vacances_dans_les_ilesBonjour cher lecteur! 

 

Je sors de ma torpeur vacancière pour te pondre ce petit billet coup de gueule. Non, je n'ai pas peur de pourfendre les injustices, de bramer ma révolte, de donner des coups d'épée dans l'eau, que veux-tu, je suis comme ça moi, entière et idéaliste. Alors aujourd'hui je te parlerai de ces petits trucs ballots qui peuvent t'arriver quand tu es en vacances. Du vécu, de l'universel. 

 

1. Tu avais pris de bonnes résolutions: tu t'étais dit que pendant les 4h30 de train entre Paris et le Sud, tu aurais le temps de corriger tes bacs blancs de tes Terminales L. Tu avais pris tes copies dans une jolie pochette. Le train démarre, tu t'installes confortablement, tu mets tes écouteurs en te disant que du Archive ça devrait bien faire passer les fautes de grammaire. Tu sors un petit goûter, une bouteille d'eau pour ne pas avoir à t'interrompre si ton corps te rappelait à ses basses exigences. Tu sors tes copies. Tu te débrouilles pour tout faire tenir sur la micro-tablette devant toi. Ca y est, tu es fin prêt. Tu plonges la main dans ton sac, à la recherche de ton stylo rouge. Tu farfouilles. Rien. Tu t'agaces, tu renverses le contenu de ton sac sur le siège d'à-côté. Toujours rien. Pas de stylo rouge. Pas de stylo du tout d'ailleurs. Bizarrement aucun des autres voyageurs, qui n'ont pourtant pas raté une miette de tes gesticulations pathétiques, ne te propose un stylo. Vieille solidarité d'anciens élèves?  

 

2. Tu profites de tes vacances pour faire un peu de shopping. Tu dévalises le rayon fringues du grand magasin du coin. Au moment de payer, tu te rappelles que tu as un coupon de réduction de 30 Euros sur cette enseigne, tu es trop contente tellement tu vas faire des économies. Tu sors ton portefeuille et là, gloups. Tu vois très bien où est le bon de réduction: dans la 2ème poche de ton portefeuille… qui se trouve toujours sur ton bureau à Paris puisque tu as eu la brillante idée de transvaser le strict nécessaire (carte bleue, cash, carte vitale, carte d'identité) dans ce porte-monnaie trop mignon que tu gardes pour les vacances. Tu te dis tant pis, je l'utiliserai à mon retour à Paris, le 19 avril. Sauf que le bon n'est valable que jusqu'au 16. 

 

3. Tu n'as pas été malade de l'année. Rien même pas un rhume. "Dans ta face l'hiver!" te gausses-tu intérieurement. Pour la première fois de ta vie, tu n'as pas raté une journée de cours pour cause de laryngite aiguë ou de gastro. Tu crois que la partie est gagnée. Mais à peine arrivée en vacances, ta gorge commence à te chatouiller. Le lendemain, tu as quand même un peu mal aux oreilles aussi. Le surlendemain, tu te réveilles aphone. Stoïque, tu décides d'ignorer le mal et de le traiter par le mépris. Trois jours plus tard, de préférence un dimanche matin quand tout est fermé, tu te rends compte que t'aurais peut-être dû aller chez le médecin. D'autant que tu passes le ouikende chez des potes que t'as pas vus depuis des mois et avec lesquels tu adores refaire le monde jusqu'à tard dans la nuit. Too bad…

 

