10commandements1. En toutes circonstances, le sourire tu garderas. Quand ta grand-tante Micheline te demande pour la 20ème fois "Alors, c'est pour quand? C'est que tu rajeunis pas ma petiote, à ton âge j'avais déjà 4 gosses!" alors que tu en es à ta 3ème FIV, la tentation est grande de lui enfoncer la tête dans la tarte aux fraises du dessert. Mais une vraie lady prend sur elle, arbore un grand sourire et dit "Tu as raison Tantine, à quoi pensais-je? Je vais d'ailleurs de ce pas aller me reproduire avec mon chéri. Tu nous excuses, on ne reste pas pour le café."


2.  A l'annonce d'une grossesse, la future maman tu féliciteras. Même s'il est humain de penser intérieurement "Mais pourkwââââââ??? C'était MON touuuuuuur!!!", d'avoir envie de se rouler par terre en pleurant, une véritable dame ne montre pas qu'elle est touchée (et puis, la morve au nez, c'est franchement dégueu), et se doit de s'esbaudir devant la bonne nouvelle. Elle aura tout le loisir de laisser sortir des larmes de jalousie plus tard: "Quand je pense qu'elle dit qu'elle vient d'arrêter la pilule! C'est trop injuuuuuste! Je mérite plus qu'elle, j'essaye depuis plus longtemps, elle a même pas galéré un tout petit peu!"


3. Quand un nourrisson on te tendra, pouponner toute la soirée tu éviteras. En effet, même s'il est compréhensible que tu aies très envie de pallier l'absence d'enfant en jouant la maman par procuration, ne serait-ce que le temps d'un dîner, tu as plus à perdre qu'à gagner dans l'affaire. Crois moi. Parce qu'après t'être gavée de gouzigouzis, t'être enivrée de l'odeur de son petit cou tout chaud, t'être bien imprégnée du bonheur de tenir cette petite chose - qui n'est pas à toi, on ne le répétera jamais assez - tu risques de te prendre le second effet Kiss Cool dans la face. Bah oui, parce qu'à un moment donné, il va bien falloir partir de chez tes amis (si, si), à qui tu auras à peine parlé de la soirée tellement tu étais accaparée dans ta maternité de substitution, que chez toi, y a pas de bébé et que tu vas du coup passer le reste de la nuit à souler ton mari avec des questions aussi utiles que "Mais pourquoi on a pas d'enfant nous? Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu pour mériter ça? Tu crois qu'ils nous prêteraient le leur pour le week end?"


4. Louer une maison de vacances avec tes copains jeunes parents, tu éviteras. Même si Béné et Pierrot sont tes meilleurs potes, qu'avec eux tu as fait les 400 coups et que ce sont de gros fêtards comme toi. Parce que depuis qu'ils sont les heureux parents de Zoé et Léo, leurs jumeaux de 5 mois, ils ont troqué la Pina Colada contre du lait 1er âge, les conversations cul contre des conversations couches (tu noteras que proximité géographique ne rime pas avec proximité sémantique…) et que passé 21h y a plus personne rapport que demain c'est pas la même, faudra se lever sur le coup des 6h. 


5.  La charrue avant les boeufs, tu ne mettras pas. Tu n'es pas enceinte mais tu as déjà mis une option sur le prénom "Albéric" (au grand dam de ta cousine, fan d'histoire et sur le point d'accoucher)? Tu as déjà dressé un comparatif des prix des poussettes, classé par année? Ta place en maternité est déjà réservée? Tu as déjà tout un stock de vêtements pour bébé tailles 0, 3, 6 et 12 mois? Tu as déjà acheté le cadeau que tu lui offriras pour son bac? Si tu as répondu "Oui" à l'une de ces questions, c'est que tu es un chouïa psychopathe. Laisse-toi quand même 2 ou 3 choses à faire pour quand tu seras vraiment enceinte!


6. A trop te renseigner, tu ne chercheras pas. Qui a vraiment besoin de savoir à quoi servira la "culotte filet" qu'on te demande pour l'accouchement? Pourquoi regarder la définition du mot "épisiotomie" dans le dictionnaire? Pourquoi demander à ses amies si ça fait mal d'accoucher? Et d'allaiter? Une douce ignorance me semble préférable, ne serait-ce que pour garder intact le merveilleux mystère de la naissance, la transcendance de l'accouchement, la béatitude cotonneuse des premières couches… 


7. A la place de ton médecin, de diagnostic tu ne feras pas. Même si tu as l'impression d'être une experte des ovaires, une pro de l'utérus, une agrégée de l'ovulation ou une thésarde de la trompe de Fallope, devant le monsieur en blouse blanche, tu fais profil bas. Parce que lui, il a fait médecine, alors que toi, tu as été sur internet. Et non, Doctissimo ça compte pas. 


8. L'être exquis qui partage ta vie, tu bichonneras. Parce que même s'il t'aime très très fort, qu'il t'a épousée pour le meilleur et pour le pire, supporter une hystérique boostée aux hormones ne faisait pas forcément partie du deal initial. Une vraie lady fera tout pour le préserver: "Honey darling, tu m'excuseras si je suis un soupçon irritable en ce moment alors que ta seule présence suffit à mon bonheur d'habitude, mais j'éprouve une certaine frustration à ne pouvoir t'offrir la joie d'être père; frustration qui, je dois bien l'admettre, se trouve légèrement exacerbée par ce traitement que je subis mais dont je ne saurais t'imposer les détails, toi qui es si fragile."


9. De ta vie de nullipare, tu profiteras. Savoure tes grasses matinées, profite de ce coffret "Week End Oenologie" qu'on t'a offert à Noël, délecte-toi de ces restos en amoureux, de ces vacances sportives au bout du monde, goûte tous ces petits moments de calme rien que pour toi où tu peux te vernir les ongles, regarder une rediff de "Loïs et Clark", lire un bon bouquin ou tout simplement contempler le plafond. Tes amis parents te le disent entre deux soupirs de félicité maternelle, la vie change avec des petits. 


10. A vivre sans, tu apprendras. Parce que si tu as tenu 30 ans sans enfants, tu pourras certainement t'en passer aussi pendant les 30 prochaines années. Et puis franchement, entre tous tes rendez-vous chez le gynéco, tes examens médicaux, tes prises de sang, tes échographies, comment trouverais-tu le temps de t'occuper d'un bébé ? 

Il faut prendre un peu de distance voyons!

 

P.S: oui, c'était mon N, lecteur méticuleux.