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1 mois que je n’ai pas écrit… et pourtant il s’en est passé des choses! 

Un mois au ralenti. 

Les enfants ont encore été malades, et nous aussi par la même occasion. J’ai même réussi l’exploit de contracter une pneumopathie, heureusement guérie aujourd’hui. Mais comme je ne fais pas les choses à moitié, là je souffre depuis une semaine d’une angine aphteuse. En gros c’est une angine qui se fait un peu suer toute seule et qui décide de ramener des potes relous - des aphtes - qui squattent partout dans ma bouche, sur ma langue, et mon palais et me font pleurer de douleur au moindre contact. Je ne m’alimente qu’avec la plus grande difficulté et commence à m’inquiéter que cela passe un jour (j’ai été sur Doctissimo et y a des meufs qui ont ça depuis des ANNEES) (oui je vais sur doctissimo, c’est mon côté masochiste). C’est viral apparemment, donc à part de l’aspirine, rien. 

Donc ça, c’était en fond de tache tout le mois. J’ai du dépenser le PIB du Burundi en mouchoirs et en sprays buccaux (cherchez plus, les mauvais chiffres de la sécu ce mois-ci, c’est nous). 

 

Un mois intense. 

Pour autant, j’ai bossé comme une folle. Je ne sais pas comment c’est encore possible après 4 ans d’enseignement à l’université, mais cette année, je n’ai aucun cours de prêt en avance. Je dois tout préparer chaque semaine et c’est très long et stressant. Je suis donc en permanence en train de courir après les deadlines et j’avoue sans fausse modestie ne pas avoir encore du improviser un cours faute de temps pour le préparer. Genre l’angoisse n°2 des profs après arriver à poil en cours (ce qui revient symboliquement au même j’en conviens). 

 

Des escape game. 

Je ne sais pas si tu connais ces jeux d’évasion grandeur nature qui fleurissent un peu partout dans Paris. Le concept? Tu as 60 minutes pour sortir d’une pièce dans laquelle tu es enfermé avec tes co-équipiers. Tu dois résoudre des énigmes, trouver des codes, selon des scénarios franchement bien pensés et dans un environnement immersif souvent très réaliste et c’est G.E.N.I.A.L. Ca combine tout ce que j’aime: me creuser les méninges, le suspense, un bon scénario, des énigmes parfois vraiment ardues et ensuite un bon resto avec les copains pour débriefer de nos expériences. 

J’en ai fait 2 jusqu’à présent avec des amis: Mission Impossible et Crime au Cabaret. Je recommande chaudement!

Mais ce n’est pas tout! J’ai aussi eu la chance de pouvoir tester un Learning Scape, à savoir un escape game pédagogique. Le concept est le même mais appliqué aux profs à l’université. Il y a eu un article dans les journaux à ce sujet. C’est vraiment super comme idée et c’est quelque chose que j’aimerais développer en cours: amener les étudiants à travailler en groupe, à collaborer (en ingliche évidemment) pour résoudre des énigmes et avancer dans le scénario tordu que je leur aurais construit. Evidemment, je n’aurai jamais les moyens de re-créer un environnement immersif mais en réfléchissant à un bon scénario sur le monde de l’université, je pense qu’il y a moyen de gamifier ma pédagogie pour reprendre le jargon… 

 

Des « moisiversaires ». 

Non pas qu’ils soient moisis, bien au contraire. Mais Mars est la période où mes enfants grandissent. 

Mamerveille a 5 ans et demi. Elle fait du poney et s’initie à la danse classique. J’arrive toujours trop tôt à son goût pour la chercher à l’école mais le matin elle serre toujours son doudou fort contre elle avant de partir. Elle est douce et patiente avec ses soeurs dont elle adore s’occuper. « Mais c’est à ça que ça sert une grande soeur », me dit-elle souvent. Ma grande fille, responsable et sérieuse. A qui il faut rappeler qu’elle est encore une enfant malgré ses velléités de grandir et de (sic) sortir au restaurant avec ses amies quand elle sera au CP. 

Maprinchesse, elle, fêtera ses 3 ans dans quelques jours. Elle a grandi d’un coup: elle s’exprime très bien, lève un index autoritaire à chaque fois qu’elle veut dire (ou plutôt intimer) quelque chose  et n’a qu’une hâte, celle d’enfin rentrer à l’école maternelle. J’ai fait l’erreur de l’emmener à la mairie pour faire son inscription, pensant lui faire plaisir. La pauvre a longtemps pleuré, s’imaginant qu’elle irait dès le lendemain user les bancs de la petite section. Va expliquer la notion de « euh, encore 6 mois à attendre ma puce » à une enfant qui a déjà du mal à se rappeler ce qu’elle a fait le matin même….

Et puis il y a Royal Baby qui fête ses 18 mois aujourd’hui même. 18 mois déjà qu’elle est arrivée dans notre famille de fous. Elle y trouve sa place sans aucun problème, sait s’imposer avec ses soeurs et réclamer l’attention qu’elle souhaite. Ses grands yeux bleus me déconcertent à chaque fois qu’elle les pose sur moi et ses bouclettes blondes ont laissé la place à un carré de petite fille faussement modèle - sa première coupe de cheveux (j’avoue j’en ai gardé une mèche) (j’ai le droit c’est mon dernier bébé) (et puis ce n’est pas comme si je l’avais rangé dans mon porte-monnaie pour pouvoir le renifler de temps à autre, ça va je suis pas une psychopathe). Elle grandit à toute vitesse, commence déjà à parler, prononce parfaitement les prénoms de ses soeurs et de plein d’autres mots mais s’obstine à m’appeler « Papa ». Je feins d’être offensée, elle éclate de rire. Elle a un an et demi, elle règne sur le monde. 

 

Tendrépoux. 

Je ne t’en parle plus beaucoup sur ces pages. Il faut dire qu’avec tout son boulot, il n’a plus le temps de bricoler et par là même de dégourdir mes zygomatiques. Il bosse autant à la Bourreaux & co qu’à la Slaves & Associates, donc là dessus ça ne me change pas la vie. Il compte toujours ses bobos le matin au lever (tendinite à l’épaule droite, arthrite au genou gauche, péricardite, cancer de l’oreille et j’en passe). Je m’inquiéterai le jour où il se lèvera sans me dire qu’il a mal quelque part. 

On est crevés tous les deux, conscients d’être « dans le dur «  en ce moment. On tient la barre ensemble et quand l’un des deux craque, l’autre est toujours là pour prendre la relève. C’est bon de savoir que l’autre est là pour soi. Malgré la fatigue, les nuits super pourries, les maladies à répétition, les réveils à 5h30, les enfants à gérer tout le temps, la logistique permanente, je sais qu’il me regarde avec bienveillance et il sait que c’est réciproque. On est pas du tout au top de notre forme, avec ma bouche en putréfaction, je suis tout sauf glamour: notre couple en pâtit forcément un peu car nous n’avons pas beaucoup de temps pour nous. Mais quand on arrive à voler un déjeuner en amoureux ou une soirée, voire un week-end, on retrouve, intact, le petit bijou qu’est notre couple. Et on se dit qu’on a bien raison de ne pas céder à la facilité des engueulades liées à la fatigue ou des reproches qui pourraient aisément fuser. Pas facile d’être parents de 3 jeunes enfants, mais si on garde de vue la raison première de leur existence (notre amour indéfectible), ça aide à garder le cap. 

Je pourrais être pigiste chez Marie-Claire ou Biba, tiens, avec tous ces bons conseils matrimoniaux…