B_b_Hello cher lecteur! 

Petit avertissement avant de commencer ce billet: si tu aimes le second degré, la prise de recul et la distance critique, passe ton chemin car tu vas être déçu. Aujourd'hui, ta Titcheur va faire dans le degré zéro de la réflexion rationnelle. Ce billet, une fois n'est pas coutume, va être 30% glucose, 40% essence de bisounours et 30% huile de foie de lapin rose. Te voilà prévenu! 

Et pour cause, j'ai le plaisir de t'annoncer la naissance de ma fille lundi 10 octobre, aux alentours approximatifs de 18h57. Je ne sacrifierai pas à la tradition impudique de te donner sa taille et son poids au gramme près, mais sache que son IMC est normal, qu'elle a 10 doigts aux mains et aux pieds et qu'elle est d'une beauté époustouflante aux dires unanimes de son père, sa mère, ses grands-parents et quelques sages-femmes du service de nuit. 

Cela fait donc un peu plus d'une semaine que Mamerveille illumine notre quotidien à Tendrépoux et moi. On m'avait dit que ça révolutionnait la vie, je me doutais que rien ne serait jamais plus pareil, mais je ne m'attendais pas à la baffe émotionnelle que j'ai prise. Je suis déjà complètement accro à ma fille. En véritable junkie, je passe mes journées à la regarder, la sentir, la tenir tout contre moi, à lui faire des bisous dans son petit cou tout chaud et à m'émerveiller de la moindre mimique, du moindre soupir qu'elle pousse dans un sourire béat de contentement.  

Pour t'énerver un peu plus, je pourrai ajouter que mon accouchement a été l'un des plus beaux jours de ma vie. Je sais, c'est complètement cliché mais c'est la vérité. Bon ok, sans péridurale je t'aurais probablement dit que j'aurais souhaité décéder mais heureusement, la médecine moderne te permet de mettre au monde un enfant sans avoir l'impression qu'on te retourne de l'intérieur comme un gant. Certes, quand l'effet de l'anesthésie se dissipe tu as un peu l'impression d'avoir été passée à tabac par le XV de France mais, la nature étant bien faite, tu es tellement occupée à  t'esbaudire devant ta progéniture que tu passes outre la douleur. 

Je suis donc maman depuis 8 jours. Avec tout ce que ça implique: l'inquiétude nouvelle que quelque chose arrive à Mamerveille, l'amour inconditionnel que je lui voue déjà, l'impossibilité physique d'être éloignée d'elle plus de 10 minutes, la fatigue que l'on ignore parce que chaque seconde auprès d'elle vaut toutes les siestes du monde, la fusion de l'allaitement, le sentiment vertigineux d'être responsable d'elle pour toujours, la bulle d'amour rose bonbon dans laquelle Tendrépoux, Mamerveille et moi nous sommes voluptueusement enfermés. 

Alors je te prie d'excuser par avance mon absence momentanée de la blogosphère, le temps que nous trouvions tous les 3 notre rythme, entre tétées, nuits hachées, et décryptage du mode d'emploi de cette enfant qui est déjà, pour citer S. Meyer, cette grande romancière du 21ème siècle, "my own personal brand of heroine".