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Voilà un peu plus de 2 semaines maintenant que je suis rentrée de la maternité avec pour mot d’ordre REPOS STRICT. 2 semaines donc que je passe du canapé à mon lit et du lit à mon canapé en mode baleine échouée. 

Je sais bien que 2 semaines, ce n’est pas grand chose comparé à certaines femmes qui doivent passer plusieurs mois alitées et souvent dans des circonstances bien plus stressantes que les miennes. 

Mais bon, du haut de ma petite expérience de Mapette (et oui, c’est comme ça qu’on surnomme les femmes comme moi sur les forums spécialisés) (quand je te dis que je m’occupe comme je peux…), j’ai déjà pu dresser une liste de quelques astuces qui te faciliteront la vie, ô toi camarade alitée. Rien de très révolutionnaire, mais tout de même. 

 

1. Si tu es multipare, tes enfants ailleurs tu caseras. 

C’est la règle n°1 de la grossesse alitée. Limite la sage-femme m’a fait une ordonnance avec écrit dessus « Confiez vos mômes à un tiers compétent ». Evidemment, ça dépend de l’âge des-dits enfants. Les miennes ont 3 ans 2/3 et 16 mois, autant te dire que niveau autonomie on est loin du compte. 

Il te faudra donc accepter la frustration immense de voir quelqu’un d’autre s’occuper (plus mal que toi évidemment) de tes enfants et la frustration encore plus immense de devoir leur refuser des plaisirs simples comme les porter dans tes bras, leur donner le bain ou leur torcher le postérieur. 

Dans mon cas, la chose est vite réglée. J’ai la « chance » d’être alitée en plein mois d’août. J’ai donc « simplement » renoncé à partir en vacances avec le reste de ma famille. Les enfants s’éclatent, leur père est au bord du burn out, et moi je pleure tous les jours, mais au moins je me repose. 

 

2. Internet, ton meilleur ami deviendra. 

Bon, c’est une évidence, tu vas certainement passer 89% de ton temps éveillé sur la toile et c’est une BONNE CHOSE (les 11% restant seront dédiés à ingurgiter des substances réconfortantes à base de cacao). 

Entre les réseaux sociaux qui te permettent de dialoguer avec tes amis, même s’ils sont à la plage (eux), les sites de courses en ligne qui te permettent de t’approvisionner sans bouger de ton canapé, les blogs qui te distrairont, ou les séries TV que tu pourras regarder en streaming, tu as de quoi t’occuper. 

 

2 bis. D’Internet, tout de même tu te méfieras. 

Oui parce que, certes, il y a plein de choses pour te distraire sur la toile. Mais il y a aussi tout un ramassis de sites à éviter. 

Par exemple, évite de googler « accouchement prématuré à 32 SA » au risque de tomber sur des forums où tu verras dans le détail tout ce qui t’attend si, par mégarde, le travail commençait (beaucoup) trop tôt. Bien sûr, c’est bien d’être préparée au pire, mais franchement, ça n’apporte pas grand chose tant il y a de cas particuliers. Et puis honnêtement, je me portais mieux quand j’ignorais le sens du mot « bradycardie ». 

 

3. Le temps, tu tueras. 

Alors évidemment, si ta passion dans la vie c’est le hockey sur glace, tu vas être un chouïa déçue. Mais si comme moi, tu adores lire, regarder des films, faire des mots croisés ou classer des photos, tu vas enfin avoir l’occasion de te gaver. J’ai déjà lu 4 romans en 2 semaines (ma moyenne sur ces 4 dernières années doit être de 1 tous les deux mois…), réalisé 3 albums photos (dont les albums de naissance de mes deux aînées!), et terminé 2 grilles de mots croisés de Michel Laclos (pas fastoche). 

On m’a conseillé le tricot et la broderie mais je suis une vraie quiche quand il s’agit de couture. Il paraît que c’est vraiment très facile mais 1) j’ai pas d’aiguilles ni de laine 2) je sais pas si ça se trouve sur internet (certainement que si) et 3) j’ai regardé un tutoriel sur le site de Fildar et j’ai rien compris. Donc je me réserve ces activités hautement techniques pour plus tard, quand j’en pourrais plus de lire. 

On m’a aussi conseillé (et offert!) des coloriages pour adultes. Excellente idée mais il se trouve que j’ai mis la trousse de crayons de couleur dans la valise de Mamerveille (pour qu’elle m’envoie de jolis dessins) (je n’ai rien reçu…). 

Bref, tu l’auras compris: que tu te mettes au macramé, au karaoké ou à l’origami, tout est bon pour faire passer le temps (un peu) plus vite. 

