les_bidochon_tome_6_les_bidochon_en_voyage_organis_8088479Hi lecteur! Désolée pour le retard, mais je suis trop jet-laguée (et en plus, je me la pète!). Je suis rentrée de Nouille Orque avant-hier et, tu t'en doutes, j'ai une tonne de trucs délirants à te narrer de ma douce plume, mais comme je suis déchirée par le décalage horaire combiné à la reprise des cours hier matin 8h, tu m'en voudras pas si j'y vais un peu au compte-goutte.

Donc, pour commencer par le commencement: l'aéroport.

En général, dans les aéroports, on passe son temps à attendre et à s'ennuyer, et ce temps mort est souvent propice à des observations uniques de l'espèce humaine en milieu naturel. Figure-toi que j'ai eu la chance de tomber sur un magnifique spécimen de viocus penibilis. Mais si, tu sais le couple de vieux franchouillards pour qui prendre l'avion relève du livre des records et dont le niveau de stress pourrait faire péter une durite à un moine tibétain. Ils arrivent en général 4 heures avant le décollage, pour être bien sûr de pas rater le vol. Tu les reconnaîtras aussi à la pochette qu'ils portent autour du cou et qui contient leur passeport, les 4 pages d'email de confirmation de leur agence de voyage (pubs et petits caractères compris) qui ne servent à rien mais on sait jamais, des dollars américains (des fois qu'il faille payer en cash à bord), leur carte d'embarquement et tous les papiers relatifs à leur séjour. Et ben j'ai eu des gens comme ça (appelons les Maurice et Josianne Broudon) lors de mon vol pour New York. Si. J'te jure. Et bien après une minutieuse étude anthropologique, je suis à même de te révéler, lecteur entomologiste, qu'outre être des stressés du passeport, nos viocus penibilis ont une aptitude étonn ante à toujours tout prendre pour eux.

Exemple n°1:
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M et Mme Raschmaninov sont priés de se rendre d'urgence à la porte numéro 45 pour embarquement immédiat à bord du vol 635 à destination de Rio.
- Tu as entendu ça Maurice? C'est nous qu'ils ont appelé?
- Je sais pas, j'ai pas bien entendu... Sur notre papier, y a écrit porte 3, tu crois qu'on s'est trompé???
- Oh mon Dieu, on va rater l'avion ? Mais il ne devait décoller que dans 1 heure! Attends je vais demander.
Monsieur? Monsieuuuuuur? Oui, pardon, bonjour. Vous parlez français?
- Euh...oui. Vous désirez?
- Oui, euh, c'est par rapport à l'annonce, on a pas bien entendu. Il faut aller à quelle porte?
- Ah vous êtes M et Mme Raschmaninov?
- Non, nous c'est Maurice et Josianne Broudon.
- Bah alors ça ne vous concerne pas.
- Ah vous êtes sûr? Et alors on doit aller porte 45?
- Vous allez à Rio?
- Ben non, New York.
- Bon, alors vous allez porte 3.
- Vous êtes certain?
- Oui madame. Bon, excusez-moi, là, mais je dois embarquer moi aussi.
- Ah oui, vous êtes assis à quelle place ?
- Euh, je suis le pilote, Monsieur ...

Exemple n°2: l'embarquement. Si tu prends l'avion régulièrement, tu sais que maintenant ils font embarquer les gens selon leur numéro de sièges histoire de faciliter les choses. Les hôtesses appellent donc les rangs 44 à 40, puis 40 à 35, etc. Arrive le tour des Broudon.
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Nous appelons maintenant les passagers des rangs 20 à 15 à se présenter pour l'embarquement.
- Josiaaaaanne! C'est nouuuus! On est au 18!
- Pardon, excusez-moi, je suis au rang 18, je voudrais passer.
- Pardon.... Pardon... Oui madame, rang 18, regardez, c'est écrit là...
- Excusez-moi mais vous empêchez ma valise de passer et on nous appelle là... Oui, rang 18!
- Nous voilàààà! Broudon, rang 18!

Hé oui, car les vioques stressés ont gentiment grillé toute la queue, se faufilant avec leurs 3 bagages cabines et leurs sacs duty free dans la foule des passagers qui, comme eux, avaient un ticket gagnant. Je soupire en me disant que, quand même, y a des gens qui sont gonflés. Je les imagine dans l'avion, sollicitant les hôtesses pour un oui ou pour un non, se levant 5 ou 6 fois pour aller chercher qui un châle, qui un bouquin dans l'un de leurs sacs qui prennent toute la place dans les compartiments de rangement. Je les entends déjà discuter bruyamment pendant tout le vol, s'extasiant sur l'écran TV individuel ou les mignonnettes de vin, passant leur temps à se lever pour aller aux toilettes ou se dégourdir les jambes, peu soucieux de déranger leur voisin qui essaye de dormir...

Et puis, je regarde ma carte d'embarquement. Rang 18. Fuck