complaint dpt

Le premier qui me dit que les profs ne sont que des grosses feignasses constamment en vacances ou en grève se prend un stylo rouge dans l'oeil (je laisse le choix entre le gauche ou le droit, magnanime que je suis). Nan parce que j'ai tellement croulé sous le boulot ces 4 dernières semaines qu'il faut que j'attende mes premières vacances (vendredi soir 17h - rhhhaaaa!) pour arriver enfin à reprendre ma plume virtuelle et venir encombrer la toile de mes indispensables élucubrations. 

Il faut dire que cette année, collègues et étudiants semblent s'être donné le mot et rivalisent d'imagination pour inonder ma boîte mail de courriers plus étonnants (pour rester polie) les uns que les autres. Petit florilège, rien que pour toi, lecteur frétillant. 

Il y a cette étudiante qui ne comprends pas pourquoi son cours d'anglais n'apparaît pas dans son emploi du temps. Elle a pourtant bien fait son inscription en cours d'italien. Je lui ai répondu de bien relire ce qu'elle venait de m'écrire et que, normalement, elle devrait comprendre toute seule où était le problème…

Il y a ce collègue, qui enchaîne 3 cours dans 3 salles différentes (mais au même étage) et qui voudrait bien que j'appelle le planning pour régler ce problème insupportable. Apparemment, il a internet mais pas le téléphone… 

Il y a cet étudiant en master qui me demande à être dispensé de cours d'allemand. Il n'est pas bilingue, non, non. Il a juste "une masse de travail" apparemment insurmontable à fournir : son mémoire à rédiger, ses cours de master (jusque là, rien de rare), son petit boulot le soir (ok, il est pas tout seul), et surtout, son service civique de 24h. J'ai pouffé. Puis je lui ai dit qu'il devrait s'en remettre. 

Il y a cette collègue qui m'explique, 3 jours avant la rentrée, que finalement elle ne pourra pas assurer ses cours car elle a trop de boulot (elle a mis 3 semaines à s'en rendre compte). C'est pas grave, j'adore recruter des vacataires 3 jours avant un cours. 

Il y a cet étudiant qui m'écrit qu'il a raté les 3 premières séances de mon TD parce qu'il n'a jamais pu trouver la salle. La première fois "on" lui a dit que le cours avait lieu en 227. La deuxième fois, "on" l'a envoyé en 229. La troisième fois, "on" lui a dit d'aller voir en 231. Je lui ai suggéré de regarder son emploi du temps (où toutes les salles apparaissent) plutôt d'écouter ce qu'"on" lui disait… 

Il y a ce collègue qui vient me voir toutes les semaines dans mon bureau et qui veut passer en revue ses listes d'étudiants (ah bon, il doit mettre à jour sa liste lui-même?), son dossier administratif ("donc en face de "nom", je mets mon nom, c'est ça?"), me demander le code de la photocopieuse (j'en sais rien), ou de l'aider à configurer son ordinateur pour choper le réseau wifi de la fac (je suis la hotline de cette université). 

Il y a cette étudiante qui m'explique qu'elle devra rater systématiquement les dernières 45 minutes de mon cours (qui dure 1h30) parce qu'elle doit prendre son train à 17h18 et qu'elle ne peut pas changer de groupe parce que, vous comprenez Madame, il ne reste de la place que le vendredi et le vendredi j'ai pas cours. 

Il y a ces dizaines d'étudiants étrangers qui attendent que je leur fasse leur dispense de cours de langue parce que c'est difficile de commencer le portugais grand débutant quand on est coréen et qu'on a décidé de faire ses études en France. Et il y a en parallèle mes collègues qui refusent que je les dispense sans leur avoir fait passer au préalable un entretien prouvant qu'ils sont bilingues. C'est sûr que quand on est né en Corée, il y a un gros doute sur le fait qu'on parle couramment le coréen… Quant à moi, mes compétences linguistiques sont telles que le mandarin, le finnois ou le russe n'ont aucun secret pour moi. Je parle même l'elfique. 

Si tu rajoutes à tout cela deux charmantes petites filles de respectivement 3 ans et 6 mois, dont la première a manifestement décidé de muer en troll et de piquer des crises de nerfs pour un oui ou pour un non (et généralement plutôt pour un non), tu comprendras que, quand je ne suis pas occupée à l'université, mes filles veillent à ce que je ne m'approche d'aucun blog, lit ou canapé à la maison. 

Sur ces bonnes paroles, cher lecteur, je te laisse. J'ai accessoirement un cours à préparer, un biberon à donner et une enfant à emmener chez le pédiatre.