Po_teSalut fidèle lecteur! Je déduis que si tu es là à lire ces lignes, c'est que tu n'es probablement pas en vacances mais en train de faire semblant de bosser dans ton bureau déserté. Qu'à cela ne tienne! Ayant à coeur de ne point te faire défaut, même quand il fait beau, que l'eau est bonne, que mon roman me plaît, et que Tendrépoux me fait signe que mon cocktail de fruits est prêt, voici à point nommé un petit billet concocté avec amour. 

Ne me remercie pas, c'est bien naturel. 


Je t'entretiendrai donc aujourd'hui de la lettre S, en glissant au passage un remerciement sincère à Lilas, dont le tag sert inlassablement des sujets aussi fascinants qu'intéressants (tu as remarqué ma subtile allitération en S?).  Restons sur cette veine poétique et parlons un peu SPORT. 


Oui, je sais que jusqu'à présent, je n'ai pas fait montre d'un intérêt exacerbé pour la chose et tu te dis certainement que nous autres, intellectuels (pouf pouf), ne prêtons guère d'attention à la chose physique. Détrompe-toi malheureux! Si effectivement en hiver mon activité sportive se résume à faire marcher mes triceps (tu seras étonné d'apprendre que porter un gâteau à sa bouche après l'avoir trempé dans le thé sollicite un nombre incroyable de muscles dans ton bras), à muscler mes dorsaux et mes mollets (quand tu mesures 1mètre 2 et qu'il faut écrire tout en haut du tableau hissée sur la pointe des pieds, le bras tendu et la tête tournée vers tes élèves pour pas qu'ils profitent que tu aies le dos tourné pour faire des conneries, je te jure que tu finis par développer la musculature d'une nageuse est-allemande) et à faire du yoga en voiture (indispensable après un cours avec les Secondes qui t'ont bien énervée et que si tu prends la route dans cet état de nerfs, c'est sûr, tu vas provoquer un accident). 


Mais l'été, là, c'est une autre histoire! La chose molle affaissée dans le canapé s'emplit soudainement d'une énergie dont Tendrépoux la croyait incapable. J'enchaîne footing-swimming-cycling, telle une triathlète sous EPO. Je me vide la tête en courant le long de la mer, les cheveux au vent, le soleil frappant mon visage moite de sueur mêlée d'embruns, le corps léger enchaînant les foulées au rythme de l'océan qui rythme ma respiration. Les pensées accourent, s'enchaînent, mon cerveau se déleste de l'inutile et du douloureux pour ne plus faire place qu'à un vide bienheureux. La baignade dans l'océan enrobe d'une fraîcheur vivifiante un corps raidi par l'effort, chaque muscle se décontracte sous l'écume des remous et quand, enfin, ma tête plonge sous l'eau, une vague de bien-être m'enveloppe dans une caresse voluptueuse. Le retour à la maison se fait à bicyclette,  le vent finissant de sécher mes cheveux encore humides et salés. Je file le long du remblais illuminé par un coucher de soleil reflété dans un scintillement doré sur la mer. Lasse mais encore grisée par l'effort, je n'ai plus que la force de jeter quelques alexandrins sur le papier, inspirée que je suis par les éléments. Rien que ça. Et puis après je me jette sur les cahouètes et le pastis, parce que faut pas déconner quand même, ça fout les crocs tout ça. 


Le sport, ça rend poète. Si.