Maillon_faibleAprès avoir survécu à l’épreuve du prêtre, puis à celle du couple infernal, nous pensions avoir tout vu et tout vécu du pire dans la préparation de notre mariage.
Et c’était vrai ! Enfin presque…


Une fois notre dossier validé par les Vador, il ne nous restait « plus » que 3 rendez-vous avec le prêtre et une journée parmi nos camarades catholiques qui subissaient le même traitement.
Nous retrouvâmes donc notre cher Père Collateur pour une lecture-explication de texte de quelques passages de la Bible. 3 manches du "Maillon faible" pour les Cathos. 3 occasions de se planter, de passer pour des glands et de tout perdre. 3 soirées où le jeu d'équipe allait s'avérer crucial.

Mais au point où nous en étions, nous étions prêts à tout affronter et comme il fallait absolument en passer par là avant d’avoir le droit de nous unir, nous décidâmes d’en profiter pour nous cultiver un peu et redécouvrir le magnifique texte de la Genèse.

La Genèse, puisqu'il faut vraiment tout t'expliquer, raconte la création du monde par Dieu ainsi que toute l’histoire avec Adam et son « aide » (sic) Eve, créée à partir de la côte d’Adam pour lui tenir compagnie dans le jardin d’Eden car il se trouve qu’Adam s’y faisait un peu chier tout seul. Bref, tu me vois venir, perspicace lecteur, le Père Oxydé, tel une Laurence Boccolini décidée à malmener ses candidats, avait dans l’idée de nous en mettre une couche sur les rôles de l’homme et de la femme dans le mariage.

En tant que titcheur, j’ai l’habitude de lire et analyser les textes, et, en toute modestie, je suis plutôt super bonne dans cet exercice (oh c’est bon lecteur, fais pas ta farouche, je me lance des fleurs si je veux, c’est mon blog). Tout ça pour dire qu’on me la fait pas à moi, que je sais qu’un texte ne se lit pas hors de son contexte historique et culturel donc j’étais dans les meilleures dispositions pour cette épreuve, bien décidée à rester aussi zen et impassible qu'un candidat traité de crétin en direct sur TF1 par une blonde aussi affable qu'un pitbull. Même lorsque j’ai lu des passages comme celui-ci (c'est dire!):

« Dieu dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. » (Genèse, 2).

Bon, c’est pas méga-moderne, cette vision de la femelle comme une machine à pondre dans la douleur, mais remis dans son contexte d’il y a très, très longtemps, dans une galaxie très, très lointaine, on peut comprendre pourquoi les textes parlaient de la femme en des termes si peu progressistes. Après tout, c'est vrai qu'on en bave en accouchant (enfin, moins depuis la péridurale), c'est vrai qu'on désire notre mari (je suis pas la seule, hein?) et c'est pas faux que, pour avoir la  paix, on lui fait croire que c'est lui le chef. Nan, c’est pas le texte qui me choque, c’est plutôt le débat qui s’en est suivi avec le Père Hoquet.

Car en tant que féministe assumée, j’ai quand même tenu à titiller un peu ce cher Père – vert, pour le coup – sur le rôle de la femme dans le couple et la société. Je l’ai donc lancé sur le sujet de l’avortement. Je sais, je l’ai bien cherché.

J’ai donc eu confirmation que pour notre Sainte Mère l’Eglise, l’avortement est un crime contre Dieu car la femme portant la vie ne dispose plus de son corps (ben tiens). Que si la vie grandit en elle, ce n’est pas de son ressort d’y mettre un terme, même si la sienne en sera irrémédiablement bouleversée. Bon, ça à la limite, ça se comprend, on peut ne pas être d’accord, mais y a une certaine cohérence: la vie, c'est sacré et blablabla.
Par contre, et là j’avoue, le Père Spicace m’en a appris une belle : aux yeux de notre chère Eglise, la peine de mort est tout à fait acceptable moralement dans la mesure où la justice humaine est un reflet de la justice divine. Donc dans cette logique, la vie d’un être humain adulte, dont le parcours personnel (ou psychiatrique) l’a mené à faire de mauvais choix, a moins d’importance que celle d’un amas de cellules de 15 jours.

Franchement – et Dieu sait si j’aimerais bien avoir un amas de cellules de 15 jours dans le bide – j’ai eu du mal à avaler la pilule (haha). Ça a dû se voir un peu car c’est à ce moment-là que mon époux, cet astre, a habilement  changé de sujet: « Et sinon, c’est pas trop dur le célibat des prêtres ? »

Là, lecteur, tu commences à te demander si on l’a vraiment fait à l’église notre mariage. De toute évidence, on a eu droit au top du top, au gratin de la soutane, à la crème du bénitier. Mais franchement, aurions-nous affronté le Père Pendiculaire, et son sadisme boccolinien, les Vador et leur intégrisme fanatique, et toute la rigidité de la doctrine catholique pour renoncer si près du but ?

Encore une armée de zombies décérébrés de jeunes couples fiancés à rencontrer, et nous l’aurions notre sésame ! A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Alléluia !

P.S. : Une hostie en chocolat pour le 1er qui décode le titre de ce billet.