tenor

Ceci est mon premier billet de l’année 2019. Nous sommes le 22 Août. Tout va bien. Dire que je n’ai pas eu une minute à moi pour écrire un billet depuis tous ces mois serait 1) faux 2) une hyperbole ridicule. Mais de fait, je n’ai pas écrit une ligne en ces lieux depuis 8 mois. 

Est-ce à dire qu’il est temps de clôturer cette page bloguesque? Je dois avouer que cela m’a traversé l’esprit. Plusieurs fois je me suis imaginée rédiger des lignes déchirantes, remerciant le public, mon amour, pour sa fidélité ces 10 dernières années. Je me figurais les centaines de fans me suppliant dans les commentaires de ne pas les abandonner ainsi à leur morne quotidien uniquement ensoleillé par mes trop rares saillies. Je voyais déjà les pétitions sur change.org réunissant des milliers de signatures. Bref, je me la suis bien racontée. 

Parce qu’en fait il y a de fortes chances que ces pages tombent dans l’oubli le plus profond et qu’elles ne servent, au mieux, qu'à me rappeler ma jeunesse lorsque mes souvenirs s’estomperont dans les méandres d’un Alzheimer plus ou moins précoce quand je finirai mes jours dans un EPAHD crasseux, retraite de prof oblige. Au mieux puis-je espérer quelques « likes » ou quelques emojis en larmes sur Facebook de lectrices fidèles mais déjà passées à autre chose. Et qui les en blâmerait? Le blog est mort, le blog n’existe plus. Maintenant on instagramme son quotidien, on twitte ses pensées, on snapchatte ses émotions. Mais écrit-on encore pour être lu sur un support aussi début-de-siècle qu’un blog? Je ne crois pas. 

Mais bon, vu que je suis une femme vintage des années 80, je n’ai pas peur des vieilleries et surtout, finalement, j’aime l’idée de conserver un espace d’expression ici. Je n’ai peut-être pas grand chose de nouveau ou d’original à raconter, mais je trouve appréciable de disposer d’un endroit où débiter mes âneries. 

Alors, en cette veille de rentrée scolaire, je ne te ferai pas un énième billet sur les formats de cahier à la mode cette année, ou sur la merveillitude de mes enfants (figure toi qu’elles ont bien grandi, qu’elles sont toujours aussi ravissantes et que leur père et moi ne tarissons pas d’éloge à leur sujet *shocking*). Je ne te saoûlerai pas avec mes veilles rengaines de prof pourtant pas aigrie sur mes étudiants et leur niveau d’ingliche. 

Non, très modestement, avec la simpiicité que tu me connais, je demanderais timidement: « Y a quelqu’un? ». 

 

PS: si tu es là, soit sympa et laisse un petit commentaire. Promis, je réécris bientôt!