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Comme manifestement les choses n’étaient pas déjà assez compliquées, cette semaine nous a réservé une petite frayeur. J’ai bien failli accoucher dans la nuit de lundi à mardi. C’est ce qu’on appelle un « faux travail ». Et comme j’adore partager avec toi, lecteur curieux, toutes mes expériences gynécologiques les plus farfelues, voici donc ce que c’est qu’un faux travail. 

Le faux travail c’est le Canada Dry de l’accouchement: ça ressemble à un accouchement, mais ce n’est pas un accouchement. Tu as bien des contractions, régulières, rapprochées et douloureuses sa race. Les antispasmodiques, les bains et les invocations à Vishnou n’y font rien, tu contractes. Et tu douilles. Sauf qu’en fait il ne se passera rien de plus pour l’instant. Ton col s’est peut-être ouvert un chouïa mais c’est tout. Circulez, y a rien à voir! Ahahah, ton corps a vraiment un sens de l’humour développé. 

 

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 Mais laisse moi te narrer la chose dans le détail. 

 

Lundi soir donc, je devais être toute seule. Après 15 jours complètement esseulée à Paris pendant que mari et enfants étaient en vacances, une nuit de plus ne me faisait pas peur. Tendrépoux devait partir en province pour voir un client tôt le lendemain matin et ne revenir que le soir. Ses parents devaient garder les filles le reste de la semaine et comme ils habitent pas trop loin de l’aéroport, Tendrépoux devait passer la nuit chez eux.  

Je me prépare donc un plateau repas, m’installe devant une ânerie à la télé et commence à déguster mon plat. Aïe. Aïe. Non mais AIE-EUH! Une contraction douloureuse. Parenthèse: des contractions j’en ai eues, je sais ce que c’est (j’ai accouché deux fois quand même #vétéran), donc j’ai très vite senti que quelque chose clochait et que ces contractions là n’avaient pas la même tronche que celles que je ressentais depuis des semaines. 5 minutes plus tard, re-contraction. Puis 10 minutes plus tard. Puis 3 minutes plus tard. Puis 5 minutes plus tard. Je me lève, je vais reprendre un Spasfon, je marche un peu. Les douleurs dans les reins s’accentuent. Il est 21h. Je décide de prendre un bain chaud. Au bout de 2h de contractions qui ne passent pas, je commence à sérieusement flipper. Je suis seule chez moi. Je file boucler ma valise pour la maternité en espérant que mon cerveau envoie un signal à mon utérus pour lui dire « Hé ho, on s’arrête là! On n’est même pas à 35 semaines d’aménorrhée on se calme tout de suite ». Mais non, ce fichu organe ne veut rien entendre. 

J’appelle Tendrépoux qui décide de rentrer illico presto. Je me dis que c’est peut-être juste psychologique, que c’est parce que j’ai peur d’être seule et que le retour de mon mari calmera tout ça. Il arrive, nous attendons encore 1h. Il est minuit. Toujours autant de contractions alors nous décidons de partir pour la maternité.  

Arrivés sur place avec valise, coussin d’allaitement et provisions pour Tendrépoux, on me place sous monitoring. « Ah oui effectivement madame, vous contractez toutes les deux minutes. Vous avez mal? » « Non, j’adore grimacer et souffler comme un boeuf pour le plaisir, oui j’ai mal ! ».  Elle m’examine, mon col qui était déjà un peu ouvert lui semble raccourci et un peu plus ouvert encore. 

« Bon et bien on va vous mettre en salle de pré-partum, vous serez mieux pour le travail ». Il est 2h du matin. Je suis officiellement à 35 SA et je vais accoucher. J’ai peur. Tendrépoux me dit qu’il n’est absolument pas prêt. Je le rassure, moi non plus.  

Nous arrivons en salle de pré-partum déjà occupée par une dame en plein pré-travail elle aussi. Elle souffre beaucoup. Elle respire fort et gémit. 

Nous nous installons aussi discrètement que possible sur l’autre lit derrière le paravent qui sépare (à peine) nos deux espaces. La sage-femme arrive avec un doliprane et un verre d’eau (LOL) et me dit que c’est tout ce qu’elle peut me proposer et que nous devrions essayer de nous reposer (re-LOL). Tant que je ne suis pas dilatée à 3cm, pas de péridurale. Je suis à 2 cm. Bon. J’avale le doliprane. 

Tendrépoux se blottit contre moi sur le lit de maternité et me masse les reins. J’ai mal. Les contractions me semblent ne jamais s’arrêter. Je sens moins mon bébé bouger. J’ai peur. Et la dame qui souffre à côté n’aide pas beaucoup.  

Quelques longues dizaines de minutes plus tard, la sage-femme vient la chercher pour l’emmener accoucher. Nous nous retrouvons seuls. Il est 4h du matin. Je suis épuisée. Je ferme les yeux malgré la douleur et … je m’endors. C’est le téléphone de Tendrépoux qui nous réveille à 8h. Son collègue l’attend à l’aéroport pour partir voir le client. Tendrépoux explique rapidement la situation, s’excuse puis éteint son portable. Nous réalisons soudainement qu’il ne s’est rien passé cette nuit. Plus de douleurs. J’ai toujours des contractions rapprochées mais elles ne me font plus mal. La sage-femme arrive et me ré-examine. Le col n’a pas bougé, toujours à 2 cm. Elle me pose un monitoring pour voir comment va le bébé et où en sont les contractions. Bébé va bien. Les contractions sont toujours là toutes les 5 minutes mais ont cessé d’être douloureuses et d’être efficaces.  

10h30: la sage-femme nous renvoie à la maison. « Le travail peut reprendre à tout moment mais là, ça ne sert à rien de vous garder, autant que vous soyez chez vous. Par contre, dès que ça recommence ne traînez pas pour venir, ça risque d’aller vite, c’est tout de même votre 3ème bébé ». Nous rentrons à la maison, épuisés mais soulagés de ne repartir qu’à deux. Il est encore trop tôt. Et même si bébé ne risque plus grand chose à ce terme, la prématurité n’est jamais souhaitable si on peut l’éviter. 

 

Voilà donc 6 jours que je suis rentrée et que je ne quitte plus la position allongée. Les contractions se sont calmées, la vie semble avoir repris son cours. Dans 9 jours j’aurai atteint le seuil fatidique des 37 SA où mon bébé sera considéré comme à terme. Dans 9 jours, si les contractions reprennent, je serai heureuse d’aller à la maternité donner naissance à mon enfant et enfin le rencontrer. 9 petits jours. Allez. Pas de blague hein.