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Les vacances sont terminées depuis déjà une semaine dans la zone C. En tant que titcheur, l’un de mes nombreux avantages (outre le salaire indécent et la voiture de fonction) est de pouvoir bénéficier des vacances scolaires, ce qui est très pratique quand on a des enfants scolarisés. Bon, en vrai, comme je titche à la fac, je n’ai qu’une semaine sur deux à chaque « petites » vacances (shocking!), donc il faut tout de même occuper Mamerveille, 5 ans 1/2, 1 semaine par période de vacances. Cette année, elle a eu la chance de passer 8 jours au ski avec ses grands-parents et ses cousins et en a profité pour décrocher son flocon haut la main (fierté maternelle, larmichette d’émotion au coin de l’oeil). 

Bref, cette année, j’ai passé une semaine entière avec mes trois filles à Paris. Pas question de partir seule avec les trois, d’autant que la veille des vacances on me diagnostiquait une pneumopathie. 

Parenthèse médicale: une pneumopathie c’est une infection des poumons. Pour ma part, c’est une trachéite qui a dégénéré en bronchite qui a dégénéré en pneumopathie. Je trainais donc cette m*rde depuis Noël et ne comprenais pas pourquoi j’étais aussi épuisée. Je toussais tellement depuis deux mois que je m’étais déchiré un muscle intercostal et que je ne dormais plus la nuit. C’est donc sur les rotules, avec deux de tension que j’ai commencé ces vacances de février. Autant te dire que j’appréhendais un chouïa de devoir m’occuper de mes trois furies petits anges pendant 7 jours entiers. 

En temps normal, si j’avais été en forme, j’aurais organisé un super programme pour faire de ces vacances un moment exceptionnel dont mes filles se rappelleraient toute leur vie (rien que ça). Pour Royal Baby, j’avais prévu des séances d’éveil à la gym chez Gymboree au Jardin d’acclimatation. Pour Maprinchesse, c’était une virée mère-fille à la cité des Enfants à la Villette et divers spectacles adaptés à son âge, repérés sur internet. Et j’avais envisagé des séances de cinéma et des ateliers au musée pour Mamerveille. Le tout entrecoupé bien sûr d’après-midis où on aurait invité leurs amis à jouer à la maison et où j’aurais géré toute cette petite troupe avec l’énergie et le sourire d’une bonne Wondermaman. 

Sauf que quand ton but premier dans la journée est d’éviter de te casser une côte à force de tousser et espérer que tes 3 enfants synchronisent leur temps de sieste pour que tu puisses te reposer toi aussi une petite heure, tout ce vaste programme s’avère peu réaliste. 

Alors j’ai renoncé. Je ne me suis fixé absolument aucun objectif, aucun défi. Pas de programme pédagogico-montessorien, pas d’activité démesurément ludique, aucun horaire imposé, aucune contrainte si ce n’est celle des repas. Rien. J’ai laissé les filles jouer à tout ce qu’elles voulaient à la maison. Elles m’ont retourné leur chambre à plusieurs reprises mais j’ai aimé les regarder redécouvrir des jouets oubliés au fond d’un coffre et s’inventer des jeux toutes les trois. Leurs interactions étaient fascinantes et, en toute honnêteté, le fait qu’elles puissent s’occuper toutes seules pendant 1 heure me permettait de m’allonger un peu et de souffler. Les dessins animés étaient aussi autorisés et j’ai été contente de constater à quel point elles étaient déjà raisonnables puisqu’elles demandaient d’elles-mêmes à éteindre la télévision quand elles en avaient assez. Les premiers jours, nous sommes restées à la maison. Je les ai juste sorties le matin au parc, profitant des premiers rayons du soleil parisien. Assiste sur un banc, le visage frappé par un doux rayon annonçant déjà un printemps pourtant encore lointain, je les laissais s’ébattre, glisser sur le toboggan, se rouler dans le bac à sable et bouffer de la terre si l’envie leur en prenait. Elles ont fait de la trottinette, du vélo, de la draisienne. Elles ont couru après des bulles de savon, se sont renversé le produit dessus, et ont pleuré parce qu’il n’y en avait plus. Elles se sont déguisées, ont joué aux Playmobil, ont fait des puzzles et des dessins. Elles se sont disputé aussi, ont pleuré, ont réclamé « les bras, maman ». Elles ont peint, découpé, collé. Elles ont joué à la poupée, à cache-cache et à la dînette. Nous avons fait des jeux de société (il en existe dès l’âge de 2 ans, comme le jeu du verger par exemple). Nous sommes prises en photos. Nous avons mis la musique à fond et avons chanté à tue-tête. Nous nous sommes faits d’énormes câlins et des batailles rangées de jets de peluches. 

Les journées se sont enchaînées en douceur. La seule contrainte à laquelle je n’ai pu échapper était celle des repas: le déjeuner et le dîner devaient être pensés et préparés bien à l’avance afin qu’il n’y ait plus qu’à les réchauffer à notre retour de promenade et en fin de journée. Mes enfants sont en effet un peu comme des Gremlins: si je ne les nourris pas à heures fixes, elles se transforment en monstres sanguinaires. 

J’essayai juste de donner un côté un peu festif à ces vacances parisiennes. Oh, il ne m’a pas fallu grand chose: une crêpe party pour le goûter, des séances de maquillage et de déguisement, des bains moussants, un spectacle de Guignol et un tour de manège. Rien de rare, mais cela a suffi à enthousiasmer mes trois petites. 

D’ailleurs, je recommande vraiment le maquillage Snazaroo: plein de couleurs, pas de paraben ni de saloperies allergènes (produit très bien toléré par la peau des enfants) et qui s’enlève à l’eau, ce qui est bien pratique. Il y a un livret avec des idées de maquillage et les étapes pour y  parvenir. Les enfants ADORENT et je dois avouer que Tendrépoux et moi nous disputons parfois le pinceau pour donner libre cours à notre créativité… 

Côté boulot, je n’ai absolument RIEN foutu. Mais alors rien du tout. J’ai juste lu les quelques mails qui m’ont été envoyés mais n’y ai pas répondu. J’ai résisté à l’envie de préparer des cours ou de corriger des copies. La seule lecture que j’ai commencé (mais pas fini), c’est celle d’un BIBA (je sais, j’assume). Je me suis entièrement consacrée aux enfants, bien consciente que si je commençais à me mettre des impératifs de boulot, je n’allais pas supporter leurs incessantes sollicitations. J’ai bien fait car, en effet, elles m’ont beaucoup sollicitée. Les journées étaient tout de même denses et je dois avouer que je n’ai eu aucune peine à trouver le sommeil le soir venu.  

Au final, ces vacances complètement non exceptionnelles se sont super bien passées. J’ai réussi à récupérer, les filles se sont reposées et je pense sincèrement que le fait de ne m’être pas mis la pression m’a permis d’être plus cool avec elles et de dédramatiser le fait de ne « rien faire ». Parce que finalement, c’est ça le sens du mot vacances, non? Faire le vide, alléger son quotidien, s’affranchir le plus possible des contraintes. C’est peut-être plus facile à faire sous les cocotiers ou dans un bar d’altitude à Serre-Che. Mais ça marche aussi en restant chez soi.