 

4. Tes déplacements tu optimiseras. 

Si comme moi tu as le « droit » de te lever pour te doucher/aller pisser/te faire à manger/te dégourdir les jambes, il n’en reste pas moins important de minimiser les déplacements. Déjà parce que se relever quand on a un ventre de la taille d’une citrouille demande une énergie folle (et des gesticulations ridicules). Et puis parce que s’il faut te relever à chaque fois que tu as besoin d’un truc (ton ordi, ton téléphone, un bouquin, un verre d’eau, un carré de chocolat, un magazine, un stylo, etc…), tu n’es pas rendue. Pire, s’il faut que tu demandes à quelqu’un (au hasard, ton conjoint) à chaque fois, tu risques 1) le divorce et 2) de prendre ton verre d’eau dans la tronche. 

Rassemble donc toutes affaires au même endroit de sorte à pouvoir accéder à tout depuis ton canapé ou ton lit. Certes, ça va vite être le bronx chez toi mais au moins tu auras tout à portée de main et tu te sentiras un brin autonome (un brin j’ai dit). 

 

5. De l’aide pour le quotidien, tu demanderas. 

Si tu lis bien l’ordonnance de la sage-femme, tu verras que juste en dessous de « Confiez vos enfants à un tiers compétent », il y aussi écrit « Interdiction de faire le ménage ». Zut alors. Moi qui adore passer l’aspirateur! Si tu es muni d’un conjoint présent, tu as sous la main une parfaite fée du logis qui sera certainement ravi de contribuer activement au bon déroulement de ta grossesse. Ne le prive surtout pas de ce plaisir. 

Si par contre, ton époux est parti en vacances avec les enfants et/ou bosse 12h par jour, tu peux solliciter de l’aide extérieure. 

Ca, ça a été la belle découverte pour ma part: la CAF m’a dirigée vers une association qui me permet d’avoir une aide à domicile à raison de 3h30 par semaine, aussi longtemps que j’en aurai besoin. J’ai choisi l’ADAF (au pif) et je suis pas déçue. Une gentille dame vient une fois par semaine et me fait le ménage, la lessive et les courses, ce qui me permet de manger frais et équilibré et de ne plus partager mon espace vital avec les poils du chat. 

Il se trouve que mes enfants sont pris en charge par la famille ce mois-ci mais j’aurais pu aussi demander une aide journalière pour s’occuper d’eux pour le bain, les repas et les sorties. La CAF finance une grande partie de la prestation et le bénéficiaire participe en fonction de ses revenus. C’est vraiment une solution pratique pour se soulager de la logistique et se concentrer sur son bébé. 

Je te mets un lien vers leur site pour la peine. Et un petit coeur ❤️

 

6. De ton corps, soin tu prendras. 

A force de rester allongée et de te contempler le bidon, il n’est pas impossible que tu finisses par te considérer comme un incubateur géant (au mieux) ou comme un poulpe lamentablement échoué (au pire). 

La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas le droit de te lever pour te regarder dans le miroir (et constater que la cellulite pousse sur tes cuisses comme de l’acné sur un visage adolescent ou que ta pilosité frise celle du grand chimpanzé). 

La mauvaise nouvelle, c’est que ton corps se rappelle à toi de bien douloureuse façon. Parce qu’à force de rester allongée, tes muscles fondent, tes jambes et tes pieds gonflent et ton dos te fait souffrir. 

Pour les muscles, rien à faire. Ce n’est pas le moment de ressortir tes vieilles vidéos de gym à la maison ou de faire des abdos-fessiers. 

Pour les jambes lourdes, douche froide et bas de contention régleront l’affaire. En période de canicule je t’avoue ne plus supporter mes bas de contention (de toutes façons je n’arrive plus à les enfiler seule) donc j’use et abuse du jet d’eau froide.

Pour ton dos, quelques conseils: un bain chaud te fera le plus grand bien. Un peu de paracétamol aussi. Mais le mieux reste un bon massage. De ton époux s’il est adepte ou d’un kiné si vraiment tu n’en peux plus. Idéalement, il faut en trouver un qui se déplace à domicile et avoir une ordonnance bien sûr. 

Sinon, dis-toi que tout rentrera progressivement en ordre une fois que tu auras accouché (et que ton épisio aura cicatrisé) (et que tes crevasses auront arrêté de saigner). 

 

7. Tes contractions, point ne compteras. 

Si tu es alitée jusqu’à la fin de ta grossesse, c’est fort probablement parce que tu as (entre autres) des contractions aussi malvenues qu’un tweet de Nadine Morano. 