4. Tu as décidé de partir en vacances en voiture. Tu es super équipé: pour éviter les bouchons tu t'es abonné au pass liberté pour passer plus vite aux péages, tu as investi dans un GPS dernier cri, tu as vérifié la pression des pneus, fait le plein avant de partir, chargé ton coffre encore mieux que dans Tétris, bref, tu es paré. Tu passes effectivement les péages les doigts dans le nez, ricanant intérieurement en voyant la file de voitures qui s'allonge, ton GPS t'indique un parcours (à peu près) cohérent (Paris-Lyon en sortant à Auxerre pour finir par la nationale: gniiii???) et surtout te rappelle ta vitesse et les éventuels radars fixes. Tout se passe bien. Mais tiens, au péage suivant y a la gendarmerie. Qui te fait signe de t'arrêter. Tu n'as rien fait, simple contrôle des papiers du véhicule… que tu as oubliés chez toi. Bah oui, t'étais tellement occupé à tout préparer que tu en as oublié le basique. Qu'à cela ne tienne, le gendarme te dit que tu ne payeras que 11 euros pour non présentation des papiers et que tu as 5 jours pour les présenter au commissariat de ton choix. Sinon ça fera 135 Euros. Tu tentes bien d'expliquer que toi, tu pars pour 10 jours, que tes papiers seront toujours chez toi dans 5 jours et que c'est trop pas juste, est-ce que tu pourrais pas avoir un délai, siouplé?. Le gendarme sourit et te fait signe de circuler. Ah bon. 

 

5. Tu t'installes à la terrasse d'un café. Il fait chaud. Très chaud même. Tu te dis qu'une boisson bien fraîche te ferait du bien. Tu commandes un Perrier nature. Ton mari, gourmand, commande un Perrier menthe. C'est pas sur la carte mais le serveur te dit qu'il n'y a pas de problème. Parfait. Tu savoures, tu te rafraîchis et tu demandes l'addition. 4 euros le Perrier nature. 8 euros le Perrier menthe. Tu savais pas que le sirop de menthe était indexé sur le cours du pétrole. C'est dommage. 

 

6. Tu passes tes vacances au ski. Météo France a prévu une semaine de folie: neige la nuit, grand soleil le jour. Tu te dis que c'est trop beau pour être vrai, mais tu y crois à fond. Tu emportes crème solaire indice 50, tee-shirt, tes skis sont fartés, tes carres sont affûtés, tu t'es échauffé les cuisses, tu es au taquet. Quand tu arrives: blizzard. Tu te dis chic, la neige sera fraîche, il fera beau demain. Sauf que Météo France s'était légèrement gourée: en fait ce sera neige la journée et beau temps la nuit. Au final, tu auras passé la semaine au resto d'altitude à déguster les spécialités locales. Une autre idée des vacances au ski. 

 

7. Ton chéri et toi, vous êtes partis vous baigner à la plage. Chéri a garé (avec dextérité) la voiture sur le bas-côté, a mis les clefs dans sa poche, sa serviette sur l'épaule et t'a emboîté le pas jusqu'à la crique bien cachée dont vous avez entendu parler. Après 10 minutes de balade, vous la trouvez. Le coin est paradisiaque, la baignade divine, vous êtes seuls au monde, vous êtes beaux et bronzés, vous vous aimez, à côté de vous Adam et Eve c'est les Bidochons. Au bout de quelques heures de farniente, vous décidez de rentrer. Arrivés à la voiture, chéri cherche les clefs. Gloups. Pas de clefs. Nulle part. La voiture est là, fermée. Vous n'avez pas de double, vous êtes au bout du monde (ou en Corse, c'est pareil) et évidemment vos téléphones sont dans la voiture. Vous faites le chemin en sens inverse, le nez collé au sol (ça vous prend une bonne demi-heure). Vous arrivez à la plage, le ventre noué. Vous imaginez déjà devoir faire du stop pour rentrer, appeler une dépanneuse ou téléphoner à la gardienne pour qu'elle vous envoie le double de la clef depuis Paris par la poste. Arrivés sur la crique, vous avisez un groupe de jeunes. A tous hasard, vous leur demandez s'ils n'auraient pas vu une clef de bagnole. "Ah oui, tiens, on a trouvé ça qui flottait dans l'eau!" Vous les bénissez sur 7 générations et retournez à votre voiture, flapis mais heureux. Moralité: les clefs dans la poche du maillot de bain, c'est pas glop. 

