MAP

PMA, AMP, MAP. Non, cher lecteur, ce n’est pas la fatigue après 5h de bouchons pour rejoindre ta destination de vacances qui te fait croiser les yeux. PMA, AMP, MAP. Ce n’est pas non plus un jeu d’anagramme tiré des pages du Figaro magazine. PMA, AMP, MAP. Ni un exercice d’écriture pour Mamerveille. PMA, AMP, MAP. Ce sont tous simplement les 3 lettres de l’alphabet qui ont du le plus apparaître sur ce blog ces dernières années.  

Souviens-toi… à l’origine, j’étais une nullipare infertile en mal d’enfants qui rentrait en PMA (Procréation Médicalement Assistée ou AMP, Aide Médicale à la Procréation). Pendant plusieurs années, je te narrai mes mésaventures entre hystérosalpingographie, échographie endopelvienne, IAC, FIV, j’en passe et des meilleures (je ne voudrais pas te couper l’appétit pour ton premier apéro des vacances) (ce n’est pas ma faute si tu as prévu des moules ce soir) (ok je sors). Fort heureusement, grâce à Dieu, Vishnu et aux médecins, ce parcours de PMA prenait fin il y’a presque 4 ans avec la naissance de Mamerveille. 

J’ai arrêté ensuite de te bassiner avec mes histoires de PMA, toute occupée que j’étais à pouponner et à m’esbaudir devant la précocité de ma fille (cette petite a marché à 14 mois, elle ira loin). 

Quelques années plus tard, l’envie de nous reproduire nous reprit avec Tendrépoux et nous remîmes à nouveau notre sort entre les mains de notre bon médecin. Maprinchesse s’invita naturellement à peine quelques mois après le début des traitements. Joie, allégresse et danse de la fertilité chez les Titcheur depuis 16 mois maintenant! 

Quelques mois après la naissance de Maprinchesse, l’univers nous offrait son ultime cadeau: une nouvelle grossesse, complètement spontanée. Finie la PMA (ou l’AMP, mettez-vous d’accord c’est énervant)! 

3 enfants en 4 ans. 27 mois de grossesse sur 48 (et je compte pas l’allaitement). Nous basculions soudainement dans le camps des gens hyperfertiles-qui-font-des-enfants-pour-les-allocs-ou-pour-la-carte-famille-nombreuse-ils-sont-cathos-hyper-pratiquants-ou-quoi?

Oui mais voilà, c’était sans compter l’ironie du sort aka le Second Effet Kiss Cool… 

Aujourd’hui enceinte de 31 SA (presque 7 mois), me voilà en MAP. Menace d’Accouchement Prématuré. Si. J’en avais déjà fait l’expérience lors de ma 2ème grossesse qui s’était soldée par un accouchement 1 bon gros mois avant terme. 

Là, ça me prend un peu plus tôt et évidemment à une période compliquée. 

Donc en gros, j’ai des contractions. Trop. Et un col qui s’ouvre gentiment sans qu’on lui ait rien demandé. Après 48 heures d’hospitalisation où j’ai reçu des produits pour arrêter les contractions et des corticoïdes pour développer les poumons du bébé au cas où, j’ai pu rentrer chez moi avec comme seul mot d’ordre: REPOS. STRICT. (OK, ça fait 2 mots d'ordre) (arrête de chipoter c'est pénible). Me voici donc alitée, avec tout de même le droit de me lever un peu et de marcher dans mon appartement. J’ai réussi à négocier le droit de descendre à la boulangerie au pied de mon immeuble (je ne tiendrai jamais sans accès facile à une viennoise au chocolat). Mais c’est tout. 

Rester alitée, me reposer, garder ce bébé bien au chaud le plus longtemps possible (mon terme est prévu le 6 octobre, je suis pas rendue…). Voilà ma mission pour ces 10 semaines à venir (6 si je vise le seuil minimum des 37 SA). 

Il va de soit que s’occuper de deux enfants de respectivement de 3 ans 2/3 et 16 mois n’est pas tout à fait synonyme de REPOS. Ni apparemment de prendre le TGV pour rejoindre la Côte d’Azur pour des vacances aussi méritées qu’attendues. C’est donc la mort dans l’âme que j’ai dû annuler mon billet de train et que j’ai regardé Tendrépoux, Mamerveille et Maprinchesse s’engouffrer dans leur taxi, direction Gare de Lyon tout à l’heure. 15 jours sans mon mari et mes filles. 15 jours seule à Paris. Du 1er au 15 août. THE période faste dans la capitale où tout est fermé (sauf ma boulangerie! quand je te dis que Dieu existe!). Remarque c’est pas comme si j’avais le droit de me taper des expos, de faire du shopping ou de visiter des monuments…

15 jours où mon activité principale consistera justement à trouver une occupation pour éviter de compter mes contractions. 

Et puis ensuite, si je n’ai pas accouché d’ici là, encore 2 semaines de « vacances » à meubler pour les enfants qui seront prises en charge par leurs grands-parents. 1 mois sans voir mes filles quoi. Génial. Certains cyniques me diront que c’est justement CA les vacances, que je pourrai en profiter pour dormir et avoir des conversations d’adultes avec mon mari. Certes. Mais 1 mois c’est long tout de même sans voir mes bébés, sentir leur peau toute chaude, les serrer dans mes bras et écouter leurs histoires de soeurs…  

Mais, tu me connais, je ne compte pas me laisser abattre! Voyons les choses du bon côté. 

6 semaines alitée, c’est 6 semaines à me faire dorloter par mon entourage, à ne pas me farcir les courses et le ménage et à faire autant de siestes que nécessaire. 

4 semaines sans les enfants, c’est l’occasion d’avancer dans les trucs essentiellement futiles que je repousse toujours à plus tard (confection d’albums photos, préparation de cours, lectures intelligentes, rédaction de billets de blog, visionnage compulsif de séries TV…).  

2 semaines sans mon mari, c’est un moyen comme un autre de mettre du piment dans notre vie de couple (ah zut, j’oubliais… pas de contractions on a dit…). 

Déjà, tenir 1 semaine de plus. On verra après.  

Je suis en MAP. Contrairement à la PMA, je sais que ça aura une fin. J’espère juste pas trop vite…