grascouleurblog

Comme je te l’ai dit, lecteur, je suis nullipare. Pas besoin de sortir le dico, j’vais t’expliquer. Nullipare est un terme un peu barbare qui veut tout simplement dire que je n’ai pas d’enfant. Ou que je suis nulle pour les faire. Au choix. Ça vient du latin –pare : porter, nulli- : rien.


Et oui, car les éléments importants qu’il te faut intégrer, c’est que :

        - je suis une femme

        - j’ai 29 ans 2/3

        - j’ai trouvé un mari génial que j’ai épousé en grandes pompes il y a 2 ans 1/2 (mais ça je te raconterai une autre fois)


Mon horloge biologique s’affole, ma mère trépigne d’impatience à l’idée d’être grand-mère, mon père sait déjà par quel nom ses petits-enfants l’appelleront et mon mari a déjà choisi le prénom du grand (oui parce qu’on aura forcément un garçon en premier). Mais voilà, cette magnifique équation à 3 inconnues aboutit à zéro. Nada. Rien. Que dalle. D’où la nulliparité.


Voilà donc 2 ans et des poussières que nous sommes en « essais bb1 » pour parler comme dans les forums de femmes enceintes (oui, parce que quand t’es nullipare, t’es aussi un peu masochiste), que quand on va chez des amis, on scrute mon choix d’apéro (jus d’orange= enceinte ; Mojito= pas enceinte ; whisky on the rocks : alcoolique), qu’on me dit « T’inquiètes pas, c’est quand t’y penseras plus que ça viendra » et que je réponds « C’est surtout quand ça viendra que je n’y penserai plus. »


Pourtant, je suis vachement calée en enfants. Je connais le cycle de la reproduction par cœur depuis que M. Monnier, mon prof de biologie de 4ème, nous a fait le schéma en rougissant au tableau. Je sais changer une couche, même monstrueuse, et j’arrive presque à trouver ça mignon quand ça déborde. Je sais où un bébé sent le meilleur (dans la nuque sous les petits cheveux). Je pense être capable de me priver de Maranges et de steaks tartares pendant 9 mois. Et surtout, je suis consciente qu’un jour ma progéniture risque d’avoir la tronche de mes élèves de lycée. Par contre, s’ils en ont le Q.I., je les rends. Faut pas déconner.


Bref, cher lecteur, ne t’étonne pas si, de temps à autre, je t’offre un billet sur les joies de la procréation assistée. Promis, j’essaierai d’épargner ton âme innocente en te préservant des détails les plus gores (qui a besoin de savoir ce qu’est vraiment une hystérosalpingographie ?).


Mais tu verras, on peut tout à fait se taper une grosse marrade tout en parlant boyaux.