HulkHello lecteur! 

 

Pas trop déchiré en ce lundi printanier? Personnellement, j'ai la tête dans le fondement, mais rien que le fait de savoir que ce soir à 21h il fera encore jour suffit à me faire oublier cette sensation de cheveux qui poussent à l'intérieur de mon crâne. 

Bref. Pouf pouf. 

 

Je te laissai hier sur un suspense intolérable (je sais ménager mes effets hein?): l'hyperstimulation. Mais qu'est-ce que cette mystérieuse chose, t'étais-tu probablement demandé. N'aie crainte, je m'en vais ici combler ton ignorance et répondre à toutes les questions que tu ne te posais pas. Ne me remercie pas, ça me fait plaisir. Donc, spécialement pour toi, lecteur en PMA (toi lectrice, tu as suffisamment eu ta dose), quelques conseils pour y survivre… 

 

Survivre à une hyperstimulation

 

Ce cas est rare, mais comme j'ai eu la chance de l'expérimenter personnellement pour toi, lecteur, je vais t'en faire profiter. En gros, une hyperstimulation, c'est quant t'y es allée un peu fort sur les hormones et que ton corps s'emballe. Tu te retrouves donc avec un nombre trop élevé de follicules, un taux d'oestradiol à faire décéder un cheval et de gros risques pour ta santé si tu déclenchais l'ovulation pour faire la ponction ovocytaire. Bref, la seule solution raisonnable est d'arrêter le traitement et de t'injecter un produit destiné à calmer le jeu et te faire reprendre forme humaine. 


Lecteur perspicace, tu imagines aisément l'état de nerf de ta compagne, désormais plus proche de Hulk que de cette douce sylphide que tu as épousée. 

Alors quand son médecin l'appelle pour lui dire que "Madame, ça va pas être possible de faire la FIV, c'est trop dangereux pour vous, vous risquez l'hyperstimulation, une embolie pulmonaire et une torsion des ovaires", disons qu'elle n'es pas vraiment en mesure de répondre par autre chose que: 


- Qwwwwââââ? Nan mais vous vous fichez de moi? Vous allez me ponctionner et plus vite que ça! Je m'en fous des risques, vous pouvez me prendre un rein si vous voulez, je donne mon corps à la science, mais par pitié, n'arrêtez pas tout!

- Euh, Madame, il faut être raisonnable là….

- Mais je suiiiiis raisonnable (voix stridente)! Chéri, dis lui toi!

 

Là, lecteur, tu as intérêt à être fin négociateur pour bien gérer la situation. 

 

- Euh, bonjour docteur, et désolé. Je vais la calmer… 

- Mais je suiiiiiiiiiiiiis calme!!! (voix très très aigüe)

- Euh, oui chérie. Docteur, sur l'ordonnance, vous pourrez rajouter un peu de Lexomil? 

- Bien sûr Monsieur. Puis-je vous suggérer aussi de ranger les couteaux de cuisine et autres objets pointus sous clef? 

- Ah, euh, sage idée…

 

Evidemment la descente hormonale sera vertigineuse, qu'à côté ton pire souvenir de grand huit sera de la gnognote (si, même celui où tu t'étais vomi dessus dans le looping). Tu vas devoir te préparer à gérer un syndrome prémenstruel puissance 1000.

 

Là, pas de secret, il n'y a qu'un seul remède: se mettre à l'abri et faire le gros dos le temps que ça durera. Essuyer les larmes, encaisser les reproches, consoler, écouter, distraire, occuper, faire plaisir, faire profil bas… bref… attendre que ça passe. 


Dernier conseil, une fois la crise passée, évite quand même de lui signifier à quel point elle a été chiante et combien de fois le mot "divorce" t'es passé par la tête, tu risques de prendre un mauvais coup. Si, si. 

 

Demain, si tu es toujours là (suffit d'appliquer mes conseils pour ça), je t'expliquerai à quel point ton chemin de croix est loin d'être fini…