doigts-dans-le-nez

Je te salue bien bas, ami lecteur, dont les petits mots sur ma page Visage-livre m'ont beaucoup touchée en cette semaine de rentrée universitaire. 

Je te sens fébrile à l'idée de connaître enfin la suite de ma fabulous carrière: Titcheur a-t-elle assuré comme une bête alors que son cours n'était pas prêt? Ou s'est-elle lâchement débinée en prétendant ne pas savoir où était sa salle? A-t-elle réussi son premier cours de linguistique en 10 ans? Ou a-t-elle confondu procès statif et procès dynamique comme une minable larve? A-t-elle pensé à récupérer sa fille après sa journée de boulot? Ou l'a-t-elle indignement laissée chez la nounou jusqu'à 19h30, heure à laquelle elle s'est enfin rendu compte que le biberon était prêt mais qu'il n'y avait personne à qui le donner? 

Aujourd'hui, pour toi, en exclusivité, les réponses! 

Et bien tu vas être déçu, lecteur amateur de croustillades. Ma rentrée s'est bien passée. J'ai bien trouvé mes salles (même si certaines ont été attribuées tardivement, genre le matin du cours), mes étudiants étaient adequately terrifiés (surtout mes premières années à qui ça a apparemment fait tout bizarre que leurs cours d'anglais soient dispensés - gosh! - en anglais!), mes cours étaient fin prêts et délivrés avec la passion et la théâtralité qui me caractérisent (ce qui a contribué à terroriser encore un peu plus les premières années sus-mentionnées). Bref, tout s'est passé comme sur des roulettes. 

Même quand on m'a posé des questions sur le TD BY875 qui chevauche le CM XV56 Madaaame, comment on fait? (vous changez de TD). 

Même quand 10 élèves étudiants (p*tain, faut que je m'habitue) sont arrivés avec 1h de retard à mon cours parce que Madaaaame, on savait pas où aller (tu fais comme moi, tu frappes à toutes les portes). 

Même quand je me suis aperçue que j'avais emporté le mauvais câble VGA, cette saloperie censée relier mon Mac au vidéo-projecteur, et que donc j'ai dû mimer le cartoon qui me servait de support visuel en cours de 2ème année sur l'humour anglais (remarque, ça a marché, ils ont bien rigolé).

Même quand je me suis retrouvée devant la brochure de linguistique 1ère année à devoir enseigner les prédicats, les procès et autres joyeusetés techniques alors que j'ai pas fait de linguistique depuis mon agrégation il y a… 10 ans! 

Fingers in ze noze. Mais je ne crie pas encore victoire. Il me reste des cours cette semaine pour lesquelles aucune salle ne m'a été attribuée. J'ai tellement de cours à préparer que je suis sûre que je vais bien finir par me mélanger les pinceaux et zapper un groupe ou deux, qui se retrouveront avec une belle impro genre "Allez, aujourd'hui, on regarde une vidéo, vous me ferez un compte rendu à l'écrit la semaine prochaine!" (ne fonctionne que si tu as un DVD d'ingliche sur toi en permanence et aucune éthique pédagogique - ce qui est mon cas). 

J'arrive pour l'instant à jongler entre la nounou, le métro bondé avec le sac qui pèse une tonne, les cours, le travail administratif (Madaaaame, j'ai pas fait mes inscriptions pédagogiques, ni les tests de niveau je fais kwââââ? - Tu dégages!), mes khôlles en classe préparatoire (j'aime me compliquer la vie) et le sprint final pour aller chercher Mamerveille dans les temps à 18h30. Ca ne fait que 2 jours… Pour l'instant, je me sens un peu comme une wondermaman/prof qui aurait bouffé du lion au petit déj' et qui serait prête à filer des cours de soutien à toute la fac si ça pouvait améliorer le niveau d'ingliche général. 

On en reparle dans un mois?