 

8. Spécial "Tendrépoux": tu te laisses convaincre par ta femme que c'est peut-être pas la peine de traverser la France avec le van plein de planches à voile, qu'ils prévoient pas de vent, qu'on pourrait y aller en train ou mieux, en avion, ça va plus vite. Tu acceptes à contrecoeur après avoir vérifié 20 fois les prévisions de vent sur tous les sites dédiés. Après tout, elle a raison, pour un ouikende de 4 jours, ça fait beaucoup mille bornes aller-retour en voiture… Quand tu arrives dans le Sud, tu passes par ton spot de windsurf favori "juste pour voir" et là, ta gorge se serre:  y a force 6 et une centaine de windsurfeurs et de kiteurs en train de s'éclater au planing sous tes yeux défaits. Tu te retiens de pleurer (ou d'engueuler ta femme dont tu ne saurais dire si elle se mord les lèvres pour ne pas rire ou parce qu'elle est honnêtement désolée pour toi).

 

9. Tu as 9h de route à faire pour rallier le Sud-Ouest. Tu as prévu une playlist de fou pour passer le temps. Tes CDs sont classés par ordre de passage, du calme pour le début pour pas t'énerver dans les bouchons à la sortie de Paris, du plus pêchu ensuite pour ne pas t'endormir au volant, un peu de chanson française à chanter à tue-tête pour t'occuper au bout de 6h de route, etc… Tu mets le 1er CD, les cahotements de l'A6 font un peu sauter le disque mais bon, tu sais que ce n'est que passager. Mais au bout de 2h, tout à coup, plus rien. Le lecteur CD s'arrête brutalement. Tu appuies sur tous les boutons, tu éjectes le disque et le réinsères mais rien n'y fait. Tu sens bien que l'appareil est anormalement chaud et qu'une légère odeur de cramé a envahi l'habitacle. Il te reste 7 heures de route, et si la radio fonctionne encore, tu ne captes que Autoroute FM. Joie. 

 

10. Tu es rentré de vacances. Dimanche à 23h. Tu as voulu profiter jusqu'au bout. Demain, lundi, c'est la reprise, mais c'est pas grave, tu ne commences qu'à 14h, on est en semaine impaire. Tu as donc encore quelques jours avant de voir tes Terminales L dont tu n'as préparé absolument aucun cours. Tu prépares ton cartable, tu jettes un coup d'oeil sur ton agenda par acquis de conscience. Il est 23h32. Et là, la boulette. En fait demain, ce sera bien une semaine paire. Donc tu vas commencer par tes Terminales L à 8h30 et tu n'as strictement aucune idée de ce que tu vas leur faire faire. Tu n'as pas corrigé leurs copies (cf plus haut), vous avez bouclé votre séquence avant les vacances, il faudrait donc commencer quelque chose de nouveau. Il est 23h47. Tu farfouilles dans tes dossiers (que tu devais ranger pendant les vacances mais qui sont toujours aussi en vrac). Tu fais tomber des piles de papiers, tu pestes, tu ramasses. Tu attrapes une pochette au hasard: "Guns in the USA". Zut, on l'a déjà faite. Une autre "Méthodologie Secondes". Rien à voir. Tu tombes sur la séquence "Love and relationships": sioupère! Aïe, mais y a 2 redoublants dans la classe qui vont avoir une drôle sensation de déjà-vu si tu leur ressors le même cours que l'année dernière. D'ailleurs, c'était pour ça que tu avais besoin d'une semaine pour préparer une séquence nouvelle: parce que tu as déjà épuisé toutes tes (maigres) réserves de cours avec cette classe. Tu maudis 1) ton ancienneté pourrie dans le job 2) les élèves qui redoublent 3) ton manque d'organisation et tu te mets au boulot. Il est 0h11, demain tu te lèves à 6h30. Snif.

 

Et toi cher lecteur, n'as-tu pas des anecdotes croustillantes de trucs ballots qui te sont arrivés en vacances à nous narrer en commentaires?