emergency_survival_kitYouhou! Y a quelqu'un? ...-elqu'un? … -qu'un? (ça, c'est l'écho). 

Oui, je sais lecteur, je suis impardonnable tellement je t'ai abandonné à ton triste sort depuis, pfiou, plus d'une semaine déjà! A dire vrai, j'étais un poil occupée à essayer de faire un nain, si tu veux tout savoir. Bon, ça a encore raté mais ça m'a donné l'idée de partager ma riche expérience de la PMA avec toi. Voici donc le 1er volet de mon Kit de Survie à l'usage des couples en PMANe me remercie pas, c'est bien naturel. 


Bon alors primo, petit point lexical sinon je vais me faire taper sur les doigts par les puristes. Je continue à dire PMA (Procréation Médicalement Assistée) mais en fait, maintenant on doit dire AMP (Aide Médicale à la Procréation). Apparemment, PMA ça faisait trop peur ou c'était pas politiquement correct. C'était trop impersonnel, on avait l'impression qu'il fallait juste sonner chez le médecin pour commander un nain et le laisser se débrouiller avec tes gamètes pendant qu'on allait prendre l'apéro. Avec le nouveau sigle, on te laisse penser que tu as encore un rôle à jouer dans l'histoire, que les gens en blouse blanche sont juste là pour te filer un coup de main du style "Passez moi la clef de douze siouplé!" Mais en fait, que dalle. Sous un polish lexical se cache une réalité tout aussi semblable... Donc moi, je continue à dire PMA (poil aux bras). Bref. 


Depuis le temps que je pratique la PMA, j'ai eu la chance, que dis-je, l'honneur de tester à peu près toutes les techniques à disposition pour la fabrication de nains. De la stimulation à l'insémination artificielle jusqu'à la fécondation in vitro, j'ai tout testé pour toi. Enfin non, pas pour toi, pour moi et Tendrépoux, mais disons que tu as la chance de profiter de mon inégalable expérience donc arrête de m'interrompre et prend des notes. Si tu ponds des nains rien qu'en regardant ton conjoint dans les yeux, tu peux sortir. Pouf pouf. 


Or donc, après 7 tentatives diverses et variées, toutes infructueuses évidemment - sinon je te bassinerais déjà avec mes envies de steak de caribou - je peux te dire une chose: un parcours PMA, tu sais quand tu le commences, mais tu sais jamais quand ce sera fini. Ton couple a donc intérêt à être plutôt solide. Et patient. Et soudé. Et tolérant. Ah euh, oui, et solide aussi. Je sais je me répète mais c'est important. Le premier point que j'aborderai donc aujourd'hui est celui de la MOTIVATION. 


Déjà, il y a une chose qu'il faut que tu saches, lectrice, c'est que tu seras toujours beaucoup plus motivée que ton homme alors que, bizarrement, c'est toi qui subira les pires traitements. 

Quand toi tu auras surmonté ta phobie des aiguilles en te piquant tous les jours toi même pour t'injecter tes hormones à des doses de jument, il est possible que Monsieur se plaigne que, quand même, tu es un peu chiante irascible en ce moment. 

Quand toi tu te seras levée à l'aube pendant 7 jours consécutifs pour courir faire des prises de sang ou des échographies à l'autre bout de Paris avant d'aller au boulot, et que ton taux d'oestradiol frôlera celui d'une baleine en rut quand approchera la date de ton ovulation, il n'est pas improbable que Monsieur soit "trop fatigué pour faire l'amour ce soir, c'est pas grave, on se rattrapera le mois prochain, hein chérie?". 

Quand toi tu auras subi des examens aussi sympathiques qu'une hystérosalpingographie sa race, ou que tu t'apprêteras à passer en anesthésie générale pour ta FIV, il se peut que Monsieur râle que "pfffff, quand même, c'est dur de se motiver pour le recueil des gamètes le matin à 7h avec des magazines défraîchis!"


Ne t'inquiète pas, lectrice, tu seras tellement motivée que tu sauras te rendre irrésistible même avec le ventre couvert de bleus (s'auto-piquer, c'est aussi s'exposer à certains ratages…) et une humeur de pitbull. Je te promets. Tu n'as pas idée de ce dont une femme en mal d'enfant est capable pour arriver à ses fins. 

Personnellement, avec Tendrépoux j'ai beaucoup de chance: il sait comment éviter les scuds quand je suis shootée comme un cycliste du Tour de France, il n'a jamais eu l'outrecuidance d'être "fatigué" en ma présence et il est quasi tombé amoureux de l'éprouvette. 


Mais, je le conçois, tout le monde n'a pas la chance de disposer d'un Tendrépoux aussi parfait. Voici donc quelques conseils, lectrice, pour motiver ton homme réticent à s'abandonner dans les mains des médecins: 


- Explique-lui que, enceinte, tu prendras 2 bonnets en tour de poitrine et qu'il est donc dans son intérêt que vos tentatives pour procréer aboutissent au plus vite.

- Ne lui parle pas en termes techniques. Garde les mystères de ton ovulation et de tes follicules pour toi et ton médecin, ton homme est trop sensible pour ce genre de discours. Une simple guêpière en dentelles devrait suffire à lui faire comprendre que ce soir, c'est LE soir. 

- Abonne-le à Playboy, il pourra apporter ses propres revues au labo le moment venu. 

- Ré-explique lui le coup de ton tour de poitrine de quand tu seras enceinte. 

- Flatte-le en lui rappelant à quel point tu as de la chance d'avoir un mari si compréhensif et patient avec toi (surtout si tu viens de lui faire une crise de nerf pour une broutille sous les effets des hormones). 

- Félicite-le sur la qualité de son patrimoine génétique. Dis-lui que tu pries tous les jours Vichnou pour que vos futurs nains aient son intelligence, ses yeux et son métabolisme d'athlète (tu n'es pas à un ou deux mensonges près). 

- Rappelle-lui que, quand ils seront en âge, il pourra initier ses nains à tous les sports qu'il aime: VTT, planche à voile, surf, snowboard, foot… Bref, qu'il aura un public pré-conquis à sa disposition pour s'esbaudir devant ses exploits physiques (accessoirement, tu ne seras plus obligée de jouer la groupie en furie, tu pourras retourner jouer à la Nintendo ou finir ton bouquin tranquilou pendant que les nains s'occupent de leur père). 


Si malgré tout ton homme fait la tronche quand vient l'heure d'aller chez le docteur, tu peux toujours jouer la bonne vieille carte du chantage affectif. Crois-moi, voir sa femme chérie fondre en larmes, renifler, sangloter, hoqueter tout en beuglant un pathétique "Je veux (snif) un enfaaaaaannnnnt !!! Pourquoi tu veux pas qu'on ait d'enfaaaannnnt???? Bouhouhouhouhou!!" devrait suffire à persuader ton mâle que quelques mois années de PMA valent mieux qu'une crise de larmes quotidienne. 


Voilà, lecteur, ce qu'il en est de ce premier Kit de survie. N'hésite pas à intervenir dans les commentaires si tu connais d'autres astuces pour motiver son conjoint à se faire examiner l'intimité à intervalles réguliers. Tout est bon à prendre!