Bretagne

Hello lecteurounet!

Comment ça va-t-y par chez toi? Tu as bien encaissé le changement d'heure/la météo pluvieuse/la débauche de déguisements ridicules de cette Toussaint/Halloween? 

Pour ma part, j'ai bien profité de cette semaine de vacances. Nous sommes partis en famille en vacances avec Tendrépoux et Mamerveille, la Slaves & Associates ayant eu la bonté d'âme de ne pas supprimer nos vacances à la dernière minute comme à l'accoutumée… 

Nous sommes donc partis en Bretagne dans une chambre d'hôte de charme tenue par une pétillante dame du doux nom de Madeleine. 4 jours sans téléphone (on a dû trouver la dernière zone non couverte par SFR) ni internet, ni télévision, à se coucher à 22h et à se lever à 8h, à ne rien faire d'autre que manger, dormir, jouer avec Mamerveille et visiter des sites plus merveilleux les uns que les autres. De vraies vacances en somme. 

Nous avons eu la chance d'avoir un temps magnifique pour profiter de paysages comme ceux-ci: 

 

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Tout en dégustant ça: 

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MOULES-DE-BOUCHOT

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Mais cette escapade n'aurait pas été complètement réussie sans des rencontres humaines disons, intéressantes. Le côté chouette des chambres d'hôte c'est que tu vis chez des gens, en l'occurrence une adorable femme dont le seul but dans la vie, semble-t-il, était de nous chouchouter et de nous faire prendre 2kg. Mais le truc en plus, c'est que tu partages ta table le soir avec les autres pensionnaires de la maison. Et c'est là que ça devient intéressant… Nous avons passé ces 4 jours (ou plutôt soirées, faut pas déconner on les a pas non plus suivis à la trace toute la journée) avec un couple lituanien d'une trentaine d'année et leur petite fille de 4 ans (que nous appellerons par commodité M et Mme Zlatan), et un couple de retraités tout droit sortis du Berrichon (que nous nommerons M et Mme Bodichon). Autant te dire qu'avec notre petite famille parisienne, on formait un joli panel.

Au cours de ces dîners aussi gastronomiques qu'instructifs, nous avons donc appris que: 

M. Bodichon ne prend plus de beurre avec son pain depuis son infarctus du mois de juin. 

Ni de vin d'ailleurs. 

Il a du se mettre au régime et c'est vachement dur de se priver de soupe au lard  alors que c'est si léger (sic), d'andouille et de saucisson à 16h. (Je veux bien le croire). 

Sa femme a cru bon de préciser à ce moment-là que certes, l'infarctus ça avait pas été drôle, mais ses colites néphrétiques lui ont fait un mal de chien. Vous reprendrez bien un peu de canard? 

M. Bodichon s'est ensuite réjoui de s'être mis à la marche, ce qui, après son opération des genoux, est un exploit en soi. 

Arrivés au dessert, nous avions à peu près fait le tour de son anatomie et étions au fait des dernières techniques chirurgicales pour réparer une artère bouchée ou raboter un genou capricieux. 

A ce moment là, sa femme a cru bon ajouter: "De toutes façons, tant qu'ils en laisseront entrer autant, on aura toujours autant de problèmes et de chômage."

Face à ce brutal changement de conversation, un silence gêné s'est installé. 

Les Zlatan, qui jusqu'à présent participaient poliment dans un français quasi parfait, se sont mis à échanger en lituanien. Je suppute le dialogue suivant: 

           - Jie yra visiškai rasistinis prancūzų! (Mais ils sont complètement racistes ces Français!)

           - Taip, ir mes nerūpi apie savo triguba aplinkkelio détales… (Oui et on se fiche de connaître les détails de son triple pontage…)

           - Kaip tu galėjai eiti tyliai? (Comment on pourrait s'en aller discrètement?)

           - Mes galime eiti miegoti anksti! (On pourrait aller coucher la petite!)

           - Gera mintis! (Bonne idée!)

Suite à cet échange, entrecoupé de sourires compatissants à notre endroit, les Zlatan se levèrent et prirent congé. Nous restâmes donc avec les Bodichon et la verve décomplexée de Madame. Apparemment, dans le Berrichon, ils ont de gros problèmes avec les jeunes de banlieue (gniii? quelles banlieues?), que c'est tous des feignasses qui veulent pas bosser, qu'ils ont qu'à rentrer chez eux (en banlieue?) plutôt que de piquer leur boulot à d'honnêtes jeunes gens bien sous tous rapports, que depuis qu'on était passé à l'Euro, c'était quand même plus pareil et que, ma bonne dame, y a plus de saisons (et c'est la faute aux immigrés?). 

Après ce rafraîchissant débat d'idées (poufpouf), nous avons prétexté une panne de babyphone et une folle inquiétude de ma part quant au sommeil de Mamerveille (qui en fait ronflait comme un sonneur) pour nous éclipser sur le coup des 22h. 

Conclusion: grâce aux Bodichon, nous ne sommes jamais couchés aussi tôt. Je leur dois une bonne cure de sommeil et des fous rires intérieurs. Ces 4 jours auront vraiment été des vacances reposantes en tous points...