G_enterrment_vie_jeune_fillOui je sais, ça devient une mauvaise habitude que d'être à l'arrache sur mon billet, tu m'en veux à mort, lecteur ponctuel, peut-être même me bouderas-tu et devrai-je regagner tes grâces par des circonvolutions et autres courbettes stylistiques. Si fait.

Je ne te dirai pas que j'ai d'excellentes excuses, que c'était la rentrée, que forcément j'ai eu mon syndrôme du dimanche soir puissance 1000, qu'en plus de ça je m'envole pour New York demain si le nuage de cendres sa race ne revient pas chatouiller nos tours de contrôle, que ça demande un peu de préparation surtout que c'est pour aller au mariage d'une super amie, dont je vais être la bridesmaid et que jusqu'à la dernière minute j'ai galéré pour trouver la robe requise (en soie bleu marine, longueur genou, bustier), que j'ai pas encore fait ma valise et transféré tous mes produits de ravalement de façade maquillage dans des conteneurs de moins de 100 ml, que la Slaves & Associates a encore annulé les 2 pauvres jours de congé que Tendrépoux avait posés pour pouvoir m'accompagner et que, par conséquent, c'est en Titcheur célibataire que je me rendrai dans le New Jersey. Non je ne te le dirai pas, n'insiste pas.

Etant aussi en retard qu'inexcusable, je ne saurais attirer ta mansuétude en invoquant les préparatifs de ce mariage, que je n'ai pas encore commencés alors que mon avion décolle dans 25 heures précisément. Je n'oserais tenter ta patience par des évocations aussi frivoles que des jeux d'enterrement de vie de jeune fille et autres pyjama parties entre demoiselles, dont la légèreté n'est pas sans évoquer l'ambiance d'un cours en classe de Secondes (les insultes et le verlan en moins). Tu n'as probablement cure de savoir qu'à H-25 avant décollage, je n'ai toujours pas les chaussures qui vont avec ma robe, que je n'ai pas encore acheté de bagage-cabine pour trimballer mes affaires pendant ce ouikende américain sans risquer de me retrouver à "oilpé", comme on dit vulgairement, parce que ma valise aura embarqué sur le vol pour Dempasar au lieu de me suivre gentiment sur les traces de Sarah Jessica Parker.

J'irai même jusqu'à dire que la simple idée de t'imaginer ta Titcheur en Louboutins (ça va, c'est une fiction, tu crois que dans la vraie vie je peux me payer des Louboutins???) dans les rues New-Yorkaises, sirotant des Cosmopolitains dans des bars branchés et débattant des mérites divers et variés du mariage avec des congénères lookées, brushinguées et alcoolisées t'es parfaitement insupportable. Je le conçois aisément.

Après tout, n'abandonne-je pas ma mission sacrée d'éducatrice spécialisée, d'assistante sociale, de maton, de professeur pour aller, sous couvert d'un mariage, m'éclater aux States? Ne laisse-je point tomber comme une vieille chaussette des classes qui ont bien plus besoin de mes enseignements éclairés que mon amie de son témoin? Ne prends-je pas d'odieuses libertés avec mon service, et par extension, avec la bienveillante générosité de ma direction, en rattrapant ces heures de cours perdues la semaine prochaine, alors que tout le monde sait que les changements de rythme constipent les enfants (si, si, c'est scientifique)? Ne devrais-je point être lapidée en place publique ou au moins brûlée vive pour oser prendre de telles libertés alors que je reviens à peine de vacances? Si fait.

Mais en fait, j'm'en fous. Je pars à NEW YORK, baby!