peu plus leur ingliche à la place. Tu l’as bien mérité!

franco