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Je ne reconnais au mois de novembre que deux vertus : le 1er et le 11 novembre. Cela doit être la feignasse de prof en moi qui parle, mais on m’accordera le droit de penser que 2 ponts (quand ils ne tombent pas le week end ou pis, pendant les vacances scolaires !), c’est bien la moindre des choses qu’on pouvait instaurer pour nous faire supporter ce mois indigeste.  

Je ne parle évidemment pas de la météo. Novembre n’y est pour rien s’il fait déjà -2° et qu’il pleut à verse toute la journée. Novembre fait son job, il nous prépare physiquement au véritable hiver en venant titiller nos défenses immunitaires. Cette année, la gastro de Noël est en avance… ça promet ! 

Et puis c’est la faute d’Octobre si on a changé d’heure, même si c’est en Novembre qu’on se le prend en pleine face. Les 7 premiers jours de ce mois honni, Maprinchesse et Royal Baby se sont organisées pour se réveiller, chacune à leur tour, vers 5h30, afin de s’assurer que leurs parents adorés arborent au plus vite le teint grisâtre incontournable cette saison. 

Heureusement, si le changement d’heure fait que le soleil est déjà levé à l’heure où l’on peut contempler son teint défraîchi dans le miroir le matin, le corollaire est qu’il fait nuit dès 17h, limitant de facto toute sortie avec les enfants à se promener dans la rue (les parcs fermant plus tôt), exercice peu ludique pour eux, engoncés qu’ils sont dans leurs doudounes, écharpes et bonnets. Faire les boutiques ? Un fou rire nerveux s’empare déjà de moi rien qu’à l’idée d’imaginer mes 3 filles chez Zara, à courir dans des directions opposées pendant que j’essaye de calmer le bébé dans sa poussette sous le regard désapprobateur de vendeuses nullipares ultralookées. 

Je ne remercie pas non plus les Américains pour être venus nous pourrir le mois encore un peu plus en élisant un homme aux problèmes capillaires proportionnels à la noirceur de son âme. Je vais faire ici une parenthèse politique exceptionnelle : ne nous étonnons pas de l’élection de Donald Trump. Notre vision de petits Français si progressistes et supérieurs, drapés dans nos valeurs républicaines et notre supériorité intellectuelle n’a aucune valeur sur le territoire américain et est en général complètement faussée par notre égocentrisme hexagonal. Alors on peut dénigrer ces abrutis de Ricains incultes et amoureux de leurs armes à feu, on peut se moquer du candidat élu et du chihuahua qui lui tient lieu de chevelure, on peut se rassurer en se disant que personne n’est assez bête pour voter pour un type qui se vante de tripoter des femmes, qui veut interdire l’accès au sol américain à tous les musulmans ou qui veut construire un mur le long de la frontière mexicaine payé par les mexicains of course. On peut continuer à se voiler la face, mais alors il ne faudra pas être surpris lorsque notre Donald Trump à nous (Marine Le Pen pour ne pas la nommer), sera non seulement au deuxième tour de l’élection présidentielle (ça, tout le monde semble l’avoir acquis avec un naturel qui me semble déjà problématique), mais peut-être bien élue présidente si le même scénario se déroule ici. Elle n’a rien besoin de dire. Elle n’intervient plus dans les médias. Elle n’en a pas besoin. Elle laisse faire les autres. Les laisse s’enliser dans la turpitude de leurs faux débats (voter Juppé aux primaires, est-ce voter Bayrou ? Macron sera-t-il candidat ? JL Mélanchon porte-t-il des caleçons rouges ?). Elle les laisse montrer à des électeurs désabusés qui hurlent pourtant depuis des années maintenant leur ras-le-bol de ces élites politiciennes que le système ne change pas. Ces mêmes élites et ce même système que représentait une certaine Hillary Clinton. Donc faudra pas s’étonner si nos bouseux arriérés à nous votent « mal » en 2017…

Bref, c’était mon analyse éminemment personnelle et sans aucune prétention à un quelconque  prosélytisme. 

Bon et puis, faut-il le rappeler ? Le mois de novembre restera désormais à jamais lié aux attentats du 13. J’avais fait le récit des événements que j’avais vécus ici. Je ne reviendrai pas dessus. Chaque fois que j’en entends parler, mon cœur se serre et bat plus vite. Les larmes me montent aux yeux. J’évite de regarder les reportages actuels sur les victimes ayant survécu au drame. Parce que je suis très mal à l’aise avec le traitement impudique qu’en font les médias, avec force musique dramatique en fond et zoom sur les yeux humides de la victime. Il faut se souvenir, évidemment mais je doute que ce soit en remuant les horreurs commises et vécues ce soir là qu’on rendra vraiment hommage à ceux qui ont perdu la vie ou qui sont restés traumatisés dans leur chair ou leur esprit. Mais bon, je peux aussi comprendre le besoin de raconter et de se livrer et je suis une grande fille qui n’est pas obligée d’allumer la télévision. 

Je propose donc de tout bonnement supprimer ce mois inutile. Ca fera 30 jours de moins à l’heure d’hiver et on saura pourquoi les supermarchés ont déjà mis tous les produits de Noël en rayon. Et comme je ne veux léser personne, je propose que tous ceux qui sont nés en Novembre (les pauvres !) puissent choisir une date anniversaire plus cool et, de facto, le signe astrologique qu’ils préfèrent. Les Scorpions me remercieront. Quant aux deux jours fériés, il va de soi qu’ils seront déplacés à des dates plus pratiques (genre en février pour qu’on puisse se faire des weekends au ski prolongés ou en juin, pour profiter du soleil). Votez Ingliche Titcheur !