professeur_BisounoursHello ami lecteur! 

I am back! Tu sais que tes 33 commentaires m'ont vachement touchée? C'était très agréable de se sentir soutenue à ce point par toi, fidèle lecteur. Alors vraiment, thank you

Bon, maintenant pour l'inspection en elle-même, je n'aurais qu'un mot à dire: rrrrhhhhâââââââ!!! (ceci est un soupir de soulagement). Tu l'auras deviné, ça c'est super bien passé. Oui, je sais, tu me l'avais bien dit, mais tu sais ce que c'est, quand ça t'arrive à toi, t'as du mal à pas te mettre la pression. Donc je m'étais mis la pression. Si un peu quand même. 

Mais en fait, voilà ce qui s'est passé: 

- moi-même. J'étais habillée (et pas en pyjama, voir cauchemar n°1), maquillée, coiffée, tailleurée. Je n'ai ni pleuré, ni vomi, ni été aux toilettes 20 fois de suite, par contre j'étais un peu en apnée pendant le cours mais c'est pas grave, ça me donnait bonne mine. 

- mon cours. Il était prêt, il était photocopié en 3 fois trop d'exemplaires (au cas où), il était bien dans mon sac (et pas sur mon bureau, à la maison - voir cauchemar n°2), et il était bien calibré donc je me suis pas retrouvée en slip avec vingt minutes à combler (voir cauchemar n°3). 

- mes terminales L. Ils ont été trop choupinous. Genre à trop bien participer, à ne parler qu'en ingliche, wiz zi accent plize, à trouver mes documents so fascinating. Bref, ils étaient tellement trôgnons que même l'inspectrice les a trouvés géniaux. Thanks guys! Y en a juste une qui m'a donné quelques sueurs froides en alternant un mot sur deux avec de l'allemand, mais vu qu'elle n'a pas déclenché une mini-émeute du style "Dégage Moubarak" en balançant des objets pointus à mon endroit (voir cauchemar n°4), c'était pas grave. 

- l'inspectrice. Aaaaaaah! Mon Dieu que j'aime cette femme d'amour! Si, rien que ça. La cinquantaine fringuante, le sourire jusqu'aux oreilles, un contact très sympathique, elle m'a d'emblée mise en confiance. Et puis, j'y peux rien mais moi une ex-collègue (oué, 30 ans d'ingliche titching, ça se respecte quand même) qui s'enthousiasme sur un cours d'anglais d'une heure au fin fond d'une banlieue obscure, qui te dit qu'elle voit l'enseignement de l'anglais plus comme le Lector in fabula d'Umberto Eco que comme du Derrida (blague d'initiés), qui vote pour moins d'académisme dans les cours et plus de naturel et d'improvisation pour laisser les élèves s'exprimer plutôt que leur imposer un discours formaliste, hé ben moi, ça m'émeut. Parce que c'est exactement ce que je pense. Et pis aussi parce que ça fait plaisir de rencontrer quelqu'un qui se passionne encore pour sa matière et qui la défend becs et ongles. 

- son rapport. Bien sûr, j'en connais pas le contenu. Mais vu que les critiques qu'elle a faites sur mon cours étaient non seulement justes mais en plus constructives, je me doute qu'elle va pas me descendre. Alors je sais pas si j'aurais ma khâgne à Henri IV l'année prochaine, mais en tous cas elle a su si bien me motiver pour améliorer mes cours et impliquer davantage mes élèves que j'en souhaiterais presque rester ad vitam en ZEP. Presque, j'ai dit. 

Voilou, lecteur soulagé. C'est terminé. A priori je vais avoir la paix pendant 5 bonnes années. En même temps, c'était sympa de faire cours devant un Bisounours. J'aurais presque envie de recommencer demain. Presque, j'ai dit.