bart_simpson_generatorLecteur, il y a quelques temps, je te donnais 10 bonnes raisons de faire un bébé. Est-ce cette inconstance que l'on dit typiquement féminine, l'expression d'une frustration de nullipare mal assumée ou tout simplement un exutoire psychologique aux traitements hormonaux subis pour rien? On s'en tape. Aujourd'hui, je vais t'énumérer toutes les bonnes raisons de ne pas faire d'enfants.

1). Il faut accoucher. Et mine de rien, on ne m'ôtera pas de l'esprit que vouloir faire passer 3kg et quelques de barbaque par un orifice de 10 cm de diamètre, c'est une idée bien saugrenue. Voire douloureuse. Me trompé-je?

2). Un enfant, ça n'est pas si mignon que ça: ça fait des cacas monstrueux dans des couches souvent trop petites, ça sait pas se moucher donc ça a la morve au nez jusqu'au CP, et ça fait beaucoup de bruit notamment à des heures où on préférerait un peu de silence.

3). Personnellement, je ne fonctionne pas sans 10 heures de sommeil par nuit. Or, j'ai cru comprendre que 10 heures, c'était approximativement le nombre d'heures de sommeil hebdomadaire des parents d'un nourrisson.Oui parce qu'il paraît qu'un bébé, ça a faim aussi la nuit mais que c'est trop petit pour atteindre la poignée du frigo tout seul pour se faire un sandwich. C'est ballot ça.

4). Je déteste les régimes mais adore le Nutella. A moins que les scientifiques ne mettent au point une pâte à tartiner caloriphage, je vois pas comment je rentrerai à nouveau dans mon 36 après 9 mois à 5000 calories par jour. Mon mari ne me trouverait plus à son goût, on se disputerait pour des broutilles (une femme au régime est très susceptible), on finirait par divorcer et nos quatre enfants développeraient des psychoses horribles. Je serais mère célibataire, on vivrait tous les 5 dans un 2 pièces à Fourqueux cause qu'un salaire de Titcheur, c'est un peu la misère. Mes enfants trafiqueraient du chichon pour nourrir leur mère et finiraient en prison. Tu veux pas que mes enfants aillent en prison quand même???

5). Je me suis jurée de ne jamais devenir une de ces mamans qui galèrent dans les transports parisiens avec leur poussette chargée de sacs pleins de vivres, de couches de rechange, de lingettes, de boudoirs à moitié grignotés et du gamin qui hurle parce qu'il a trop chaud, qu'il veut sortir, qu'il a faim, qu'il veut un bonbon. Qui doivent gérer les regards réprobateurs d'usagers déjà serrés comme des sardines, ou porter la dite poussette dans des escaliers interminables cause que la RATP, ça veut aussi dire Refus Assumé des Trolls en Poussette.

6). Quand tu as un enfant, tu deviens complètement flippé de tout: ton environnement, jusque-là douillet et chaleureux, devient une source de dangers mortels (pourquoi les nains veulent-ils tous fourrer leurs doigts dans les prises électriques?). Tu passes tes nuits à vérifier que ton enfant respire. Tu te rends compte à quel point c'est miraculeux qu'un être humain parvienne à l'âge adulte avec tous les obstacles qu'il a à surmonter (ne pas se faire enlever par un pervers, ne pas tomber dans la drogue, ne pas jouer à des jeux crétins et mortels dans les cours de récré, ne pas traverser sans regarder, ne pas manger trop sucré/salé/gras, ne pas rater sa vie, ne pas finir sous un pont…).

7). Est-il vraiment raisonnable de mettre un enfant de plus au monde, sachant que la planète est déjà surpeuplée, que le climat se réchauffe, que la banquise fond, que les stations de ski vont fermer, qu'il va falloir apprendre à nager très tôt rapport au niveau des océans qui va monter, que l'air va devenir irrespirable, qu'on va tous crever d'un cancer à cause des téléphones portables/micro-ondes/wifi/parabens/etc…? Ne serait-il pas plus éco-citoyen de refuser de participer à la destruction programmée du monde tel que nous le connaissons en ne faisant pas un enfant qui ne pourra même pas connaître les joies du snowboard, la tronche qu'a un ours polaire, ou l'existence des Maldives?

8). Je refuse de partager mon toit avec un élève de Seconde. Même s'il est à moi et que c'est pas pour tout de suite. On me la fait pas à moi…

9). J'ai déjà un mari à la maison, donc m'occuper d'un être dépendant, je donne déjà, merci. Quoi j'exagère? Que celles dont le mari sait lancer une lessive, repasser une chemise (la sienne en plus), faire les courses sans rien oublier, différencier le produit lave-vitre du Canard WC, quels sacs poubelles acheter (30l, 50l, 100l?), anticiper une future pénurie de PQ, rincer une baignoire après son passage, à quoi sert la brosse dans les watères… laissent un commentaire. C'est bien ce que je pensais…

10). Et pis, faudrait déjà qu'on y arrive à le faire cet enfant! Je sais pas si on a mal lu le mode d'emploi, ou si la conjonction astrale n'est pas encore tip-top, mais jusqu'à preuve du contraire si j'ai un peu de bide, c'est surtout parce que j'ai abusé du foie gras à Noël, si je suis un peu nauséeuse, c'est que j'ai encore fait du ski par jour blanc, et si j'ai parfois des sautes d'humeurs, c'est juste que je suis une fille normale.

Lecteur multipare, je suis sûre que tu en connais plein d'autres, toi aussi, de bonnes raisons inavouées de ne pas procréer… Alors, vas-tu enfin briser le mythe glucosé de la maternité ou vas-tu concéder quelques bémols à la félicité parentale?