terborchLecteur, hier, mon blog fêtait ses 4 mois d'existence. Il me semble donc opportun de faire une mise au point. Non, pas sur les plus belles images de ma vie, sot, sur le pourquoi de l'existence de ce blog.

Je m'explique. Pour toi qui ne me connais pas dans la réalité non virtuelle, tout ce que je te raconte est complètement abstrait. Je te déballe ma vie, mais après tout, je pourrais tout aussi bien inventer tout cela. Si ça se trouve, je suis un quinquagénaire bedonnant, chauve et éjaculateur précoce et pas du tout une petite Titcheur nullipare. T'en sais rien.

Mais pour mes proches, ma famille, et mes amis qui reconnaissent sous ma plume des situations vécues ensemble, des discussions partagées autour d'un apéro, ou leur propre portrait, c'est tout autre chose. Bien sûr que je raconte beaucoup de moi dans mes billets. Mais je raconte aussi beaucoup d'eux, ce qui pourrait créer certains malentendus.

Alors pour que chacun sache où j'en suis, où il en est, et dans quel état j'erre (désolée), je voulais t'expliquer pourquoi je tiens ce blog. Tout d'abord, ce blog n'est pas un journal intime. Je ne suis pas là pour te raconter mes états d'âme les plus profonds, mes crises existentielles personnelles ou mes doutes métaphysiques, nan, j'ai un mari chéri pour ça.

Une psychothérapie gratos? Y a un peu de ça, dans le sens où écrire est un exutoire. Cela me permet de mettre les choses à distance, de les décrire pour mieux les appréhender ou les digérer. Mais c'est surtout un exercice de style, une tentative de mise en mots de ce fracas qui résonne dans ma tête. Oui, car figure-toi que j'ai certaines ambitions dans la vie. Titcheur en ZEP, certes, mais littéraire dans l'âme, j'ai toujours voulu écrire. Des poèmes avec des rimes riches en –ouille, des histoires de Toto pour commencer, mais à terme, je l'espère, un récit plus construit.

Jusque-là, mes écrits étaient restés lettre morte – c'est le cas de le dire… Mais depuis que j'ai décidé de me lancer dans ce blog, l'écriture me vient comme un trop-plein à déverser, une drogue à laquelle je ne peux résister. J'y peux rien, j'ai besoin d'écrire mon billet tous les deux jours. Je commence enfin à parvenir à retranscrire des événements de ma vie sur papier, à organiser les mots, les idées, à trouver mon style quoi. Comme beaucoup j'imagine, je me sers de mon vécu pour créer mes billets. Je m'en inspire de façon plus ou moins directe pour raconter mes histoires. Je pioche à droite à gauche, chez l'un un trait de caractère, chez l'autre une réplique qui m'a marquée, ici une situation vécue, ou là une anecdote rapportée. Le tout est fait avec plus ou moins de fidélité au réel, mais mon but n'est pas un réalisme servile. Mon objectif est avant tout de transposer une émotion via un récit ou un dialogue, pas forcément de rendre justice à mes proches. D'abord parce que je ne me permettrais pas de parler d'eux ou de les juger par l'intermédiaire de ce blog, mais surtout parce que mon seul objectif est d'utiliser ce lieu comme support à mes écrits. Jusque-là, j'avais du mal à me détacher des faits, à m'éloigner de mon vécu, mais je commence à explorer de nouveaux territoires, peut-être maladroitement encore, mais excuse-moi, je débute.

Alors lecteur qui ne me connaît pas, continue à croire à mes récits, c'est le signe qu'ils sont crédibles et que ce que j'écris te parle.
Mais toi, lecteur avec qui je prends un thé régulièrement, ou avec qui je partage quelques gènes, ne crois pas que mes mots reflètent l'exacte vérité de ce que nous vivons ensemble. Dis toi plutôt que tu possèdes certaines clefs qui n'ouvrent pas forcément les serrures que tu crois. Et ça mon cher, c'est une métaphore bien pourrie ou je ne m'y connais pas.

Donc, ami(e), mari, membre de ma famille, consultant, élève de Seconde, esthéticienne, utilisatrice de forum de femmes enceintes, usager du TGV, si je prends un peu de toi pour créer un personnage, aie l'indulgence de n'y retrouver que tes qualités, et l'humour d'accepter les quelques tares que mon imagination perverse y aura rajoutées.