urinoirCette semaine, c'est la lettre U qui est à l'honneur. Et ça tombe très bien car j'ai un gros coup de gueule à pousser. 

Au gros porc charmant monsieur croisé hier soir à Montmartre, certes à une heure tardive mais néanmoins encore fréquentée de badauds amateurs de promenades nocturnes, cette petite question. 

Je conçois que l'on puisse être saisi d'une envie pressante irrépressible et que soulager une vessie trop pleine puisse être un impératif ne souffrant aucun délai. Je saisis également l'avantage physiologique dont Dame Nature a doté la gent masculine qui vous permet, amis gentlemen, de dégainer vos zigounettes aussi prestement que discrètement en tout lieu. Je peux aussi comprendre qu'après une soirée un peu trop arrosée, certaines inhibitions se lèvent et font baisser votre niveau d'exigence quant à l'endroit choisi pour la vidange. Après tout, une gouttière planquée dans un recoin sombre, un buisson un peu à l'écart font des lieux d'aisance acceptables et relativement discrets. 

Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi toi, le pourceau Monsieur de Montmartre, tu t'es permis de pisser au beau milieu d'un escalier, défiant les passants du regard, insultant ceux qui te faisaient remarquer que tu étais un gros dégueulasse, arrosant les marches comme si c'était une vulgaire pissotière. Alors quoi? C'est trop difficile de trouver un coin discret? Tu étais si bourré que ça te faisait marrer de choquer les gens? Tu étais obligé de beugler "J'te pisse à la gueule!" lorsque j'ai émis tout haut un soupir de dégoût? Tu es si fier de ton micro-appendice qu'il te faut l'exhiber en pleine rue? On t'a privé d'urinoir quand tu étais petit? Non? Bon alors tu es mignon mais tu ranges ton machin ridicule et tu trouves un autre moyen de te faire remarquer. Si possible qui n'inclut pas de déballage intempestif de tes abattis racornis.

Nan mais!