Oh my God! Lecteur chéri, il faut que je te parle de ce billet sur lequel je suis tombée en lisant le Monde en ligne et qui m'a laissée sur le uque comme diraient mes élèves. 

Tout commence très bien par un billet efficace et bien rédigé attirant l'attention sur la dernière campagne de la WWF pour la protection des animaux en voie de disparition. Pour que tu comprennes bien, je te mets les photos de leur dernière campagne-choc. 


ours3


rhino


baleine


Le slogan: Jusqu'où faudra -t-il aller pour que l'on protège la planète? Magnifique d'efficacité, parfaitement choquant et génialement provocateur. Telle a été ma réaction. Curieuse, je jette un coup d'oeil sur les commentaires, et là, l'hallu totale. 


Une bonne partie des gens pensent que les gars de chez WWF ont vraiment tagué ces pauvres bêtes. Si. Même la baleine. Bah voui, ils ont pris leur petite bouteille d'oxygène, leur bombe de peinture, ont plongé très très profond pour trouver une baleine, et lui ont tagué ces jolis dessins sur les écailles pendant qu'elle bouffait son krill. Fastoche. 


Rassure-moi, ils croient tout de même pas que la Maison Blanche a vraiment explosé dans Independence Day ? Ou que le requin des Dents de la Mer est un vrai? Qu'on ignore l'existence de Photoshop quand on est assez y: georgia, palatino;">connected people pour laisser un commentaire sur un blog est déjà surprenant. Mais qu'on ne voit pas 1) l'infaisabilité technique de la chose et 2) le contresens total par rapport à la cause défendue m'inquiète sur les capacités intellectuelles de ces gens. 


Mais surtout, ce qui m'a laissée le plus pantoise, c'est le débat complètement hors-sujet qui s'est développé autour du fait que les tags, c'est de l'art et que c'est dégueulasse de les associer à une dégradation quelconque. Un commentateur a même comparé ces gribouillis à du Picasso en disant que si c'était le grand maître qui les avait fait, cet ours polaire vaudrait des millions et on trouverait pas ça choquant. 

Déjà, comparer des tags à Picasso, ça me fait un peu mal aux molaires, mais en plus confondre vandalisme et grafs (qui sont effectivement une forme de street art), non seulement c'est débile, mais ce n'est pas le propos. On n'est pas en train de dire que les rhinos seraient mieux protégés s'ils étaient peinturlurés ou que les ours polaires pourraient avantageusement remplacer les toiles des artistes ou les murs des tagueurs. 


Le plus triste dans cette histoire? La campagne de la WWF semble bien choquer les consciences, mais manifestement pas pour les bonnes raisons. Qu'à cela ne tienne, quand y aura plus d'ours polaires, on pourra toujours taguer les imbéciles. Y aura du boulot.