Croyant bien faire, et parce que j’en avais marre d’être incapable de répondre à la question « combien de contractions avez-vous par jour? » et « sont-elles régulières? », j’ai téléchargé une appli fantastique sur mon précieux. Il s’agit de la bien nommée appli « Contractions ». 

Elle te permet de chronométrer tes contractions et de qualifier leur intensité. L’appli se charge ensuite de calculer leur fréquence. 

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Génial. Sauf que du coup, tu passes ton temps à guetter la prochaine contraction. Et à paniquer un chouïa quand tu constates que tu contractes toutes les 10 minutes depuis deux heures. Et à contracter encore plus sous l’effet du stress. 

Bref, au début, cela me rassurait (ou pas) mais j’ai vite délaissé la chose. J’ai des contractions. Pas vraiment régulières. Mais moins j’y pense, moins je stresse et moins j’en ai. 

Je pense réutiliser cette appli si vraiment les contractions se font plus nombreuses et/ou douloureuses et que j’ai un vrai doute.

 

8. Sur tes amis, tu compteras. 

Quand on passe ses journées enfermée chez soi, on devient vite neurasthénique. Alors on range son ego mal placé et on n’attend pas que les gens devinent qu’on est dans la panade et qu’on crève d’envie d’avoir un peu de visite et on demande. 

Un petit message Facebook ou un coup de fil à tes amis, et tu verras la cavalerie débarquer. Quel réconfort de se sentir entourée! 

Alors un grand merci à tous ceux et celles qui sont passés à la maison (pas évident en plein mois d’août!). Et merci aussi à ceux qui, n’étant pas là, prennent gentiment de mes nouvelles. Ca me fait chaud au coeur!

 

9. Ton conjoint, tu valoriseras. 

Cette grossesse, tu la vis dans ton corps. Elle te possède entièrement, elle t’épanouit ou elle commence à te peser. Mais tu vis avec. Tu as la lourde tâche de garder ton bébé le plus longtemps possible bien au chaud. Tu es un incubateur géant, limite tu ne t’appartiens plus. OK. 

Mais n’oublie pas non plus le papa. Lui aussi vit dans l’angoisse d’une naissance prématurée. Et il ne peut rien faire. Rien. Nada. Zitch. Peau d’zob. 

Alors il fait tout ce qu’il peut encore faire: il s’occupe des enfants, il fait les courses et le ménage, il essaye de rentrer plus tôt du boulot pour être davantage avec toi, il t’apporte ton téléphone, et ton ordi, et un verre d’eau, ah oui et aussi ton vernis à ongle, non pas celui là, l’autre. Bref, il est aux petits oignons et n’ose pas trop se plaindre, de peur de passer pour un gros macho égoïste qui ne pense qu’à sa gueule et de déclencher chez toi une crise de larmes qui pourrait bien faire rompre la poche des eaux. 

Bref, il marche sur des oeufs. 

Donc au lieu de les lui briser (ses oeufs) (humour quand tu nous tiens), pense un peu à tout ce qu’il porte sur ses épaules frêles quoique musclées. 

Rien de tel qu’un sincère « Merci » pour faire comprendre à ta moitié que tu vois tout ce qu’il fait et que tu apprécies. Ton couple et ta vie sexuelle (après l’accouchement, la cicatrisation de l’épisio et tout et tout) me remercieront. 

De rien.

 

10. A l’imprévu, tu te prépareras. 

Tu as beau respecter à la lettre les consignes des médecins, parfois la nature décide de quand même te taquiner et tu accouches trop tôt. Plus ou moins trop tôt. On te répète que chaque jour de gagné est une victoire et c’est vrai. Bien sûr, on se fixe toutes des objectifs (si j’atteins 34 SA, normalement il respirera tout seul, à 35 SA, avec un peu de chance on évite la néo-nat’, à 36 SA il sera presque à terme, à 37 SA je danse le sirtaki!). 

Mais parfois, rien ne se passe comme prévu. Alors il faut être prête pour ça aussi. Et ça commence par la valise de maternité qui, dans l’idéal, devrait déjà être faite. Marie des Mamanstestent a écrit une sioublime liste des affaires à prendre donc je me permets de te mettre le lien ici

Comme ça si jamais le travail commence en pleine nuit alors que tu ne t’y attendais pas, tu n’auras pas à te soucier de savoir combien de bodies il faut emporter ni de où tu as rangé ta carte de groupe sanguin. 

  

Voilà mes modestes conseils de Mapette en herbe. Si tu as d’autres astuces, évidemment n’hésite pas à partager dans les commentaires!